Lhistoire du Nouveau-Mexique commence officiellement avec l'apparition de l'homme dans la région vers environ 9200 À l'époque équivalant au Moyen Âge, les Anasazis s'affirment comme la grande puissance amérindienne du Sud-Ouest des États-Unis actuels, avant que les Pueblos et les Navajos, leurs descendants, ne dominent à leur tour la région. Au , les Espagnols explorent le Nouveau-Mexique avant de le coloniser au .
L'histoire coloniale du Nouveau-Mexique s'étend sur tout le et le . La région est faiblement colonisée, l'immigration restant très inférieure à celle du Mexique voisin dont elle est dépendante en grande partie. Comme au Texas, une économie d'élevage dans des ranchs se met en place, sous les incursions et pillages des Comanches et des Apaches. Après l'indépendance du Mexique en 1821, la petite colonie espagnole passe sous le contrôle de Mexico, puis des États-Unis lorsque la guerre américano-mexicaine de 1846-1848 se termine en faveur des Américains. Le territoire du Nouveau-Mexique accueille de très nombreux colons américains lors de la conquête de l'Ouest, qui, comme les Espagnols et les Mexicains avant eux, s'adonnent à l'élevage dans les ranchs, tandis qu'une importante communauté hispanique se constitue. Le Nouveau-Mexique n'obtient le statut d'État que relativement tard, le 6 janvier 1912.
L'histoire moderne de l'État se résume à une immigration toujours aussi importante.
Époque pré-colombienne
L'existence de l'homme au Nouveau-Mexique remonte aux alentours de Après l'invention de l'agriculture, le peuple des Anasazis s'installe dans la région et construit plusieurs villages. Les Anasazis connaissent un âge d'or vers l'an 1000 , faisant rayonner leur culture dans tout le Nouveau-Mexique. D'autres nations amérindiennes sont également implantées dans la région aux mêmes époques: les Mogollon et les Hohokams se distinguent particulièrement. Ces civilisations indiennes sont les ancêtres des tribus que rencontreront plus tard les Européens, tels les Pueblos ou les Navajos.
Les Anasazis sont un peuple d'agriculteurs, vivant dans de vastes villages disséminés le long des fleuves et des rivières du Sud-Ouest américain.
Groupes amérindiens tardifs
Après la disparition des premières civilisations (Anasazis, Mogollon, Hohokams), leurs descendants vont continuer à peupler les vallées du Rio Grande et du Nouveau-Mexique. Les Pueblos ainsi que d'autres tribus sédentaires de la région ont la même culture à quelques différences près, et constituent, comme l'étaient les groupes anciens, des peuples d'agriculteurs et éleveurs, culturellement opposés aux civilisations nomades des Plaines du nord comme les Sioux et les Cheyennes, ou celles du Sud-Ouest comme les Apaches et les Navajos, contre lesquelles ils vont d'ailleurs entrer souvent en conflits durant l'histoire.
Colonisation et invasion euro-américaine
Époque coloniale espagnole
Les premiers explorateurs et colonisateurs de la région sont les Espagnols. Leur désir de trouver des richesses incalculables et de l'or les pousse jusqu'au nord du Rio Grande. Cependant, leurs explorations du Nouveau-Mexique se soldent par des déceptions pour les conquistadors qui s'aperçoivent qu'il n'y a ni or ni pierre précieuse dans ces nouvelles terres, mais seulement un désert aride et quelques villages pueblos et hopis. Au début du pourtant, la colonisation du territoire est entreprise.
Premières explorations et déceptions
Après la conquête du Mexique de 1521 par Hernán Cortés et son armée, les Espagnols ne connaissent encore que les Antilles et une petite partie de l'Amérique du Sud. La Floride, qui a été reconnue en 1513 par le navigateur Ponce de Leon, est, pour Madrid, la prochaine terre qu'il faudra coloniser. Une expédition se prépare sous la direction de Pánfilo de Narváez, en 1527, forte de plusieurs centaines de colons et de milliers de têtes de bétails. Mais, malgré l'importante escorte militaire, la colonne espagnole, qui débarque en Floride en 1528, se fait massacrer peu après par des Amérindiens hostiles.
