Les noms des jours de la semaine varient selon les langues et les cultures.
Dans les langues latines, ils tiennent leur origine des noms de divinités de la mythologie romaine. Les noms samedi et dimanche sont deux exceptions. Modifiés a posteriori, ils tiennent leur origine de la religion hébraïque pour le samedi et de la religion chrétienne pour le dimanche. Samedi et dimanche sont venus remplacer les jours dédiés aux dieux Saturne et Soleil. On retrouve la trace de l'ancienne terminologie païenne dans les langues germaniques (Saturday et Sunday/Sonntag).
La numérotation des jours de la semaine varie en fonction des sociétés et des traditions ; cependant le système international fixe le lundi comme étant le premier jour de la semaine ISO 8601.
thumb|upright=1.8|Bracelet de camées italien représentant les jours de la semaine correspondant aux planètes en tant que divinités olympiennes : Diane pour lundi, Mars pour mardi, Mercure pour mercredi, Jupiter pour jeudi, Vénus pour vendredi, Saturne pour samedi et Sol pour dimanche.
Les sept « astres errants » et les divinités associées
Les premiers astronomes avaient différencié les astres en deux catégories : les « fixes », c'est-à-dire ceux qui restent à la même place les uns par rapports aux autres (quel que soit le moment de l'année ou de la nuit ; ce sont nos étoiles) ; les « errants », ceux qui changent de place les uns par rapport aux autres. Ces derniers sont nos planètes (du grec ancien , « errantes »). À l'œil nu, ces dernières sont au nombre de cinq. Dans l'ordre de luminosité (magnitude apparente, initialement l'intensité de la sensation visuelle produite par une étoile), de la plus brillante à la plus terne, ce sont Vénus (-4,6), Jupiter (blanche, -2,9), Mars (rouge, -2,9), Mercure (-2,4), Saturne (0,4). Leur seront ajoutés le Soleil (-26,7) et la Lune (-12,6 lorsqu'elle est pleine). Il y avait donc sept astres. Leurs noms ont été associés par la suite aux sept jours de la semaine. Les Anciens, ne pouvant les observer, ne connaissaient pas les planètes Uranus (découverte en 1781) et Neptune (en 1846), ni bien évidemment Pluton (en 1930 ; rayée de la liste des planètes en 2006 au bénéfice d'une nouvelle nomenclature : les planètes naines).
Astrologie mésopotamienne thumb|Heptagramme des sept astres de la semaine
Les Chaldéens de Mésopotamie semblent avoir classé les sept astres en fonction de leur vitesse de déplacement apparent, ce qui donne, de la plus lente à la plus rapide : Saturne, Jupiter, Mars, le Soleil, Vénus, Mercure, la LuneCet ordre correspond au classement des astres visibles à l'œil nu en fonction de leur vitesse de déplacement dans le ciel par rapport aux étoiles de la voûte céleste en les rangeant du plus lent au plus rapide. (voir Jean-Pierre Durandeau, Physique, option sciences expérimentales, , Hachette, 1994 .
À Babylone (entre 1595 et 1157 avant notre ère (époque Kassite), voire plus anciennement depuis 1950), la célèbre série de tablettes astrologiques Enuma Anu Enlil associe déjà la planète Vénus à une déesse de l'Amour, Ishtar, et la planète Mars à un dieu de la Guerre et des Enfers, Nergal.
Chez les Assyriens, la planète Saturne est appelée Shamash et la planète Jupiter est associée au dieu suprême babylonien, Marduk.
Heptagramme L'heptagramme ci-contre expliquerait le passage de l'ordre chaldéen à l'ordre actuel.
Les planètes sont classées en cercle (sens des aiguilles d'une montre) selon l'ordre chaldéen : Saturne (♄), Jupiter (♃), Mars (♂), Soleil (☉), Vénus (♀), Mercure (☿), Lune (☽). Elles sont ensuite reliées en utilisant un heptagramme, en partant du soleil (> lune > Mars > Mercure > Jupiter > Vénus > Saturne > retour au soleil, ce qui donne l'ordre actuel des sept jours de la semaine)https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Weekday_heptagram.svg.,.
Cet heptagramme peut avoir été élaboré à partir des explications techniques de Dion Cassius (cf. infra). Il peut aussi avoir été élaboré par les alchimistes du Moyen Âge pour lesquels une étoile à sept branches représentait généralement les sept planètes du Système solaire connues à l'époque.
