La Cère est une rivière française du Massif central qui coule dans les départements du Cantal, de la Corrèze, et du Lot.
Sur une vingtaine de kilomètres, son cours sert de limite entre d'une part la Corrèze (région Nouvelle-Aquitaine) et d'autre part, le Cantal (région Auvergne-Rhône-Alpes) puis le Lot (région Occitanie).
C'est le plus important affluent situé en rive gauche de la Dordogne, en aval de Bretenoux. Sa vallée agricole habitée est en voie de périurbanisation.
Géographie vignette|gauche|Les versants sont constitués de nombreux ressauts, talus et ruptures de pente, que vient souvent souligner la végétation (boisements linéaires et bosquets).
La Cère prend sa source vers d'altitude dans le Cantal (parc naturel régional des Volcans d'Auvergne) à l'ouest du col de Font de Cère (« source de la Cère » en auvergnat), au Lioran, dans le massif du Plomb du Cantal. Elle forme l'une des vallées principales des monts du Cantal avant de déboucher dans le petit bassin sédimentaire d'Aurillac. Les limites de cette vallée sont déterminées par la morphologie du cirque glaciaire à l’amont, des lignes de crête sur les versants, du verrou glaciaire du Pas de Cère. Quelques replats dus à la présence de roches plus dures (basalte et trachyte), qui ont mieux résisté à l’érosion des glaciers, en modifient localement le profil..
Elle parcourt ensuite la châtaigneraie cantalienne jusqu'à Laroquebrou, puis s'encaisse en gorges dans la Xaintrie.
Elle se jette enfin dans la Dordogne en rive gauche, à l'aval de Bretenoux sur la commune de Prudhomat.
La longueur de son cours d'eau est de .
Elle donne son nom à plusieurs des communes qu'elle traverse ou longe : Vic-sur-Cère, Arpajon-sur-Cère, Laval-de-Cère, Gagnac-sur-Cère, Biars-sur-Cère.
L'amont est une vallée glaciaire typique, en forme d’auge qui fait une entaille profonde de de dénivelé. Les sols riches et les faibles contraintes ont permis une mise en valeur agricole intégrale du fond de cette vallée. Les prairies de fauche y sont dominantes et la mécanisation est très développée. Ce fond est également marqué par l’habitat pavillonnaire, en pleine expansion et les bâtiments artisanaux ou industriels. Les parties les plus pentues des versants (établis dans des roches d’origine volcanique, constituées essentiellement des brèches) sont par contre couvertes de forêts qui forment des rubans continus. Les zones mal desservies se ferment progressivement, l’abandon des pâturages favorisant la colonisation par la lande qui s’installe rapidement, avec déjà parfois la présence de petits arbustes pionniers. Des châteaux et demeures bourgeoises sont implantés sur des terrasses en pied de versant ou à mi-pente. Des affleurements rocheux (brèches) perçant le couvert forestier des versants donnent aux paysages un aspect ruiniforme. Au-dessus de Vic-sur-Cère (au verrou glaciaire du Pas-de-Cère), la vallée change pour devenir une vallée en V avec, de fait, un fond de vallée plus exigu et moins exploitable ou habitable. Vers l'aval, les pentes des versants s'adoucissent progressivement pour venir mourir aux portes d'Aurillac. À l’ouest du bassin d’Aurillac, dans la partie aval de l’ensemble de paysages, la vallée est à nouveau encaissée et devient ennoyée à partir de Saint-Étienne-Cantalès, par le lac de retenue du barrage Inventaire des paysages du département du Cantal, Direction Régionale de l'Environnement du Cantal, septembre 1998, p. 103-112.
Hydronymie L'hydronyme Cère aurait une racine pré-indo-européenne ser désignant une hauteur d'où s'écoule le cours d'eau.. On peut y voir aussi la racine car qui désigne la pierre, le caillou (comme la Garonne ou le Cher, les mots carrière, calcul et caillou, et de nombreux autres hydronymes). Albert Dauzat reste flou à ce sujet.
Légende
Une petite nymphe avait permis à Cérès, la déesse des moissons, de retrouver sa fille emportée aux enfers par Pluton. Aussi, quand la nymphe se trouva menacée par Apollon, Cérès vola à son secours et la transforma en une rivière qu'en souvenir on appela la Cère.
