Bronnaya Gora (en russe : Бронная Гора ; biélorusse : Бронная Гара ; polonais : Bronna Góra) était (en 1942-1944) un camp de concentration et d'extermination aménagé par les forces d'occupation allemandes dans les environs du village de Bronnaya Gora dans le raïon de Bjarosa, voblast de Brest en Biélorussie, durant la Seconde Guerre mondiale. À cet endroit, plus de personnes, principalement des Juifs, furent assassinées par les Allemands.

Histoire du camp Le village de Bronnaya Gora est situé à au nord-est de la ville de Brest sur l'axe Brest-Minsk le long de la voie ferrée et le long de la chaussée vers Minsk, la capitale de la Biélorussie. La voie de chemin de fer, qui conduit à l’endroit où eurent lieu des massacres dans les camps, traverse aujourd’hui un petit bois de bouleaux. Les alentours du petit village sont couverts de bois également et parsemés de petits étangs. Deux jours après le début de l'offensive allemande contre l'Union soviétique c'est-à-dire dès le , les troupes allemandes occupaient le village de Bronnaya Gora. Un an plus tard environ, en mai et , l’administration allemande organisa un site d’extermination, à au sud-ouest de la gare de Bronnaya Gora. L'infrastructure du camp comprenait 48 hangars, construits entre 1939 et 1941 par l'Armée rouge après la défaite de la Pologne, des voies de chemins de fer pour amener les victimes et un réseau de clôtures de fils de fer barbelé. Les 48 bâtiments servirent de combustible en 1944 pour incinérer les corps des victimes, après les avoir exhumés afin de dissimuler les traces des exactions commises dans la perspective de la défaite possible des armées allemandes.

Les données sur les camps d’extermination ne sont pas nombreusesAls Lager kann man den Ort eigentlich kaum bezeichnen – die Menschen wurden hier nicht an einem Ort festgehalten, sondern ausschließlich zur sofortigen Tötung hergebracht. Es fehlte auch jede lagertypische Infrastruktur., du fait qu'il ne se trouve pas de survivants ni de sources allemandes à leur sujetNach Browning sind die in diesem Artikel verwendeten Archivquellen praktisch die einzigen Informationen, die es über Bronnaja Gora gibt. Er gibt den Namen des Ortes fälschlich mit "Brona-Gora" an, Browning, S. 203. Gerlach zitiert Ainsztein, wonach es einigen Juden gelungen sei, von hier nach Białystok zu fliehen (Gerlach, S. 710). Curilla zitiert aus deutschen Akten, wobei jedoch unklar bleibt, ob die Erschießungstelle Bronnaja Gora in diesen namentliche Erwähnung findet (Curilla, S. 683).. Quelques témoignages furent repris dans la documentation de la "Sonderkommission zur Aufklärung der Verbrechen der deutsch-faschistischen Eroberer für das Gebiet Brest" (Commission spéciale pour la reconnaissance des crimes des conquérants fascistes allemands pour la région de Brest-Litovsk). Une copie de ces documents peut être consultée aux archives de l’état de la voblast de Brest sous le numéro 514. Les originaux se trouvant probablement à Moscou.