Voyages de Cabeza de Vaca et de Fray Marcos de Niza À la fin de 1528, quatre-vingt hommes rescapés de l'expédition de Pánfilo de Narváez, dont le mieux connu est Álvar Núñez Cabeza de Vaca, à bord d'embarcations de fortune, parviennent à rejoindre , aujourd'hui l'Île de Galveston au Texas. En 1536, après plusieurs années de captivité dans des tribus indigènes et diverses pérégrinations, seuls Cabeza de Vaca et trois de ses compagnons, Alonso del Castillo Maldonado, Andrés Dorantes de Carranza et Estevanico parviennent à rentrer en contact, sur les rives du Río Sinaloa avec d'autres explorateurs espagnols qui venaient de Culiacán. Leurs récits intriguent le vice-roi Antonio de Mendoza qui, dès 1539, envoie le franciscain Fray Marcos de Niza, accompagné par Estevanico, à la découverte des territoires où vivent les indigènes Zuñis, aujourd'hui dans l'Arizona et le Nouveau-Mexique. Le rapport que Fray Marcos de Niza fait de son voyage, dont Estevanico ne revient pas, et dans lequel il évoque l'existence d'une ville nommée Zuñi, aussi grande que Mexico, donne naissance au mythe des Cités d'or.
L'expédition de Francisco Vasquez de Coronado En 1540, Antonio de Mendoza envoie Francisco Vásquez de Coronado, gouverneur du royaume de Nouvelle-Galice que Fray Marcos de Niza accompagne, à la tête d'une colonne d'environ 1600 personnes, explorer plus avant les terres que le franciscain a décrites. L'imposante expédition de Francisco Vásquez, qui emmène avec elle vaches, moutons, mules et chevaux, met six mois pour atteindre péniblement Zuñi, pendant qu'une colonne de soutien, envoyée par Antonio de Mendoza, dirigée par García López de Cárdenas, le précède à Háwikuh en juin 1540.
Après s'être emparé par la force de Háwikuh, où les Espagnols trouvent des richesses surtout composées de maïset de haricots, mais pas l'or et les turquoises qu'ils espéraient, Francisco Vásquez de Coronado organise des expéditions secondaires dont la mission consiste à explorer la région. , accompagné par le franciscain Juan de Padilla et dix-sept cavaliers, chargé de trouver un lieu nommé Tusayan ou Tucano, visite très vraisemblablement , aujourd'hui dans l'Arizona et aurait obtenu la soumission des Hopis à la couronne d'Espagne. García López de Cárdenas est chargé de trouver la cité mythique de Quivira. Il rebrousse chemin sans avoir atteint son objectif, mais ses soldats sont les premiers européens et mexicains qui visitent les rives du Colorado et le Grand Cañon. est envoyé à la rencontre de la flottille, menée par Hernando de Alarcón, pour apporter des vivres à l'expédition, mais il apprend des indigènes que ce dernier a rebroussé chemin au confluent du Colorado et de la rivière Gila. Hernando de Alvarado y Contreras, à l'issue de la réception d'une ambassade, envoyée par le pueblo de Cicuique, aujourd'hui connu sous le nom de Pecos Pueblo, conduite par une personnalité que les Espagnols ont nommé « Bigotes », est chargé d'accompagner ce dernier dans son voyage de retour.
