Geneviève Pelletier de Chambure (née Thibault le à Neuilly-sur-Seine et morte le à Strasbourg) est une musicologue française spécialiste des et s. Elle a également constitué une collection d'instruments de musique (800 pièces uniques) et de partitions anciennes considérable, lesquelles sont aujourd’hui respectivement conservées au musée de la Musique et à la Bibliothèque nationale de France.
Biographie Fille de l'avocat Charles Thibault (1867-1927), un grand bourgeois boursicoteur et collectionneur de mobilier et d’objets d’arts anciens, et de Thérèse Lazard, présidente de la Croix-Rouge de Neuilly-sur-Seine, et petite-fille d'Elie II Lazard (1833-1897), cofondateur de la Banque Lazard, elle épouse en 1931 le comte Hubert Pelletier de Chambure (1903-1953), planteur d’hévéas en Indochine et éleveur de galopeurs, fils d'Auguste de Chambure (1865-1943), propriétaire de L'Argus de la presse, et frère d'Élisabeth de Rothschild). Le couple a six enfants., dont la joueuse de tennis Béatrice de Chambure, épouse de François a'Weng.
Élève de Lazare-Lévy pour le piano, elle apprend l’harmonie auprès d’Eugène Cools et la fugue et l’orgue avec Nadia Boulanger (1887-1979).
Dès l’âge de 18 ans, elle commence à rassembler une collection de partitions anciennes et d'instruments anciens très étendue, avec l’intention de retrouver les sonorités d’autrefois et d’en faire profiter un public sans cesse croissant par la tenue de deux concerts annuels, l’un de musique religieuse, l’autre de musique profane. Ce seront les débuts de la Société de Musique d’Autrefois, cofondée en 1925 et qui mourra en même temps que sa fondatrice. Chez le commandant Le Cerf, un collectionneur d’instruments dont, à la mort duquel en 1930, elle achètera toute la collection, Geneviève Thibault se lie à la claveciniste Wanda Landowska (1879-1959), la compositrice Germaine Tailleferre (1892-1983), le chef d’orchestre Roger Désormière (1898-1963).
Geneviève Thibault fait restaurer ses instruments, lesquels sont conservés dans l’hôtel particulier familial, de manière qu’ils puissent être utilisés. Elle n’hésite pas à les prêter dans le monde entier aux premiers « baroqueux », dont notamment William Christie, Jordi Savall et Mildred Clary. A l’occasion de nombreux voyages en Extrême-Orient, Geneviève Thibault enregistre toutes sortes de musiques et, sous l’égide du CNRS, constitue, toujours dans son hôtel particulier de Neuilly, la première collection d’iconographie musicale.
Après être sortie diplômée de la Sorbonne en 1920, avec une thèse sur John Dowland, et de l'École pratique des hautes études en 1952, elle collabore entre autres à la publication de textes musicaux et de la revue les Annales musicologiques. Elle est aussi membre du conseil d’administration de la Revue de musicologie.
Dans les années suivant la Seconde Guerre mondiale, avec l’aide de Pierre Barbe, elle restaure avec un grand souci décoratif la propriété de famille des Chambure, le château de La Chaux, dans le Morvan, et le haras d’Etréham (Calvados) dont son mari vient de faire l’acquisition.
Sa spécialisation dans les instruments anciens lui vaut d'être nommée conservateur du Musée instrumental du Conservatoire de Paris de 1961 à 1973, et chevalier de la Légion d’honneur en 1968, année où elle est élue présidente de l’ICOM (Conseil international des musées). La même année, elle fonde l’Association internationale des collections d’instruments de musique.
Elle est l’auteur d’un certain nombre d'études, seule ou en collaboration, comme spécialiste de la musique du et du .
De 1967 à 1970, Geneviève Thibault assure la présidence de la Société française de musicologie.
La partie la plus remarquable de sa collection a fait l'objet d'une dation à la Bibliothèque nationale et au Musée instrumental du Conservatoire de Paris (c'est-à-dire un legs en paiement des droits de succession)Cette dation a fait l'objet d'un catalogue intitulé Musiques Anciennes publié en 1980, tandis que le reste de la collection a été dispersé en quatre ventes dans les années 1990 (voir les références ci-dessous)..
