Monique Laederach, née le aux Brenets, à la frontière franco-suisse, et décédée à Peseux le , est une écrivaine, poétesse, critique littéraire et traductrice neuchâteloise.

Biographie Monique Laederach est l'aînée d'une famille de 5 enfants, elle est la fille de Jean-Rodolphe Laederach (1910-2005) et de Hilde Maeder (1914-1980), d'origine allemande. Née aux Brenets, elle grandit à Serrières où son père est pasteur et rédacteur du journal local : le « Journal de Serrières. » Elle suit son enseignement secondaire et gymnasial à Neuchâtel avant d'obtenir, en 1974, une licence en lettres aux termes d'études partagées entre l'Université de Neuchâtel et l'Université de Lausanne. En parallèle, elle se forme au piano aux conservatoires de Neuchâtel puis de Vienne. Au terme de ses études, et après l'obtention d'un brevet d'enseignement, Monique Laederach est engagée en tant qu'enseignante d'allemand au Gymnase Numa-Droz de Neuchâtel. Elle reste fidèle à cette institution jusqu'à l'âge de la retraite.

En 1961, Monique Laederach épouse l'écrivain et enseignant Jean-Pierre Monnier. Le couple se sépare en 1973.

C'est en 1970 que Monique Laederach publie son premier ouvrage, un recueil de poésie paru aux Éditions de l'Aire et intitulé : L'Étain, la source (1970). Tout au long de sa carrière, l'autrice neuchâteloise reste attachée à cette première maison d'édition. Le succès est rapidement au rendez-vous puisque, en 1977 déjà, Monique Laederach reçoit le prestigieux Prix Schiller pour son recueil de poésie : J'habiterai mon nom (1977). Quelques années plus tard paraît un premier récit : Stéphanie (1978) suivi de près par La Femme séparée (1982). Ce roman lui vaut un second Prix Schiller et assoit définitivement sa notoriété, dix ans à peine après son entrée sur la scène littéraire romande. Désormais, Monique Laederach est omniprésente dans l'espace littéraire suisse.

Si elle débute comme poète et romancière, Monique Laederach est aussi une femme de théâtre (La Griffure, Les Crépusculaires, etc.) ainsi qu'une critique littéraire reconnue. En effet, pour le compte du quotidien fribourgeois La Liberté et le journal Coopération, elle signe de nombreuses recensions. Tout au long de sa carrière, différents soutiens financiers lui permettent de mener son activité artistique. Elle obtient par exemple une bourse de l'Association pour l'aide à la création littéraire pour la rédaction de L'Ombre où m'attire ta main (2001) et une seconde de la Société suisse des auteurs pour Le Photographe (1998).

Femme de lettres engagée et médiatique, Monique Laederach donne, tout au long de sa carrière, de nombreux entretiens et conférences et notamment sur un sujet qui lui est cher : la nature de l'écriture féminine. L'essai qu'elle signe avec Anne-Lise Grobéty et Amélie Plume : Littérature féminine ou féministe ? (1983) cristallise ainsi une décennie de réflexion à ce propos. Ce perpétuel questionnement amène Monique Laederach à s'intéresser en profondeur à l’œuvre de femmes qui l'ont précédée dans la carrière des lettres : Marguerite Burnat-Provins dont elle se fera spécialiste ou encore Pierrette Micheloud avec qui elle aura l'occasion de s'entretenir pour le compte de Plans-fixes. Si Monique Laederach place l'exploration de la condition féminine au cœur de son œuvre, elle défend aussi la cause des femmes dans l'arène politique. Affiliée au Parti socialiste neuchâtelois, elle est de surcroît membre du comité de l'association suisse des écrivains de mouvance socialiste : le groupe d'Olten. Elle s'engage aussi publiquement, en 1999, en faveur de la reconnaissance du génocide arménien par la Suisse.

