Les relations entre la France et la Géorgie datent d'au moins sept siècles. Les premières relations militaires connues remontent aux Croisades : les chevaliers géorgiens combattent les Sarrazins devant Jérusalem aux côtés des croisés français (début du ).. Les premières relations religieuses connues datent de l'époque du pape Pie , au , lorsqu'une délégation géorgienne se rend en France sur les conseils du VaticanLes premiers contacts entre l'Église de Géorgie et l'Église romaine datent au plus tard du , sans précision connue concernant l'Église de France, Histoire de Géorgie par Alexandre Manvelichvili, 1951, Paris, Nouvelles Éditions de la Toison d'Or.La correspondance du Catholicos Kyrion avec le pape Grégoire Ier et le patriarche de Jérusalem apporte à ce sujet une contribution précieuse.. Les premières relations diplomatiques connues d'État à État se nouent ainsi, lors des règnes de Charles à Paris et de Georges à Tiflis (Participation à la lutte contre les Turcs, NDLR).; certaines sources mentionnent des relations dès Saint Louis. Bien que les hellénistes français connaissaient antérieurement la Colchide par les textes de la Grèce antique, les premières relations culturelles structurées datent du , avec les voyageurs français découvreurs du Caucase. Depuis le retour à l'indépendance de la Géorgie, en 1991, les relations culturelles, diplomatiques, économiques, médiatiques, militaires, parlementaires, religieuses, scolaires et universitaires, de sécurité intérieure, sportives, territoriales, de la France avec ce pays, se sont densifiées. Le , une ancienne diplomate et ambassadrice française, Salomé Zourabichvili est élue présidente de la Géorgie avec près de 60 % des voix..
Relation culturelle
La relation culturelle entre la France et la Géorgie s'est élaborée au rythme des civilisations méditerranéennes, probablement de manière informelle à l'époque des premiers siècles lors de rencontres entre religieux ou au avec Pierre l'Ibère : les historiens ont proposé de multiples hypothèses, parfois s'appuyant sur des légendes entretenues par une tradition géorgienne ancienne, parfois sur des textes retrouvés.. Lors des croisades, les combats communs en Palestine structurent cette relation autour du christianisme. Les premiers contacts d'État à État s'établissent sous les règnes de François et de Louis XIV, et éveillent un intérêt. Plus tard, aux , , les voyageurs français diffusent leur compréhension de la culture géorgienne auprès des milieux savants. Fin du et début du les libéraux et les révolutionnaires géorgiens font connaître dans leur pays les lumières politiques à la française. Après l'implantation d'ambassades à Tbilissi et à Paris (années 1990), les échanges culturels entre la France et la Géorgie se développent ; les facteurs liés à la mondialisation (libéralisation du commerce, facilitation du tourisme, internationalisation de l'art, accentuation des flux migratoires…) contribuent à formater la relation culturelle avec une nouvelle dimension.
Relation diplomatique
La relation la plus ancienne, en l'état actuel des connaissances, a été établie au . Depuis elle s'est faite et défaite en fonction des invasions et des occupations que le Caucase a connues, pour s'établir de manière plus structurée à partir de 1992 avec l'échange d'ambassadeurs et l'implantation d'ambassades à Tbilissi et à Paris : au-delà de l'action quotidienne des ambassadeurs et des déplacements de ministres des affaires étrangères, les présidents François Mitterrand et Edouard ChevardnadzeLa transcription en langue française des patronymes géorgiens a été stable jusqu’à la fin du : les règles constituées par l’intermédiation de la langue russe, confirmées par la Légation de la république démocratique de Géorgie en France (1921-1933) et proches de la prononciation en langue géorgienne, étaient utilisées sans exception ; elles le sont encore aujourd’hui par le ministère français des Affaires étrangères et par la plupart des universitaires français s’intéressant à la Géorgie. L’usage a progressivement changé avec l’intermédiation de la langue anglaise et la définition d’une translittération latine proche de la transcription anglaise (2002). Ainsi გიორგი ჯავახიძე donne Guiorgui Djavakhidzé en transcription française et Giorgi Javakhidze en transcription anglaise (et en translittération latine). La transcription en langue française des noms de villes a obéi à une évolution similaire, ოზურგეთი devient Ozourguéti en transcription française et Ozurgeti en transcription anglaise (et translittération latine), avec une difficulté supplémentaire liée au changement de nom de certaines villes durant l’époque soviétique (Ozourguéti s’est appelée Makharadzé durant ). en 1994., Jacques Chirac et Mikheil Saakachvili en 2004., Nicolas Sarkozy et Mikheil Saakachvili en 2008 et 2010., François Hollande et Guiorgui Margvelachvili en 2014., Emmanuel Macron et Salomé Zourabichvili en 2019., se rencontrent tour à tour.
Relation économique
La relation économique entre les deux nations n'est prioritaire ni pour l'une, ni pour l'autre. L'économie géorgienne reste orientée vers les pays voisins (Azerbaïdjan, Russie, Turquie, Ukraine), voire vers quelques pays lointains comme la Chine ou les États-Unis, et se développe lentement avec certains pays de l'Union européenne comme l'Allemagne et la Roumanie.. L'économie française est peu tournée vers les pays du Partenariat oriental de l'Union européenne.
