Les Lignages de Louvain qui étaient au nombre de sept comme ceux de Bruxelles et qui avaient nom Uten Lieminge, van den Calstre, van Redingen, van den Steene, Verusalem, Gielis et van Rode étaient un système d'organisation clanique interne à la ville de Louvain, dont les membres avaient à l'origine le monopole de la direction de la cité et qui fonctionna dans cette ville du Moyen Âge jusqu'à la fin de l'Ancien Régime.
Légende des origines Selon une légende des origines qui avait cours jadis, et que Jean-Baptiste Gramaye a transmis sans beaucoup d'esprit critique jusqu'à nousFélix-Victor Goethals, Miroir des notabilités nobiliaires de Belgique, 1857, volume 1, p. 593 : "Dans la suite ces sept familles ont eu leurs armoiries, changées et modifiées par leurs descendants. ... C'est Jean-Baptiste Grammaye, antiquaire savant et généralement estimé, qui est le principal fauteur de la fable des lignages de Louvain"., reprenant en cela le chroniqueur Willem Boonen qui dans son "Histoire de Louvain" (Geschiedenis van Loven) écrite durant les années 1593 et 1594 en faisait déjà état, les lignages descendraient d'un géant, Bastin le Grand, comte de Louvain, vivant sous Louis le PieuxDéjà Juste Lipse écrivait : "Mihi sane, cum tamen vehementer cuperem, de Bastino nihil videre contigit".. Ce géant avait épousé la fille d'un comte de Flandre, dont il eut un fils, qui devint évêque, et sept filles. Celles-ci se marièrent à des nobles de Louvain : Plectrude se maria à Ebroin Uten Liemminge, Alpaïde à Minard van den Calstre, Betrude à Meys van Redingen, Hildegarde à Louis van den Steene, Ermengarde à Ebroin Verrusalem, Judith à Salomon Gielis et Swana à Francon van Rode.
Leurs descendants reçurent le droit de diriger la cité.
Fonctionnement Pour faire partie des Lignages il fallait prouver qu'on en descendait tant par lignée masculine que féminine, comme c'était déjà le cas dans les phratries des cités helléniques ou les curies romaines.
Les femmes pouvaient se faire admettre au sein des Lignages de Louvain, comme par exemple au Mabilia van Calsteren, fille de Henri van Calsteren et épouse du fameux chevalier louvaniste Guillaume de Rode.
À l'origine, l'administration de la ville de Louvain appartenait exclusivement aux membres des Lignages. Ces Lignages étaient seulement au nombre de deux : les Colveren et les BlankaerdenJoseph Cuvelier, Les institutions de la ville de Louvain au Moyen-Âge, 1939, pp. 207-209 : "en 1360, le patriciat se trouva toujours partagé entre les deux lignages des Colveren et des Blankaerden".. Ces deux lignages étaient à ce point antagonistes que Divaeus rapporte déjà pour l'année 1262 les dissensions entre ceux-ci, les premiers cités nommés également les Uytten Brulle et ayant pour chef le sire de Wesemael furent alors chassés de la villeCharles Piot, "Histoire de Louvain, depuis son origine jusqu'aujourd'hui", Louvain, 1839, pp. 127-128, et 145-146 : Eodem anno magna dissensio Lovanii fuit inter Clavarios et Blancardos, patricios, Clavariorrum eo potentior erat factio, quod Arnoldum Wesemalium proximo cognationis gradu attingebat. La division en sept lignages se serait probablement produite lorsque furent institués, vraisemblablement sur le modèle bruxellois, sept échevins à Louvain. Mais les Lignagers concentraient toujours le pouvoir municipal entre leurs mains. Toutefois, à partir de 1378 le duc Wenceslas, après la révolte dirigée par Pierre Coutereel, a modifié la constitution de la ville de Louvain en faisant désormais participer les bourgeois non lignagers au pouvoir.
