Le massacre de Damas du 9 au est celui de chrétiens par des druzes. Entre périssent à travers le Liban, dont quatre à six mille personnes dans la seule ville de Damas.. Des milliers de chrétiensL'historien Pierre de la Gorce, écrit : "Quinze cents", cf. Histoire du Second Empire, t. III, . sont sauvés par l'émir Abd el-Kader (1808-1883).

Contexte

Les massacres de Damas interviennent à la suite des massacres des chrétiens du Mont Liban par les druzes principalement. Ce qui les déclencha fut la chute de la ville de Zahlé, à majorité grecque-catholique melchite, considérée comme imprenable par tous, et l'impunité des coupables des massacres du Mont Liban, laissant à penser que les massacres de chrétiens ne seraient pas réprimandés par la Sublime Porte, le gouvernement de l'Empire ottoman.

De plus, ces massacres intervinrent sûrement par le jeu de manipulations externes et internes, mais aussi par des rivalités économiques, les chrétiens étant détenteurs de monopoles sur certains marchés et ayant probablement suscité des jalousies. Ces évènements interviennent aussi dans une période d'affaiblissement de l'Empire ottoman, du Printemps des peuples en Europe en 1848 et de la nouvelle égalité plus ou moins accordée par la Porte pour l'ensemble de ses sujets. Cette période cauchemardesque de l'histoire des chrétiens d'Orient fut la cause principale du début de leur exode vers l'Europe, l'Afrique et les Amériques, surtout vers l'Égypte, où de nombreuses familles syriennes et libanaises chrétiennes s'installèrent à la fin du .

Les faits

Les troubles confessionnels du Mont Liban se sont étendus à Damas entre le 9 et le . Sans que le gouverneur ottoman de la ville, Ahmed Pacha, ne décide de s'interposer, des fanatiques attaquèrent les quartiers chrétien, melkite et maronite, tuant plus de cinq mille habitants selon le général d'HautpoulPierre Dufour, La France au Levant des croisades à nos jours, Pygmalion, 2001, ..

L'émir Abd el-Kader intervint pour arrêter le massacre et protéger, au péril de sa vie, la communauté des chrétiens de Damas, qui vivait dans un quartier voisin de celui de la communauté algérienne. Grâce à son influence auprès des dignitaires de la ville et aux membres de sa suite qui l'avaient suivi dans son exil, on estime que seules périrontBrigite Marino, « Damas », in François Georgeon, Nicolas Vatin, Gilles Veinstein, Dictionnaire de l'empire ottoman, Fayard, 2015, . sur une population concernée évaluée à environ Eugène Rogan, Histoire des Arabes de 1500 à nos jours, Perrin, 2009, .. L'action d'Abd el-Kader et des Algériens, d'abord réprimandée par la population damscène, devient finalement une source d'admiration. Par ailleurs, ces évènements entraînèrent l'exil, au Caire ou à Beyrouth notamment, de plusieurs milliers d'habitants chrétiens de Damas.

Napoléon III envoie une expédition armée à but humanitaire. L'expédition française en Syrie dura de à . Cette intervention, faite au nom de l'Europe, devra permettre l'établissement d'un régime nouveau pour les provinces syriennes fixé par une commission internationale. Face aux Français, la Porte a envoyé le ministre Fouad Pacha, chargé de pouvoirs extraordinaires, afin de régler la question syrienne. Précédant les Français, il prend le contrôle de Damas et mène une vigoureuse répression : « plus d'une centaine d’exécutions frappe les responsables présumés des massacres tandis que de nombreux notables sont exilés. Le but du ministre est double : rendre sans objet une intervention européenne dans le territoire syrien et, en sanctionnant durement les notables de Damas, porter un coup décisif aux autonomies provinciales syriennes et renforcer la centralisation politique. ».

Les conséquences

Le règlement de 1861 fonda une province autonome du Mont Liban sous l'autorité d'un gouverneur chrétien de haut rang administratif, sans que soit spécifiée son origine. Il s'agira jusqu'en 1914 d'un chrétien non libanais venu d'une autre communauté catholique de l'empire nommé par la Porte pour une durée déterminée mais après accord des puissances qui surveillent le respect des termes du règlement.

La conséquence pérenne de cette intervention est donc l'autonomie du Liban vis-à-vis de la Syrie, consacrée le par la nomination par le sultan d'un gouverneur propre à la nouvelle entité, l'Arménien , « Daoud Pacha ».

Bibliographie

. Charles Lavigerie, Souscription recueillie en faveur des chrétiens de Syrie (rapport de M. de Lavigerie), Paris, 1866 (lire en ligne), 96 p. Abbé Jobin : La Syrie en 1860 et 1861. Lettres et documents formant une histoire complète et suivie de massacres du Liban et de Damas, des secours envoyés aux chrétiens et de l'expédition française , recueillis et coordonnés. Souvenirs de Syrie (expédition française de 1860) / Par un témoin oculaire.

Notes et références

Syrie Catégorie:Politique internationale française sous le Second Empire Catégorie:Histoire contemporaine du Moyen-Orient Catégorie:Histoire du Liban Catégorie:Histoire de Damas Catégorie:Juillet 1860 Catégorie:Relations entre la France et la Syrie Catégorie:Abdelkader ibn Muhieddine Damas Catégorie:1860 dans le christianisme