Le Comité pour l'organisation du syndicat des étudiants de France (COSEF) est un mouvement étudiant socialiste (courant Mitterrand) fondé quelques années après Mai 68 et actif entre 1975 et 1978. Contexte Divisions au sein du syndicat étudiant UNEF Les années d'après Mai 68 sont marquées par les divisions au sein du syndicat étudiant UNEF, où s'affrontent plusieurs tendances politiques. Les étudiants socialistes unifiés qui dirigent l'UNEF ne parviennent plus à résister à la présence des militants trotskistes et communistes. Le congrès de l'UNEF tenu à Marseille, en , pendant trois jours, voient se réunir entre 1500 et 3000 participants, selon les sources"68-98 : histoire sans fin", par Gérard Filoche  Reportage de  Françoise Schweitzer, le 22 décembre 1968, dans Le Figaro   . Environ 1500 étudiants mandatés se réunissent d'abord sur le campus de Lumigny, à 12 kilomètres de Marseille, puis dans le plus grand amphithéâtre de la Faculté Saint-Charles de Marseille, pour faire face au nombre élevé de militants des "comités d'action", non membres de l'UNEF mais que son président Jacques Sauvageot, décide de faire participer, ce qui lui permet de conserver la présidence de l'UNEFArticle de Daniel Granet et Serge Richard le 5 janvier 1969 dans L'Express  . Les assemblées locales de Paris-Sciences, Paris-Médecine et Paris-Sciences Po sont éliminées car accusées de ne pas payer leurs cotisations, tandis que celles de Lille, Toulouse et Saint-Etienne, représentées par des militants de l'Union des Etudiants communistes, contestent le déroulement. Bernard Herzberg, qui a succédé à Alain Geismar depuis l'été 1968 à la direction du Syndicat national de l'enseignement supérieur est conspué par une partie de la salle. Finalement, divers mandats sont contestés et les associations de Grenoble, Marseille, Bordeaux, Nanterre et l’École Normale Supérieure quittent l'UNEF, après l'absence de compromis à 6 heures du matin.

En décembre 1968 aussi, des militants étudiants engagés dans le mouvement étudiant français créent plusieurs groupes locaux comme BASE ou MARC 200. Parmi eux, de nombreux militants des Étudiants socialistes unifiés. Leur idée est de se rapprocher des syndicats de salariés, en particulier de la CFDT, qui a soutenu l'UNEF et les étudiants de Mai 68 lors du meeting de Charléty avec Pierre Mendès-France. Ils s'investissent peu après dans le Mouvement d'action et de recherche critique qui fusionne en 1970 ces différents groupes, après le 58ème Congrès de l'UNEF.

Tenu au Palais des Sports d'Orléans, en Article de Bruno Frappat dans Le Monde du 3 avril 1970  , ce congrès de l'UNEF est présidé par le PSU Luc Barret et les 800 à 900 délégués ne remplissent pas entièrement la salle. Les étudiants du PSU ont été abandonnés par les militants de la Ligue Communiste, leurs alliés au sein de l'UNEF depuis 1967, qui décident de s'en désintéresser. Ceux du parti communiste ont créé en une tendance "renouveau" et représentent environ un tiers des mandats au congrès. Les étudiants du PSU  deviennent minoritaires au sein du bureau, face à une double opposition communiste et lambertiste, pesant chacune un tiers des mandats, mais incapables de s'entendre. Les étudiants PSU conservent la direction, à la majorité relative, grâce à une alliance avec les maoïstes de l'Humanité Rouge pour constituer un bureau de gestion politique sous la présidence du PSU Jean-Pierre Chassine"La dernière génération d'octobre" par  Benjamin Stora, Editions Stock 2003 ..

