LAgence internationale de l'énergie atomique (AIEA) est une organisation internationaleTEXTE DES ACCORDS CONCLUS ENTRE L'AGENCE ET L'ORGANISATION DES NATIONS UNIES ref INFCIRC/11 du 30 octobre 1959 : ., sous l'égide de l'ONU. Elle rend un rapport annuel à l'Assemblée générale des Nations unies et à chaque fois que demandé par le Conseil de sécurité. Fondée en 1957 et basée au Vienna International Centre à Vienne en Autriche, elle cherche à promouvoir les usages pacifiques de l'énergie nucléaire et à limiter le développement de ses applications militaires.

L'AIEA a obtenu le prix Nobel de la paix en 2005.

Le budget de l'année 2014 est de 342 millions d'euros.

Histoire vignette|Siège de l'AIEA, Vienne, Autriche. Le , l'Assemblée générale des Nations unies (ONU), sur proposition des puissances occidentales, met sur pied la Commission à l'énergie atomique, pour aider à réfléchir aux mesures d'urgence visant à contrôler l'énergie nucléaire et à réduire les armes nucléaires..

Bernard Baruch présenta le le plan Baruch, une version modifiée du plan Acheson-Lilienthal, à la Commission, qui proposait un contrôle international de la toute nouvelle énergie atomique. Mais l'Union soviétique rejeta l'offre qu'elle jugeait inéquitable car les États-Unis possédaient déjà l'arme atomique.

Le , Dwight D. Eisenhower, président des États-Unis, propose dans le discours Atoms for Peace, prononcé devant l'Assemblée générale des Nations unies, la création d'une agence internationale chargée de contrôler l'utilisation des matières nucléaires.

En 1955, une conférence internationale est organisée sur le thème des usages pacifiques de l'énergie atomique sous l'égide de l'ONUA. Bohr, Proceedings of the International Conference on the Peaceful Uses of Atomic Energy, Geneva, 1955. ; elle donnera lieu à la publication de six volumes sur les utilisations pacifiques de l'énergie atomique, dont le et dernier tome (publié en 1958) est consacré aux usages de l'énergie atomique dans l'agriculture et l'alimentationW. R. Singleton, Nuclear radiation in food and agriculture, 1958..

Le statut de l'AIEAStatut de l'AIEA . est approuvé le par 81 pays, il lui donne la responsabilité du contrôle de la bonne application de la sécurité et de la protection des personnes ainsi que du transfert des technologies nucléaires.

L'agence entre officiellement en fonction le . Le Vatican est un membre fondateur et dispose depuis cette date d'un délégué au siège de l'agence à Vienne« Le Vatican dit oui à l’énergie nucléaire », lie en ligne (consulté le 27 janvier 2025).

De 1957 à 1962, alors que l'ONU promeut à travers l'AIEA les usages pacifiques du nucléaire, notamment sous la forme d'une deuxième conférence sur ces usages pacifiques en 1958 Halpern, I., et Strutinsky, V. M., Proceedings of the Second United Nations International Conference on the Peaceful Uses of Atomic Energy, Geneva, 1958.., les tensions entre les deux superpuissances, les États-Unis et l'URSS, rendent l'application du statut de l'AIEA impossible. Il faut attendre la crise des missiles de Cuba pour que les deux superpuissances commencent à vouloir contrôler leurs armements nucléaires.

En 1961, l'AIEA ouvre un laboratoire d'analyse à Seibersdorf, en Autriche. La même année, l'AIEA signe des accords de coopération avec Monaco et l'Institut océanographique de Monaco dirigé par Jacques-Yves Cousteau. Ces accords ont pour but d'effectuer des recherches sur les effets de la radioactivité en milieu marin. Cela aboutit à la création du Laboratoire de l'environnement marin de l'agence internationale de l'énergie atomique (AIEA-LEM), le .

En 1968, avec la ratification du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), l'AIEA devient le responsable de la surveillance de la bonne application du traité. Ce traité empêche les États signataires d'augmenter leur nombre d'armes nucléaires et pour ceux qui n'en ont pas de chercher à en avoir.

