Forensic FilesTitre que l'on pourrait traduire par « Dossiers judiciaires ». Le terme forensic est dérivé du latin forensis qui, lui-même, dérive du terme forum, désignant la place publique dans la Rome antique, lieu de tous les débats et où était rendue la justice. est une émission de télévision américaine documentaire consacrée aux enquêtes criminelles, à la police scientifique et à la médecine, essentiellement légale. Commencée, durant quatre saisons, sous le titre Medical Detectives, et produite par Medstar, une société basée en Pennsylvanie, elle est diffusée sur la chaîne câblée Court TV – devenue par la suite TruTV – de 1996 à 2011. Il existe un peu plus de 400 numéros d'environ vingt-deux minutes de cette série.

En France et dans les pays francophones, la série a été diffusée, en version doublée, dans le cadre des Enquêtes impossibles, présentées par Pierre Bellemare, accompagnée ou non des commentaires de celui-ci. Certains numéros sont par ailleurs repris dans l'émission Médecins légistes, présentée par Raphaël Charlier et diffusée en Belgique sur La Deux à partir de , émission compilant en fait plusieurs émissions anglo-saxonnes sur le sujet.

Historique La série Forensic Files a d'abord été diffusée aux États-Unis, à partir de 1996, sur la chaîne éducative TLC, sous le titre Medical Detectives, un titre que la série gardera lors de son ultérieure diffusion dans beaucoup de pays étrangers, dont l'Allemagne (Medical Detectives – Geheimnisse der Gerichtsmedizin) ou la Russie (Медицинский детектив).

En France et dans les pays francophones, la série est diffusée, en version doublée, dans le cadre des Enquêtes impossibles, racontées par Pierre Bellemare, et est augmentée de commentaires de diverses natures : historique, anecdotique, critique… Dans cette version, des numéros peuvent, à l'inverse, se voir amputés de quelques courts passages pour des raisons de minutageCe qui peut conduire à certaines bizarreries. Par exemple, dans la version Enquêtes impossibles de Pet Rock, rebaptisée « Association de malfaiteurs », l'enquêteur principal dit : « L'assassin possédait forcément un chien noir ; il possédait également un reptile… », mais le passage expliquant pourquoi « un chien noir », bel et bien présent dans le numéro d'origine, a été escamoté dans la version française..

Lors de sa diffusion en Allemagne, la série s'accompagne de commentaires de spécialistes allemands en matière de police scientifique, et ces commentaires sont intégrés parmi les témoignages d'origine de l'émission. Tous les numéros de la série n'ont pas été doublés en allemand. La seconde partie du numéro 100 de la version allemande a, par ailleurs, ceci de particulier, qu'il s'agit, d'un bout à l'autre, d'un « à la manière » d'un numéro de Forensic Files, s'intéressant à une affaire s'étant déroulée en Allemagne« Schicksalhafte Begegnungen », .. Dans cet unique « hors-série » allemand, tous les visages des protagonistes réels sont floutés, ce qui n'est presque jamais le cas dans un numéro de la série américaine.