La déception des Espagnols est grande, tout comme leur colère. Les désertions se multiplient, et, pour se venger, les soldats espagnols n'hésitent pas à violenter des Pueblos et des Zunis. Coronado essaie de tempérer le comportement de ses militaires, mais c'est trop tard. Les Indiens, n'acceptant plus de se faire autant humilier par les envahisseurs et rejetant l'autorité du roi d'Espagne, se soulèvent contre l'expédition de Coronado. Des soldats espagnols sont assassinés, et les Indiens fortifient leur village. La répression de Coronado ne se fait pas attendre: la riposte est sans pitié, et les Espagnols, qui brisent la résistance pueblo, massacrent de nombreux Amérindiens. Les villages indiens sont mis à feu et à sang, mais c'est en vain que les richesses tant désirées sont cherchées. Coronado revient les mains vides à Mexico en 1542. Il rapporte plus tard que les terres au nord du Rio Grande ne sont pas propices à la colonisation, et qu'il ne s'y trouve rien d'autre qu'un désert où l'agriculture serait difficile à développer. Les années suivant son expédition ne verront apparaître aucune colonie espagnole dans la région, et les Pueblos seront en paix pendant un demi-siècle environ. Seuls des marchands et chasseurs d'esclaves sillonneront le Nouveau-Mexique, ainsi que quelques déserteurs espagnols.
Lors de son expédition, Coronado avait laissé de nombreux chevaux au Nouveau-Mexique. Le cheval, animal inconnu des Amérindiens jusqu'alors, est très vite adopté par de nombreuses cultures indiennes du Sud-Ouest, puis des Grandes Plaines et du Grand Bassin. Les civilisations nomades comme les Apaches, et, plus tard, les Comanches, utiliseront massivement les chevaux, en faisant l'élevage pour leurs besoins personnels (tels la chasse aux bisons) ou dans un but purement commercial. En effet, les échanges entre chevaux et autres marchandises deviendront monnaie courante dans les Plaines et le Sud-Ouest.
Mise en place de la colonisation espagnole
En 1598, Juan de Onate est chargé de conquérir et d'installer une colonie au nord du Rio Grande. La découverte de mines d'argent avait reporté l'attention de Mexico sur le Nouveau-Mexique, et un projet de colonisation avait vu le jour. Juan de Onate devait conduire l'expédition coloniale censée faire passer la région au nord du Rio Grande sous contrôle espagnol. C'est un succès, même si Onate s'est montré violent envers les Amérindiens locaux.
Arrivés dans la région en 1598, Onate et son armée en prennent possession au nom du Roi d'Espagne. L'expédition parcourt la région jusqu'au nord du Nouveau-Mexique, et il s'ensuit la même chose qu'avec le passage de Coronado. Les hommes de Onate, frustrés de n'y découvrir aucune richesse telle que l'or et s'apercevant de l'aridité du climat et de l'apparente pauvreté, à leurs yeux, des villages indiens (dont les maisons sont en terre cuite, donc symbole de pauvreté pour les Espagnols), s'en prennent une fois de plus à ceux-ci. Une autre rébellion pueblo s'ensuit, qui est matée dans le sang par Onate. Les guerriers sont massacrés, et les prisonniers de sexe masculin de plus de vingt-cinq ans sont réduits en esclavage et ont l'un des pieds coupés.
En 1601, le Nouveau-Mexique, par cette sanglante répression, se trouve sous le joug de l'Espagne. Onate, à son retour à Mexico en 1606, sera vivement critiqué et sanctionné pour les atrocités commises envers les Amérindiens, mais Madrid a désormais le Nouveau-Mexique. Une ville, Santa Fe, est construite et choisie en 1610 pour être la capitale de la colonie naissante.
Très vite, l'exploitation des peuples indigènes devient légale au Nouveau-Mexique. Le système de l'encomienda, arrivé dans la colonie dès ses premières années, permet aux colons espagnols d'avoir autorité sur un groupe d'indiens qui doit travailler pour eux. C'est en fait une forme d'esclavage: le colon bénéficie ainsi d'une main d’œuvre gratuite, qu'il doit en contrepartie éduquer et christianiser. Les Espagnols amènent de plus avec eux des maladies inconnus des Amérindiens locaux, comme la variole. Ces maladies sont un véritable désastre pour la démographie indienne. La population indienne du Nouveau-Mexique chute, tandis que la petite colonie est en train de passer sous le contrôle des Franciscains.
L'ère des Franciscains