À la suite des chocs pétroliers dans les années 1970, plusieurs pays envisagent d'utiliser massivement l'énergie nucléaire pour leurs besoins énergétiques, l'AIEA voit donc accroître le nombre de ses contrôles.

L'accident nucléaire de Three Mile Island, en 1979, et principalement celui de Tchernobyl, en 1986, arrêtent de nombreux pays dans leur volonté d'utiliser l'énergie nucléaire. À la suite de ces catastrophes, l'AIEA augmente ses efforts dans le domaine de la sûreté nucléaire sans remettre en question ses objectifs.

L'AIEA est chargée de la surveillance du respect du TNP. À la suite de la découverte, en 1991, du programme nucléaire clandestin irakien, différents gouvernements décident d'augmenter les moyens et le rôle de l'AIEA dans le contrôle de l'armement nucléaire.

l'AIEA compte en des programmes : en Irak en Iran ; en Libye ; en Corée du Nord ; en Ukraine à Tchernobyl.

En 2012, Yukiya Amano et l'Agence ont préparé la conférence ministérielle post-Fukushima de l’AIEA prévue au Japon du 14 au , inscrivant cette conférence dans le Plan d’action de l’AIEA sur la sûreté nucléaire demandé en par la Conférence ministérielle sur la sûreté nucléaire à la suite de l'accident nucléaire de Fukushima. ce plan a été adopté en par le Conseil des gouverneurs puis approuvé par la générale par l'ensemble des États membres.. Il inclut les tests de résistance réalisés en Europe et une analyse des retours d'expérience de la catastrophe de Fukushima, de la gestion de cette crise, avec l'ambition d'une coopération internationale renforcée qui doit être mise en œuvreProgrès réalisés dans la mise en œuvre du Plan d’action de l’AIEA sur la sûreté nucléaire ; Rapport du Directeur général, ref : GOV/INF/2012/11-GC(56)/INF/5 ; 28 août 2012., avec l'aide de 2 experts français par l'IRSN et ArevaPlan demandé en juin 2011 par la Conférence ministérielle sur la sûreté nucléaire à la suite de la catastrophe de Fukushima, et adopté en septembre 2011 par le Conseil des gouverneurs avant approbation par la générale par l'ensemble des États membres .. Selon l'AIEA (mi-2012), Les enseignements tirés de l’accident de Fukushima qui sont applicables à la mise en place d’une nouvelle infrastructure sont . Et dans ce cadre, un nouveau guide de sûreté a été publié en 2012Establishing the Safety Infrastructure for a Nuclear Power Programme ; no SSG-16 de la collection Normes de sûreté de l’AIEA.. L'AIEA a aussi mis en place un service d’examen de la formation théorique et pratique (ETReS) pour et a publié un nouveau document ainsi que des matériels de formation connexes destinés aux personnes chargés d’informer le public et les médias en cas de criseAIEA, Communication with the Public in a Nuclear or Radiological Emergency, collection Préparation et intervention en cas de situation d’urgence..

En 2022, à l'occasion de la première conférence internationale sur le droit nucléaire, l'Agence lance un partenariat avec des universités. En 2025, six universités, en Afrique, Asie, Amérique latine et dans les Caraïbes proposent des formations post graduées en droit nucléaire avec le soutien de l'AIEA qui a contribué à élaborer les cursus et former les enseignants, et à fournir des supports pédagogiques. L'université de Buenos Aires a inauguré le premier diplôme () suivie par l'Université d'Alexandrie, l'Institut de génie nucléaire du Brésil, Khalifa University aux Émirats arabes unis, l'université des Indes occidentales en Jamaïque et l'université du Witwatersrand en Afrique du Sud. Il s'agit selon l'AIEA de préparer une nouvelle génération de spécialistes capables d'encadrer l'utilisation sûre, sécurisée et pacifique de l'énergie nucléaire AIEA (2025) « Universities Launch Nuclear Law Courses with IAEA Support », ..