D’autres chercheurs, comme Donna Carroll de l’université de Maastricht, expliquent que les Babyloniens nommaient les 24 selon les noms des 7 planètes connues à l’époque, la Lune et le Soleil étant des « planètes » (étymologiquement « astres errants »). Leurs noms, triés dans l’ordre décroissant de période d’observation (Saturne, Jupiter, Mars, Soleil, Vénus, Mercure, Lune), reviennent avec un décalage de 3 noms d’un jour au suivant ; le nom de la première heure d’un jour finit par donner son nom au jour.
Adoption (ou création) de la semaine par les Hébreux La Genèse fait venir Abraham de Chaldée. Par la suite, les Hébreux ont été en contact avec les pratiques religieuses des Babyloniens lors de l'Exil à Babylone.
Dans la Bible hébraïque, le récit de la création du monde en six jours (Genèse), auxquels il faut ajouter le jour de repos, ainsi que le quatrième commandement du Décalogue (« Souviens-toi du jour du repos, pour le sanctifier »Exode, chapitre 20, verset 8 sur Wikisource) fondent la pratique juive du Shabbat.
Les jours ne sont pas associés à des planètes, car le culte de l'armée des cieux est prohibé par le Dieu d'IsraëlDeutéronome 4:19. Dans les Évangiles, Jésus meurt le jour de la « préparation du Sabbat » de la Pâque (Luc 23.54), autrement dit la veille du 14 Nissan. Il est mis au tombeau en fin d'après-midi et y reste durant les 2 Sabbats, c'est-à-dire celui de la Pâque (le grand jour) et celui de Samedi, donc jusqu'au samedi soir. Dans Matthieu 28:1, le mot Sabbat est en grec au plurielhttps://vigi-sectes.org/controverse-jour-et-date-de-la-cruxifiction/. C'est le dimanche matin, « premier jour de la semaine », que les femmes se rendent au tombeau (Mat 28.1 ; Marc 16.1 ; Luc 24.1 ; Jean 20.1)..
Astrologie hellénistique
L'astrologie orientale a été introduite en Occident par les Grecs. Les sept astres vont être associés à des jours particuliers.
Astrologie romaine
Les pratiques astrologiques proche-orientales sont passées en Occident romain via les Grecs.
La semaine chez les Romains Premières mentions Les premières mentions connues d'une semaine de sept jours : Un graffiti sur un mur romain de Pompéi atteste de l'ordre et du nom des jours de la semaine romaine. Il date d'avant la destruction de la ville en 79. Dans une colonne titrée DIE (jours), nous avons successivement SAT, SOL, LUN, MAR, MER, IOV, VEN. Ce sont les sept astres visibles : Saturne, Soleil, Lune, Mars, Mercure, Jupiter, Vénus. La mention d'une semaine de sept jours associée aux planètes se trouve dans le titre d'un ouvrage perdu de Plutarque (46-120) intitulé Pourquoi les jours qui portent le même nom que les planètes ne sont pas comptés d'après le rang de celles-ci, mais en sens inverse. Plutarque, Grec d'origine, est un citoyen romain et un penseur majeur de la Rome antique. Il écrit en grec. Il fait un voyage d'étude à Alexandrie en Égypte en 69-70.