Relation médiatique
Une forte relation médiatique entre la France et la Géorgie s'est développée à partir de 2003 et a donné une tonalité particulière aux relations franco-géorgiennes. droite|vignette|120x120px droite|vignette|120x120px
Médiatisation de la Géorgie en France droite|vignette|162x162px|Natalie Nougayrède, journaliste au Monde gauche|vignette|171x171px|Irakli Metreveli, bureau de l'AFP à Tbilissi Elle est due à des causes multiples. Si l'émigration politique géorgienne, présente en France depuis l'invasion soviétique en 1921, reçoit une médiatisation limitée, la figure de Staline attire plus l'attention des journaux et des radios françaises. La notoriété relative d'Edouard ChevardnadzeLa transcription en langue française des patronymes géorgiens a été stable jusqu’à la fin du : les règles constituées par l’intermédiation de la langue russe, confirmées par la Légation de la République démocratique de Géorgie en France (1921-1933) et proches de la prononciation en langue géorgienne, étaient utilisées sans exception ; elles le sont encore aujourd’hui par le ministère français des Affaires étrangères et par la plupart des universitaires français s’intéressant à la Géorgie. L’usage a progressivement changé avec l’intermédiation de la langue anglaise et la définition d’une translittération latine proche de la transcription anglaise (2002). Ainsi გიორგი ჯავახიძე donne Guiorgui Djavakhidzé en transcription française et Giorgi Javakhidze en transcription anglaise (et en translittération latine). La transcription en langue française des noms de villes a obéi à une évolution similaire, ოზურგეთი devient Ozourguéti en transcription française et Ozurgeti en transcription anglaise (et translittération latine), avec une difficulté supplémentaire liée au changement de nom de certaines villes durant l’époque soviétique (Ozourguéti s’est appelée Makharadzé durant 70 années)., acteur de la perestroïka avec Mikhaïl Gorbatchev, les conflits en Abkhazie et en Ossétie du Sud, la guerre civile géorgienne qui s'ensuit, touchent une minorité du public français : les spécialistes en débattentNicolas Dadeshkeliani,"Aider la Géorgie c'est soutenir l'Europe", Le Monde, 1er novembre 1994. La Révolution des Roses, en , voit l'arrivée de Mikheil Saakachvili, et constitue la première révolution pacifique issue de l'éclatement de l'URSS: elle déclenche un déferlement médiatique en Europe, et plus particulièrement en France ; en effet le principal acteur maitrise la langue française et se prête aux entretiens, cultivant une image résolument pro-occidentale ; la ministre des affaires étrangères est française, ancienne ambassadeur de France, sa saga familiale devient un thème médiatique quasi-inépuisable. En , le président français, président de l'Union européenne à cette date, s'implique dans l'obtention d'un cessez-le-feu à la guerre russo-géorgienne : l'intérêt de l'opinion publique française rebondit, relativement à l'attitude russe. L'alternance politique pacifique lors des élections législatives d', première dans un pays post-soviétique, entre le Mouvement national uni de Mikheil Saakachvili et le Rêve géorgien de Bidzina Ivanichvili, futur premier ministre de nationalité française et devenu milliardaire en Russie, marque cette forte médiatisation de la Géorgie en France, qui descend crescendo les années suivantes.
Historiquement les médias français ont couvert la Géorgie par leurs correspondants permanents à Moscou, mais progressivement des envoyés spéciaux se sont déplacés régulièrement en provenance de Paris. Ainsi pour le journal Le Monde, après Daniel Vernet. se succédèrent Sophie Shihab., Marie Jégo., Natalie Nougayrède., Alexandre Billette., Piotr Smolar., pour Le Figaro, se succédèrent Laure Mandeville., Isabelle Lasserre. ou Fabrice Nodé-Langlois., pour Libération Hélène Despic-Popovic..
Un journalisme français de proximité s'est parallèlement développé à Tbilissi : le premier à s'installer en 2001 est Régis Genté .. D'autres l'ont suivi comme Claire Delessard., François Grémy., Célia Chaufour., Nicolas Landru ., ou Emmanuel Guillemain d'Echon. avant de connaitre d'autres destins. Ils ont donné naissance à des revues, des sites Internet ou des blogs plus ou moins éphémères, comme La Vie en Géorgie (2001 à 2004)., Géorgie Plus et Caucase international (2004 à 2006)., Caucaz Com (2004-2008) ou Le Canard du Caucase (2012 à 2015)..
En 2008 l'Agence France-Presse ouvre à Tbilissi son bureau régional pour les trois pays du Sud-Caucase : l'Arménie, l'Azerbaïdjan et la Géorgie.
Médiatisation de la France en Géorgie En sens inverse, la médiatisation de la France en Géorgie est relative : en matière militaire les États-Unis restent très présents dans l'opinion publique, en matière économique l'Allemagne apparait comme le premier partenaire européen. Ponctuellement les médias géorgiens accompagnent leur actualité en France, comme les visites de leurs présidents (Edouard Chevardnadze en 1997., Mikheil Saakachvili en 2004. et Guiorgui Margvelchvili en 2016.), ou le retour de propriété du domaine géorgien de Leuville-sur-Orge à l'État géorgien..
Relation migratoire
La relation migratoire entre les deux nations s'est établie au lorsque des aristocrates et des révolutionnaires géorgiens sont venus chercher les lumières françaises : elle s'est densifiée à partir de 1921 après que les armées de la Russie soviétique aient envahi le territoire géorgien. Au l'immigration géorgienne vers la France a été essentiellement politique ; sont recensés dans les archives de l'Office des réfugiés géorgiens conservés à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Au une immigration économique s'est mise en place, ainsi d'une immigration illégale : les différentes estimations globales fluctuent entre 20 et . Une antenne de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a été créée à Tbilissi afin d'accompagner les retours volontaires : étaient recensés en 2017..
En sens inverse, si des voyageurs français ont parcouru le Caucase aux , ce n'est qu'après le rétablissement de l'indépendance de la Géorgie en 1991 qu'un contingent significatif de citoyens français s'est installé dans ce pays : il est de 405 à fin 2017..
Relation militaire