Départements et communes traversés La Cère traverse trois départements, dans autant de régions différentes, et , soit d'amont vers l'aval : Cantal (région Auvergne-Rhône-Alpes) : Saint-Jacques-des-Blats (source), Thiézac, Vic-sur-Cère, Polminhac, Yolet, Vézac, Giou-de-Mamou, Arpajon-sur-Cère, Roannes-Saint-Mary, Ytrac, Sansac-de-Marmiesse, Saint-Mamet-la-Salvetat, Lacapelle-Viescamp, Le Rouget-Pers, Saint-Étienne-Cantalès, Saint-Gérons, Laroquebrou, Siran et Montvert ; Corrèze (région Nouvelle-Aquitaine) : Goulles, Saint-Julien-le-Pèlerin et Camps-Saint-Mathurin-Léobazel ; Lot (région Occitanie) : Sousceyrac-en-Quercy, Laval-de-Cère, Gagnac-sur-Cère, Biars-sur-Cère, Bretenoux et Prudhomat (confluence avec la Dordogne.
Hydrographie vignette|upright|Le barrage de Lamativie. C'est la rivière la plus importante du Cantal.
On trouve dans la Coutume d'Auvergne que La Cère ne tolle ni ne baille''', autrement dit, elle ne peut ni prendre de terrain, ni en donner par ses alluvions. De ce fait, son cours qui avait tendance à changer a été maintenu dans le même lit.
En raison de sa grande hauteur de dénivellation et de son débit abondant, on trouve que des barrages ont été installés sur son cours et sur ses affluents depuis très longtemps: d'abord des moulins placés sur des biefs de dérivation, et depuis le des barrages avec un lac de retenue.
Moulins Comme l'établissement d'un moulin était une propriété d'une grande valeur, et comme sa concession donnait lieu à un acte d'autorisation du seigneur haut-justicier, on trouve de nombreuses mentions de reconnaissances, de vente, de contestations portant sur des moulins sur la Cère, et cela depuis le .
Certains ne subsistent que par un toponyme : Moulinier, Martinet'' (ancienne forge), etc. Très peu étaient utilisés pour moudre le grain, et la plupart pour animer des usines, parfois très petites, qui étaient situées au-dessus de la Cère ou de l'un des torrents de montagne qui lui sont affluents.
Mais un grand nombre ont encore leur bâtiment, leur bief, et parfois leur mécanisme : Moulin du Vialard, à Vic-sur-Cère (bâtiment restauré par la municipalité, mais avec un bief asséché), du Mourdier à Comblat ; Moulin de Vixouze, de Marfons, à Polminhac ; Moulin de Caillac, à Vézac, dans le domaine du château de Caillac.
Barrages de retenue
La plus ancienne centrale hydroélectrique est le barrage de Vic-sur-Cère installé en 1897 dans le bief d'un ancien moulin.
Le plus important est actuellement le barrage de Saint-Étienne-Cantalès Barrage de Saint-Étienne-Cantalès sur le site du ministère de l'Industrie.
Il est suivi immédiatement du barrage de NèpesBarrage de Nèpes sur le site du ministère de l'Industrie dont les eaux sont amenées par conduite forcée jusqu'à l'usine hydroélectrique de LamativieLes chutes de Lamativie et de Laval de Cère sur le site de la DRIRE du Limousin, quinze kilomètres en aval.
Un autre barrage est implanté à Camps ; l'usine hydroélectrique qui se trouve neuf kilomètres plus bas, en amont de Laval-de-Cère, reçoit par conduites forcées l'eau des retenues de Lamativie (sur la Cère), des ruisseaux de Candes (barrage de Candes à Comiac) et d'Escalmels.
Un autre petit édifice, le barrage de la Brugale, est installé deux kilomètres en aval de Laval-de-Cère.
Hydrologie
Le débit moyen annuel de la Cère, calculé sur 26 ans, de 1983 à 2008, à Biars-sur-Cère (Bretenoux), est de /s pour une surface de bassin de Banque Hydro - Station P1962910 - La Cère à Biars-sur-Cère (Synthèse) (ne pas cocher la case "Station en service").
La rivière présente d'importantes fluctuations saisonnières de débit, avec des hautes eaux d'hiver-printemps de 31 à de novembre à avril inclus (avec un maximum en janvier-février), et des maigres d'été, en juillet-août-septembre, entraînant une baisse du débit moyen mensuel jusqu'à au mois d'août, ce qui reste satisfaisant.
