Le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ)La typographie en usage au Québec retenue par le musée lui-même et par l'Office québécois de la langue française est Musée national des beaux-arts du Québec, dit autrefois musée de la province de Québec, puis Musée du Québec, est un musée québécois des beaux-arts situé à Québec. Il a pour mission « de faire connaître, de promouvoir et de conserver l'art québécois de toutes les périodes, de l'art ancien à l'art actuel, et d'assurer une présence de l'art international par des acquisitions, des expositions et d'autres activités d'animation ».

La collection permanente du musée compte plus de 42 000 œuvres (peintures, sculptures, dessins, photographies, estampes et objets d’art décoratif), essentiellement produites au Québec ou par des artistes québécois, et dont certaines remontent au .

Depuis 1987, le musée abrite une bibliothèque en ses murs.

Le jardin de sculptures Julie et Christian Lassonde, composé de 15 œuvres, borde le musée. On peut y voir, entre autres, des sculptures de Jean Paul Riopelle, Claude Tousignant, Armand Vaillancourt, Charles Daudelin, Jean-Pierre Morin et Ludovic Boney.

Historique Institué par décret en 1922 et inauguré en 1933, le musée est d’abord connu sous le nom de « musée de la province de Québec. » Il est la première institution muséologique créée par le gouvernement du Québec. À cette époque, le pavillon de style Beaux-Arts nouvellement construit abrite les Archives de la province de Québec, les collections de sciences naturelles et une collection de beaux-arts. Les collections de sciences naturelles quittent le Musée en 1962.

Dans la foulée des travaux de réorganisation et de modernisation de l’institution, en 1963, le Musée change de nom et porte désormais le nom de « musée du Québec ». Parmi les expositions qui ont marqué son histoire, l’exposition Toutankhamon fait courir les foules en 1965.

En 1979, les Archives nationales du Québec sont déplacées au pavillon Louis-Jacques-Casault, sur le campus de l’Université Laval à Sainte-Foy.

La loi sur les musées nationaux transforme le musée en société d’État, en 1983. Sa collection est dorénavant constituée uniquement d’œuvres d’art. Parmi les faits marquants de la décennie, l’exposition Tableaux de maîtres français impressionnistes et postimpressionnistes de l’Union soviétique attire en six semaines en 1986.

Trop à l’étroit, le Musée doit effectuer d’importants travaux d’agrandissement et de rénovation. C’est en 1991 que l’ancienne prison de Québec, bâtiment adjacent au musée, est restaurée pour faire partie intégrante du complexe muséologique. Nouveau fait d’armes de l’institution en 1998, l’exposition Rodin à Québec, qui attire durant les 103 jours de l’événement. Parmi les acquisitions majeures du musée, on note le tableau de Jean-Paul Riopelle en 2000, L’Hommage à Rosa Luxemburg. L’œuvre est exposée en permanence au Musée dans une salle consacrée à l’artiste québécois. En 2001, le musée s'illumine de mille feux grâce au plan de mise en lumière de la Commission de la capitale nationale du Québec.

En 2002, le Musée du Québec change de nouveau de dénomination et devient le Musée national des beaux-arts du Québec. Par ailleurs, des aquarelles de Benjamin Fisher – représentant la ville de Québec – sont acquises en 2003; les œuvres avaient été découvertes au Balliol College d’Oxford. En 2005, le collectionneur Raymond Brousseau avec la collaboration d’Hydro-Québec, fait don au MNBAQ de 2635 œuvres d’art inuit.

Le mécène Pierre Lassonde se retrouve à la présidence du conseil d’administration du MNBAQ en 2005. Favorable au projet d’agrandissement du musée pour le , il permet l’acquisition d'une parcelle de terrain des frères Dominicains sur la Grande Allée en 2007, grâce à une contribution personnelle de 3,9 M$.