Elle-même parfaitement bilingue, Monique Laederach a mis l'art de la traduction au cœur de sa vie. En effet, lorsqu'elle n'écrit pas en son nom, elle traduit les mots d'autrui et particulièrement ceux de ses compatriotes. Une vie durant, elle est une médiatrice de choix entre les littératures suisses alémanique et romande. Faits marquants, en 1989, elle dirige l'édition de la traduction de Minute de silence (Schweigeminute) d'Erika Burkart puis, en 1999, sa traduction inventive de Lamioche (Daskind) de Mariella Mehr suscite l'admiration. Monique Laederach traduit aussi, de l'allemand au français, de nombreux poèmes de ses contemporains pour le compte du site web Culturactif (devenu Viceversa littérature) comme : Franz Hohler, Ingrid Fichtner, Norbert Loacker, etc. Forte de cette expérience, on la charge de donner des cours de traduction au Séminaire de français moderne de l'Université de Neuchâtel et d'animer plusieurs séminaires au Centre de traduction littéraire de l'Université de Lausanne.

Monique Laederach décède le des suites d'une longue maladie.

Distinctions Prix Saffa, 1958 Prix Auguste Bachelin, 1976 Prix Schiller, 1977 pour J'habiterai mon nom Prix littéraire de Belles-Lettres, 1978 Prix Oertli, 1981 Prix Schiller, 1983 pour La Femme séparée Prix du concours d’œuvres de théâtre radiophonique d'Espace 2, 1998 Prix Schiller, 2000 pour l'ensemble de son œuvre Prix de l'Institut neuchâtelois, 2001 pour l'ensemble de son œuvre En 2026, la ville de Neuchâtel l’honore d’une place créée à son nom à Serrières, où elle a grandi

Liste complète des œuvres L'Étain la source, poèmes, Éditions de l'Aire, 1970 Pénélope, poème, Éditions de l'Aire, 1971 La Ballade des faméliques baladins de la Grande Tanière, poèmes, Cahiers du Bateleur, 1974 J'habiterai mon nom, poème, Éditions L'Âge d'Homme, 1977 Jusqu'à ce que l'été devienne une chambre, poème, E. Vernay, 1978 Stéphanie, récit, Éditions de l'Aire, 1978 La Partition, poèmes, Éditions de l'Aire, 1982 Trop petits pour Dieu, roman, Éditions de l'Aire, 1986 J'ai rêvé Lara debout, roman, Éditions Zoé, 1990 La Femme séparée, roman, coéd. (L'Aire/Fayard (maison d'édition), 1982), Éditions L'Âge d'Homme, 1993 Si vivre est tel, poèmes, L'Age d'Homme/Écrit des Forges (Québec), 1998 - avec un CD des poèmes lus par l'auteure La trahison, Éd. de La Nouvelle Revue Neuchâteloise, 1999 Je n'ai pas dansé dans l'île, Éditions L'Âge d'Homme, 2000 L'Ombre où m'attire ta main, L'Association pour l'aide à la création littéraire, 2001 Ce chant mon amour, poèmes, Éditions L'Âge d'Homme, 2001 Les Noces de Cana, roman, Éditions L'Âge d'Homme, (1996) 2002 Trop petits pour Dieu, Éditions de L'Aire, collection, l'Aire bleue, 2002 Les Crépusculaires, pièce de théâtre, pas éditée, 2002 Poésie complète, Éditions L'Âge d'Homme, 2003 Flèche dérobée au vent, roman, Éditions L'Âge d'Homme, Coll. Contemporains, 2003

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Patrick Amstutz et al., La langue et le politique : enquête auprès de quelques écrivains suisses de langue française, [Vevey], Éditions de L'Aire, 2001, p. 94-98. David Bevan, "Monique Laederach", Écrivains d'aujourd'hui : la littérature romande en vingt entretiens, 1986, p. 111-119. Neil B. Bishop, "Féminitude suisse : l’œuvre poétique et romanesque de Monique Laederach", Présence francophone, vol. 45, no° 117, 1994, p. 117-132. Roger Francillon (dir), Histoire de la littérature en Suisse romande, Genève, Éditions Zoé, 2015, p.1565-1567. Doris Jakubec, Solitude surpeuplée: femmes écrivains suisses de langue française, Lausanne, Éditions d'en bas, 1990, p. 192. Yvette Z'Graggen, "Adieu à Monique Laederach", Le passe-muraille, no° 61, 2004, p. 7.

Liens externes

Entretien Radio télévision suisse au sujet du roman Trop petits pour Dieu Recension de ses poésies complètes Interview et poème Textes divers

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