Les Conspirateurs (titre original : ) est un film coproduit par le Brésil et l'Italie, réalisé par Joaquim Pedro de Andrade et sorti en 1972.

En , le film est inclus dans la liste établie par l'Association brésilienne des critiques de cinéma (Abraccine) des 100 meilleurs films brésiliens de tous les temps.

Synopsis Une version peu conformiste de l'Inconfidência Mineira à la fin du . Situé à Ouro Prēto (État du Minas Gerais), autrefois Vila Rica, sur les lieux mêmes du drame, le film retrace le tragique destin du dentiste Tiradentes (en français « l'arracheur de dents »), accusé d'être le cerveau d'une conspiration indépendantiste contre la couronne portugaise. Étant le seul à assumer ses responsabilités dans la rébellion contre le pouvoir colonial, il fut pendu et son corps écartelé. De nos jours, Tiradentes est désormais considéré comme un martyr de l'Indépendance. Tous les , le peuple brésilien rend hommage à son sacrifice et des pièces de monnaie sont également frappées à son effigie.

Fiche technique Titre du film : Les Conspirateurs Titre original : Os Inconfidentes Titre en Italie : La Congiura Réalisation et production : Joaquim Pedro de Andrade Scénario : J. Pedro de Andrade et Eduardo Escorel, d'après les actes du procès et l'œuvre poétique Romanceiro da Inconfidência de Cecília Meireles Photographie : Pedro de Morais Format : Eastmancolor, 35 mm Décors : Anisio Medeiros Montage : Eduardo Escorel Musique : Ary Barroso, Agustín Lara Production : Filmes do Serro, Grupo Filmes, Mapa Filmes, Radiotelevisione italiana Pays d'origine : / Langue originale : Portugais Durée : 100 minutes Sortie : 1972 Genre : Drame historique

Distribution José Wilker : Tiradentes Luiz Linhares : Tomás Antônio Gonzaga Paulo César Peréio : Bueno da Silveira Fernando Torres : Cláudio Manoel da Costa Carlos Kroeber : Alvarenga Peixoto Nelson Dantas : Père Luis Vieira da Silva Margarida Rey : Reine Marie I du Portugal Susana Gonçalves : Marília de Dirceu Carlos Gregório : José Álvares Maciel Wilson Grey : Joaquim Silvério dos Reis Fábio Sabag : Vicomte de Barbacena

Prix Mostra de Venise 1972 : Prix du Comité international de diffusion de l'art et des lettres par le cinémaIl s'agit d'un prix officieux, le festival étant non compétitif cette année-là. .

Commentaires

En 1972, lors du de l'Indépendance, le régime militaire brésilien souhaita que l'on puisse réaliser des films historiques à valeur éducative.

La superproduction Independência ou Morte de Carlos Coimbra Paulo Antônio Paranaguá , Ruptures et continuité : les années 70/80, in : Le cinéma brésilien, Éditions du Centre Georges-Pompidou, Paris, 1987, pages 115/116. Ce film, distribué dans plusieurs grandes villes du Brésil, au cours de la semaine des commémorations de l'Indépendance, fut vu par trois millions de spectateurs. Mais, , fait remarquer Paulo Antônio Paranaguá. Tout au long de l'histoire du cinéma brésilien, les épisodes liés à la lutte indépendantiste constituèrent un thème récurrent.

Par ailleurs, après Independência ou Morte, le producteur Oswaldo Massaini récidivera avec Caçador de Esmeraldas (Oswaldo de Oliveira, 1979). O Martir da Independência-Tiradentes (Geraldo Vietri, 1977) et A Batalha dos Guararapes (Paulo Thiago, 1978) doivent aussi être rattachés au genre. Toutefois, contrairement au film de Carlos Coimbra, A Batalha dos Guararapes se soldera par un échec cuisant, aussi bien auprès du public que de la critique.

Bien vite, on va s'apercevoir que l'histoire du Brésil est S'opposant aux réalisations précédemment citées, Os Inconfidentes offre une vision non édulcorée de l'Inconfidência Mineira. Le scénario s'appuie sur les sept volumes des minutes du procès, sur les vers des poètes impliqués dans ce complot et sur l'œuvre poétique contemporaine de Cecília Meireles. Cette dernière tente de dépasser l'historiographie traditionnelle. , note Paulo Antônio Paranaguá.

À propos des conjurés de Vila Rica de Ouro Prēto, Eduardo Galeano écrit aussi : E. Galeano : 1792. Rio de Janeiro : Les conjurés du Brésil, in Les Visages et les Masques - Mémoire du feu, Plon, traduction de l'espagnol : Véra Binard, 1985. Sur Tiradentes, il ajoute ceci : Le même auteur fait remarquer dans Les veines ouvertes de l'Amérique latine : , autrefois exceptionnellement prospèreE. Galeano : Les veines ouvertes de l'Amérique latine. Plon, Terre Humaine, traduction : Claude Couffon, 1981.. Comme l'écrivain uruguayen, le film de Joaquim Pedro de Andrade prend donc ses distances avec l'imagerie d'Épinal patriotique.

Notons, enfin, dans Le Brésil, Terre d'avenir, ce que Stefan Zweig écrivait au sujet de la découverte et de l'exploitation des métaux précieux dans la région du Minas Gerais : devrait être relaté, afin d'en faciliter la compréhension, sous la forme d'une pièce de théâtre en trois actes.

Nous le citons encore : S. Zweig : Le Brésil, Terre d'avenir, traduction : Jean Longeville, Éditions de l'Aube, 1992. Cet événement suffit pour provoquer une migration brutale et soudaine : S. Zweig : op. cité.. Nous songeons ici aux premiers efforts de Carmen Santos pour réaliser Les Insurgés de Minas (), sorti sur les écrans en 1948, après pratiquement dix années de tournage.

Le second acte marque l'entrée d'un protagoniste inévitable : le gouverneur portugais, représentant les droits de la Couronne. Celui-ci est venu exercer son étroite surveillance et, surtout, recevoir ce qu'il estime être sa rétribution naturelle : le cinquième de la richesse trouvée. et ses habitants sévèrement contrôlésStefan Zweig : op. cité..

, poursuit Stefan Zweig. À présent, pour extraire l'or de la profondeur de la montagne, cela nécessite un travail technique harassant. La Potosí du Brésil n'est plus qu'un souvenir. Dans ce contexte de déclin surgit l'Inconfidência Mineira que le film de Pedro de Andrade tente de restituer sans les .

Références

Voir aussi Articles connexes Inconfidência Mineira, film brésilien, sorti en 1948 et réalisé par Carmen Santos. Independência ou Morte, film brésilien, sorti en 1972 et réalisé par Carlos Coimbra

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