L'hôtel de ville de Comines est un Monument historique construit de 1922 à 1932 sur les plans de l'architecte Louis Marie Cordonnier situé à Comines en France. En 2005, le beffroi de l'hôtel de ville est admis au patrimoine mondial de l'UNESCO parmi les beffrois de Belgique et de France.
Histoire Le premier beffroi de Comines est érigé à la fin du . En 1276, un donjon-tour de guet domine la ville. En bois , la construction vise à se protéger des envahisseursChristophe Declercq, « Louis-Marie Cordonnier a redonné à Comines son sens de l'initiative », dans La Voix du Nord du , cahier Marcq-Lambersart et la métropole, p. 21.. Il brûle 30 ans plus tard dans l'incendie qui détruit la ville. Il est reconstruit à plusieurs reprises, comme en 1382 après avoir été brûlé par les Flamands. On le reconstruit en le voulant plus solide il est érigé en pierre, entouré de fossés, coiffé d'un flèche. Cela ne le protège pas du feu en 1427, puis en 1579, après sa destruction pendant les guerres de religion. En 1594, la famille de Croÿ finance la construction d'une nouvelle tour ; le chantier dure 40 ans. En 1623, la date est inscrite sur un des murs, le beffroi prend la forme qui sera la sienne, une tour carrée avec un bulbe. C'est au également que le premier hôtel de ville est érigé, par l'ajout d'une halle. Au , le beffroi devient propriété de la ville avec l'hôtel de ville et des écuries. Pendant la première guerre mondiale, une grande partie de la ville est détruite, dont l'hôtel de ville et le beffroi, dynamité par les Allemands en 1918. Au début des années 1920, la commune fait appel à l'architecte Louis Marie Cordonnier pour la reconstruction. Dans son projet, un nouvel hôtel de ville, de style néo-flamand, est accolé au beffroi, déplacé de quelques mètres mais reconstruit à l'identique du beffroi de 1623. L'hôtel de ville est inauguré en 1929 et le beffroi en 1932. Il n'est ensuite que légèrement endommagé pendant la seconde guerre mondiale. L'ensemble est inscrit à l'inventaire des monuments historiques en . Le beffroi est également inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, en Beffrois de Belgique et de France.
Description L'hôtel de ville, construit en brique et orné de vitraux, est relié au beffroi par une galerie. Le beffroi, d'une hauteur totale de , est constitué d'une tour quadrangulaire de de haut, en brique soulignée de pierre blanche, surmontée d'un bulbe à huit pans couvert d'ardoise de de haut supporté par une charpente en béton. Deux lanternes superposées et un bulbe décoratif porteur d'une girouette à tête de monstre ornent son faîte. Autour du campanile, le haut de la tour porte un chemin de ronde encadré de quatre tourelles d’angle.
Le beffroi d'avant 1914-18
Le beffroi de CominesOn trouvera deux grandes photos du beffroi d'avant 1914, l'une sur le site de l'Institut Royal du Patrimoine Artistique à Bruxelles kikirpa.be, l'autre dans C. Dehaisnes (voir note ci-dessous), et des dizaines de cartes postales le montrant sous tous ses aspects avant, pendant et après 1914-18 sur le site de delcampe.frAbbé Derveaux : La ville aux beaux clochers, son beffroi, sa maison communale (Bulletin de la Commission Historique de Département du Nord (1857) ) , commencé après 1359 et achevé une première fois en 1429, fut ravagé en 1579 avec les archives par un incendie provoqué par les Gueux (protestants)Christiane Lesage : Album de Croÿ XII (Crédit Communal de Belgique 1985). La reconstruction fut terminée en 1623 (règne d'Albert et Isabelle) avec l'ajout du bulbeC. Dehaisnes : Le Nord Monumental et artistique (1897) (PDF gratuit sur Bibliothèque Nationale Bavaroise)..
Chacune des quatre faces mesurait . La porte d'entrée, en ogive avec arc en tiers-pointDerveaux , en partie enterrée à la suite de l'élévation du sol en 1522, était surmontée d'une fenêtre cintréeDerveaux , modernisée au . La tour carrée proprement dite, haute de , était construite en briques rouges traditionnelles en bonne partie cuites au bois, sur une assiette en grès, la porte d'entrée en ogive, les chaînages d'angle et les encadrements de la façade latérale gauche regardant vers l'ancien hôtel de ville étant en grès ou en pierre blanche. Elle était couronnée d'une arcature trilobée en briques et offrait à chaque angle une tourelle à encorbellement avec clocheton.
