Cnaeus Matius ou Cnaeus Mattius ou Cneius Mattius est un poète latin actif au début du , à l'époque de Sylla, auteur d'une traduction en vers latins de lIliade d'Homère.

Œuvres La traduction latine de lIliade

Cnaeus Matius cultive, avec un succès égal, la poésie épique et la poésie dramatique. Influencé par Ennius et l'adaptation de l'hexamètre grec dans la poésie latine, il traduit en vers latins lIliade d'Homère, comme un certain Ninnius Crassus. Longtemps avant eux, Livius Andronicus avait déjà traduit lOdyssée (Odussia). Cette traduction a ensuite été retravaillée pour être écrite en vers hexamétriques à l'image des traductions latines de lIliade (Ilias).

Cnaeus Matius semble avoir produit des vers fidèles aux chants homériques, les six vers qui nous sont parvenus grâce à VarronVarron, Lingua latina, VII, 95-96 et Aulu-GelleAulu-Gelle, Nuits attiques, IX, 14, 14-15 étant identifiables aux vers grecs correspondants, ce qui n'est par exemple pas toujours le cas pour la traduction de Livius Andronicus.

Ce vers décrivant la pitié qu'éprouve Héra à la vue des Grecs mourants dont les corps sont brûlés, correspondant au vers 56 du premier livre de lIliade, est cité par Varron qui s'intéresse à la forme passive archaïque du verbe mandierVarron, Lingua latina, VII, 95. Cnaeus Matius utilise ici l'image du feu se nourrissant, dévorant les corps, une métaphore qu'Homère utilise également dans le livre XXIII. Il pourrait également s'inspirer d'un autre vers de lIliade, vers 52 du livre I, évoquant les nombreux cadavres brûlés sur des bûchers. Le poète latin aurait pu mêler plusieurs vers afin d'obtenir un effet plus dramatique en soulignant davantage l'outrage subi.

Ce deuxième vers, cité par Aulu-Gelle, illustre la façon dont les poètes romains sont parvenus à s'approprier les vers d'Homère pour les adapter à la culture romaine. Dans ce vers, Cnaeus Matius remplace une vague divinité grecque dont le nom est difficile à traduire par la Victoire, culte typiquement italique, à l'image de Livius Andronicus qui remplace dans son Odussia une muse grecque par une des Camènes, nymphes des sources et des bois dans la religion romaine archaïque.

Les mimiambes Cnaeus Matius est également connu pour ses mimiambes (mimiambi), un genre mêlant le mime à des vers iambiques à la manière d'Hérondas, dont treize vers nous sont parvenusAulu-Gelle, Nuits attiques, XV, 25, 1-3. Il n'est pas clair si ces vers sont des adaptations du travail d'Hérondas où s'il s'agit de vers originaux copiant la manière de faire du poète grec. Il est possible que Cnaeus Matius, qui est le premier poète à utiliser des vers choliambiques à Rome, ait traduit une partie de l’œuvre d'Hérondas, rappelant son travail de traduction de lIliade. Toutefois il n'est pas exclu qu'il ait pu créer de façon indépendante de nouveaux mimiambes comme ont pu le faire un siècle plus tard des poètes contemporains de Pline le Jeune.

Notes et références Sources antiques :

Sources modernes :

Bibliographie

Lien externe Vers conservés de Cnaeus Matius

Catégorie:Poète de la Rome antique Catégorie:Traducteur depuis le grec ancien Catégorie:Traducteur vers le latin Catégorie:Poète romain du Ier siècle av. J.-C. Catégorie:Poète romain du IIe siècle av. J.-C.