vignette|300px|« L'empire du Monomotapa et la Coste des Cafres » (1688).
Le terme cafre ou caffre désigne les Noirs de la Cafrerie (partie de l’Afrique australe)Article caffre du Trésor de la Langue Française informatisé. aussi, sur l’extension géographique de la Cafrerie, différentes versions de l’article cafrerie contenues dans plusieurs éditions de Vosgien, François-Léopold (chanoine de Vaucouleurs), Dictionnaire géographique portatif […], Didot, Paris, 1747 (Quérard a considéré qu’il s'agissait d'un pseudonyme de Jean-Baptiste Ladvocat, 1709-1765 ; on trouve l’ouvrage sous les deux noms dans le catalogue de la BnF)., appelés en Afrique du Sud : (Kaffir, Keffir ou Kaf). est en afrikaans assimilable au mot aux États-Unis Article . ou nègre dans la France coloniale.
Le terme cafrine (féminin de cafre) est souvent utilisé pour désigner les Réunionnaises possédant un phénotype africain, ou d'une manière générale, de jeunes Réunionnaises supposées d'origine africaine.
Origine L’origine du terme est le mot arabe (kfr) qui signifie « incroyant » ou « infidèle ». C'est ainsi que les marchands d'esclaves arabes désignaient les habitants des régions allant du comptoir mozambicain au Cap sud-africain, ces « non-convertis à l'islam » dont la doctrine religieuse permettait seul le commerce. Ce n'est que plus tard que les Européens, au premier rang desquels les Portugais, reprirent le terme jusque dans les formes qu'on lui connaît aujourd'hui en afrikaans (kaffer) et en créole réunionnais (caf ou kaf)..
L'ethnographie classique, comme au , emploie encore le vocable pour désigner les cultures autochtones de l’Afrique du Sud. Cet usage est repris en français comme synonyme de Nguni, groupe qui comprend les Zoulous (Cafres du Natal) et les Xhosas (Cafres du Cap)Définition empruntée à Alain Ricard, « Eugène Casalis, les Bassoutos, la poésie… », in L'Ethnologie à Bordeaux, Hommage à Pierre Métais, Centre d'études et de recherches ethnologiques, Bordeaux, 1995, ..
Dans son récit de voyage paru en 1790, François Levaillant atteste, comme d'autres observateurs européens, que les colons du Cap médisent systématiquement des autochtones qu'ils appellent et que cela leur sert d'excuse pour les massacrer et voler leur bétail. En Afrique du Sud, ce terme est ainsi devenu une injure raciste.
Usage contemporain À La Réunion, contrairement à d'autres pays ou régions du sud-ouest de l'océan Indien, le terme est d'un emploi courant et, généralement, non péjoratif. Il désigne « tout individu dont le phénotype renvoie plus ou moins aux origines africaines ou malgaches », comme le décrit le sociologue Paul Mayoka dans son essai intitulé L'Image du cafre.« CAFRE, cafrine » du lexique figurant dans Michel Beniamino, Le français de La Réunion, EDICEF, , Vanves, 1996 .. Il s'agit donc globalement de descendants d'esclaves ou de travailleurs « engagés » (Africains ou Malgaches) après l'abolition de l'esclavage en 1848. S’il est parfois revendiqué de manière identitaire dans certains milieux, il reste chargé d’un lourd passif colonial et discriminatoire pouvant, dans certains cas, être employé comme insulte raciste.
Le terme reste associé aux lieux ou événements faisant mémoire par rapport au passé esclavagiste de l'île : la plaine des Cafres et la fête des Cafres, célébrant chaque l’abolition de l’esclavage proclamée en ce jour de 1848.. Il est encore chargé de cette histoire et des rapports sociaux et symboliques dont elle a été le témoin. Des travaux actuels explorent dans la société insulaire toutes les facettes attachées à l'usage du terme (Rose-May Nicole, Paul Mayoka, Lucette Labache, Philippe Bessière), relevant ainsi quelques connotations affectueuses comme « mon caf ! », « mon ti' caf ! », ou encore l'usage de son pendant féminin cafrine, utilisé pour désigner une jolie femme.
Faune et flore
Le « lis des Cafres » désigne l'Hesperantha coccinea, une plante de la famille des Iridacées.
Le martinet cafre Apus caffer est une espèce de Martinets présente dans l’Afrique subsaharienne.
En raison du caractère raciste du terme caffra, nombre d'espèces de plantes incluant ce terme dans leur dénomination scientifique devraient être rebaptisées en affraDes centaines de plantes aux noms jugés racistes vont être rebaptisées, Le Républicain Lorrain, 21 juillet 2024.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Démographie de la Réunion Basotho
Liens externes
Bibliographie Ouvrages anciens George French Angas, , J. Hogarth, Londres, 1849, George McCall Theal, , W. Swann Sonnenschein, Londres, 1882 Johann Christoph Ludwig Alberti, Description physique et historique des Cafres, etc., Amsterdam, 1811, Guillaume Chenu de Laujardière, Relation d'un voyage à la côte des Cafres, 1686-1689 (édition établie, annotée et commentée par Emmanuelle Dugay), Éditions de Paris, Paris, 1996, Hendrik Pieter Nicolaas Muller, Industrie des Cafres du Sud-Est de l'Afrique. Chansons du Zambèse, E. J. Brill, Leyde, 1893 William Paterson, Quatre voyages chez le Hottentots et chez les Cafres, par Williams [sic] Paterson, depuis mai 1777 jusqu'en décembre 1779 (traduit de l'anglais), chez Didot l'aîne, Paris, 1790, Jean-Pierre Pury, Mémoire sur le Pais des Cafres, et la Terre de Nuyts, Par rapport à l'utilité que la Compagnie des Indes Orientales en pourroit retirer pour son commerce, Amsterdam, 1718 Joaquim d’Almeida da Cunha, , Mozambique, 1883,
Travaux modernes Dominique Lanni, Fureur et barbarie : récits de voyageurs chez les Cafres et les Hottentots (1665-1721), Cosmopole, Paris, 2001, Paul Mayoka, L'image du Cafre : de l'Afrique réunionnaise, Publications Hibiscus, Saint-Denis (La Réunion), 1997, Rose-May Nicole, Noirs, cafres et créoles : études de la représentation du non blanc réunionnais : documents et littératures réunionnaises 1710-1980, L'Harmattan, 1996, (texte remanié d'une thèse) ;
Francisco Gavicho de Lacerda, , Rodrigues, Lisbonne, 1944,
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