Sujets La majorité des numéros de Forensic Files sont consacrés à des meurtres ou des assassinats élucidés grâce aux avancées en matière de police scientifique, mais ils peuvent aussi, parfois, aborder d'autres cas, dans lesquels ces mêmes progrès ont joué un rôle déterminant : suicides, incendies – criminels, ou pas… –, accidentsPar exemple Deadly Curve (« Virage mortel »), au sujet d'un accident survenu en mars 1983 dans la Sierra Nevada, lors de la préparation d'une visite de la reine d'Angleterre, ou Visibility Zero (« Brouillard fatal »), consacré à la catastrophe ferroviaire survenue en Alabama en 1993, touchant la compagnie Amtrak., maladiesPar exemple, Outbreak, sur une épidémie d'hyperthyroïdie au Dakota du Sud en 1985, Fatal Fungus, consacré à une épidémie causée à partir de 1993 par le stachybotrys atra dans la ville de Cleveland, Deadly Parasites, consacré à une vague de gastro-entérites, la même année, dans la ville de Milwaukee, et dont le responsable se révèlera être le cryptosporidium, ou encore Breaking the Mold (« Briser le moule »), qui se penche sur le cas d'une famille texane victime d'une moisissure, en 1999, et qui finira par obtenir gain de cause face aux compagnies d'assurance., etc. Les affaires abordées dans l'émission se sont déroulées dans un pays anglophone, principalement aux États-UnisLa majorité des affaires – plus d'un dixième – ont eu lieu dans l'état du Texas, deuxième des États-Unis en termes de population. Micro-clues est l'un des rares voire le seul numéro traitant d'une affaire s'étant déroulée hors des USA, ou d'un pays anglophone ; il raconte comment, en Suisse, des diatomées ont permis de confondre Roland Kübler, un assassin d'enfants., entre les années 1980 et les années 2010La plus ancienne affaire traitée (Marked for Life – « Une enquête de 45 ans ») relate cependant des faits remontant à 1957, mais l'affaire ne sera résolue qu'en 2003.. Les noms des acteurs réels des affaires traitées sont rarement modifiés, soit que ceux-ci étaient mineurs au moment des faits, ou pour quelque autre raisonPar exemple, dans When the Dust Settled (« Meurtre en sourdine »), le nom original – Foley – est remplacé par « Doyle », et dans The Financial Downfall (« Falaise mortelle »), le nom de Deana Wild, la victime, est remplacé par « Donna Hartman »..

Certains numéros relatent des affaires constituant des « premières fois » dans le domaine de la police scientifique : la première fois que, dans un état des États-Unis, aux États-Unis mêmes, voire dans le monde, telle ou telle branche de la science, ou de tel domaine d'étude particulier – celui des empreintes de chaussure ou des traces de pneuTreading not so Lightly (« Pas à pas ») et Treads and Threads (« Le Fil d'Ariane »), où l'expertise de Peter McDonald, surnommé le « Sherlock Holmes des pneus », joue un rôle déterminant.… jusqu'à celui de l'étiquetage de traçabilité des bouteilles de bièreTrouble Brewing (« Une bière de trop »). ou de la façon dont sont fabriqués les sacs poubelles"Sim"ilar Circumstances, concernant l'affaire Paula Sim. –, a permis à la police d'élucider une affaire criminellePar exemple, The Purr-fect Match (« Les Faits ») : première fois qu'un ADN animal sert à résoudre une affaire criminelle ; Breaking News (« Meurtre en studio ») : première fois qu'en Virginie l'ADN permet de résoudre un « cold case » ; Ticker Tape (relatant un fait divers s'étant déroulé en Tasmanie en 2000) : première fois qu'un pacemaker permet de confondre un meurtrier ; Drowning Sorrows (« Apparences trompeuses ») : première utilisation de l'immunohistochimie appliquée au domaine de la médecine légale… et, parmi les premiers numéros, The Footpath Murders (1996) sur l'affaire Colin Pitchfork, en Grande-Bretagne, en 1986/1987 : une affaire historique du point de vue de la criminologie, puisque c'est pour ce cas que, dans le monde, l'ADN est pour la première fois utilisé, grâce aux travaux d'Alec Jeffreys, comme élément de preuve devant des tribunaux.. D'autres numéros sont consacrés à des affaires atypiques à l'un ou l'autre titre : pompier pyromanePoint of Origin (« Pompiers et pyromane »), sur l'affaire John Leonard Orr., policier serial killerA Leg Up On Crime (« Serial killer chez les prostituées »), se penchant sur l'affaire David Keith Rogers., homme politique accusé, et reconnu coupable, de délit de fuite, après avoir tué accidentellement un ancien MarineCapitol Crimes, concernant un accident survenu en 1999 et impliquant Thomas Druce, membre de la Chambre des représentants de la Pennsylvanie., couple vivant reclus depuis des années et sur lequel la société ne se retourne, l'œil suspicieux, qu'au moment de la mort de l'un des deux conjoints"Kill"Igraphy (« Au pied de la lettre »)., ou à des affaires particulièrement horribles, telle que celle de cette sourde-muette homosexuelle qui, par jalousie, tue celle qu'elle imagine être sa rivale amoureuse avant de découper son corps à la tronçonneuse et de jeter ses restes aux orduresNuméro Hear No Evil (« Triangle mortel » – ou plutôt « Tronçons de jalousie », les titres de deux numéros des Enquêtes impossibles ayant visiblement été intervertis –, s'intéressant à Daphne Wright., ou de cet homme qui continue, durant un bon bout de temps, à déambuler dans sa maison et à effectuer les activités de son quotidien, sans se rendre compte qu'il a reçu seize coups de hache à la tête, et qui s'écroule finalement, mort, vidé de son sangFamily Ties (« Tensions familiales »), sur l'affaire Porco..

