La Quatrième philosophie (aussi appelée Quatrième secte ou mouvement de Judas le Galiléen) est le nom que Flavius Josèphe donne au mouvement créé par Judas de Gamala lors du mouvement de révolte juif contre le recensement de Quirinius en 6 de notre ère, lorsque l'ancienne ethnarchie d'Hérode Archélaos est devenue la province de Judée directement administrée par des gouverneurs romains. Il distingue ce mouvement d'idée des trois autres « sectes » qui selon lui composent alors la société juive : les Sadducéens, les Pharisiens et les Esséniens.

Le groupe de Judas insiste sur la notion de liberté et celle de la royauté absolue et exclusive du Dieu d'Israël et exalte un sentiment patriotique doublé d'une attente de libération eschatologique par Dieu.

Le mouvement survit à la mort de son principal créateur et se prolonge dans l'action de ses fils et petit-fils qui jouent un grand rôle dans le déclenchement de la Grande révolte juive (), et sont alors les chefs du groupe des Sicaires. Toutefois certains critiques estiment qu'il donne naissance au mouvement zélote, dont « sicaire » ne serait que le nom péjoratif, ce qui ne fait pas consensus. Les historiens s'accordent toutefois pour dire que tous ces groupes ont des positions extrêmement proches les unes des autres.

Le dernier épisode de la révolte juive est la résistance des défenseurs de la forteresse de Massada, dirigés par Éléazar fils de Jaïr, un petit-fils de Judas le Galiléen (). Des Sicaires, probablement sans lien avec le groupe créé par Judas, semblent resurgir lors de la révolte de Bar Kokhba (-).

Les historiens considèrent que parmi les groupes d'opposition aux pouvoirs établis, c'est celui qui est le mieux connu.

Difficultés

Flavius Josèphe présente Judas le Galiléen (ou Judas de Gamala) comme un « philosophe », chef d'une « secte », qu'il appelle « quatrième philosophie », mais sans rapport avec les trois autres « sectes » du judaïsme qu'il mentionne : les Sadducéens, les Pharisiens et les Esséniens. Il blâme les partisans de Judas, les rendant responsables du déclenchement de la Grande révolte juive et de la destruction du Temple de Jérusalem. Bien que la notice de Josèphe au sujet de ce mouvement soit extrêmement brève, les historiens considèrent que c'est le groupe d'opposition aux pouvoirs établis le mieux connu. tant l'imprécision et la confusion terminologique sont grandes à l'égard des Sicaires, des Zélotes. et des Esséniens, alors que Josèphe observe un total silence au sujet des autres groupes oppositionnels comme les Baptistes ou les Nazôréens (le mouvement créé par Jésus de Nazareth). De plus, Flavius Josèphe introduit une confusion terminologique supplémentaire car outre « Sicaires » et « Zélotes », il fait aussi usage des termes de « bandits » et de « brigands », s'appropriant ainsi

Toutefois, une version de la notice utilisée par Flavius Josèphe au sujet des Ésséniens, que l'on trouve dans un texte attribué à Hippolyte de Rome, dit que tant les Sicaires, les Zélotes et ce qui semble être la Quatrième philosophie, sont issus du mouvement essénien, qui se serait séparé en quatre tendances, note .. Cette notice vient donc contredire Flavius Josèphe qui présentait presque ce mouvement comme un corps étranger au judaïsme. D'autre part, elle vient aussi contredire les descriptions idéalisées des Esséniens par Josèphe et Philon d'Alexandrie, qui insistaient pour les présenter comme des pacifistes. En revanche, elle tend à confirmer la réelle nature des Esséniens qui ont stocké les manuscrits de la mer Morte à Qumrân et qui avait semblé si étonnante lorsque les manuscrits ont été publiés.

