L'Institut international de la marionnette (IIM) est une association loi de 1901 sise à Charleville-MézièresCollectif, Annuaire du spectacle vivant 2013, Centre National du Théâtre, 2012, 688 p., « Lieux ressources », , , qui a pour mission de contribuer au développement des arts de la marionnette à travers la formation et la recherche. L'institut contribue également à la valorisation de ceux-ci sur le plan national et international par le biais de rencontres, de colloques et de résidences d'artistes et de chercheurs. Ces missions sont définies par le Ministère de la Culture (France).
Il devient le Pôle international de la marionnette - Jacques Félix en fusionnant avec l’association des Petits Comédiens de Chiffons le .
Historique
Création d'un lieu permanent
L'histoire de l'Institut international de la marionnette est liée à celle de son fondateur, Jacques Félix (1923-2006). La découverte de l'art de la marionnette dans le cadre du scoutisme conduit Jacques Félix à créer en 1948, avec quelques amis, l'association des Petits comédiens de chiffonsFrank Bartelt, Emmanuelle Ebel, Alain Recoing, Marionnettes en Ardennes, Noires Terres, 2009, 176 p., « Naissance du premier Festival » p.13, , en référence aux marionnettes de tissu utilisées dans les spectacles de cette compagnie. thumb|210px |Façade de l'Institut international de la marionnette et du Grand marionnettiste créé par Jacques Monestier (artiste), place Winston Churchill à Charleville-Mézières
Dès 1961 s'organise le premier festival à Charleville-Mézières, le Festival international des marionnettes, qui accueille une quinzaine de compagniesBernard Chopplet, Jean-Paul Houncheringer, Patrick Argirakis, 30 ans de festival mondial des théâtres de marionnettes à Charleville-Mézières (Ardennes) 1961-1991, Compagnie des Petits Comédiens de Chiffons, 1991, 190 p., « 1961, Le festival de l'espoir » . À cette occasion se tient par ailleurs la deuxième édition du Congrès national du syndicat des guignolistes et marionnettistes français.
En 1972, la ville de Charleville-Mézières est retenue pour accueillir le de l'Union internationale de la marionnette (UNIMA)Henryk Jurkowski et Thieri Foulc, Encyclopédie mondiale des Arts de la Marionnette, L'Entretemps, 2009, 864 p., « Institut International de la Marionnette » , . Le festival est alors renommé Festival mondial des théâtres de marionnettes et étend son rayonnement avec l'accueil de compagnies du monde entier.
La marionnette est ainsi consacrée à Charleville-Mézières, qui devient ainsi sa capitale mondiale, mais un lieu permanent de rencontre fait toujours défaut. Jacques Félix, président de l'association des Petits comédiens de chiffons et président fondateur du Festival mondial des théâtres de marionnettes, également Secrétaire général de l'UNIMA (1980-2000), soutenu par les collectivités territoriales et le Ministère de la Culture et de la Communication, porte alors le projet de création d'un lieu professionnel. L'Institut international de la marionnette voit le jour en 1981 et s'installe au cœur de la villeMargareta Niculescu, Robert Abirached, John Bell, Lucile Bodson, et al., Passeurs et complices / Passing It On, Institut International de la Marionnette et L'Entretemps, 2009, 304 p., « Sous le signe de l'expérimentation » , .
Évolutions depuis la création
La formation professionnelle est le premier domaine d'activités de l'institut. Dès son origine, des stages thématiques sont mis en place, le premier étant un stage sur la marionnette à fils dirigé par Michael Meschke, metteur en scène et plasticien, et Jan Dvořák, constructeur de marionnettes et metteur en scène. L'objectif de ce stage est de confronter les stagiaires à la diversité des points de vue esthétiques et à la pluralité des réponses. Entre 1981 et 1986 se met en place un programme annuel de formations de haut niveau dédiées aux marionnettistes professionnels et encadrés par des créateurs reconnus.
Après le départ de François Larose, premier directeur de l'institut de 1981 à 1983, des réflexions sur l'organisation de l'institut émergentMargareta Niculescu, Robert Abirached, John Bell, Lucile Bodson, et al., Passeurs et complices / Passing It On, Institut International de la Marionnette et L'Entretemps, 2009, 304 p., « Sous le signe de l'expérimentation » p. 43, . Margareta Niculescu, directrice de l'institut entre 1985 et 1998, ainsi que Christian Chabaud, François Lazaro, Jean-Pierre Lescot, Alain Recoing et Jean-Loup Temporal, se réunissent en 1987, année de la création du Conseil des professeurs de l'École nationale supérieure des arts de la marionnette (ESNAM). Ils inventent une pédagogie autour de nouveaux langages et des nouvelles techniques, incluant des stages thématiques plus spécifiques. Ces stages sont encadrés par des artistes comme Philippe Genty ou Ilka Schönbein.
Des ateliers sont organisés avec des professionnels comme Jim Henson, créateur du Muppet Show et des Fraggle Rock, ou Tadeusz Kantor qui a dirigé un stage en 1988 « Les objets de la maison » à l'institutMargareta Niculescu, Robert Abirached, John Bell, Lucile Bodson, et al., Passeurs et complices / Passing It On, Institut International de la Marionnette et L'Entretemps, 2009, 304 p., « Tadeusz Kantor à Charleville-Mézières, témoignage » p. 121, . En 2000, Peter Schumann, fondateur du Bread and Puppet Theatre, a dirigé un atelier, « La messe d'insurrection de l'enfant ouvrier » au Grand Magasin avec la de l'ESNAM. Ainsi, un programme de formation s’élabore progressivement, pour assurer la transmission des savoirs des arts de la marionnette.
