La Marche est un film franco-belge réalisé par Nabil Ben Yadir, sorti en 2013.

Il relate de manière romancée l'histoire de la marche pour l'égalité et contre le racisme de 1983. Sorti à l'occasion du trentième anniversaire de l’évènement, le film est un échec critique et public. Si certains des protagonistes de la marche de 1983 trouvent que le film est fidèle à l'esprit de ce mouvement, d'autres jugent que l'aspect politique a été minoré ou que le film s'éloigne trop de la vérité historique.

Une polémique se crée en marge de la sortie du film à cause d'une chanson qui ne fait pas partie de la bande originale mais lui est associée où le rappeur Nekfeu s'en prend au magazine Charlie Hebdo. Il regrettera ces termes après l'attentat qui touchera la rédaction du journal en 2015.

Synopsis Ce film est librement inspiré de la marche pour l'égalité et contre le racisme (dite ) qui s'est déroulée en 1983. Il suit l'histoire des fondateurs de ce mouvement et des marcheurs permanents.

Parmi les événements relatés, le meurtre de Toufik Ouanes, l'un des faits générateurs de la marche.

Fiche technique Titre : La Marche Réalisateur : Nabil Ben Yadir Scénario : Nabil Ben Yadir, Nadia Lakhdar et Ahmed Hamidi, avec la collaboration de Romain Compingt et Mohamed Hamidi Musique : Stephen Warbeck Sociétés de production : Chi-Fou-Mi Productions, EuropaCorp Société de distribution : EuropaCorp Distribution Pays de production : , Lieu de tournage : Langue originale : français Genre : comédie dramatique et historique Durée : 120 minutes Dates de sortie : , , :

Distribution

Olivier Gourmet : Christophe Dubois Jamel Debbouze : Hassan Charlotte Le Bon : Claire Hafsia Herzi : Monia Tewfik Jallab : Mohamed Vincent Rottiers : Sylvain Lubna Azabal : Kheira Nader Boussandel : Yazid Philippe Nahon : René M'Barek Belkouk : Farid Simon Abkarian : le père de Farid Samira Sedira : la mère de Farid Mohamed Oubajjit : le père de Mohamed Corinne Masiero : Dominique, la mère de Sylvain Malik Zidi : Philippe, le RG Rufus : François, le pasteur Philippe Lefebvre : Alain Bernard, RG Frédéric Souterelle : journaliste Brice Fournier : animateur MJC Avignon Pierre Laplace : Xavier, RG Philippe Peythieu : RG Strasbourg Stéphane Bissot : infirmière Dubois Kévin Azaïs : Rémi Cyril Mendy : Coupe Afro Bouraouïa Marzouk : Khadija Jean-Henri Compère : Francis Karine Lyachenko : Françoise Gaspard Monique Mauclair : Christiane Pierre-André Gilard : gitan Ricco Boulanger Zahra Addioui : maman de Toufik Françoise Miquelis : Georgina Dufoix Mohamed El Hafi : Hamadi Mustapha Abourachid : militant Levallois Benjamin Lavernhe : Thomas Arthur Orcier : Vincent Finnegan Oldfield : animateur radio Cimade Solange Milhaud : Amélia Emiliano Suarez : Felipe

Production

La Marche est le premier long métrage produit par la société dirigée par Hugo Sélignac, Chi-Fou-Mi Productions. Le budget du film s'élève, avant tournage, à €, dont une coproduction de France 3 Cinéma et de la société belge Entre Chien et Loup, un pré-achat de Canal + et euros de subventions de la région Île-de-France. Le tournage s'est déroulé du au .

Accueil Accueil critique En dépit d'un soutien institutionnel important (François Hollande organise une projection du film à l'Élysée, Bertrand Delanoë à l’Hôtel de Ville, François Lamy au Ministère de la ville, Claude Bartolone à l’Assemblée Nationale et Jean-Pierre Bel au SénatLa marche des Beurs à l'Élysée, lefigaro.fr, 20 octobre 2013), le film est sévèrement jugé par certaines critiques : Le Nouvel Observateur, dans les pages communautaires de son site internet, y voit un « film inutile et caricatural »"La Marche" avec Jamel Debbouze : un lamentable spot associatif, Vincent Malausa, leplus.nouvelobs.com, 28 novembre 2013, rue89 « un film lisse et consensuel »« La Marche », un film lisse et consensuel : occasion manquée, Pierre Haski, rue89, nouvelobs.com, 27 novembre 2013 Le Monde un film « déconnecté du réel »« La Marche » : un « feel good movie » déconnecté du réel, Franck Nouchi et Jacques Mandelbaum, lemonde.fr, 26 novembre 2013. Télérama y voit un film qui « surprend par sa franchise »La Marche, Guillemette Odicino, telerama.fr. Le journal L'Humanité est plus indulgent qui note « un film pavé de bonnes intentions »"La marche" de Nabil Ben Yadir. Le parti pris d’une candeur manifeste, Dominique Widemann, humanite.fr, 27 novembre 2013.

Accueil public Avec seulement entrées en 7 jours sur 404 salles à travers la France, et à peine spectateurs la semaine suivante (sur 376 salles) – soit un total officiel de entrées au box office – pour un objectif initial de 2 millions d'entrées, le film s'est avéré être un échec public, le condamnant à disparaître très rapidement de l'affiche, en dépit du fait qu'il atteindrait chez ses spectateurs un taux de satisfaction de 85 % selon un sondage du magazine Écran Total. Il semble que le fait que le film ait été projeté au Palais de l'Élysée pour y être vu par le président François Hollande, ainsi qu'au Ministère de la ville, à l'Assemblée nationale et au Sénat ait fait passer l'idée auprès du public qu'il s'agissait d'un film et . En date du , 209 membres de l'Internet Movie Database ont coté ce film 5,9/10, tandis qu'il se voit attribuer une moyenne de 2,5/5 sur 1 297 notes dont 330 critiques sur Allociné.