Les deux autres tendances sont celles animées par l'AJS (Alliance de la jeunesse pour le socialisme, trotskistes-lambertistes et la tendance UNEF-Renouveau animée par l'Union des étudiants communistes (UEC), qui comprend aussi quelques étudiants de la Convention des institutions républicaines (CIR, mitterrandiste), mais aussi radicaux, ou encore catholiques. Le congrès dure 5 jours avec une longue série de déclarations d'organisations étrangères, concédées par la direction PSU aux militants maoïstes. Une équipe de la première chaîne TV filme le congrès pour le magazine "Panorama", avec des séquences sur les drapeaux rouges  et le Petit livre rouge de Mao tendu à bout de brasArticle dans La République du Centre du  3 avril 1970  . La tendance UNEF-Renouveau voit le nombre de ses mandats invalidés, et décide de dénoncer un congrès " truqué ". La presse observe que le nombre d'adhérents a chuté en un an, passant d'environ 50.000 à 30.000, alors qu'il était proche de 100.000 avant Mai 68.

En , l'UNEF, menée par son nouveau président Jean-Pierre Chassine soutient l'initiative de la création du " Secours rouge " de Jean-Paul Sartre et semble se limiter aux initiatives des seuls mouvements " gauchistes, observe  Le Monde Article dans Le Monde du 19 juin 1970  . Le , investit le siège de l'UNEF, rue Soufflot, pour prendre possession de cartes et occupe les lieux, amenant ensuite la direction de l'UNEF à fermer les bureaux jusqu'à nouvel ordre.   "L'UNEF et son vécu concret" le 27 octobre 1970, par Bruno Frappat dans Le Monde  . Dans la foulée, au début 1971, c'est la scission de l'UNEF"Les deux UNEF" par FRÉDÉRIC GAUSSEN, dans Le Monde du 11 mars 1971 , la direction de celle-ci démissionnant en bloc en , avec ensuite deux congrès, l'un créant le 21- l'UNEF US et l’autre à Paris par l’UNEF-RE (5-)Anaïs Gérard, L’UNEF à Lyon, de mai 68 à la scission de 1971, histoire politique de l’UNEF à Lyon à la fin des années 60, Mémoire de fin d’études de l’IEP de Lyon, sous la direction d’Yves Lequin, septembre 1998 . Le MARC (Mouvement d'action et de recherche critique, a alors , selon Le Monde de même que les militants socialistes. Influence de François Mitterrand au Parti socialiste La fondation du COSEF est précédée par un renforcement de l'influence au Parti socialiste de François Mitterrand, qui bénéficie de l'élection présidentielle de 1974, où il a manqué l'élection de peu et souhaite ensuite renforcer son pouvoir au sein des jeunesses socialistes qui connaissent depuis 1971 une période de tensions.

Le congrès de son parti en février à Pau, amène le premier secrétaire du PS à exclure du secrétariat du parti les membres du CERES puis à reprendre en main le secteur " entreprises ", confié à un de ses proches, Louis Mermaz, et le secteur des jeunesses socialistes, où Édith Cresson remplace Jean-Pierre Chevènement, leader du CERESArticle de Thierry Pfister, le 19 mai 1975 dans Le Monde . Le bureau des jeunesses socialistes est dissous le par le comité directeur du parti. Dans beaucoup de départements, le secteur jeunesse est rattaché à la formation et dépend directement du secrétariat fédéral, système qu'Édith Cresson propose de généraliser. Devant le comité directeur, Pierre Guidoni (CERES), dénonce un changement contraire à l'article 22 des statuts du parti, selon lesquels la jeunesse socialiste élit ses propres responsables.

En , Le Monde observe que les étudiants socialistes à la tête de la MNEF ont rompu avec Jean-Pierre Chevènement lors du congrès de Pau, derrière Gilles Martinet, car la direction du PS s'efforce , mais qu'il est , qui n'a à celui d'avant 1972, lorsque la MNEF était gérée par des étudiants PSU et que le gouvernement . Le Monde observe aussi que le Ceres ne dispose que d'environ 1200 adhérents chez les étudiants et se retrouve isolé pour les élections à la MNEF prévues du 6 au , car l'UNEF Renouveau a refusé au dernier moment de déposer des listes communes, obligeant les socialistes à compléter leurs listes dans la précipitation. A la direction du PS, le CERES est aussi .

