vignette|270px|Un timbre de 1979 des îles Féroé dont le mouton est un animal emblématique. vignette|Mouton femelle. Le mouton, Ovis aries, est une espèce domestique de mammifère herbivore ruminant appartenant au genre Ovis (ovins) de la sous-famille des Caprinés, dans la grande famille des Bovidés. Comme tous les ruminants, les moutons sont des ongulés marchant sur deux doigts (Cetartiodactyla). Dans le langage courant et notamment en termes de boucherie, le mot mouton désigne indifféremment la femelle (la brebis) et le mâle (le bélier), tandis que le mot agneau désigne tant le jeune mâle que la jeune femelle (l'agnelle).

Le mouton est l'un des premiers animaux à avoir été domestiqués. Il est surtout élevé pour son lait (fabrication de fromages de brebis), sa viande, sa peau avec laquelle est préparé un cuir appelé « basane » et sa laine. La laine de mouton est la fibre d'origine animale la plus utilisée.

Ovis aries représente aujourd'hui l'essentiel des populations d'ovins, bien que six espèces sauvages existent toujours. Il fut domestiqué à la fin du à partir de moutons sauvages (Ovis orientalis) originaires du Moyen-Orient et sans doute plus précisément du sud-est de l'Anatolie ou du Zagros.

Les moutons sont élevés dans le monde entier et ont joué un rôle central dans de nombreuses civilisations. À l'heure actuelle, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, la Chine, le Nigeria, la Patagonie et les Îles britanniques sont les principales régions consacrées à cet élevage.

Animal clé dans l'histoire de l'agriculture, le mouton a profondément marqué différentes cultures. Les moutons sont souvent associés aux scènes champêtres. Le mouton figure dans de nombreuses légendes, comme la Toison d'or et dans les grandes religions, en particulier les religions abrahamiques. Il occupe un rôle symbolique central dans les religions juive et chrétiennes ; les moutons sont utilisés comme animaux de sacrifice en Islam lors de l'Aïd al-Adha (ou Aïd el-Kébir), où ils sont égorgés sans étourdissement (dhabiha ou abattage halal). Du point de vue économique, l'émergence de l'industrie en Europe occidentale au Moyen Âge est corrélée à l'essor de la production de la laine et du drap.

Dénominations Nom scientifique valide : Ovis aries Linnaeus, 1758 Noms vulgaires (vulgarisation scientifique) : Mouton, Mouton domestique, Mouton à laine Noms vernaculaires (langage courant) : agneau, agnelet, agnelette, agnelle, antenais, antenaise, ardi (basque), bedots (wallon), bélier, brebis, dañvad (breton), germeline, guide, herbeline, ouaille, ovella (catalan), schoap (flamand), schof (luxembourgeois), vassive, vacive

Vocabulaire vignette|Agneau tétant son lait à une brebis. Du fait de la proximité de cet animal avec l'humanité, y compris dans les sociétés occidentales et francophones, le champ lexical de l'espèce est riche. La femelle adulte est la brebis et le mâle adulte est le bélier. Le jeune non sevré s'appelle agneau pour les mâles et agnelle pour les femelles. Les jeunes qui entrent dans leur deuxième année sont appelés antenais et antenaises.. La brebis âgée de deux ans et qui n'a pas encore agnelé est appelée vacive.

La mise bas s'appelle l'agnelage et la bergerie est le nom du bâtiment construit pour abriter et enfermer les moutons. Les termes « ouaille(s) » et « pecus » ont été longtemps utilisés pour désigner les troupeaux de moutons et, par analogie, les sociétés humaines.

Le mot « mouton » est issu de *multo, terme provenant du gaulois et désignant les mâles châtrés de l'espèce. La racine se retrouve par exemple en irlandais molt ou en breton maout. Ce terme s'impose également en italien sous la forme montone. Cependant le nom latin de l'espèce est ovis et ovicula pour les brebis, mot qui a donné « ouaille » en français.

Ovis est aujourd'hui le nom scientifique du genre, et le nom de l'espèce est aries. En latin tardif étaient utilisés les mots berbex pour désigner le « mâle châtré », aries pour le « bélier » et ovicula pour la « brebis », mais l'emprunt de multo au sens de « bélier » perturbe le système et ce mot a très tôt remplacé aries (cf. l'italien montone « bélier »). Ensuite le système paraît avoir été désorganisé par le glissement douaille en ancien français au sens de « troupeau » (car le troupeau se compose majoritairement de femelles) qui a amené son remplacement. Peu à peu le terme bélier s'impose et brebis (de berbex), d'abord au sens de « mouton (terme générique) », prend le sens de « brebis » (évolution inverse de ouaille) au où il a évincé ouaille, du moins dans les parlers septentrionaux (le poitevin utilise toujours ouaille, prononcé oeille comme en ancien français). L'occitan, plus stable, a toujours oelha « brebis », moton « mâle châtré » et aret « bélier », mais a perdu un ancien berbitz parce que superflu. En anglais le mot mutton a été importé par les conquérants normands et désigne uniquement la viande.

La brebis bêle, mais le bélier blatère (comme le chameau).

Classification phylogénétique

La domesticité n'étant pas un critère constitutif d'une espèce, Ovis aries n'en est pas une au sens de la classification phylogénétique. Il appartient au genre Ovis, et si sa classification est discutée, il pourrait être rattaché à Ovis gmelini. Aucune autre espèce du genre Ovis n'est domestiquée.

