Jacques Gross, ou Gross-Fulpius, né le à Mulhouse et mort le à Genève, est un membre de la Fédération jurassienne, historien de la Commune de Paris, collaborateur de journaux libertaires et libre-penseurs.
Bibliophile, plus qu'homme d'action, il contribue à la création du journal Le Réveil anarchiste à Genève sous le pseudonyme de Jean-qui-marche.
Biographie thumb|250px|droite|Le Réveil socialiste-anarchiste, 11 juin 1910. thumb|120px|droite|Die Freiheit, 10 mars 1888.
Jacques Gross est né en Alsace en 1855. Sa famille émigre à Genève en 1871. Il est voyageur de commerce pour la fabrique de tabacs Burrus à Boncourt (Canton du Jura, Suisse), profession qui lui permet de passer en contrebande les journaux clandestins : L’Avant-Garde de Paul Brousse et Die Freiheit de Johann Most et Paul Schultze.
Adhérent très jeune à la Fédération jurassienne, il est sous le pseudonyme dAndré, le délégué des sections de Porrentruy et de Boncourt au huitième congrès de l’Internationale tenu à Berne du 26 au .
Dans cette même ville, il participe, en 1877, à la manifestation-commémoration de la Commune de Paris.
Propagandiste et internationaliste
En 1890, il est parmi les fondateurs, avec Luigi BertoniDictionnaire international des militants anarchistes : Luigi Bertoni., du journal bimensuel et bilingue, Le Réveil anarchisteLe Réveil socialiste-anarchiste : notice.. Il soutient financièrement d'autres publications comme Les Temps nouveaux fondés en 1895 par Jean Grave ou Le Père Peinard d'Émile Pouget.
Parlant couramment le français, l'italien et l'allemand, ami d’Élisée Reclus. et de Kropotkine (alors résidant à La Chaux-de-Fonds), il organise l’aide aux nombreux militants réfugiés , emprisonnés ou expulsés de Suisse. Dans ce cadre, il rencontre notamment James Guillaume, Adhémar Schwitzguébel, Andrea Costa, Henri Roorda, Ernest Cœurderoy, Luigi Galleani, Nicolas StoinoffNicolas Stoinoff : notice. etc. Durant plus de trente ans, il aide Max Nettlau dans ses recherches documentaires.
En 1891, il mène campagne contre l'expulsion de Errico Malatesta et l'aide à fuir à Londres, en 1914, après la Semaine Rouge.
En 1894, la police française le signale comme membre du groupe L'Avenir de Genève et le soupçonne d'être un espion pour le compte de l'Allemagne.
Franc-maçon
En 1905, il est initié en franc-maçonnerie à Genève dans la loge , appartenant au Grand Orient de France, il appartient aussi au Souverain Chapitre et au Conseil philosophique à Genève et il a été vénérable maître de sa loge et de son chapitre, grand maître de son Conseil philosophique, du Rite Écossais Ancien et Accepté et membre d'honneur du Grand Collège des RitesLéo Campion, Le drapeau noir, l'équerre et le compas : les Maillons libertaires de la Chaîne d'Union, texte intégral.Henriette Edwige Chardak, Élisée Reclus: Un encyclopédiste infernal !, L'Harmattan, 2006, page 295..
Ses archives personnelles constituent l’un des premiers fonds du Centre international de recherches sur l'anarchisme (CIRA) fondé à Genève en 1957. Une part importante de sa correspondance est archivée à l'Institut international d'histoire sociale d'Amsterdam.
Sa compagne, Élisabeth Fulpius, fille du libre-penseur Charles Fulpius et sculptrice, participe à l'Encyclopédie anarchiste de Sébastien Faure en rédigeant l'article « Sculpture ».
Publications Ouvrages La Franc-Maçonnerie sous la Commune (1871), conférence, Genève 1908. La franc-maçonnerie exposée aux profanes, Genève s.d.
Préface Ernest Cœurderoy, Jours d'exil, Paris, 1910. Jours d'exil, première partie, 1849-1851, Jacques Gross, Ernest Cœurderoy, Raoul Vaneigem, Max Nettlau, Saint-Imier, Canevas, 1991, WorlCat : notice.BNF : notice.CIRA : notice..
Bibliographie Henriette Edwige Chardak, Élisée Reclus : Un encyclopédiste infernal !, L'Harmattan, 2006Extraits en ligne.. Michel Cordillot, La naissance du mouvement ouvrier à Besançon, La Première Internationale, 1869-1872, Annales littéraires de l'université de Besançon, 1990CIRA : notice.. Marianne Enckell, "Jacques Gross et Max Nettlau, redécouvreurs de Coeurderoy", in: Alain Brossat, Ernest Cœurderoy, 1825-1862 : révolution, désespoir et prophétisme, Paris, L'Harmattan, 2004CIRA : notice.page 74.. Ruth Fivaz-Silbermann, Revue européenne des Sciences sociales (Cahiers Vilfredo Pareto), volume 61, Librairie Droz, 1982, page 201, note 18. Edouard Muller, Rapport sur l'enquête relative aux menées anarchistes en Suisse, adressée au Conseil fédéral suisse, Bern (Suisse), Wyss, 1885CIRA : notice.. Max Nettlau, Notice biographique sur Jacques Gross, Centre International de Recherches sur l'Anarchisme (Lausanne), 12-Anarchisme, mouvements et utopies libertaires helvétiques, cité.. François Ruchon, À la mémoire de Jacques Gross-Fulpius, 1855-1928, discours prononcés le aux funérailles par Pierre Trappier, Maurice Milhaud et Luigi Bertoni, Imp. E.P. Grivet, Genève, 1929BNF : notice.CIRA : notice.Anarlivres : notice..
Notes et références
Voir aussi Articles connexes
Anarchisme en Suisse Histoire de l'anarchisme Libertaire Centre international de recherches sur l'anarchisme (Lausanne)
Liens externes
Dictionnaire international des militants anarchistes : notice biographique. L'Éphéméride anarchiste : notice biographique. Centre International de Recherches sur l'Anarchisme (Lausanne) : notice bibliographique.
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