Paul Alphonse Viry, né à Pocé-sur-Cisse (Indre-et-Loire) le Archives départementales d'Indre-et-Loire Acte de naissance , vue 466 / 539 et mort à Paris le Archives de Paris Acte de décès dressé au XIV arronissement, vue 3 / 31, est un peintre français. Élève de Picot, Viry a suivi les cours à l’École des Beaux-Arts de Paris à la fin des années 1850. Fidèle exposant du Salon parisien, il est remarqué en 1864, mais c’est surtout aux États-Unis que son travail est apprécié grâce au marchand George, A. Lucas. Les tableaux mis en vente actuellement sont principalement issus des collections américaines.

La constance de ses thèmes représentant des personnages d'un Moyen Âge finissant ou de la Renaissance est caractéristique de son expression artistique. Mais c'est principalement le traitement des détails, des intérieurs, des vêtements, des décors, des animaux, particulièrement les oiseaux et les chiens, qui est remarquable, par la qualité de la recherche documentaire, comme l'attestent les photographies d'objets, de mobiliers, de statues, conservées dans les archives de l'artiste.

Biographie

Paul Alphonse Viry est le fils de Paulin Viry, qui, avec Jean-Jacques Ducel, a créé la fonderie de Pocé-sur-Cisse sur le site même du château.

Il s'installe vraisemblablement à Paris pour étudier l'art vers 1850. Son apprentissage suit celui des jeunes artistes de l'époque qui précède la réforme de l'École des Beaux-Arts de 1863. En effet avant cette date l'apprentissage artistique fait la part belle aux ateliers des peintres, au sein desquels les apprentis prennent des leçons durant plusieurs années. En ce qui concerne Paul Viry, il est très vraisemblable qu’il ait suivi le cursus habituel de ce milieu du . Il s'est inscrit aux cours particuliers à l’atelier de François-Edouard Picot qui est à la tête de l’un des ateliers les plus fréquentés de Paris, avant d'entrer comme élève à l'École des Beaux-Arts dont les archives conservent la trace de l'inscription le sous le . François-Edouard Picot, est une personnalité artistique de premier plan, en sa qualité de membre de l’Institut des Beaux-Arts, on sait qu’il a la haute main sur un grand nombre de décisions qui concernent l’accès à l’École des Beaux-Arts, le concours du Prix de Rome, le jury du Salon annuel. Fort critiqué en tant que peintre Picot est cependant très apprécié comme professeur.

Caractéristiques de son art thumb|Le favori de la châtelaine (Salon de 1878) dénommé "After the hunt" aux États-Unis. (Plaque photographique, archives de l'artiste)|303x303px Janet L. Whitmore souligne combien l’art de Paul-Alphonse Viry maîtrise parfaitement le dessin et la peinture, particulièrement dans le détail de ses œuvres qui sont de véritables études documentaires et des natures mortes. Les études à l'école des Beaux Arts insistaient alors sur le dessin et la perspective dans le cadre de l'art académiqueWhitmore, Janet L., PhD article sur Paul Alphonse Viry sur le site www.rehs.com.

Le style troubadour était pratiquement éteint au moment où Viry commence à participer au Salon et ses scènes de genre ne sont pas des représentations idéalisées du Moyen Âge, mais plutôt de la Renaissance ou d’époques plus récentes, comme le règne de Louis XIII. Michaël Vottero qualifie aujourd'hui cette peinture de genre de celle des « pourpoints et feutres à panaches ». Mais à l'époque, certains contemporains voient plutôt dans cette manière de peindre ainsi que dans les thèmes abordés, une influence des peintres préraphaélites anglais. Et, c’est d’emblée dans cette « école honnie », comme la qualifie Hector de Callias, que Viry est classé sans ménagement : "Je n’ai aperçu cette fois, ni M. Leys, ni Tissot, mais M. Patrois est là qui n’a rien à leur envier en fait de préraphaélitisme. (…) M. Viry transporte ce genre sur de grandes toiles, il fait entrer à la manière de l’anglais Millais, deux personnages de grandeur naturelle dans un cadre qui les gêne beaucoup, et leur imprime toute la sécheresse désirable. Mon Dieu ! il serait grand temps d’en finir avec ces naïvetés d’artistes qui ne sont rien moins que naïfs; l’art n’est pas caduc au point de tomber en enfance"

Les scènes représentées méritent toute l’attention de l’observateur par la maîtrise et la précision du trait et de la couleur. Le peintre s’appuie manifestement sur sa bonne connaissance des châteaux du Val de Loire, région dans laquelle il a passé son enfance. Les façades des châteaux de Blois ou de Chenonceau servent d’éléments de décor à des scènes dans lesquelles apparaissent des personnages romanesques et idéalisés. Les photographies du château de Blois conservées dans les archives du peintre ont servi de modèle comme en témoignent les carroyages au crayon. De la fonderie familiale il conserve le souvenir des éléments de décor de jardins sur des modèles antiques, imprimés dans les catalogues de la fonderie Ducel qui a poursuivi son développement après la mort de Paulin Viry sous la direction de son associéLa Fonderie Ducel à Pocé sur Cisse au siècle, une usine, des œuvres d'art. Gosset J. 2009. Élisabeth Hardouin Fugier cite l'œuvre de Paul Alphonse Viry parmi les peintres animaliers français du siècle. Chiens de chasse, chiens d'accompagnement, hérons, cygnes, perroquets, colombes, faucons... autant d'animaux incontournables dans les scènes de genre. Mais le peintre a vraisemblablement fréquenté, comme tout étudiant des Beaux-Arts, les galeries du Louvre, lieu d’apprentissage par excellence dans la copie des grands maîtres et des antiques. Le plus remarquable dans l’œuvre de Paul Viry repose sur la peinture animalière qui met en scène des chiens, notamment de chasse, des oiseaux, flamant, héron, cygne, perroquet, colombe, faucon... Les faucons sont particulièrement bien documentés comme en témoignent les tableaux de chasse. La précision est particulièrement poussée dans un grand nombre de natures mortes au sein même des tableaux dans de savantes présentations d’instruments de musique, de gibier, de verreries et de divers bibelots. Chaque instrument de musique, arme, objet ou meuble est documenté à partir de photographies de pièces de musée ou d’ouvrages d’arts décoratifs.

