La désignation chinoise qingke jiu () recouvre un ensemble de boissons alcoolisées principalement à base d'orge nue, allant de la boisson fermentée connue en français sous son nom tibétain chang (ce dernier pouvant être fait à base d'autres céréales), à la boisson spiritueuse obtenue par distillation d'orge nue et produite en Chine, dans la région autonome du Tibet, ainsi que dans les provinces du Qinghai et du Sichuan, principalement par les minorités tibétaines et mongoles tu.

Le qingke jiu fabriqué à base d'orge nue est offert avec l'écharpe de félicité ou khata aux visiteurs venus de loin, lors d'un mariage, d'une naissance, du nouvel an (Losar)..

Types d'alcool d'orge nue Il existe différentes variétés de qingke jiu chez les Tibétains zang : une variété faible en alcool, à la couleur légèrement jaune vert, aigre-douce légèrement sucrée, dont le premier tirage titre 15 à 20 pour cent d'alcool, le second à environ 10 pour cent et le troisième à seulement 5 à 6 pour cent, certains l'appellent bière d'orge du Tibet () , comparable au chang. Ce dernier peut cependant également être fait d'avoine nueYiu H. Hui, Handbook of Food Science, Technology, and Engineering, Volume 4, 2006, chapitre « Jiu from the minority groups in China » : . ou de milletChapitre « Conditions de vie », pp. 349-376, in Anne-Marie Blondeau, Katia Buffetrille (dir.), Le Tibet est-il chinois ?, Albin Michel, 2002, 480 p., p. 367 : .Le nom chinois parle de vin (酒, dans son sens général de boisson alcoolisée) et non bière (啤酒) . ; l'alcool d'orge à degré élevé, qui utilise une technique locale distillation et qui peut atteindre 60 % d'alcool, il est alors appelé eau-de-vie (baijiu) d'orge du Tibet () : ..

Les paysans mongols tu (ou Monguor) du Qinghai boivent et brassent également un alcool d'orge du Tibet ; le leur est du type mingxi (), qu'ils appellent « sibai doulasi » (). Cette méthode de brassage est assez différente de celle des Tibétains zang : ..

Le chang à base d'orge nue (connu sous le nom de qingke jiu en chinois) est la principale boisson alcoolique du Tibet Jianming Yang et al., Barley breeding and production in China, in Cereals in China, CIMMYT, s. d., pp. 69-79, page 71 : ; traduction : .Guoping Zhang, Chengdao Li, Xu Liu, Advance in Barley Sciences, in Proceedings of the 11th International Barley Genetics Symposium, Springer & Zhejiang University Press, , 2013, page 156 : ; traduction : .. Il ressemble au vin de riz aigre-doux..

La renommée du qingke jiu de distillation du Qinghai s'étend à toute la ChineCahiers d'Extrême-Asie : revue de l'École française d'Extrême-orient, Section de Kyōto, Volume 11, 2000, p. 179 : ..

Le qingke jiu de fermentation ou chang

Le chang, tchang, chhang A focus on the cultural aspects of Sikkim, Jagatpati Sarkar, Bulletin of Tibetology, 1995, page 70, sur le site de The Tibetan and Himalayan Library. Nanda R. Shrestha, Historical Dictionary of Nepal, pp. 107-108. ou chhaang (du Gautam Biswas, Review of Forensic Medicine and Toxicology, ; Kamila Hladíková, The Exotic Other and Negotiation of Tibetan Self: Representation of Tibet in Chinese and Tibetan fiction of the 1980s, Ediční řada Monografie, Éditeur Univerzita Palackého v Olomouci, 2013, , p. 233 : ), est une boisson fermentée, de type bière traditionnelle, très prisée des Tibétains. Cette bière, au goût de cidre fermier et au titre d'alcool de 4.2 à 4.7%, est brassée à partir d'orge nu mais aussi parfois d'autres céréales Michael Buckley, Tibet, Bradt Travel Guides, 2012, 336 p., p. 24 : . Traditionnellement fabriqué à la maison, le chang est désormais fabriqué également en usine N. Tashi et al., Food Preparation from Hulless Barley in Tibet, in Guoping Zhang, Chengdao Li, Xu Liu (eds.), Advance in Barley Sciences: Proceedings of 11th International Barley Genetics Symposium, Zhejiang University Press and Springer Science & Business Media, 2012, 462 pages, pp. 151-158, en particulier p. 156 : ..