En plus de cette confusion terminologique et de cette incertitude sur l'origine de la Quatrième philosophie, des Sicaires et des Zélotes, le problème a été

Idéologie Alors qu'il consacre près de douze chapitres à décrire, de façon idéalisée, les croyances et les pratiques des Esséniens, Flavius Josèphe expédie la description de la Quatrième philosophie en deux phrases, en expliquant que . Sur ce sujet, il se contente de dire que les partisans de Judas dont il vient de donner quelques traits. Il consacre toutefois un chapitre à décrire l'action du groupe de Judas contre le recensement (6 ). Il ne consacre aucune notice, ni aux Zélotes, ni aux Sicaires. Toutefois, il y a quasi-unanimité chez les historiens pour considérer que l'appellation « Sicaires » désigne très souvent le groupe de Judas et que les Sicaires dont il parle après le déclenchement de la révolte, sont les héritiers du groupe de Judas, dirigés par ses fils et petit-fils.

Ce qui caractérise la doctrine du groupe de Judas le Galiléen , expression de l'attente d'une rédemption ou d'une libération eschatologique par Dieu. Selon Josèphe, Ses adeptes préconisent l'action violente contre les Romains afin d'aider la venue de cette rédemption. Ce qui permet Simon Claude Mimouni estime que l'accord avec dont parle Josèphe, indique que Judas partage certains points de vue des pharisiens en matière de pureté rituelle.. D'autres critiques comme Robert Eisenman estiment que ce dont parle Josèphe, c'est uniquement ce qu'il vient de citer concernant les Pharisiens: mépris , , prédestination de la vie humaine tempérée par le fait que Dieu laisse à la volonté de l'Homme , croyance .

Son groupe est animé ainsi que Selon les membres du groupe la présence des Romains est une souillure de la « terre d'Israël » et tolérer le pouvoir romain sur la Judée est une offense faite à Dieu.

Les membres du groupe de Judas le Galiléen cherchent à hâter l'intervention divine en « purifiant » le pays, au besoin par la violence. Pour eux, doit d'abord être mené au sein de la nation juive en éliminant physiquement ceux qui acceptent ou souhaitent le maintien de la domination romaine sur la Judée. C'est ainsi qu'ils tentent de mener passant par une politique de liquidation des collaborateurs juifs avec le pouvoir romain. Ce groupe . L'époque est en effet marquée

En au moins deux occasions

Histoire

Révolte contre le recensement Selon Flavius Josèphe, Judas le Galiléen (ou Judas le Gaulanite, ou Judas de Gamala) s'associe avec un Pharisien nommé Sadok (le Juste) pour s'opposer au recensement de Quirinius à l'aide d'arguments religieux (6 ). Judas suscite une révolte contre ce recensement fiscal qui marque l'entrée officielle de la Judée dans le système provincial romain. Selon Josèphe, c'est à cette occasion que s'est formé le groupe ayant à sa tête Judas de Gamala créant une « philosophie » distincte des Sadducéens, des Pharisiens et des Esséniens. Judas et Sadok s'opposent au grand prêtre Joazar de la famille boëthusienne, partisan de la soumissionGérard Nahon , article Zélotes de l'Encyclopædia Universalis..

Il est possible que Judas soit un fils du « chef de bande » Ézéchias (Hizkiya) tué par Hérode alors que celui-ci n'était que stratège de Galilée en 47 - 46 avant notre èreFlavius Josèphe, Guerre des Juifs, , § 204-205 ; Antiquités judaïques) , § 421-430... La majorité des critiques estiment que ce Judas fils d'Ézéchias est le même que celui qui déclenche en Galilée une révolte à la mort d'Hérode le Grand (4 avant notre ère). Il n'y a toutefois pas un consensus total sur ce sujet, car le témoignage de Josèphe Lors de cette révolte, Judas est l'un des trois « messies » qui surgissent pour revendiquer la succession royale.. Judas le Galiléen et ses descendants appartiennent à ce qui a parfois été appelé « une dynastie » de révoltésAndré Paul, « Une dynastie de partisans », dans « Le monde juif à l'heure de Jésus. Histoire politique », Paris, 1981, . opposés aux Hérodiens et aux Romains, à l'instar des Hérodiens ou des Hasmonéens, bien que cela puisse paraître exagéré.