À l'étiage, le VCN3 peut chuter jusque /s, en cas de période quinquennale sèche, soit par seconde, ce qui n'est pas trop sévère.
Les crues peuvent être assez importantes, caractéristique partagée par la plupart des affluents de la Dordogne, mais sans commune mesure avec les crues des affluents de l'ouest du bassin de la Loire (Creuse, Gartempe, Mayenne, Sèvre Nantaise) ou les cours d'eau cévenols (Ardèche, Cèze, Gardon, etc.). Plusieurs crues majeures de la Cère peuvent être mentionnées : , , , , , , , 3-, 12-..
Ainsi les QIX 2 et QIX 5 valent respectivement 170 et /s. Le QIX 10 est de /s, le QIX 20 de /s, tandis que le QIX 50 se monte à /s.
Toujours à Biars-sur-Cère, le débit instantané maximal enregistré durant la période d'observation, a été de /s le , tandis que la valeur journalière maximale était de /s le . En comparant la première de ces valeurs à l'échelle des QIX de la rivière, il apparaît que cette crue n'était pas d'ordre décennal.
La Cère est une rivière très abondante. La lame d'eau écoulée dans le bassin versant de la rivière est de 757 millimètres annuellement, ce qui est très élevé, plus de deux fois la moyenne de la France entière tous bassins confondus, et résulte entre autres d'une pluviosité fort abondante sur la partie du bassin situé sur les pentes du Cantal. Le débit spécifique (ou Qsp) atteint par seconde et par kilomètre carré de bassin.
Principaux affluents La Cère a deux bras et 58 affluents contributeurs référencés dont les principaux sont : le Mamou, , rive droite la Jordanne, , rive droite le ruisseau de Lentat, , rive gauche le ruisseau de Roannes, , rive gauche le ruisseau d'Angles, , rive gauche l'Authre, , rive droite le ruisseau du Pontal, , rive gauche le ruisseau de Lacamp (ou ruisseau d'AuzePour le Sandre c'est le ruisseau de Lacamp ; la carte de promenade n° 49 de l'IGN indique ruisseau d'Auze), , rive droite le ruisseau de Branugues, , rive droite le ruisseau d'Escalmels, , rive gauche le ruisseau de Candes, , rive gauche le ruisseau d'Orgues, , rive droite le ruisseau de Négreval, , rive gauche
Infrastructures La vallée de la Cère constitue un des axes de communication majeurs du département (route Clermont-Ferrand / Aurillac). La vallée est en effet une zone particulièrement fréquentée tant en période hivernale (proximité de la station de ski du Lioran) qu’en période estivale (station touristique de Vic-sur-Cère). Cette fonction a été à l’origine de la mise en place d’infrastructures routières et ferroviaires, ayant nécessité des aménagements lourds (ouvrages d’art tels que viaducs, tunnel), passages en déblais…) qui marquent fortement les paysages, à toutes les échelles de perception (visions lointaine et rapprochée).
Nature et patrimoine Repérage alt=Le Pas-de-la-Cère de Jean-Alfred Desbrosses, Salon de 1888, musée des Beaux-Arts de Chartres.|vignette|Le Pas-de-la-Cère de Jean-Alfred Desbrosses, Salon de 1888, musée des Beaux-Arts de Chartres. À Saint-Jacques-des-Blats : À Thiézac : le Pas de Compaing la chapelle Notre-Dame-de-la-Consolation l'église gothique Saint-Martin Le chaos de Casteltinet le Pas de Cère Ancienne centrale hydroélectrique de Vic À Vic-sur-Cère la cascade du trou de la Conche (sur le ruisseau l'Iraliot) les jardins suspendus du château de Cols l'église paroissiale Saint-Pierre les maisons anciennes À Polminhac : l'église paroissiale Saint-Victor le château de Pesteils À Yolet : la chapelle de l'ancien château du Doux À Arpajon-sur-Cère : le château de Conros Le pont médiéval de Cabrières À Sansac-de-Marmiesse : le château de Veyrières Le lac de Saint-Étienne-Cantalès et ses bases de loisirs À Laroquebrou : le château de Laroque l'église Saint-Martin Les gorges de la Cère avec le belvédère du Rocher du Peintre à Camps-Saint-Mathurin-Léobazel
Protections Le parc naturel régional des Volcans d'Auvergne recouvre : Les cours de la Cère, depuis leurs sources jusques et y compris Vic-sur-Cère.