La partie charpentée, qui comportait un bulbe à 8 pans avec 4 cadrans correspondant aux 4 faces de la tour surmonté d'un premier pavillon terminé par une boule allongée et d'un second plus petit, culminait à , avec une girouette à tête de monstre.
La charpente était en chêne, couverte d'ardoises et de plomb.
Le rez-de-chaussée à l'intérieur était couvert d'une voûte en briques.
En 1857, la partie supérieure (dôme, etc.) fut redressée et la charpente restauréeDerveaux . On demanda le classement M.H. en 1857Liste M.H. de 1862 sur le site internet de la Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine.. Celui-ci fut obtenu dès 1862 (ainsi que celui du château de Comines)Millin : Les Antiquités Nationales (1790) disponible en pdf sur INHA.. Un classement aussi précoce montre toute la valeur du monument (le département comptait à l'époque 18 M.H.). Dès 1790, un chapitre entier (LVIII) des Antiquités Nationales de MillinMédiathèque de l'Architecture et du Patrimoine : Procès-verbaux : 1922 :10 juin : Comines. était d'ailleurs consacré au château de Comines et au beffroi qui bénéficiait de deux illustrations pleine page.
La destruction par les Allemands
Malheureusement, ce beffroi fut détruit par les Allemands pendant la guerre de 1914-1918.
En 1920, comme on peut le voir sur la photo 104 de l'Album B13 de la Bibliothèque Numérique de la Médiathèque Municipale de Lille, datée de 1920, il ne restait plus que la partie droite du rez-de-chaussée de la façade principale du beffroi avec la moitié de l'arc gothique de la porte et une très petite partie du étage.
La destruction finale du beffroi par les vandales.
En 1922, constatant la disparition totale du beffroi, la Commission des M.H. dressa procès-verbalCf Monument historique (France) (Wikipedia) 5.2 : « adoptant les conclusions du rapport de M. l'inspecteur Genuys, la Commission émet l'avis qu'il y a lieu de déclasser le beffroi, dont il ne reste plus rien, mais demande que des poursuites soient effectuées, s'il y a lieu, contre les auteurs responsables de sa destruction.» (La destruction d'un M.H. est un acte grave puisque la moindre modification demande l'autorisation de l'Architecte en chef des M.H.André De Naeyer : La reconstruction des monuments et des sites de Belgique après la Guerre mondiale in UNESCO-ICOMOS : Monumentum 1982 vol 20-21-22_14 .)
Il n'y eut pas de poursuites, ni de demande de réparations. En fait, le service des Monuments Historiques a accordé aux démolisseurs ce qu'ils visaient : le déclassement du beffroi qui permettait de le reconstruire ailleurs dans la ville et en toute liberté. Tous les vestiges du beffroi ayant été mis à la décharge, il était devenu impossible de reproduire à l'identique le monument disparu, aucun témoin des matériaux utilisés n'ayant été conservé. C'est tout le contraire de ce qui s'est produit aux Halles d'Ypres (Belgique), du , à de Comines, où on a procédé à une restauration et reconstitution très respectueuses : à partir de 1914, on a consolidé les ruines puis on s'est préoccupé de la reconstruction en dressant plans et relevés et en prenant des photos des monuments à reconstruire et après la guerre on reconstruisit halle et beffroi dans leur forme primitiveDossier candidature Beffrois Unesco World Heritage Scanned Nomination File name 943bis PDF Belfries of Belgium and France (1999-2005) .