Les quelque six mille livres musicaux les moins intéressants sont dispersés lors de quatre ventes publiques parisiennes, les , , et .
Famille Issue d’une famille de l’ancienne bourgeoisie bourguignonne d’origine marchande, laquelle s’attache de père en fils, dès le , à l’abbaye royale de Moutiers-Saint-Jean (Côte d’Or), où ses membres se vouent aux professions médicales ou de judicature, Geneviève Thibault descend de François Thibault (mort en 1711), conseiller et procureur du Roy, lequel enregistre ses armes en 1696 (« de sinople à trois vannets1 d’argent, posés deux et un »).
(1) vannet : simple coquillage côté creux (à distinguer de la coquille Saint-Jacques ou de la coquille Saint-Michel, lesquelles sont traditionnellement présentées côté plat). vignette|Armes enregistrées par François Thibault. Armorial général de France par Charles René d'Hozier (1696). Tout au long des XVIII et XIXe siècles, les chirurgiens alternent avec les notaires, comme c’est le cas de l’arrière-grand-père paternel de la musicologue, Bénigne Théodore Thibault (1785-1852), notaire royal à Semur-en-Auxois (Côte d’Or), propriétaire forestier de l’Avallonais (Yonne), qui saura faire fortune en s’adonnant aux opérations de banque.
Travaux (par ordre chronologique) Eugénie Droz et Geneviève Thibault, Poètes et musiciens du siècle. Paris, impr. G. Jeanbin, 1924 (). In-2°, 87 p. (Documents artistiques du siècle, 1). Réédition : Slatkine, 1976. Geneviève Thibault, « Quelques chansons de Dufay », Revue de musicologie (), p. 97-102. Geneviève Thibault, « Un manuscrit de chansons françaises à la bibliothèque royale de La Haye, par G. Thibault », Gedenkboek aangeboden aan Dr. D. F. Scheurleer ('s-Gravenhage : M. Nijhoff, ), p. 347-358. Eugénie Droz et Geneviève Thibault, « Un chansonnier de Philippe le Bon », Revue de musicologie (), p. 1-8. Trois chansonniers français du siècle [édités par Eugénie Droz, Yvonne Rokseth et Geneviève Thibault]. Fascicule I [Chansonnier de Dijon ]. Paris : [E. Droz], 1927. In-2°, XVIII-127 p. (Documents artistiques du siècle, 4). Réédition : Slatkine, 1976. Geneviève Thibault et Eugénie Droz, « Le Chansonnier de la bibliothèque royale de Copenhague », Revue de musicologie 8/21 (1927) p. 12-35. Geneviève Thibault, « Deux catalogues de libraires musicaux : Vincenti et Gardane (Venise 1591) », Revue de musicologie 10/32 (1929) p. 177-183 et 11/30 (1930), p. 7-18. Geneviève Thibault, « Les Amours de P. de Ronsard, mises en musique par Jehan de Maletty (1578) », Mélanges de musicologie offerts à M. Lionel de La Laurencie (Paris, : 1933), p. 61-72. Chansons au luth et airs de cour français du siècle, intr. de Lionel de La Laurencie, transcr. par Adrienne Mairy, commentaire et étude des sources par G. Thibault. Paris : E. Droz, 1934. (Publications de la Société française de musicologie). Geneviève Thibault, « Yvonne Rokseth [nécrologie] », Revue de musicologie 30 (1948), , p. 76-90. Suivi de la bibliographie de son œuvre par François Lesure. Geneviève Thibault, « Antoine de Bertrand, musicien de Ronsard et ses amis toulousains », Mélanges offerts à M. Abel Lefranc (Paris : Droz, 1936), p. 282-300. Geneviève Thibault et Louis Perceau, Bibliographie des poésies de Ronsard mises en musique au siècle. Paris : Société française de Musicologie, 1941. Chansonnier de Jean de Montchenu : Bibliothèque nationale, Rothschild 2973 (I.5.13), édition de G. Thibault ; commentaires de David Fallows. Paris : Société française