Selon Margareta Niculescu, « il était urgent pour la marionnette qu'elle affirme la place originale qu'elle devait tenir au même rang que les autres arts de la scène ». L'IIM se fixe alors un nouvel objectif, celui de susciter l'intérêt des chercheurs, historiens, théoriciens, sociologues et anthropologues pour les arts de la marionnette. L'institut développe alors un programme de résidence et d'édition. La revue Puck, La Marionnette et les autres arts, périodique consacré à l'histoire et la théorie des arts de la marionnette, voit le jour en 1988. Il est bientôt suivi de l'ouverture de la Villa d'Aubilly en 1996, destinée à accueillir les chercheurs.
L’institut organise également des rencontres. Celles-ci rassemblent des professionnels des arts de la scène, comme « Musiques en mouvement » en 1992, ou la rencontre internationale des écoles de marionnettes en 1990. Ces rencontres s'étendent à l'étranger dès 1996, et plus tard des colloques internationaux ont lieu.
De 1994 à 1998, l'IIM organise en juin et juillet une programmation de spectacles, concerts, expositions, etc., sous le titre « Un été au petit bois ». Cette manifestation vise à faire rayonner l'art de la marionnette en réunissant tous les arts qui le composent. L'institut se forge un réseau en mêlant recherche, formation, stages, rencontre, et témoigne de la pluridisciplinarité des arts de la marionnette qui font appel à plusieurs corps de métier : metteur en scène, chorégraphe, écrivain, sculpteur, etc., menant au projet culturel de création d'artMargareta Niculescu, Robert Abirached, John Bell, Lucile Bodson, et al., Passeurs et complices / Passing It On, Institut International de la Marionnette et L'Entretemps, 2009, 304 p., « Sous le signe de l'expérimentation » p. 49, .
Roman Paska est nommé directeur de l'institut en 1999, il le sera jusqu'en 2002. Lucile Bodson reprend la direction de l'institut en 2003. Avec le soutien du Ministère de l'Éducation nationale et du Ministère de la Culture (France), un service éducatif est ouvert en 2008. L'année suivante, l'institut est tête de file d'un vaste projet de numérisation en vue de la réalisation, avec l'aide du Ministère de la Culture et de la Communication : le Portail des arts de la marionnette. En 2012, le pôle Recherche et documentation voit le jour. Eloi Recoing est nommé à la direction de l'Institut et de son école, en .
Comme l'explique Brunella Eruli (1943-2012), rédactrice en chef de Puck, l'institut cherche à échapper aux clichés sur la marionnette.
Aujourd'hui, les activités de l'institut s’organisent autour de trois pôles : un pôle Formation, et un pôle Recherche et Innovation et un Centre de Documentation et des Collections.
Philippe Sidre, précédemment directeur du théâtre Gérard Philipe de Frouard, scène conventionnée pour les arts de la marionnette, est nommé à la direction de l'Institut en . Il quitte ses fonctions en .
Depuis quelques années, l'Institut International de la Marionnette connaît de grandes difficultés, tant financières que structurelles. Un changement de statut vers celui d'Etablissement Public de Coopération Culturelle (EPCC) est envisagé.
Pierre-Yves Charlois succède à Philippe Sidre en . Il prend la direction de l'Institut en complément de la direction du Festival mondial des théâtres de marionnettes, dans le cadre de la préfiguration d'un Pôle de référence des arts de la marionnette. Ce futur pôle réunira l’ensemble des composantes de la filière marionnette à l’horizon 2023-2024 : formation initiale et continue, recherche-innovation, patrimoine, création, diffusion, actions artistiques et culturelles.
En 2021, la ministre de la Culture Roselyne Bachelot, commandait une étude à Frédéric Maurin sur la situation des deux grandes institutions françaises des arts de la marionnette : les Petits Comédiens de Chiffons - association support du Festival mondial des théâtres de marionnettes - et l’Institut International de la Marionnette. À la suite du rapport appelant à un rapprochement pour renforcer leur rôle, le ministère de la Culture et les collectivités territoriales partenaires des deux projets – la Région Grand Est, le Département des Ardennes, l’Agglomération Ardenne Métropole et la Ville de Charleville-Mézières – ont alors proposé aux Petits Comédiens de Chiffons et à l’Institut International de la Marionnette de se réunir en un seul établissement.
Le , elles ont annoncé leur unification en un Pôle International de la Marionnette-Jacques Félix, opérationnel dès . Ce pôle est dirigé par Pierre-Yves Charlois et présidé par Frédéric Maurin. La création de cette nouvelle structure vise prolonger et amplifier l’héritage de Jacques Félix, au service des arts de la marionnette et des artistes, au service d’un territoire et de ses habitants.
Pôle Formation
École Nationale Supérieure des Arts de la Marionnette
L'École nationale supérieure des arts de la marionnette (ESNAM) se consacre à la formation de l'acteur-marionnettiste par un enseignement spécifique. L'ESNAM ouvre ses portes en 1987Margareta Niculescu, Robert Abirached, John Bell, Lucile Bodson, et al., Passeurs et complices / Passing It On, Institut International de la Marionnette et L'Entretemps, 2009, 304 p., « Jacques Félix, à celui sans qui rien n'aurait eu lieu » p. 25, , grâce aux efforts conjugués de Jacques Félix et Margareta Niculescu, fondatrice et alors présidente de la commission Formation professionnelle de l'UNIMA. Elle en est la directrice jusqu'en 1998. Margareta Niculescu apporte sa vision personnelle de la pédagogie dans le domaine de la marionnette.