C'est lors de la révolte contre le recensement que Judas et ses partisans et a élaboré une idéologie nouvelle selon laquelle

Josèphe ne relate pas la mort de Judas, ce sont seulement les Actes des Apôtres (5, 37) qui indiquent lapidairement qu'il aurait péri et que ses partisans ont été dispersés. Cette information se trouve dans le discours de Gamaliel devant le Sanhédrin, afin de défendre certains apôtres qui viennent d'être arrêtés. Judas y est présenté comme un exemple de chef messianique ayant échoué. La plupart des critiques estiment que sa mort serait intervenue à la suite de la révolte au sujet du recensement et que les Actes des Apôtres se trompent, alors que d'autres critiques estiment qu'il n'est pas impossible que comme l'indique Gamaliel, Judas soit mort après Theudas (mort vers 44-46). Il aurait alors été tué à la suite de la révolte qui provoque la crucifixion de deux de ses fils, Simon et Jacob (vers 45 - 48.) (Antiquités judaïques, 20.5.2 102), car Flavius Josèphe ne mentionne sa mort à aucun moment. Il est en tout cas établi que le groupe de Judas lui a survécu et toute sa famille semble y avoir pris une grande part. L'épisode de Jésus Bar Abbas relaté dans les évangiles pourrait être un indicateur de la poursuite de l'activité du groupe. La crucifixion de deux de ses fils sur ordre de Tiberius Alexander montre que le groupe héritier de Judas a été actif dans la province romaine de Judée dirigée à cette époque par ce procurateur (Antiquités 20.5.2 102). Le roi Agrippa vient de mourir , le royaume de Judée est redevenu une province romaine, de plus une famine se développe en Palestine. Cette situation ne manque pas de créer des troubles . ainsi que des mouvements de solidarité, comme celui d'Hélène d'Adiabène et de ses fils. Le fait que Simon et Jacob aient été exécutés par crucifiement indique clairement qu'ils se sont révoltésSelon François Blanchetière, La crucifixion était ..

Grande révolte À partir du déclenchement de la Grande révolte juive (66), Flavius Josèphe présente un autre des fils de Judas, Menahem, comme le chef des Sicaires. C'est aussi à partir de ce moment qu'apparaît chez Josèphe l'appellation « Zélotes ». Toutefois, les Sicaires sont mentionnés dès 56 chez Flavius Josèphe, à l'époque du procurateur Antonius Felix lorsqu'ils assassinent le grand prêtre Jonathan ben Hanan. Ils organisent et pratiquent ensuite ce type d'assassinats politiques jusqu'au déclenchement de la révolte. Il y a toutefois de bonnes raisons de remettre en question les indications de Josèphe induisant que Judas le Galiléen aurait été le fondateur des Sicaires., Il n'y a pas de raison de penser que tous les groupes qui sont visés par ce terme avant le déclenchement de la révolte faisaient partie d'une seule organisation. En 66, Menahem rassemble de nombreux hors-la-loi sous ses ordres et envahit par surprise la forteresse de Massada, exterminant la garnison romaine qui l'occupe. Il donne ainsi le signal du déclenchement de la révolte. Il vient alors renforcer les insurgés de Jérusalem et aide à prendre le Palais d'Hérode. Allié à Éléazar fils d'Ananias, commandant du Temple, un des chefs zélote et fils du grand-prêtre Ananias de Zébédée, ils assiègent la garnison romaine dans la forteresse Antonia. Menahem n'assiste pas à la reddition des forces romaines qui intervient juste après sa mort.

Menahem prend pendant une brève période la direction de tous les insurgés. Cela permet à ses partisans, aidés par certains Zélotes d'éliminer beaucoup de modérés, partisans d'un compromis avec les Romains. Il fait ainsi tuer plusieurs personnalités de Jérusalem dont le grand-prêtre Ananias, père de son alliéJona Lendering, Messianic claimants : Menahem, consulté le 23/01/2010.

Affrontements Zélotes - Sicaires