C'est dans ce contexte que François Mitterrand , selon Le Monde, qui constate cependant que le CERES est hostile à ce projet et envisage des négociations avec le PCF pour que ses militants entrent à l'UNEF Renouveau.

Une convention nationale des jeunesses socialistes est prévue pour les 13 et à Lille, mais elle ne réunira moins de 250 délégués malgré le déplacement de François Mitterrand et un débat très médiatisé lors comité directeur du parti les 6 et , consacré aux Jeunesses socialistes" Les jeunes socialistes cherchent à s'organiser " article du 13 décembre 1975 dans Le Monde .

Création Nommée secrétaire nationale à la jeunesse au congrès de Pau du PS en , Édith Cresson a été chargée par François Mitterrand de nettoyer le Mouvement de la Jeunesse socialiste, de dimension modeste, des partisans de ses rivaux au sein du PS. Un petit groupe d'étudiants socialistes participe en à Port-Barcarès à un séminaire formation pour débattre de sa stratégie à l'université et les militants du CERES s'y opposent au petit groupe qui va fonder le COSEF. Parmi les premiers approchés par Édith Cresson, François Hollande qui vient de finir HEC, et Olivier Spithakis, étudiant à Sup de Co Marseille, comme elle étudiants en école supérieure de commerce. Sont aussi approchés, Jean-Marie Le Guen et Jean-Loup Salzmann, deux amis qui étudient ensemble à la faculté de médecine, le second étant le fils d'un des plus proches amis de François Mitterrand.

Le Comité pour l'organisation du syndicat des étudiants de France est créé en et animé par Jean-Michel Grosz, Jean-Marie Le Guen et Jean-Loup Salzmann "Tout sur la MNEF" par Olivier Spithakis, 2000 . Il est présidé par Jean-Marie Le Guen. Au secrétariat national, son ami Jean-Loup Salzmann.. François Hollande, alors étudiant à l'ENA, est reçu au siège du Parti Socialiste par Édith Cresson qui lui propose de créer et diriger ce nouveau syndicat étudiant Le Magazine avril mai juin 2012, Editeur Lafont Presse, article citant les bonnes feuilles de François Hollande. Itinéraire secret, biographie de Serge Raffy. "François Hollande. Itinéraire secret, biographie de Serge Raffy, Fayard 2011 .

Le bureau national des étudiants socialistes, de tendance CERES, est dissous le par le comité directeur du PS. Des séances exploratoires en vue de créer le COSEF sont organisées par la CFDT, en mai et en , réunissant des représentants du PS, du PSU, du Mouvement d'action et de recherche critique (MARC), du Mouvement rural de la jeunesse chrétienne, de la jeunesse ouvrière catholique féminine, de la jeunesse étudiante chrétienne (JEC) et de l'Action catholique universitaire mais se heurtent à l'hostilité de socialistes de la FEN tandis que des difficultés émergent entre le MARC et les étudiants socialistes, le premier souhaitant conserver son indépendance. Le MARC indique dès qu'il va fonder fin novembre un " collectif national d'initiative et de liaison ".

Une conférence de presse est prévue le pour annoncer ce projet de préparer la création d'un syndicat étudiant qui se situerait dans la mouvance socialiste et qui pourrait voir le jour en 1976Article de PDOMINIQUE DHOMBRES le 11 novembre 1975 dans Le Monde . Louis Mexandeau, député du Calvados et délégué du Parti socialiste à l'éducation est très impliqué et déclare publiquement son regret que le PS ne dispose pas . Finalement, Antoine Bour, secrétaire national du MARC a annoncé a constitution d'un collectif national d'initiative et de liaison (CNIL), afin d'élargir son audience, tandis que les étudiants socialistes du COSEF ont pris leurs distances, dans un document daté du écartant la voulue par ce CNIL, une , commente Le MondeArticle du 19 novembre 1975 dans Le Monde .

Activités Elections de mars 1976