Si les scènes représentées par Paul Alphonse Viry peuvent apparaître particulièrement mièvres aujourd'hui, ses tableaux méritent l'attention qui peut apprécier la précision du détail, comme le fait le chroniqueur américain de "Apollo : the Magazine of the Arts for Connoisseurs and Collectors:

Chaque détail des scènes est particulièrement soigné, les tissus lourds et chatoyants, la vaisselle de luxe, le mobilier. C'est ce que dit l'auteur de la notice du tableau "The engagement ring" dans le catalogue de la vente du 27- à New-York : "Cette conception très délicate fait penser au petit objectif d'un kodak, où la nature est mise en miniature avec une exactitude du trait.".

À cette époque, le développement de la photographie a permis de mettre dans les mains des artistes des photographies d’œuvres picturales, de sculptures, d’architecture. Les archives de Paul-Alphonse Viry révèlent la présence d'une grande quantité de photographies qui ont servi à constituer le fonds documentaire de son travail. L’artiste a lui-même photographié des éléments de ses œuvres : son modèle féminin, un jardin, ses chiens. Dans les archives de l’artiste on retrouve aussi les plaques photographiques que le peintre réalisait une fois son tableau terminé.

Un fidèle exposant du salon des Beaux-Arts thumb| Dans les bois, 1864 (Photographie d'époque par Bingham, archives de l'artiste) Paul-Alphonse Viry expose au Salon des Beaux-Arts presque sans discontinuer de 1861 à 1891. La base Salons accessible depuis le site du Musée d'Orsay fournit des renseignements précieux sur la participation de Paul Viry aux différents salons. Avec Dans les bois en 1864, il est remarqué au Salon, notamment par W. Burger (pseudonyme d'Étienne Joseph, Théophile Thoré) "M. Viry doit avoir vu quelque peinture des préraphaélites anglais", ainsi que par Louis Auvray, cité ci-après. Cette toile est achetée par la Princesse Mathilde, cousine de Napoléon III. Voici ce qu’en dit Louis Auvray dans Exposition des Beaux-Arts, Salon de 1864 : vignette|Signature habituelle de Paul Viry Le succès de Paul-Alphonse Viry s’apprécie à sa présence dans le Catalogue général des reproductions inaltérables au charbon d' Adolphe Braun (1812-1877). La Maison Braun diffusait des photographies d’œuvres anciennes et contemporaines à une époque où la communication photographique de masse est à ses balbutiements. Plusieurs œuvres de Paul Alphonse Viry sont reproduites par Adolphe Braun dans les années 1880-1890 et vendues Catalogue général des reproductions inaltérables au charbon, Braun, Adolphe, 1896. Il s'agit de tableaux présentés aux Salons des Beaux-Arts : "Petits canards"(1881), "La lettre du fiancé" (1881), "Aveux discrets"(1883).

Cependant la peinture de genre est très critiquée après 1870 car elle dénote une dérive bourgeoise, entendez "petit bourgeoise" de l'art. Pour Joséphin Péladan, cité par P. Busuttil,ce style de peinture s’adresse plutôt à un public bourgeois, notamment de la bourgeoisie de province. "Le genre ? Lequel? Le genre bourgeois? (…) Si les peintres de genre se figurent descendre de Metzu, Mieris, Terburg, Pieter de Hoogh, Slingelandt, Nestcher, Dow, ils se font une illusion que je ne leur laisserai pas. (…) à parler net, le genre, ce n’est pas de l’archéologie, c’est du bric-à-brac, et M. Meissonnier, quel que soit son mérite, est un peintre bourgeois, parce que c’est un peintre sans envergure, et que la foule comprend tout de suite". Puis il poursuit à propos de Viry : "À graver, Les Aveux discrets de M. Viry, pour les salons de Nîmes ou de Tarascon"

Une traduction dans la sculpture sur bois thumb|Un page et son lévrier, (panneau sculpté collection privée) Une partie de l’inspiration de Paul-Alphonse Viry a été fixée sur des panneaux de bois sculptés comme "Un page et son lévrier", conservés par les descendants de l'artiste. Il s’agit principalement de l’inspiration « troubadour » représentant, cavaliers, pages, dames élégantes, ou arabesques. Il n’est pas certain que ce type de travail ait été réalisé pour des commandes autres que familiales. Toutefois, il est notable, par cette constance de l’artiste à représenter un monde romanesque idéalisé. Le site web sur Paul Alphonse Viry présente les panneaux sculptés qui se trouvaient dans les archives du peintre. Accéder à la présentation. Le succès américain vignette|Signature de Paul Viry au bas d'une photographie (archives de l'artiste)