vignette | droite Lexpédition Cassard est une expédition menée par le capitaine français Jacques Cassard en 1712, pendant la guerre de Succession d'Espagne. Partie de Toulon à la tête d'une flotte de huit vaisseaux, emportant et , l'escadre française lance une série de raids sur les îles portugaises du Cap-Vert, sur les îles anglaises de Montserrat et Antigua dans les Indes occidentales et sur les établissements coloniaux néerlandais en Amérique du Sud, Suriname, Berbice et Essequibo. Elle met les voiles ensuite en direction de l'île néerlandaise de Saint-Eustache, et parvient également, avec plus de difficulté cette fois, à prendre le contrôle de Curaçao, le principal établissement néerlandais dans les Caraïbes. Plusieurs des îles et des établissements attaqués choisiront de payer une rançon afin d'éviter les pillages ; décisions qui s'avéreront vaines car Cassard ordonnera quand même à ses hommes de piller les places vaincues.
Expédition Le , il obtient du roi le commandement d'une escadre de trois vaisseaux et de cinq frégates et embarque une expédition durant laquelle il pille des colonies britanniques, néerlandaises et portugaises au Cap-Vert et dans les Caraïbes. Pendant vingt-sept mois, il pille et rançonne des navires ennemis. Il s'empare notamment du fort de Praia sur l'île de Santiago au Cap-Vert
Il fait escale à la Martinique pour réparations, et dépose les butins enlevés au Cap-Vert. Les flibustiers de Saint-Domingue qui n'avaient pas oublié ses actions pendant le siège de Carthagène viennent le trouver et demandent à se joindre à lui. À la tête d'une petite flotte, il s'empare des îles anglaises de Montserrat et d'Antigua avant de se diriger vers les possessions néerlandaises de SurinameEn 1712, il fait parvenir au gouvernement un mémoire intitulé Relation de la descente faite par Mr Cassard dans la colonie de Surinam. qu'il assiège et qu'il prend« Le tour des Hollandais était venu. Cassard se porta directement sur leur riche établissement de Surinam, dans la Guyane. La ville, qui s'élève sur la rive gauche du beau et large fleuve de ce nom, et à vingt milles environ de son embouchure dans la mer, était doublement fortifiée par le génie de l'homme et par la nature. Les Hollandais s'étaient préparés à une vigoureuse résistance : plus de quatre-vingts pièces de canon défendaient l'approche du rivage, tandis que, sur les remparts de la ville, plus de cent trente bouches à feu étaient prêtes à vomir la mort. La descente était donc aussi difficile que périlleuse, et, pour surmonter tous les obstacles, il fallait autre chose encore que du courage et de la témérité. Mais si Cassard était un habile marin, il n'était pas un moins habile ingénieur. Ses connaissances dans cet art, qu'on avait utilisées naguère pour les fortifications de Toulon, lui furent d'un grand secours dans cette circonstance. Il prouva, en outre, qu'il possédait encore à un haut degré le coup d’œil et le génie du stratège. Par une suite de combinaisons habiles et hardies, il parvint à éluder ou à surmonter les plus grandes difficultés de son entreprise. Avec une partie de ses forces débarquées sur un point de l'île très éloigné de l'embouchure du fleuve, il s'empara de positions importantes, et se mit en mesure de foudroyer la ville par terre et par mer. » . Le gouverneur de la place lui propose de racheter l'établissement, ce que Cassard accepte et fixe le montant de la rançon à « Les Hollandais se défendirent vaillamment ; mais les bombes de Cassard faisaient tant de ravages dans la ville, que, prévoyant une ruine totale s'il prolongeait sa résistance, le gouverneur dépêcha un parlementaire vers le capitaine français pour lui offrir une rançon. Cassard accepta cette offre, et fixa la rançon de Surinam à deux millions quatre cent mille livres, sans aucune restitution du butin recueilli dans les habitations de l'île tombées au pouvoir des Français. Cette rançon, qui représentait une année du revenu de la colonie, fut souscrite et acquittée sans délai. Les valeurs données furent de l'argent, du sucre et des nègres. » .
Après avoir également mis à contribution Berbice et Askebe (ou Essequibo), deux autres établissements de la Guyane néerlandaise, Cassard rentre encore une fois à la Martinique, sous les acclamations des colons français, émerveillés de voir s'accumuler dans leur port tant de richesses enlevées aux ennemis de la patrie. Mais Cassard ne devait pas s'en arrêter là et il met les voiles vers l'île de Saint-Eustache, appartenant également aux Néerlandais, qu'il rançonne de la même manière que les établissements du Suriname« Mais les Hollandais avaient aussi des possessions dans les Antilles; c'est par elles que Cassard crut devoir terminer son expédition. Il se présenta d'abord devant l'île Saint-Eustache, dont la colonie s'empressa d'offrir sa rançon. Le terrible capitaine n'exigea, cette fois, qu'une somme très modérée, parce que la capitulation était allée au-devant de l'attaque, et que la colonie était pauvre. » .
Enfin, il se met en tête d'attaquer Paramaribo et CuraçaoLes corsaires, aventuriers des mers - Jacques Cassard. Curaçao, était un établissement plus considérable et plus riche, que les précédents, mais également bien mieux défendu . Cette expédition dans les Antilles est un succès total ; et, après une nouvelle escale à la Martinique, il rentre en France avec un butin estimé à dix millions de livres. Les exploits de Jacques Cassard lui vaudront d'être fait chevalier de Saint-Louis à son retour en France.
Notes et références
Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie en français
en anglais
Articles connexes Guerre de Succession d'Espagne Histoire de la Marine française Jacques Cassard
Catégorie:Bataille de 1712 Catégorie:Histoire du Cap-Vert Catégorie:Histoire du Suriname Catégorie:Histoire du Guyana Catégorie:Bataille de la guerre de Succession d'Espagne Catégorie:Bataille impliquant la France