Dion Cassius (ca. 155 à après 235) est un homme politique, consul et historien romain, proche des empereurs Septime Sévère et Alexandre Sévère. Dans son Histoire romaine (rédigée en grec), XXXVII, 18 et 19, il indique : « Pompée eut de grands obstacles à surmonter au siège de Jérusalem. (...) Si ceux qui l'occupaient l'avaient défendue tous les jours avec la même vigilance, Pompée n'aurait pu la prendre ; mais ils suspendaient le combat pendant les jours qui portent le nom de Saturne ; parce qu'ils ne font rien ces jours-là. Cette interruption fournit aux assaillants le moyen d'ébranler les remparts. Les Romains, ayant remarqué l'usage dont je viens de parler, ne poussaient point sérieusement l'attaque pendant le reste de la semaine ; mais lorsqu'arrivaient périodiquement les jours de Saturne, ils donnaient l'assaut de toutes leurs forces. Ainsi le temple tomba au pouvoir des Romains, le jour dédié à Saturne, sans que ses défenseurs fissent aucune résistance. » « L'usage de déterminer l'ordre des jours d'après les sept astres qu'on appelle planètes vient des Égyptiens : il existe chez les autres peuples ; mais, suivant mes conjectures, il ne remonte pas à une époque éloignée. Les anciens Grecs, du moins autant que je puis le savoir, ne le connaissaient pas ; mais puisqu'il est adopté aujourd'hui dans tous les pays et par les Romains eux-mêmes, comme une coutume nationale, je veux exposer en peu de mots comment et suivant quelles règles il a été établi. D'après ce que j'ai appris, il repose sur deux systèmes faciles à comprendre, mais qui s'appuient sur une certaine théorie. Si, rapportant à ces astres, dont dépend toute la magnifique ordonnance des cieux, l'harmonie fondée sur l'intervalle de la quarteQuarte (temps) : soixantième partie de la tierce qui est elle-même la soixantième partie de la seconde. et qui est regardée comme tenant la première place dans la musique, on suit l'ordre dans lequel chacun accomplit sa révolution ; si, commençant par le cercle le plus éloigné du centre et qui est consacré à Saturne, on laisse de côté les deux cercles qui viennent ensuite et on désigne le quatrième par le nom du dieu auquel il est dédié ; si, après celui-là, franchissant encore les deux suivants, on arrive au septième, et que, parcourant les autres d'après la même marche, on donne successivement aux jours le nom du dieu auquel chaque astre est consacré, on trouvera entre l'ordre des jours et celui des cieux un rapport fondé sur la musique. » « Tel est, dit-on, le premier système. Voici le second : comptez les heures du jour et celles de la nuit, en commençant par la première. Attribuez cette première heure à Saturne, la suivante à Jupiter, la troisième à Mars la quatrième au Soleil, la cinquième à Vénus, la sixième à Mercure, la septième à la Lune, en suivant l'ordre des cercles fixé par les Égyptiens. Faites plusieurs fois cette opération : lorsque vous aurez parcouru les vingt-quatre heures, d'après la même marche, vous trouverez que la première heure du jour suivant échoit au Soleil. Opérez de la même manière sur les vingt-quatre heures de ce jour, et la première heure du troisième jour reviendra à la Lune. Si vous appliquez ce procédé aux autres jours, chaque jour sera donné au dieu auquel il appartient. Voilà ce qu'on rapporte à ce sujet. »
Les noms (propres ou communs) des planètes donnés par Dion Cassius sont en grec (ici donnés dans la forme et l'ordre du texte). Ils correspondent au cercle extérieur de l'heptagramme précédemment cité : (Kronos-Saturne) (Dios-Zeus-Jupiter) (Arès-Mars) (hélios-soleil) / notons qu'il commence par une minuscule ; il s'agit donc du nom commun de l'astre, pas du dieu. (Aphrodite-Vénus) (Hermès-Mercure) (séléné-lune) / ici aussi, avec une minuscule.
Synthèse des noms en grec ancien Jour DimancheSoleil LundiLune MardiMars MercrediMercure JeudiJupiter VendrediVénus SamediSaturne Grec ancien hêméra Hêlíou hêméra Selếnês hêméra Áreôs hêméra Hermoû hêméra Diós hêméra Aphrodítês hêméra Krónou
Adoption de la semaine par les Romains Dans le calendrier romain (réformé par Jules César en 46 avant notre ère ; réforme connue sous le nom de calendrier julien), le mois (28 ou 29, 30, 31 jours) était divisé en trois périodes de durée inégale. Ces périodes étaient séparées par des jours de référence : les calendes, les nones et les ides. Cet ancien calendrier romain était peu rationnel et, dans un premier temps, on avait déjà tenté de regrouper les jours de l'année par périodes de huit jours, intervalle entre deux marchés ou nundines.
Cependant, sous l'empire, on commença à utiliser la semaine de sept jours subordonnés aux sept planètes. Ce nouvel usage s'enracina si profondément qu'au début du , Dion Cassius (voir citation plus haut : paragraphe Sources d'époque romaine) le considérait comme usuel chez les Romains.
Chaque journée fut donc l'occasion de fêter l'une des sept divinités romaines associées à l'un des sept astres connus à l'époque.