En 2008, à l’occasion des 75 ans du musée, l’exposition Le Louvre à Québec. Les arts et la vie – une des manifestations des célébrations du de la fondation de la ville de Québec – attire plus de au musée. D'ailleurs pour l'année 2008-2009, le musée accueille près de visiteurs. Le musée fait aussi l'acquisition d'une collection de cartes postales ayant immortalisé la ville de Québec de 1897 à aujourd'hui.

En 2010, le musée choisit le concept de la firme néerlandaise OMA de Rem Koolhaas et Provencher_Roy et Associés de Montréal pour la réalisation de l'agrandissement du musée au terme d'un concours international d'architecture, qui a reçu 108 propositions de 19 pays.

Pavillons vignette|Pavillon central et pavillon Gérard-Morisset à droite Le complexe muséal du Musée national des beaux-arts du Québec est composé de quatre pavillons : le pavillon Gérard-Morisset, le pavillon Charles-Ballairgé, le pavillon central et le nouveau pavillon Pierre-Lassonde sur la Grande Allée. Ils abritent 18 salles d'exposition au total.

Depuis l’automne 2001, grâce au « Plan lumière » de la Commission de la capitale nationale du Québec, les pavillons du musée sont illuminés au crépuscule.

Pavillon Gérard-Morisset vignette|left|Pavillon Gérard-Morisset

Il faut attendre près de trois ans après la sanction de la Loi concernant les musées de la province pour que ne se mettent en branle les premières étapes concrètes devant mener à la construction du Musée de la province. En effet, en , le ministre des Travaux publics invite l'architecte québécois Raoul Chênevert à soumettre un projet au gouvernement. Ce dernier s'associera à l'architecte français Maxime Roisin pour proposer les plans d'un bâtiment de style Beaux-Arts. Ce projet ne sera finalement pas retenu puisque c'est l'architecte québécois Wilfrid Lacroix, recommandé par le premier ministre Taschereau, qui sera nommé architecte du projet en . Lacroix proposera également un bâtiment de style Beaux-Arts, mais avec des lignes plus sobres et plus néo-classiques que dans la proposition de son confrère Chênevert. Les plans seront finalement approuvés en . À l'été 1927, la Commission des champs de bataille nationaux cèdera le terrain où sera érigé le musée. La construction débutera un an plus tard, en , et se terminera au début de l'année 1931Le sculpteur Émile Brunet et le décor historié du Musée de la province de Québec (1928-1932). Musée national des beaux-arts du Québec. Ginette Laroche. 80 pages. 2008. 75 ans chrono. Le Musée national des beaux-arts du Québec 1933-2008. Musée national des beaux-arts du Québec. Pierre B. Landry. 359 pages. 2008. .

L'édifice a été inauguré le . Les plafonds sculptés, les colonnes surmontées de chapiteaux et les matériaux nobles contribuent à la solennité et à la prestance du bâtiment. Le parement extérieur, en granit gris argent de Saint-Samuel, est rehaussé en façade par l'œuvre du sculpteur québécois Émile Brunet. Ce dernier a en effet réalisé les bas-reliefs et les portes monumentales de bronze ainsi que le tympan de granit en haut-relief du fronton. Le pavillon Gérard-Morisset abrite les salles d'exposition 1 à 8. Jusqu’en 1991, le Musée occupait uniquement ce bâtiment.

En 2022, le pavillon Gérard-Morisset du Musée national des beaux-arts du Québec a fait l'objet de travaux de restauration de sa maçonnerie de pierre. Certaines sections des façades ont dû être complètement démontées puis reconstruites pour préserver l'intégrité du bâtiment historique. Chaque pierre de parement a été numérotée avant le démantèlement afin d'être replacée à sa position d'origine lors de la reconstruction, tandis que les pierres irrécupérables ont été remplacées. Les pierres de remplacement étaient en granit, sélectionnées pour assurer une parfaite harmonie avec l'ensemble. Pour optimiser le chantier, deux échafaudages distincts ont été érigés : un pour les travaux de maçonnerie et un second servant d'espace d'entreposage temporaire pour les pierres, évitant ainsi de multiples déplacements verticaux et réduisant considérablement le temps de travail.

