Le Bac amphibie ou Gillois, fabriqué par le groupe allemand Eisenwerke-Kaiserslautern (en français fonderie de Kaiserslautern), est un dispositif militaire permettant de déployer rapidement un pont mobile ou fixe sur une coupure humide.
La conception du Gillois autorise une mise en œuvre rapide et un personnel restreint, avec un aménagement minimum du terrain. Il permet le franchissement des cours d'eau aux véhicules à roues et à chenilles, soit par pont, soit par portière.
Ce matériel de pontage est de classe nominale 65 pour véhicules des gammes tactiques.
Historique C'est à la fin de la Seconde Guerre mondiale que le lieutenant Jean Gillois servant alors au de ponts lourds de la Armée française eut l'idée d'un camion flottant sur lequel reposerait un élément de pont.
En 1954, devenu chef de bataillon, Jean Gillois rejoint le service du génie en Allemagne de l'Ouest et bénéficie de l'appui du général Legrand, commandant et directeur du génie des forces françaises en Allemagne.
Bénéficiant d'une grande autonomie budgétaire (due aux crédits d'occupation versés par l'Allemagne de l'Ouest) le projet est lancé. Trois sociétés allemandes sont contactées (c'était la condition du financement de ce projet). Seul le docteur Gehlen (propriétaire d'Eisenwerke-Kaiserslautern) accepte de relever le défi sous réserve que le commandant Gillois soit présent à ses côtés pour diriger le bureau d'étude.
Un marché est signé en 1955 pour la fourniture d'un bac amphibie de classe 20, de trois engins ponts de classe 50/60 et d'un pont autonome d'accompagnement non amphibie. En , le ministre des Finances français, soucieux de limiter les sorties de capitaux du pays, demande que le maximum de sous-traitance soit confié à des sociétés françaises et que des dispositions soient prises pour rapatrier en France la production des engins Gillois. En est créée la société Pontesa (à Sarreguemines) qui associe EWK à la société française de Dietrich. Pontesa se voit confier l’exclusivité de la production jusqu'en 1969.
En , la direction centrale des constructions et armes navales (DCCAN) fait savoir à la délégation ministérielle pour l'armement qu'elle souhaite produire les engins Gillois à Lorient, afin de compenser la baisse d'activités de l'arsenal. Techniquement, l'arsenal de Lorient doit disposer des plans de définition et d'une assistance technique d'EWK afin de préserver l'homogénéité du parc. Il faut lever l'exclusivité accordée à Pontesa. En , la fabrication des engins est confiée à la direction technique des constructions navales. Un compromis avec Pontesa est trouvé en : Pontesa conserve la fabrication des engins rampe-travure et des bacs tandis que Lorient est responsable des engins travures et les ponts automoteurs. Pontesa garantit l'État français contre tout recours de tiers en matière de propriété industrielle et s'engage à fournir les plans à Lorient. En contrepartie, l'État indemnisera Pontesa pour rupture d'exclusivité. Les premiers matériels sont livrés au du génie de Rastatt qui est chargé des essais. Le programme de livraison des engins Gillois s'est achevé en 1972 et les dernières livraisons ont eu lieu en 1973. En tout, ce sont environ qui ont été construits (toutes versions confondues) pour l'armée française. Le du génie de Spire sera le dernier régiment à en être doté jusqu'à sa dissolution en 1997.
Le pont Gillois sera utilisé en opérations de combat seulement par Israël lors de la guerre du Kippour pour franchir le canal de Suez.
Emploi par l'armée française
À l'époque de son apparition, le bac Gillois est sans aucun doute un matériel sans équivalent dans le monde, capable de transborder des engins d'une masse de maximum. En version pont, il supporte des charges de l'ordre de . Pour passer de la version route à la version bac, il lui faut , et pour constituer un pont de de long. Le bac Gillois (l'invention du colonel est tellement exceptionnelle que l'engin portera, fait rarissime, le nom de son inventeur) évite les lourds et encombrants convois de portiques, grandes barges amenées par route, si sensibles aux attaques de l'ennemi. Il faut compter de l'ordre d'une demi-journée pour installer un pont d'une centaine de mètres, à l'aide de portiques qui sont joints par des portières. Dans les années 1970, le bac Gillois est idéal pour transborder des engins non amphibies comme l'EBR ou l'AMX-30.
Matériel successeur
L'engin de franchissement de l'avant succède au Gillois.
Caractéristiques Le Gillois est composé de plusieurs matériels (et suivant les évolutions), travure type I, travure type II A, travure type II D, travure type II E, poseur de rampes, rampe travure.
Travure Les ponts et les portières sont constitués de travures possédant leur propre autonomie de propulsion, verrouillés les uns aux autres, et d’une rampe d’accès à chaque extrémité. Les ponts peuvent s’adapter à toutes les largeurs de brèche pour une capacité de débit de par heure. La travure constitue un élément de pont d'environ avec une voie de roulement de . Elle se compose essentiellement d’un tablier central, de deux poutres-caissons latéraux et de deux passerelles. La travure est mise en œuvre par un équipage constitué d’un sous-officier chef de module, d’un conducteur/mécanicien, et de deux hommes d'équipage.
Poseur de rampes
La rampe est un élément du Gillois assurant la continuité de passage entre la berge et le module de rive, la rampe d’accès a une voie de roulement de de large. Elle est équipée d’élargisseurs de voie. Afin de s’adapter à la hauteur des berges, elle est manœuvrable en site grâce à un groupe hydraulique alimentant deux vérins. La rampe est mise en œuvre par un équipage constitué d’un sous officier chef d'engin, d’un conducteur/mécanicien et de deux hommes d’équipages.
Rampe travure Afin d'améliorer le concept du Gillois, l'idée d'un véhicule modulaire pouvant être utilisable en travure ou en rampe. Ce système modulaire permet de déposer la rampe.
Anciens utilisateurs : Mis en service dans les années 1960 pour succéder au matériel d'origine américaine (M4 T6, US …) qui équipait les compagnies de pont lourd d'équipage. du génie ( RG). - dissous du génie (2RG) - dissous du génie (3RG) du génie (4RG) - dissous du génie (9RG) - dissous du génie (10RG) - dissous du génie (11RG) - dissous du génie (12RG) - dissous. Régiment dépendant du du génie du génie (13RG) du génie (19RG) du génie (23RG) - dissous. Régiment "testeur" du génie (32RG) - dissous du génie (33RG) - dissous du génie (71RG) - dissous École d'application du génie (Angers) - Nombre réduit (année 1958), avant de passer sur M2. - du Génie du Engineer Group ( des États-Unis), caserné à Darmstadt. - Gillois surnommé Timsach, Bataillon 601. Récupérés en Allemagne à la suite de « l'abandon » par les Américains. - Escadron Field.
Notes et références
Bibliographie .
Voir aussi Liens externes Articles connexes Pontonnier Pont automoteur d'accompagnement Génie militaire
An amphibious truck designed by French Army engineers (vidéo)
Catégorie:Véhicule militaire français Catégorie:Véhicule militaire du génie