De chaque côté d’une voie de garageDas Gleis ist auf der genauesten in Weißrussland erhältlichen Karte dieses Gebietes nicht eingezeichnet: Karta. Beresowskij rajon. 1:100000. Minsk 2007 conduisant à l’époque à un ancien entrepôt militaire de l’Armée rouge, furent creusées 8 fosses, de respectivement 12 jusqu’à de long, 4,5 à de large et 3,5 à de profondeur. Pour chacune, jusqu’à 600 civils des villages des alentours furent mobilisés en juinZeugenaussage von Gawriil Grigorewitsch Jazkewitsch, geb. 1902, aus dem Dorf Saretsche vom 14. September 1944. Staatsarchiv der Brester Oblast, f. 514, op. 1, d. 289, Bl.6 et Zeugenaussage von Iwan Stepanowitsch Gejz, geb. 1908, aus dem Dorf Smoljarka vom 15. September 1944. Staatsarchiv der Brester Oblast, f. 514, op. 1, d. 289, Bl. 8. On ne sait toujours pas aujourd’hui quelle administration allemande exactement a concrètement organisé ces travauxGerlach, Kalkulierte Morde, S. 710.. À partir de mi- des trains arrivèrent à cet endroit remplis de civils – principalement des Juifs - en vue de les assassinerAkt o swerstwach, isdewatelstwach, grabeshach i rasruschenijach pritschinennych nemezko-faschistskimi sachwatschikami w rajone Bronnaja Gora, Beresovskogo rajona, Brestskoj Oblasti B.S.S.R. vom 15. September 1944. Staatsarchiv der Brester Oblast, f. 514, op. 1, d. 273, Bl. 2. Der „Akt“ stellt den Abschlussbericht der Sonderkommission dar. Auch: Zeugenaussage von Iwan Wasilewitsch Gowin, geb. 1897, aus Novosokolowe, vom 18. September 1944. Staatsarchiv der Brester Oblast, f. 514, op. 1, d. 289, Bl. 12f. Gowin arbeitete während der deutschen Besatzung als Weichensteller auf der Bahnstation Bronnaja Gora. Er berichtet unter anderem davon, dass die Waggons mit Männern, Frauen, Kindern und Alten überladen waren, dass aus ihnen Schreie und Weinen zu hören waren.. Ceux-ci venaient de camps, ghettos et prisons des environs. Les premiers qui furent tués ici, étaient les Juifs internés en au "Ghetto B" de la ville de Beresa, soit environ civilsHarada i vëski Belarusi, S. 165. Auch: Zeugenaussage von Iosif Pawlowitsch Schidlowskij, geb. 1920, aus der Stadt Beresa vom 3. Oktober 1944. Schidlowskij arbeitete bei der aus Einheimischen aufgestellten Polizei für die Besatzungsmacht und nahm nach eigenen Angaben während der Erschießungen der Juden aus Beresa an Absperrmaßnahmen teil. Er gibt allerdings an, diese Aktion habe im Mai 1942 stattgefunden. Ein leitender Angehöriger des SD, Pitschmann, habe sie gemeinsam mit dem Chef der Gendarmerie in Beresa, Oberleutnant Gerdes und dem Chef der örtlichen Polizei, Nikolaj Stepanowitsch Otlschewskij (Schreibfehler beim Namen in der Quelle?), organisiert und durchgeführt. Staatsarchiv der Brester Oblast, f. 514, op. 1, d. 289, Bl. 14–15. Vgl. auch: Zeugenaussage von Roman Stanislawowitsch Nowis, geb. 1891 in Warschau, wohnhaft 1944 in Bronnaja Gora, vom 12. September 1944. Staatsarchiv der Brester Oblast, f. 514, op. 1, d. 273, Bl. 8 (Rückseite). Nach seinen Angaben kamen im Juni 1942 in 16 Waggons, die mit jeweils ca. 200 Personen völlig überfüllt waren, die Juden aus Beresa in Bronnaja Gora an. Dies sei der erste Zug zur Erschießungsstätte gewesen. Moshe Tuchman gibt in seinen Erinnerungen den 15. Juli 1942 als Tag der Ermordung der Juden aus dem „Ghetto B“ an: http://stevemorse.org/bereza-and-antopol/ber-hist3.htm. thumb|left|Bronnaya Gora, Gare des trains

Le témoignage de Roman Stanislawowitsch Nowis, qui était chef de gare de Bronnaya Gora avant l’occupation allemande et qui travailla ensuite comme aiguilleur, constitue la description la plus précise des événementsStaatsarchiv der Brester Oblast, f. 514, op. 1, d. 273, Bl. 8–11 (mit Rückseiten insgesamt 7 Seiten). Il pouvait observer le processus très précisément, vu que la cabane de chemin de fer et l'aiguillage dont il avait la charge n’étaient éloignés que de des fossesZeugenaussage von R.S. Nowis, Bl. 9 (Rückseite). D’après ses renseignements, cinq transports arrivèrent à Bronnaya Gora en . Le deuxième train, avec 46 wagons, serait venu des stations de Drahitchyn, Janowo et Gorodez. Chaque wagon aurait été chargé de plus de 200 personnes de différentes conditions et nationalités, dont la plupart des Juifs. Le troisième train, avec 40 wagons, vint, suivant Roman Nowis, de Brest. Les véhicules étaient extraordinairement bondésZeugenaussage von R.S. Nowis, Bl. 2.. Le quatrième transport, avec 18 wagons, vint des stations de Pinsk et Kobryn, le cinquième train à nouveau de Brest. Roman Nowis spécifia encore, qu’il avait appris que, les personnes des 13 wagons amenés à Bronnaya Gora étaient des occupants de la prison de Brest. Ceux-ci auraient été des Biélorusses, des Polonais et des Juifs.