Pavillon Charles-Baillairgé

Au milieu du , la prison de Québec, rue Saint-Stanislas, fait face à un problème de surpopulation et d'insalubrité. Pour remédier au problème, le gouvernement annonce au début de l'année 1856 la tenue d'un concours pour la construction d'une nouvelle prison. Quatre ans plus tard, les gagnants du concours se voient décerner leurs prix, mais le gouvernement ne retient pas leurs services. C'est plutôt l'architecte québécois Charles Baillairgé qui est choisiPrison, auberge et musée, le pavillon Charles-Baillairgé. Musée national des beaux-arts du Québec. Pierre Landry. 60 pages. 2005. . thumb|Pavillon Charles-Baillairgé

Les travaux de construction débuteront au printemps 1861. Ils ne se termineront qu'en , après des retards, des interruptions et des dépassements de coûts qui feront scandale. Les plans initiaux de Baillairgé prévoyaient un édifice symétrique. Cependant, l'aile ouest ne sera jamais construite. Le bâtiment, d'inspiration Renaissance italienne, a un caractère austère et imposant, en adéquation avec sa fonction carcérale. Un mur d'enceinte (aujourd'hui disparu) et un allongement de l'aile sud seront réalisés entre 1869 et 1872.

Après avoir servi à la fonction carcérale pendant plus d'un siècle, l'édifice est abandonné au début , au profit de la nouvelle prison d'Orsainville. Une auberge de jeunesse y est aménagée temporairement au début des années 1970, mais le bâtiment sera par la suite de nouveau déserté. Dans les années 1980, le musée cherche à s'agrandir. Il proposera au ministère des Affaires culturelles un projet d'agrandissement comprenant l'intégration de l'ancienne prison ainsi que la construction d'un nouveau pavillon de liaison (futur pavillon central). Le projet sera approuvé au printemps 1987. En 1988, le ministère des Transports cède le bâtiment au musée pour une somme symbolique. Les travaux sont lancés au début de l'année 1989 et nécessitent la fermeture du musée pendant environ 9 mois. Le pavillon Charles-Baillairgé ouvre ses portes au public le .

Le pavillon Charles-Baillairgé abrite les salles d'exposition 9 à 12, la bibliothèque, la salle du conseil, un café et des locaux administratifs. Des cachots (bloc cellulaires) y ont également été conservés pour témoigner de la vie carcérale au siècle dernier. Il s'agit du bloc 6, réservé aux criminels dangereux et aux condamnés à mort, et du bloc 11, où étaient notamment enfermés les ivrognes et les vagabonds. La tour de guet, jadis le point le plus élevé de la ville, est aujourd'hui accessible aux visiteurs et abrite une sculpture de l'artiste québécois David Moore. Le pavillon est temporairement fermé aux visiteurs à compter du .

Pavillon central thumb|Pavillon central. À droite, Trombe, sculpture de Jean-Pierre Morin.

Le concept du pavillon central a été élaboré par l'architecte, designer et ethnologue québécois Cyril Simard, à l'époque directeur de la planification et du développement du musée. Le pavillon a été conçu notamment pour permettre l'intégration harmonieuse de l'ancienne prison (actuel pavillon Charles-Baillairgé). Simard imagine cette intégration selon deux axes : l'axe "mémoire" liant les pavillons Morisset et Baillairgé, et l'axe "écologie", liant la ville et le parc.

Les architectes de la firme québécoise Dorval et Fortin, Architectes affineront par la suite le concept de Cyril Simard. L'annonce de l'approbation finale du projet par le gouvernement se fait le . Doté d'un budget de 23 millions de dollars (qui comprend également l'intégration de l'ancienne prison), qui sera par ailleurs respecté, le nouveau pavillon ouvrira ses portes au public le . Dorval et Fortin, Architectes décriront le nouveau pavillon comme le symbole d'un musée ouvert, respectueux de l'intégrité des deux autres pavillons et marquant la présence contemporaine du musée dans la ville, ce dont témoignent effectivement ses murs de verre, son revêtement de granit et son toit végétal.