Désormais il y eut un régime mixte partagé entre bourgeois lignagers et non-lignagers et les échevins étaient nommés par le duc parmi les lignages, les bourgeois fortunés et les chefs des métiers, avec une proportion de quatre mandats aux lignages et trois aux bourgeoisHenri van der Noot, Mémoires sur les droits du peuple brabançon..., Bruxelles, 1787, p. "La charge d'Echevin est fort ancienne, et a eu selon toute apparence son origine en France, puisque nous lisons aux Capitulaires de Charlemagne (qui sont les plus anciennes Loix des François) qu'il commandoit à ses Commissaires d'élire des Echevins, des Avocats, et des Notaires, ut ; et il y a plus de huit cents ans que cela se pratique. Lesdits Magistrats ont de tems immémorial joui d'une telle autorité en Brabant, que devant leurs Echevins sont comparus les plus notables Seigneurs de ce Pays-Bas et de diverses autres Provinces et Royaumes, pour y passer les contrats de leurs mariages, testamens partages et autres actes de Justice. La forme d'élire les Echevins est prescrite par Justinien in authenticis et il est très-nécessaire qu'on choisisse des personnes de considération, qui ayent les conditions suivantes : premièrement, qu'ils soyent natifs de la même ville, et non étrangers; parce que ceux qui ne sont pas natifs de la même ville, ou qui n'y sont domiciliés que depuis quelques années, ne peuvent jamais être si propres au Gouvernement et maniement des affaires d'icelle que les originaires -, d'autant plus que pour l'ordinaire un étranger n'est jamais si agréable aux habitans et Bourgeois que leur concitoyen, qui a naturellement plus d'affection pour la conservation de la ville; joint aussi que par la disposition civile, extranei facile ad regni arcana non sunt admittendi. Quant au Magistrat de Louvain, il dit que ses sept Echevins étoient anciennement des sept lignages Patriciens et nobles; mais que différentes dicenssions étant survenues, elles furent assoupies moyennant un arrangement que firent le Duc Wencelin et la Duchesse Jeanne par forme de Concordat et d'Edit perpétuel, en date du 8 septembre 1378; que ut missi nostri Scabinos, Advocatos et Notarios per singula loca eligant, et en avant seraient désignés tous les ans par le Prince quatre Echevins des Lignages privilégiés, et trois de la commune, et avec iceux onze Conseillers desdits Lignages, hors desquels seroit choifi un Bourgemaître etc., avec plusieurs autres points, dont ils dépêcherent leurs lettres, qu'on nomme la Charte de Règlement de Louvain. Quant à cette ville de Bruxelles, il dit que les sept Echevins (qui forment l'Echevinage ) ont été de tems immémorial élus dans les sept familles Patriciennes, nobles et privilégiées ; ensorte que personne n'est admis à l'emploi d'Echevin ou de Magistrat, s'il n'est issu d'une desdites familles".. La réforme de Coutereel prévoit pour les quatre places d'échevin la moitié aux Colveren et l'autre aux Blankaerden. Les lignages de Louvain seront ensuite au nombre de quatre puis plus tardivement de sept.
Le conseil des jurés (gesworene) était composé de onze bourgeois lignagers et dix bourgeois non lignagers.
Ce système donnait toutefois toujours la majorité aux Lignages.
On appelait les membres des Lignages, les Hommes de Saint Pierre des sept familles nobles de la chef ville de Louvain.
Liste et armorial des personnes admises aux Lignages de Louvain Liste de Divaeus Ci-après suivent les noms des familles des Lignages de Louvain tels qu'ils sont mentionnés dans l'ouvrage de Petrus Divaeus (paru en 1757 et comprenant les compléments du généalogiste Jean-Michel van Langendonck), avec les armes qui leur sont attribuées dans cet ouvrage. L'ordre suivi est celui de l'ouvrage de Divaeus et non un ordre alphabétique. Pour quelques familles, certains membres sont mentionnés sur base de sources autres que l'ouvrage de Divaeus précité :