En 2025, l'AIEA a organisé un Symposium international sur l’intelligence artificielle et l’énergie nucléaire et une initiative « Atomes pour les algorithmes », postulant. qu'il doit y avoir une convergence organisée entre l'essor rapide de l'IA, l'urgence de la transition énergétique et la relance du nucléaire, répondant aux besoins d'une alimentation électrique massive et ininterrompue des nouveaux centres de données dont la consommation atteint 1 000 TWh/an.. Selon l'AIEA, le nucléaire serait la seule solution en termes de charge de base (24h/24) respectant les objectifs climatiques et il y aurait une synergie bidirectionnelle entre l'IA qui bénéficie de l'électricité nucléaire et contribuerait en retour à optimiser le fonctionnement et la maintenance de l'industrie nucléaire (de la simulation de réacteurs au renforcement des protocoles de sécurité/). L'AIEA y a promu les petits réacteurs modulaires (SMR) comme solution décentralisée, et invité les grandes puissances (États-Unis, Chine, Europe) et les pays émergents à initier une démarche géopolitique de synchronisation de leurs stratégies de développement du numérique et du nucléaire, en coopération avec l'industries nucléaire et les opérateurs nucléaires, avec des financements mixtes. L'AIEA s'est dite prête à jouer pour cela un rôle central de coordination réglementaire et technique, évoquant des corridors numériques durables émergents en Asie, en Amérique latine et en Afrique, conditionnés par une offre en électricité fiable ; en présentant cette stratégie comme visant à rendre soutenable l'ère de l'IA, en alignant la croissance technologique sur les impératifs de décarbonation. Des ateliers y sont consacrés aux grand enjeux, dont celui du désarmement nucléaire et des questions de sécurité, de sûreté nucléaire, des garanties, dans le contexte d'une asymétrie temporelle croissante entre le développement exponentiellement rapide de l'IA d'une part, et les délais de construction des infrastructures nucléaires et des SMR d'autre part. L'AIEA postule que les besoins du numérique seront inévitablement fortement croissants., écartant de facto le sujet de la sobriété, des coûts du nucléaire qui sont plus élevés que ceux des renouvelables alors que les coûts du solaire et de l’éolien continuent de baisser et que les techniques de stockage de l'électricité progressent, avec des problèmes de gestion de déchets et des risques de prolifération pouvant être aggravés par la multiplication des réacteurs dans des zones politiquement instables.

Fonctions et objectifs Le statut de l'AIEA fixe les objectifs et fonctions de l'Agence Article II : Objectives et Article III : Functions., son rôle est d'assurer un usage sûr et pacifique des technologies et des sciences liées au nucléaire.

L'AIEA exerce cette mission avec les fonctions suivantes : inspections des installations existantes pour s'assurer de leur usage pacifique ; informations et publications de standards pour la stabilité et la sûreté des installations nucléaires ; liens pour la recherche d'applications et utilisations pacifiques des activités nucléaires.

L'AIEA dispose d'un programme OSART qui aide les États membres qui le souhaitent à renforcer la sûreté de leurs centrales nucléaires au moment de leur mise en service et durant leur temps d'exploitation, en comparant les pratiques observée dans la centrale avec les normes de sûreté de l'AIEA.. Une équipe d'experts internationaux est invitée (mission OSART) à visiter une centrale ou une unité (tranche de centrale nucléaire) pour échanger avec le personnel, examiner la documentation et visiter la centrale ou une unité de la centrale, afin d'observer son état et le respect des attentes ; . L'examen OSART n'est pas réglementaire. Sa portée est préalablement : leadership ; gestion de la sécurité ; formation / qualification ; opérations ; entretien ; soutien technique ; retour d'expérience opérationnelle ; radioprotection ; chimie ; préparation et intervention d'urgence ; gestion des accidents ; exploitation à long terme ; commande ; période de transition entre l'exploitation et le déclassement ; utilisation de l'analyse probabiliste de sûreté pour améliorer la sûreté.

Organes de direction Les principaux organes de l'AIEA sont :

Secrétariat