En septembre, un sixième transport serait arrivé de Beresa avec 25 wagons, début octobre, à nouveau un train avec 28 wagons en provenance de Brest. Étant donné que le ghetto de Brest a été dissous entre le et le et que à Juifs de Brest-Litovsk ont été fusillés à Bronnaya GoraCurilla, S. 683Saul Friedlander, Les années d'extermination (traduit par P-E Dauzat), Edition du Seuil, 2008 , . on peut supposer que les données de Roman Nowis ne sont pas tout à fait exactes et en deçà de la réalité. Il faut également tenir compte du fait que dans ces trains arrivèrent aussi des personnes déjà mortes, qui auraient été écrasées ou asphyxiées durant les trajetsZeugenaussage von R.S. Nowis, Bl. 9 und Zeugenaussage von B.M. Schetinskij, Bl. 17. Toujours est-il que, selon Roman Nowis, 7 convois auraient amené environ 200 wagons contenant chacun 200 personnes approximativement, ce qui représente personnes en tout dont aucune n'a survécu. Il faut y ajouter les personnes se trouvant dans le village de Bronnaya Gora et des prisonniers soviétiques. Il faut ajouter à ces chiffres de l'arrivée des 7 trains et qui s'arrêtent début octobre, ceux des prisonniers du ghetto de Brest-Litovsk qui ont été amenés les 15 et quand celui-ci fut détruit. Le total pourrait donc dépasser personnes.

Dans la documentation sur la question, apparaît parfois l’information selon laquelle les Allemands auraient fait fusiller toute la population du village de Bronnaya Gora, soit environ personnes, pour se débarrasser de témoins gênantsZum Beispiel in Harada i vëski Belarusi, S. 165.. La Komsomolskaïa Pravda du signale également cette estimationI. Breshowskij, Eto sdelali nemzy! Fabrika smerti na Bronnoj Gore, Komsomolskaïa Pravda, , 12 octobre 1944. (Die Zeitung befindet sich unter der Inventarnummer KP 1882 im Heimatkundemuseum der Brester Oblast.). Ce nombre, relativement élevé, qui correspond peu avec la densité de population de 1940 (175 habitants), et pourrait s’expliquer par l’afflux de réfugiés venant des villages et des villes des alentours ravagés par la guerre. En fait, cette donnée se retrouve également dans les déclarations de Roman Nowis, qui a rapporté, qu’en , environ 800 personnes, vivant dans les casernes et autres bâtiments, non loin d'un ancien entrepôt de l'Armée rouge, avaient été abattues et enterrées à proximité, dans un charnierZeugenaussage von R.S. Nowis, Bl. 9 (Rückseite). Offenbar liegt hier ein Fehler bezüglich der Lokalisierung des Vorratslagers vor: Nowis gibt an, sie haben sich südlich der Station befunden. Alle anderen, die dieses Lager erwähnen, sagen aus, es habe sich nördlich, am Nebengleis, das zur Erschießungsstätte führte, befunden. Das ist auch schlüssiger, da man diese Menschen sonst wegen der großen Entfernung zum Ort der Erschießungen nicht hätte als Zeugen betrachten müssen: Zeugenaussagen von B.M. Schetinskij, Bl. 17 (Rückseite), G.G. Jazkewitsch, Bl. 6 und Rückseite. Vgl. Akt o swerstwach…, Bl. 3. In diesem Dokument ist allerdings von 1.000 ermordeten Personen die Rede..

La séquence des exécutions est relativement bien documentée par les témoignages conservés. Les personnes ont été transportées par trains de marchandises sur le site d’exécution à Bronnaya Gora, gardées par des militaires en uniforme SS Schutzstaffel et SD SicherheitsdienstAkt o swerstwach…, Bl. 2. Elles étaient déchargées des wagons dans un espace clos avec des barbelés et forcées de se déshabiller complètement. Un petit groupe de détenus condamnés à mort devait récupérer les vêtements et les ramener dans le wagon. Les vêtements étaient ensuite rechargés dans des camions et transportés dans une caserne allemandeZeugenaussage von R.S. Nowis, Bl. 9. Akt o swerstwach…, Bl. 2. Après s'être déshabillés, les gens étaient chassés, nus, par des couloirs cernés de barbelés vers les fosses creusées d'avance. Ils y descendaient par des échelles (en cas de profondeur importante) et devaient s’y ranger, face vers le bas sur l'homme déjà mort avant eux, pour ensuite être également exécutés. Les pelotons d'exécution en uniformes militaires allemands étaient chacun amenés par des véhicules, et repartaient après les tueries. C’est de cette façon que trouvèrent la mort, à partir de mi-juin jusqu'à la fin de , plus de personnesAkt o swerstwach…, Bl. 3.