Les relations entre la Croatie et l'Union européenne (UE) sont des relations verticales impliquant l'organisation supranationale et un de ses États membres.

Historique Adhésion

La candidature croate à l'Union européenne est déposée en par le gouvernement Ivica Račan. Le statut de candidat de la Croatie est officiellement reconnu en 2004 et les négociations débutent l'année suivante.

L'un des principaux contentieux liés à l'adhésion croate est celui de la frontière avec la Slovénie dans la baie de Piran. La Slovénie bloque alors régulièrement l'adhésion avec son droit de véto, afin de forcer une résolution du différend frontalier. À cette fin, et dans l'optique de lever ce dernier obstacle à l'adhésion, les deux pays s'accordent pour soumettre le litige au tribunal arbitral international.

Zoran Milanović (de 2013 à 2016)

Lors de l'adhésion, le premier ministre de Croatie est Zoran Milanović.

Le , un référendum définissant le mariage comme l'union d'un homme et d'une femme est approuvé par la population croate. En effet, l'adhésion à l'Union européenne était perçu par les opposants au mariage homosexuel comme un risque pour la définition du mariage en Croatie comme étant réservé aux couples hétérosexuels (du fait des évolutions en Espagne, en France et aux Pays-Bas), et ce en dépit du fait que ni l'Union européenne, ni le Conseil de l'Europe, n'imposent à leurs États membres respectifs de modifier la définition du mariage, et plus généralement les dispositions relatives au droit de la famille, dès lors que les droits des minorités sont respectés et, pour le cas de l'UE, que les mariages célébrés dans les pays reconnaissant le mariage homosexuel soit reconnu dans toute l'UE pour ne pas entraver la libre circulation des personnes.

En , la question du différend frontalier ressurgit après que le juge slovène face l'objet d'accusation quant à sa partialité. Le , la Croatie se retire unilatéralement de l'arbitrage.

En , la question migratoire apparait dans les relations entre la Croatie et l'UE. En effet, après que la Hongrie a bloqué sa frontière avec la Serbie, les migrants empruntant la route des Balkans se sont redirigés vers la Croatie. La Hongrie accusa alors la Croatie de renvoyer une partie des migrants arrivés sur le territoire croate, en train, vers la Hongrie. Cependant la Croatie estime que ces déplacements avaient été acceptés par la Hongrie, laquelle avait notamment accepté de prendre en charge un millier de migrants arrivés de Croatie.

Tihomir Orešković (2016)

Tihomir Orešković prend la tête du gouvernement croate en .

Dès le de cette année, la Croatie rejette toute reprise de l'arbitrage et estime que le différend devait être résolu au niveau bilatéral. Le tribunal rejette toutefois cette décision unilatérale, considérant que la violation de partialité, désormais réglée par la démission de l'arbitre slovène, ne remettait plus en cause l'intégrité et l'impartialité de l'arbitrage. Le ministère des affaires étrangères croate condamne cette décision et réaffirme qu'il ne reviendra pas dans la procédure arbitrale, la Croatie ne reconnaissant plus la compétence du tribunal..

Andrej Plenković (depuis 2016) Andrej Plenković devient Premier ministre de Croatie en .

Le , le tribunal arbitral rend sa décision au sujet du différend frontalier entre la Croatie et la Slovénie. La majeure partie de la baie et un accès direct aux eaux internationales de la mer Adriatique est accordé à la Slovénie... Le jugement doit être mis en œuvre au plus tard le .. Le premier ministre croate Andrej Plenković réagit lui en déclarant que la Croatie ne reconnaît pas cette décision et n'a pas l'intention de la mettre en œuvre. Dans ce contexte, la Slovénie demanda l'intervention de l'Union européenne afin que celle-ci face pression sur la Croatie pour qu'elle respecte la décision arbitrale..

Le , la Commission européenne publie une déclaration officielle dans laquelle elle soutient la procédure d'arbitrage et invite la Croatie et la Slovénie à respecter la décision prise... Le vice-président de la Commission Frans Timmermans déclara que les deux pays devait respecter le verdict, ajoutant qu'elle se tient prête, si besoin est, à apporter son aide aux parties dans ce processus.. Toutefois, il rappelle que la Commission n'exigerait pas sa mise en œuvre, estimant qu'il s'agit d'une question bilatérale qui ne tombe pas dans la compétence de l'Union européenne.. Dans les minutes de la réunion de la Commission, celle-ci reconnaît notamment que la Slovénie avait violé l'accord d'arbitrage. Cependant la Cour permanente d'arbitrage déclara que la violation n'était pas de nature à influencer la décision finale du tribunal dès lors que le juge impliqué dans la violation de l'accord fut remplacéhttp://ec.europa.eu/transparency/regdoc/rep/10061/2017/EN/PV-2017-2219-F1-EN-MAIN-PART-1.PDF. Timmermans réaffirma que la Commission soutenait le processus de règlement. Le service juridique de la Commission européenne déclara que l'Union avait une juridiction dans ce domaine et qu'il est de l'obligation de l'UE et de ses États membres de respecter et de mettre en œuvre le droit international public. La Croatie fait cependant fi de la mise en garde de la Commission, le premier ministre Plenkovic déclarant que le problème de la baie de Piran ne concerne pas Bruxelles..

Rapport entre le droit de l'Union européenne et le droit croate

Constitution Les dispositions relatives à la participation de la Croatie à l'Union européenne sont présentes dans le de la constitution de la Croatie.

L' de la constitution contient les éléments relatifs au transfert des pouvoirs constitutionnels. L'article rappelle notamment que la Croatie participe à de la constitution.

L' contient les dispositions relatives à la représentation de la Croatie au sein des institutions européennes en conformité avec le traité sur l'Union européenne et le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne et en conformité avec les arrangements constitutionnels croates de la constitution.

Les et (3) de la constitution établissent respectivement la suprématie et l'effet direct du droit de l'Union européenne en Croatie.

Le droit croate suit en effet la tradition moniste, selon laquelle le droit national et le droit international sont un même ensemble, permettant ainsi l'application directe d'une norme internationale en droit interne de la constitution.

Transposition

Selon l'université d'Amsterdam, la mise en œuvre de la jurisprudence Simmenthal en cas de défaut de transposition du droit de l'Union en droit croate a nécessité un temps d'adaptation par les juridictions croates.

Positionnement vis-à-vis de l'Union européenne Opinion publique

Partis politiques Partis eurosceptiques

La Croatie compte deux partis eurosceptiques principaux : le parti croate du Droit et le parti croate du Droit - Ante Starčević.

Notes et références Notes

Référénces

Voir aussi

Articles connexes Procédure d'adhésion de la Croatie à l'Union européenne Présidence croate du Conseil de l'Union européenne en 2020 Euro en Croatie

Bibliographie

Liens externes . .

*2013