Lignage Uten Liemingen (d’or à trois pals d’azur au chef de gueules) Famille van Oppendorp alias de Meyere (d’or à quatre fasces d’azur à la bordure engrêlée de gueules) Famille Nobel (de Lieminge chargé au franc canton d’une merlette d’argent) Famille Lise, Lisen-Sone, Vrouwen-Lisen-Sone (de Lieminge chargé en chef de trois étoiles à huit rais d’argent rangées en fasce) Famille Van den Berghe (de Lieminge chargé en chef d’un lion naissant la queue fourchue et passée en sautoir, d’argent armé lampassé et couronné d’or) Famille Blanckaert (fascé d’or et d’azur de dix pièces au franc quartier de gueules à l’étoile d’argent à six rais) Famille De Rycke (de gueules à six fasces d’argent) Famille Cardinael (de Lieminge chargé en chef de trois merlettes d’argent rangées en fasce) Famille Van den Bolleborne (de Lieminge chargé en chef de trois billettes d’argent rangées en fasce) Famille De Vos (de Lieminge chargé en chef de trois grillets d’argent rangés en fasce) Famille Pieders (de Lieminge chargé en chef de trois quintefeuilles d’argent boutonnées de gueules rangées en fasce) Famille De Swertvagere (de Lieminge chargé en chef de trois sautoirs d’argent ranges en fasce) Famille Van Rielaer (de Lieminge chargé en chef d’un cœur d’argent) Famille Van Erps (de Lieminge chargé en chef d’une étoile à six rais d’or accostée de deux croissants d’argent) Famille Van Dormale (de Lieminge chargé en chef d’un sautoir engrêlé d’or accompagné en chef d’un cœur d’argent) Famille De Witte (de Lieminge chargé en chef de trois globes impériaux d’or ceintrés et croisés de même ranges en fasce) Famille Evelooghe (de Lieminge chargé au franc canton d’une macle d’argent) Famille Keynooghe (de Lieminge chargé au franc canton d’un cocq de sable) Famille Van Outheverle (de Lieminge chargé en chef d’un maillet d’argent) Famille Cricsteen (de Lieminge chargé au franc canton d’un croissant d’argent) Famille Cooman (de Lieminge chargé en chef d’un sautoir engrêlé d’argent accompagné en chef d’une billette de même) Famille Van der Specht (de Lieminge chargé au franc canton d’un écu de sable au sautoir échiqueté de deux tires d’argent et de gueules) Famille De Pape (de Lieminge chargé en chef d’un sautoir échiqueté de deux tires d’argent et de sable) Famille De Melckere (de Lieminge chargé au franc canton d’un écu de sable au sautoir engrêlé d’argent) Famille Smacht (de Lieminge chargé au franc canton d’une merlette de sable) Famille Corsebout (de gueules à l’aigle parti d’argent becqué et membré d’or armé et langué d’argent) Famille Quinque (de Lieminge chargé en chef d’un écu d’or au sautoir engrêlé de sable à dextre & d’une macle d’argent à senestre) Famille Puyse (de Lieminge chargé en chef d’un sautoir engrêlé d’argent accompagné en chef d’une rencontre de même accorné d’or) Famille Van Velpe (de Lieminge : le chef parti d’or au sautoir échiqueté de deux tires d’argent et d’azur :& de gueules) Famille Baten (de Lieminge chargé au franc canton d’un écu d’or au sautoir engrêlé de sable) Famille van Yperen (de Lieminge chargé en chef d’un aigle d’argent becqué et membré d’or, armé et langué d’argent) Famille Van den Stocke (de Lieminge chargé au franc canton d’une merlette d’argent) Famille Boys (de Lieminge chargé en chef d’un lion naissant la queue fourchue et passée en sautoir d’argent, armé et lampassé d’or chargé en cœur d’une macle de sable) Famille Van Nethenen (de sable à l’aigle d’or) Famille De Riddere (de Lieminge le chef treillissé d’argent) Famille Van Bommaele (de Lieminge chargé au franc canton d’une coquille d’or) Famille van Roode (de Lieminge chargé en chef de deux lions affrontés d’argent armés et lampassés d’or) Famille De Colvere dictus Uten-Bruele (de sinople au pélican avec sa pieté d’or ensanglanté de gueules dans son aire en forme de calice au pied fiché, d’or, fourré de gueules) Famille De Poirtere (d’argent au corbeau de sable, perché sur une plante d’herbe de sinople) Famille Goedertoy (parti de sable et de gueules à l’aigle d’or brochant sur le tout) Famille Van Huldenberghe (d’azur au pélican avec sa pieté d’or ensanglanté de gueules, dans son aire en forme de calice, au pied fiché, d’or, fourré de gueules) Famille Bullin-Sone (fascé d’or et d’azur de dix pièces, à la bande courbée de gueules, chargé de trois coquilles d’or, brochante sur le tout) Famille Gruwel (de Lieminge chargé en chef d’un croissant à dextre et d’une étoile à six rais d’argent à senestre)