Zoologie

Description

vignette|redresse=1|Squelette de brebis. vignette|Crâne de mouton exposé dans la Galerie de Paléontologie et d'Anatomie comparée. vignette|La tête. vignette|Brebis Blackface et sa lèvre supérieure fendue. Les moutons sont des ruminants relativement petits, qui ont le plus souvent des cornes situées sur le côté de la tête (de chaque côté au-dessus du crâne) et une toison bouclée appelée laine. Les moutons domestiques se distinguent de leurs cousins sauvages et de leurs ancêtres sur plusieurs points, après être devenus des animaux largement néoténiques sous l'influence de l'hommeBudiansky, .Budianksy, pp. 100–01.. Quelques races de type ancestral conservent certaines caractéristiques de leurs cousins sauvages, telles que la queue courte ou une fourrure à poils courts au lieu d'une toison. En fonction de la race, les ovins domestiques peuvent ne pas avoir de cornes du tout (tels les roussins), des cornes chez les deux sexes (comme chez les moutons sauvages), ou chez les mâles seulement. La plupart des races à cornes en ont une seule paire.

Un autre trait spécifique aux ovins est la grande variation de couleur de leur laine. Les moutons sauvages ont pour la plupart des teintes brunes. Les moutons domestiques vont du blanc au chocolat noir et peuvent même être tachetés ou pie. La sélection pour une laine blanche a commencé très tôt au début de la domestication des moutons, et la laine blanche est devenue un trait dominant qui s'est rapidement répandu. Toutefois, les moutons de couleur apparaissent à nouveau dans de nombreuses races modernes, et peuvent même apparaître comme un trait récessif chez les troupeaux de moutons blancs.. Alors que les grands marchés commerciaux souhaitent avoir de la laine blanche, il existe un créneau pour les laines de couleur, surtout dans le filage à la main.

En fonction de la race, les moutons montrent une variation importante de taille et de poids. Leur vitesse de croissance et de prise de poids est un trait héréditaire qui est souvent sélectionné dans les nouvelles races de moutons. Ils mesurent entre de long, queue comprise. Les brebis pèsent généralement entre alors que les béliers pèsent entre .

Les moutons ont 32 dents. Comme pour les autres ruminants, les huit incisives sont portées par la mâchoire inférieure et viennent s'appuyer sur un bourrelet édenté porté par la mâchoire supérieure ce qui permet à l'animal d'arracher la végétation. Il n'y a pas de canines, mais un écart important entre les incisives et les prémolaires. Cette partie s'appelle aussi la barre. Jusqu'à l'âge de quatre ans (lorsque toutes les incisives sont sorties), il est possible de connaître l'âge d'un mouton à son nombre d'incisives, une nouvelle paire d'incisives sortant chaque année.

Les incisives sont perdues peu à peu lorsque l'animal vieillit, ce qui rend plus difficile son alimentation et entraîne une dégradation de sa santé et, chez la brebis, de sa productivité. C'est pour cette raison que l'état général des moutons en pâture commence à se dégrader lentement à partir de quatre ans et que l'espérance de vie moyenne d'un mouton est de dix à douze ans, bien que certains moutons puissent vivre vingt ansEnsminger.Smith et al..

Les moutons ont une bonne audition, et sont sensibles aux bruits artificielsSmith et al., .. Les moutons ont des pupilles horizontales qui leur confèrent une excellente vision périphérique. Avec un champ visuel de environ, les moutons peuvent voir derrière eux sans avoir à tourner la têteWeaver. Toutefois, les moutons ont une mauvaise perception de la profondeur de champ ; des ombres ou des creux dans le sol peuvent leur faire peur. En général, les moutons ont tendance à fuir l'obscurité et aller dans des endroits bien éclairés.

Les moutons ont également un excellent odorat et, comme toutes les espèces de leur genre, ont des glandes odorantes juste en face des yeux et entre les doigts. Le rôle de ces glandes n'est pas connu avec précision; celles sur la tête semblent avoir un rôle d'attraction sexuelle; les glandes interdigitales peuvent également avoir un rôle dans la reproduction mais pourraient avoir d'autres fonctions telles que l'excrétion ou servir de marqueur odorant pour aider les brebis perdues à retrouver leur troupeauSmith et al., ..

Races

Classification générale vignette|Les moutons suffolk, moutons à viande à tête noire, représentent plus de 60 % du cheptel ovin américain. vignette|Un mouton Karakul à queue grasse et épaisse toison en Bolivie, v. 1950-1975. vignette|Les sont des moutons à poil ras caribéens d'origine africaine élevés pour leur viande.

Les moutons et les chèvres sont étroitement liés (les deux font partie de la sous-famille des Caprinae) et il est parfois difficile de les distinguer uniquement par leur apparence. Ce sont toutefois des espèces bien distinctes, de sorte que les hybrides sont rares et toujours stériles. L'hybride — stérile — d'une brebis et d'un bouc est appelé chabin ou ovicapre et il a (les moutons ont , les chèvres 60). Il ne doit pas être confondu avec la chimère génétique appelée obtenue en fusionnant un embryon de chèvre et un embryon de mouton.

Visuellement, les moutons et les chèvres diffèrent par la barbe et la lèvre supérieure divisée chez les ovins, soudée chez les caprins. La queue des moutons, même courte, est pendante, tandis que celle des chèvres est érigée. Les races ovines sont également souvent naturellement mottes (dépourvues de cornes, soit chez les deux sexes soit seulement chez les femelles), tandis que les chèvres naturellement sans cornes sont rares (mais de nombreuses chèvres en sont privées artificiellement). Les mâles diffèrent par leur odeur : pendant le rut, celle des boucs est forte et caractéristique, alors que les béliers n'en ont pas.