Extension géographique Le chang se rencontre en Chine (région autonome du Tibet, Qinghai, Sichuan), en Inde (Ladakh, Sikkim), au Népal et au Bhoutan.

Dans la préfecture de Shigatsé, connue pour être le « grenier du Tibet » et où la moisson de l'orge a lieu en septembre : et octobre, le mois d'août est la saison où l'on prépare le chang à partir de 33 minutes 18 secondes, puis à partir de 37 minutes 42 secondes : .

Dans les rites sociaux et la culture populaire En marque d'hospitalité, les Tibétains honorent leurs invités par un traditionnel échange de khata puis leur offrent du chang ou du thé au beurreMarc Moniez, Christian Deweirdt, Monique Masse, Le Tibet, Éditions de l'Adret, Paris, 1999, , p. 302..

Le premier jour des festivités du Losar, la célébration du Nouvel An tibétain comporte la consommation de changMarc Moniez, , p. 278..

Le chanteur tibétain Yungdrung Gyal (, interprète sur son album Gaoyuan Hong () « Je vous offre un bol de chang » () en mandarin.

La série d'émissions sur la gastronomie chinoise, (), consacre un documentaire au chang dans l'épisode 7 de la saison 1 intitulé « Our Farm (我们的田野) » (voir à partir de la minute)..

Le qingke jiu de distillation

Lieux de production

Dans l'espace culturel tibétain, l'alcool distillé obtenu à partir d'orge ou d'autres céréales est généralement connu sous le nom de ara, arag ou arak (Tibétain et Dzongkha: ཨ་རག་; Wylie: a-rag, terme dérivé de l'arabe ,ʿaraq). Ce terme est également utilisé chez les Mongols, avec l'aïrag (koumis chez les peuples turcs), pour désigner l'alcool de lait de jument.

Le qingke jiu de distillation est produit principalement dans la province du Qinghai (Amdo). Il existe également une distillerie au Sichuan (Kham), dans le district de Litang.

Fabrication Les méthodes de fabrication utilisant la distillation peuvent faire monter le degré d'alcool de cette boisson jusqu'à 60°, elle s'appelle alors également qingke baijiu () : ..

Dans la province du Sichuan, les Tibétains fabriquant à la maison leur qingke jiu, faisant griller d'abord les grains d'orge en les remuant avec une pomme de terre afin de ne pas les briser. L'orge une fois cuite à 30% est alors à moitié bouillie, puis mise dans un pot sur le toit, au milieu d'herbes pour la faire fermenter pendant trois jours. Cela permet d'obtenir une liqueur appelée suanjiu () qui titre moins de 20 %, ce n'est pas encore le qingke jiu. Le suanjiu est ensuite mis au fond d'une jarre en métal, un pot y est placé, puis le couvercle est refermé à l'aide d'une pâte à pain pour bien le sceller. De l'eau froide est alors ajoutée par-dessus, avec le froid la vapeur d'alcool dégagée par le suanjiu chauffé se condense et tombe dans le pot placé à l'intérieur de la jarre, donnant le qinke jiu..

La distillerie de Litang produit une eau-de-vie faite à partir d'orge local et dans laquelle baignent des champignons parasites de chenilles (ophiocordyceps sinensis, , littéralement : « ver l'hiver, herbe l'été », parfois également translittéré en yarchagumba ou yartsa gunbou, , hindi यार्चा गुम्बा, népali यार्सा गुम्बा) et des pousses de fritillaires R. Gupta, P. Neg, « Cordyceps sinensis (Yarsa Gamboo): A high value medicinal mushroom », pp. 107-128 de R. Saravanamuthu, Industrial Exploitation of Microorganisms, IK International Pvt Ltd, 2010, 436 p. : .. Cette dernière s'appelle en chinois dongchong xiacao jiu . Elle titre dans les 30°:Fichier:Qingke jiu.jpg : étiquette de la bouteille , à droite, celle-ci titre 35°

Dans la culture populaire

Annexes Notes et références

Bibliographie

Articles connexes Chang, bière tibétaine. Lhasa Beer, une bière à base d'orge du Tibet. Raksi, alcool de riz ou de millet distillé du Népal et du Tibet

Liens externes , documentaire sur l'importance du qingke jiu dans les mariages de la minorité Tu (ou Monguor). A. Boesi, F. Cardi, Cordyceps sinensis medicinal fungus: traditional use among tibetan people, harvesting techniques, and modern uses, Herbalgram, 2009

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