Réactions à la vision historique présentée par le film Djamel Attalah, l'un des principaux organisateurs de la marche de 1983, commente que ; il juge cependant que et considère le film comme utile pour le grand public, car il entretient la mémoire de l'évènement et peut inciter ceux qui le souhaitent à se renseigner plus avantJ'ai marché pour l'égalité en 1983: on était des stars, aujourd'hui la plupart sont au RSA, Le Nouvel Observateur, 28 octobre 2013..

Le père Christian Delorme estime quant à lui que Christian Delorme se replonge dans les souvenirs de la Marche des Beurs, Le Parisien, 29 novembre 2013

Julien Dray, un des fondateurs de SOS Racisme, a déclaré que ce film sur la Marche des beurs était « une réécriture de l'histoire ». Il rappelle que s'il s'agit d'un mouvement , la marche ne s'est pas faite sans relais politique, soulignant l'importance qu'ont eues à l'époque Georgina Dufoix et l'ancienne maire de Dreux, Françoise Gaspard. Il souligne en outre que beaucoup de marcheurs étaient selon lui des militants de gauche qui s'inquiétaient de l'avancée du Front national, et il insiste sur le fait que la marche n'a pas été inutile puisqu'elle a permis l'obtention de la carte de séjour de dix ans ainsi qu'une

Farida Belghoul, initiatrice en 1984 de la , considère que ce film sur la première marche est une histoire entièrement reconstruite ne comportant « aucune référence à la réalité historique » ; elle souligne de nombreuses erreurs comme la présence d'affiches du mouvement Convergence 84 - qu'elle a co-fondé l'année suivante - ainsi que des scènes et des détails inventés comme l'agression d'une jeune maghrébine à qui l'on grave au rasoir une croix gammée sur le dos, et la présence anachronique de drapeaux arc-en-ciel LGBT lors de la manifestation à ParisFarida Belghoul sur le film La Marche, levraipost.fr, décembre 2013.

L'acteur Tewfik Jallab souligne en revanche que « Tout est réel [...] L'épisode de la croix gammée n’a pas eu lieu sur le mouvement de la marche mais il a eu lieu à Bondy à la même période : c’était une spécialité en France, le cutter c’était l’arme préférée des racistes [...] on a gommé beaucoup de choses, parce que ça aurait été insoutenable »"La Marche" : "Il fallait faire ce film contre vents et marées" selon Nabil Ben Yadir et Tewfik Jallab, allocine.fr, 23 novembre 2013.

Polémique concernant une chanson en marge du film Lors de la sortie de La Marche En marge de la sortie du film, un collectif de rappeurs diffuse le sur YouTubeMarche sur Youtube. une chanson intitulée Marche, dans laquelle le rappeur Nekfeu, membre du collectif parisien 1995, interprète notamment la phrase Il s'agit d'un morceau collectif enregistré par 12 rappeurs de styles et d'âges différents. Chaque rappeur a enregistré seul son couplet en studio, ne prenant en général connaissance du morceau entier et de la teneur des autres participations que lors de sa publication.

Dans le journal Le Monde du , la rédaction du magazine satirique réagit à la chanson par un communiqué : . La rédaction de Charlie Hebdo rappelle que l'organisation terroriste Al-Qaïda, a prononcé une condamnation à mort contre le dessinateur Charb quelques mois plus tôt. .. Le journal indique néanmoins, par la voix de son avocat dans le Figaro, ne pas envisager de poursuites judiciaires.

Contacté par le Figaro et le Monde, le rappeur refuse de commenter le morceau.. Le Monde interroge d'autres rappeurs du collectif, notamment Disiz, le producteur du morceau, qui déclare : tandis que Taïro affirme trouver ce couplet : Imhotep, qui n'a pas participé au morceau mais parle en tant que membre d'IAM, groupe dont est membre Akhenaton qui lui fait partie du collectif, déclare qu'il ne trouve pas Charlie Hebdo drôle sur les sujets que le journal connait mal, tels que le rap et l'Islam, mais rappelle qu'avant de brûler ce journal,

Le producteur du film, Hugo Sélignac indique ne jamais avoir prévu que ce morceau soit intégré à la bande originale du film mais qu'il a en effet donné son accord . Il estime qu'il n'avait néanmoins pas à et défend

Dans Marianne du , le journaliste Jack Dion dénonce une et s'étonne que car, selon lui, Jack Dion, Charlie Hebdo et le rap de l’autodafé, marianne.net, 28 novembre 2013..

Après l'attentat contre Charlie Hebdo en 2015 Lors de l'attentat contre Charlie Hebdo du qui a fait douze morts et onze blessés, la polémique est rappelée par certains titres de la presse française et internationale.... Le rappeur Nekfeu, auteur du couplet polémique, exprime son concernant ce morceau, affirmant qu'il ne s'agit que Après des Attentats du 13 novembre 2015, un article de Slate rappelle cette polémique, précisant que Nekfeu s'était senti après l'attentat contre Charlie Hebdo et précisant que la posture d'un rappeur, qui peut être n'est pas à considérer comme représentative de son public..

Distinctions Récompenses Magritte 2015 : Meilleure actrice dans un second rôle pour Lubna Azabal Meilleur montage pour Damien Keyeux

Nominations Magritte 2015 : Meilleur film Meilleur réalisateur pour Nabil Ben Yadir Meilleur scénario original ou adaptation pour Nabil Ben Yadir Meilleur acteur dans un second rôle pour Olivier Gourmet

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Marche pour l'égalité et contre le racisme Les Marches de la liberté de Rokhaya Diallo

Liens externes

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