de musicologie, 1952. Partition, CXXIII-87 p., ill. (Publications de la Société française de musicologie, série, 23). Réédité en 1991. Thèse sur la Chanson française et la musique instrumentale de 1450 à 1550 (avec André Pirro). François Lesure et Geneviève Thibault. « Bibliographie des éditions musicales publiées par Nicolas Du Chemin (1549-1576) », Annales musicologiques 1 (1953) p. 269-373 + supplément, second supplément (1958-1963)p.403-406 Geneviève Thibault, « Musique et poésie en France au siècle avant les "Amours" de Ronsard », Musique et poésie au siècle, Paris, - (Paris : Éditions du CNRS, 1954), p. 79-88. François Lesure et Geneviève Thibault. Bibliographie des éditions d'Adrian Le Roy et Robert Ballard (1551-1598). Paris : Société française de musicologie, 1955. Geneviève Thibault, « Le Concert instrumental dans l'art flamand au siècle et au début du s. », La Renaissance dans les provinces du Nord..., Paris, 1956 (Paris : Éditions du CNRS, 1956), p. 197-206. Geneviève Thibault, « Notes sur quelques chansons normandes du manuscrit de Bayeux », La Musique et les musiciens en Normandie. Mélanges du du siècle... éd. Norbert Dufourcq (Rouen : Association d'études normandes, 1957) p. 4-6. Geneviève Thibault, « Le siècle », Précis de musicologie... publié sous la direction de Jacques Chailley... (Paris : 1958), p. 152-190. Geneviève Thibault, « Un manuscrit italien pour luth des premières années du siècle », Le Luth et sa musique... (Paris: 1958), p. 43-76. édition revue et corrigée, in Colloques internationaux du Centre national de la recherche scientifique, Neuilly-sur-Seine, 10-, Editions du CNRS, Paris, 1976, p. 43-76. Geneviève Thibault, « La Musique instrumentale au siècle : Italie, Allemagne, France », Encyclopédie de la Pléiade, 9 : Histoire de la musique, sous la direction de Roland-Manuel, vol I (Paris : Gallimard, 1960), p. 1196-1336. Geneviève Thibault, « La Chanson française au siècle, de Dufay à Josquin des Prés (1420 à 1480) », Idem, p. 890-944. Geneviève Thibault, « Les Collections privées de livres et d’instruments de musique d’autrefois et d’aujourd’hui », Music Libraries and instruments (Hinrichsen’s Eleventh music book), Londres, 1961, p. 450-463. 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Geneviève Thibault (et d’autres), « A la Société de Musique d’Autrefois », Roger Désormière et son temps, Editions du Rocher, Monaco, 1966, p. 66-74. Geneviève Thibault, « Recherches effectuées au Musée instrumental du Conservatoire de Paris [avec des sonagrammes de flûtes à bec] », Idem, p. 209-212. Geneviève Thibault, « Note sur une édition inconnue de Clérambault », Revue de musicologie 52 (1966), p. 210-211. François Lesure et Geneviève Thibault, « La Méthode de mandoline de Michel Corrette (1772) », Fontes artis musicae, 1966/1 : Mélanges offerts à Vladimir Fedorov, p. 72-76. Geneviève Thibault, Préface à Roger Bragard et F. J. de Hen, Les Instruments de musique dans l’art et l’histoire, Bruxelles, A. de Visscher, 1967 (éd. angl., London et New York, 1968). Preservation and restoration of musical instruments : provisional recommendations, ed. Alfred Berner, J. H. Van der Meer and Geneviève Thibault, with the coll. of Norman Brommelle. International Council of museums ; London : Evelyn, Adams and Mackay, 1967. (Reports and papers on museums ; 2). Geneviève Thibault, « Un rapport français inédit sur l'Empire Ottoman en 1756 », Journal asiatique 258 (1970), pp. 319-370.