En fait, dès 1919 la municipalité de Comines et les Reconstructeurs décidèrent de reconstruire la ville sur un nouveau plan et en 1922 on décida officiellement de « ne pas reconstruire le beffroi sur son ancien site »André Schoonheere : Les carillons du néant (1972) , c'est-à-dire de le déplacer. Dès 1920 on avait créé une coopérative de reconstruction qui décidait de la conservation ou de la destruction de chaque immeuble de la ville en ruines, et confié le travail de déblaiement des ruines à une société de démolitionChristiane Lesage . Un an avant, en 1919, disparut aussi à CominesDehaisnes et Pl XX un autre monument classé M.H., qui avait résisté à la guerre de 14 : la tour du châteauSchooneere : « sa qualité de monument historique déclaré, et protégé en principe par la loi, ne le préserva pas du sort commun »Dehaisnes . Il n'y eut pas de procès-verbal de la Commission des M.H. : aucune réaction.
Ce type de vandalisme très spécifique car le fait des Reconstructeurs, c'est-à-dire des pouvoirs publics, concernant des monuments classés M.H., ne fut pas exceptionnel dans le Nord - Pas-de-Calais : À Bailleul, le portail roman de l'église Saint-Vaast, à trois voussures plein cintre du , le seul et le dernier subsistant dans le département du NordMédiathèque de l'Architecture & du Patrimoine : Archives : 0080-003_MH Fr 14-18 & 40-45 : Fonds 80/30 : Nord : Liste des édifices protégés et en instance de protection, en cours de classement M.H.Ernest Lotthé : Les églises de la Flandre française au nord de la Lys (SILIC 1940) ., fut détruit par les Reconstructeurs après 1918Collectif :(Re)construire sa ville Bailleul 1919-1934 : Petit journal de l'exposition 29-05 au 15-10-1999 , avec de la dynamiteBailleul ville reconstruite (1919-1934) (Itinéraires du Patrimoine) (1999) (l'architecte Louis Marie Cordonnier, qui coordonna la reconstruction dans la vallée de la Lyset soutint le nouveau plan de Bailleul, conçut, avec Louis-Stanislas Cordonnier, la nouvelle église Saint-Vaast.)Médiathèque de l'architecture et du patrimoine : Liste des M.H. 1910. À Béthune, l'Hôtel du Nord, maison exceptionnelle du sur la grand-place avec deux pignons chantournés de 1556, classée M.H. en 1910Ph. Decroix : Le Patrimoine Monumental in Histoire de Béthune (Westhoek éditions) (1985) ; P. Wintrebert (in Album archéologique de l'arrondissement de Béthune Archives départementales du Pas-de-Calais notice 63), qui avait par miracle échappé aux destructions de la guerre 14, fut détruite en 1920 par les ReconstructeursMédiathèque de l'architecture et du patrimoine : procès-verbaux.. Philippe Decroix précise : « sans remords » Dans chacun de ces deux cas il n'y eut aucune réaction de la Commission des M.H.ni aucun procès-verbal. Toutes ces destructions lors de la reconstruction du Nord - Pas-de-Calais après la G.M. montrent que dans de nombreux cas le service des M.H. n'a pas réussi à remplir sa mission : protéger les monuments classés M.H. contre les vandales (qui ont pu bénéficier d'une complète impunité).
Après la destruction de l'ensemble formé par les vestiges du beffroi de Comines, l'ancien hôtel de ville de 1701, en grès, briques et pierre blanche adossé au beffroiChristine Lesage dont il restait les murs et une partie de la toiture, et l'église Saint-Chrysole du Schoonheere : Les carillons du néant dont il restait en 1918 les murs et la tour ogivale que l'on choisit de ne pas étayer et qui finit par s'effondrer en 1919 sous l'effet du ventÀ noter qu'à la suite de l'arasement des murs de l'église apparurent en décembre 1925 deux magnifiques caveaux funéraires polychromes du . Ils furent classés M. H. en 1926. Enrobés de béton, ils furent installés dans le jardin public sous une tôle provisoire, qui a pourri. Exposés aux intempéries, ils ont perdu toute trace de polychromie. À de là, à Warneton (Belgique), on a découvert en 1925 dans les mêmes conditions deux tombeaux du même type qui ont été transposés dans la crypte de la nouvelle église où on peut toujours les voir. (cf J.M. Duvosquel : Les tombeaux polychromes de Warneton du in Hainaut-Tourisme Mons 1971 p. 161sq ), on s'engagea dans la délocalisation de ces trois édifices, l'emplacement des monuments détruits étant consacré à un jardin publicDossier Unesco .
Le déclassement du beffroi