Souvent, un numéro de Forensic Files comporte en outre un plan montrant la tombe de la ou des victimes et, éventuellement, une scène de recueillement sur cette tombe. thumb|right|200px| Le microscope, outil emblématique de l'émission Forensic Files. Photo 2012Cette photo n'est pas extraite de l'émission en question..Chaque numéro se termine généralement par une scène de reconstitution des faits incriminés selon ce que la « justice » a décidéIntroduite généralement par la formule « The prosecutors believe… » (i.e. : « Selon l'accusation, … »), dont la durée excède celle des scènes de reconstitution distillées au cours de l'émission (reflétant quant à elles parfois un ou des points de vue alternatifs), et par des témoignages soulignant que, sans les progrès en matière de police scientifique, il n'aurait pas été possible d'obtenir, selon le cas : la condamnation, ou la disculpation d'un suspect.

Plusieurs numéros sont consacrés à des cold cases – des affaires presque tombées aux oubliettes, faute d'indices exploitables à l'époque où elles ont éclaté –, résolus grâce à aux avancées scientifiques. Dans tous les cas, ce sont les scientifiques, devant leur microscope, activant des machines curieuses, ou effectuant de mystérieux calculs – que l'émission tente d'expliquer –, qui sont montrés comme les héros de la lutte contre le crime, de quelque nature qu'il soit, ou contre l'injustice.

Format L'émission Forensic Files se compose d'images tournées sur les lieux mêmes où se sont déroulés les faits, commentées en voix off par Peter Thomas (célèbre « voix », aux États-Unis).

Des reconstitutions des faits sont jouées par des acteurs, essentiellement choisis en fonction de leur ressemblance avec les protagonistes réels de l'affaire étudiée.

Ces scènes sont entrecoupées d'interviews de légistes – procureurs, avocats… –, de scientifiques spécialisés – médecins, experts en balistique, entomologistes, voire géologues, botanistes… – et de protagonistes des faitsY compris, parfois, le ou l'un des auteurs des faits, comme c'est le cas, notamment, pour Frozen Assets (« Association fatale »), Pet Rock (« Association de malfaiteurs »), ou Three's a Crowd (« Les Chœurs de la mort »). ou de leurs proches ; des acteurs ou témoins qui, occasionnellement, peuvent eux aussi prêter leur concours à des mises en scèneDes experts refont, pour la caméra, les gestes qui leur ont permis de déceler telle ou telle preuve ; les familles d'une victime sont filmées en train de se recueillir sur la tombe du disparu…. Parmi les experts en science forensique qui sont intervenus à plusieurs reprises figurent Skip Palenik, , , William Bass, Alec Jeffreys et Richard Souviron.

Des documents d'origine, tels que photos souvenirs ou de scènes de crime, des lettres, des relevés de communications téléphoniques, des tickets de caisse, des enregistrements d'appels d'urgenceLe 911, aux États-Unis. Les appels sont systématiquement enregistrés, et peuvent être utilisés comme preuves lors d'un procès., ainsi que des scènes réelles de vidéosurveillance, d'interrogatoires ou de procès, sont en outre présentés.

Quelquefois, des animations didactiques, qui ont pour but d'expliquer certains points – autopsies, ADN, trajectoires de balles, projections de sang… – font également partie des ingrédients de l'émission.