Charles Édouard Goyet-Dubignon, né le à Mayenne (Mayenne) et mort le à Vautorte (Mayenne)Archives départementales de la Mayenne, état-civil numérisé de Vautorte, acte N50 de l'année 1883. est un magistrat, homme politique et représentant du peuple français du . Issu d’une famille parlementaire de la Mayenne, il s’illustre par son engagement républicain modéré, et son action locale en Mayenne.
Biographie Origines familiales et jeunesse Les Goyet sont une famille originaire de Vautorte mais dispersée à Paris, au Mans, à Saint-Denis-le-Gast, et surtout à Mayenne, alliée aux familles Fourreau, Durand, Clouet, Guimond et autres, titrée d'un grand nombre de terres.
Charles-Edouard Goyet-Dubignon naît en 1809 à Mayenne, dans une famille profondément ancrée dans la tradition parlementaire. Son grand-père Abraham Goyet-Dubignon lui transmet un héritage politique et une sensibilité républicaine. Il est le fils de Jean-Baptiste-René Goyet et de Thérèse-Françoise-Perrine-Joséphine Lebouc de la Bouteillère
Formation et entrée dans la magistrature Après des études de droit, Goyet-Dubignon entre dans la magistrature à la suite de la monarchie de Juillet. Il gravite progressivement les échelons de la hiérarchie judiciaire, se distinguant par sa rigueur, son sens de la justice, et son attachement aux principes libéraux.
Il entre dans la magistrature en 1837 comme substitut à Louhans, puis en 1838 à Châteauroux. Il devient procureur du roi à Montbéliard en 1844. Il refuse de passer avec le même titre à Perpignan où le ministre Jean-Charles Persil voulait l'envoyer combattre la presse en conflit avec le ministère GuizotLa Presse. 5 août 1876., alors symbole de la monarchie conservatrice. Entré dans la magistrature après la révolution de Juillet, il y est resté jusqu’au , époque à laquelle il donna sa démission de procureur du roi à Perpignan, à la suite d’un conflit avec le ministère Guizot.
Carrière politique sous la Deuxième République En 1848, après la chute de la monarchie de Juillet, Charles Goyet-Dubignon est nommé en président du tribunal civil de Mayenne par le gouvernement provisoire, en récompense de son attitude libérale sous le règne de . Peu après, il est élu aux élections législatives de 1848 député à l'Assemblée nationale constituante. Il démissionne de son poste de président du tribunal civil de Mayenne en .
D'opinions républicaines très modérées, il vota, tantôt avec la droite conservatrice, tantôt avec le parti du général Eugène Cavaignac : Il vote pour le rétablissement du cautionnement, pour les poursuites contre Louis Blanc et Marc Caussidière, pour le rétablissement de la contrainte par corps, pour l'abolition de la peine de mort, contre l'amendement Grévyy, contre le droit au travail, pour l'ordre du jour en l'honneur de Cavaignac, pour la proposition Rateau, contre l'amnistie des accusés du 15 mai devant la Haute Cour, pour l'interdiction des clubs, pour les crédits de l'expédition de Rome, contre la mise en accusation du président et de ses ministres, contre l'abolition de l'impôt des boissons, etc. L'abbé Angot signale que son portrait existe dans la Collection des représentants du peuple en 1848.
Il fut encore réélu aux élections législatives de 1849. Il est député de la Mayenne de 1848 à 1851. Il vote alors avec la fraction de la majorité la moins nettement hostile aux institutions républicaine.
À l’Assemblée constituante, puis à la Législative, il siège avec les républicains conservateurs. Il prend une part active aux débats sur l’organisation de l’assistance publique, les conventions entre patrons et ouvriers, les projets de loi sur l’usure, les privilèges et les hypothèques, la police du roulage et les pêches maritimesLa République : journal démocratique du Midi (Montpellier). 28 juillet 1876.. Ses interventions sont marquées par un souci constant de concilier justice sociale et ordre public. Pour l'abbé Angot, il est aussi Aussi conservateur que libre-penseur.
Retrait forcé et engagement local Le coup d’État du 2 décembre 1851, orchestré par Louis-Napoléon Bonaparte, met fin à sa carrière politique nationale. Charles Goyet-Dubignon se retire alors dans la vie privée, mais reste actif localement. En 1860, sollicité par ses concitoyens, il accepte le mandat de conseiller général pour le canton d’Ernée. Cependant, son indépendance et sa loyauté envers ses électeurs l’amènent à démissionner en 1863, face aux refus persistants de l’administration impériale à ses demandes légitimes. Il se présente dans l'opposition républicaine (à la place d'Amaury Dréo à la suite du Procès des 13) lors des élections législatives de 1863 dans la Mayenne.
Retour sur la scène politique et fin de vie Opposant au Second Empire, Charles Goyet-Dubignon est pressenti par le gouvernement de Défense nationale en 1870 pour être préfet de la Mayennehttps://maitron.fr/goupy-leon-francois/, notice GOUPY Léon, François par Gauthier Langlois, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 7 octobre 2024.. En effet, le , Léon Goupy croise Eugène Alavoine, qu'il a connu en exil à Jersey. Ce dernier lui fait part des dysfonctionnements du gouvernement de la Défense nationale, rapportant notamment : Goupy quitte jeudi à 8 heures du matin, muni de la nomination de Dubignon comme préfet de la Mayenne – j’ai vu ce document de mes propres yeux. Or, le lendemain, LacoutureMaitron tombe sur Delattre, lui aussi nommé préfet du même département ! Voici donc Goupy avec deux préfets en concurrence pour un seul poste..
En 1871, Charles Goyet-Dubignon se présente aux élections législatives de 1871, mais n’est pas élu. Il est pressenti pour devenir sénateur, mais un malentendu au second tour de l'élections sénatoriales de 1876 détourne une partie des voix libérales vers Bernard-Dutreil, candidat orléaniste. Il est maire de Vautorte de 1870 à 1874.
Jusqu’à la fin de sa vie, il reste une figure respectée des républicains, salué pour son intégrité, son indépendance, et son dévouement à la cause républicaine et sociale. Il voit en Amédée Renault-Morlière son héritier politique, au point de lui léguer ses biens à sa mort en 1883.
Famille Abraham Goyet-Dubignon est le grand-père de Charles Goyet-Dubignon, député de la Mayenne sous la Deuxième République. Abraham Goyet-Dubignon est le fondateur d’une dynastie militaire et politique issue de l'Ouest de la FranceMichel Denis, Les royalistes de la Mayenne et le monde moderne, 1977, p. 229.
Notes
Voir aussi Bibliographie
, t. I et t. III
Liens externes
Il était une fois... Les Goyet-Dubignon, grand-père et petit-fils devenus députés
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