Ballet mécanique est un film expérimental dadaïste post-cubiste muet français réalisé par Dudley Murphy et Fernand Léger, sorti en 1924.

Le film est inspiré par l’œuvre éponyme du compositeur américain George Antheil. Seul film réalisé par Fernand Léger, il est considéré comme l’un des chefs-d’œuvre du cinéma expérimental.

Liminaire Le film a un titre alternatif inscrit sur un carton au début du film, Charlot présente le ballet mécanique. Charlot est le patronyme d’André Charlot, producteur de film, et également le surnom de Charlie Chaplin. Le film débute en effet par une animation abstraite d’un montage en bois figurant Charlot.

Argument Le film est un kaléidoscope d’images présentées sur une bande son énergique. Une jeune femme (Kathleen Murphy) dans un jardin se balance sur une balançoire. Des cylindres, des pistons, des engrenages et des turbines tournent ou sont en perpétuel mouvement. Des ustensiles de cuisine sont disposés en cercles concentriques ou en ligne. Maintes et maintes fois, une femme corpulente portant un gros sac sur son épaule monte les escaliers. Un personnage de dessin animé Art déco apparaît, dansant. Film sans scénario d’un monde tout en mouvement, il est dominé par des images mécaniques et répétitives, où se succèdent objets de la vie quotidienne, personnages et figures géométriques., avec seulement quelques moments de solitude dans un jardin.

Fiche technique thumb|Fernand Léger (1938).

Titre : Ballet mécanique Titre alternatif : Charlot présente le ballet mécanique Réalisation : Fernand Léger, Dudley Murphy Scénario : Fernand Léger Musique originale (1926) : George Antheil Musique (1986) : Michael Nyman Photographie : Dudley Murphy, Man Ray Pays de production : Année de sortie : 1924 Durée des versions conservées au Centre Pompidou: 19 minutes 50 secondes (version de Kiesler) / 17 minutes (version Filmmuseum) / 16 minutes (version Biot) / 13 minutes 48 secondes (version Moritz) Durée des versions conservées au MoMa (, New York) : 11 minutes 50 secondes (version de Léger) Format : noir et blanc, muet.

Distribution

Personnalités créditées Fernand Léger Dudley Murphy Katherine Murphy Katrin Murphy : la fille à la fleur Personnalité non créditée Kiki de Montparnasse : la fille souriante

Historique Le film devait utiliser la partition de George Antheil. Cependant, il n’y eut quasiment pas de coordination entre les différents créateurs de l’œuvre et, finalement, à la suite de nombreux désaccords, la partition ne correspondit pas au film. De plus, la partition originale d’Antheil couvrait trente minutes alors que le film totalise seulement seize minutes. Le film est finalement sorti sans musique originale.

Le , une copie du film réalisée par Paul Lehrman a été présentée au public accompagnée de sa bande son au Cultuurmarkt van Vlaanderen à Anvers, en Belgique.

Actuellement, le film et le ballet sont considérés comme deux œuvres distinctes.

En 2022, une nouvelle partition a été proposée pour une version particulière de Ballet mécanique dans laquelle le film a été inversé et accéléré..

La partition du concert Ballet mécanique

Ballet mécanique comme film synchronisé Le projet du film reposait sur l'invention de Delacommune, le Synchro-Ciné, qui permettait de synchroniser le défilement du projecteur avec des bandes perforées de piano mécanique commandant des instruments, orgues, pianos, percussions.

Analyse L'intérêt que le film porte sur le monde mécanique révèle la fascination des artistes modernes pour la science et la technologie ainsi que leur désillusion envers la modernité. Fasciné par les réclames et les vitrines de magasin, Fernand Léger considère l'objet comme le roi absolu d'une époque marquée par la mécanisation et la standardisation de la production. Dans le Ballet, les instruments mécaniques, y compris les pianos mécaniques, les hélices d'avion, les cloches électriques, les fouets métalliques, les entonnoirs, les pots en cuivre et les couvercles prennent la place de danseurs. Le film joue sur un montage rapide et répétitif. Magnifiés par le gros plan, casseroles, moules à tarte, chapeaux, bouteilles et chaussures deviennent les protagonistes du film, au même titre que le profil de Kiki de Montparnasse au sourire robotisé.

Les images, qui alternent une série de mouvements répétitifs, tant exécutés par des humains que par des outils et machines, expriment avec éloquence la structure et les répétitions inhérentes à la vie quotidienne.

Exposition Ballet mécanique est présenté dans le cadre de l’exposition Les Choses. Une histoire de la nature morte au musée du Louvre du au , parmi les œuvres de l’espace nommé « Les temps modernes », au côté du tableau de Léger Le réveil-matin (1914).

Notes et références

Voir aussi Bibliographie George Antheil, introduction par Charles Amirkhanian, Bad boy of music, New York : Da Capo Press, 1981, 378 p., réimpression de l'édition de 1945

François Albera, Fernand Léger et le cinéma, Nouvelles éditions Place, 2021 Fernand Léger et le Cinéma, cat. Musée Fernand Léger, Biot, 2021

Liens externes

Ballet mécanique (intégralité du film) sur le site dailymotion.com Le film complet sur Stendhal gallery.com Preston Wright, Reconstructing Ballet Mécanique: An interview with Paul Lehrman, janvier 2003 sur le site American Public Media Canonical version, version du film de 2016.

Catégorie:Film muet français sorti en 1924 Catégorie:Court métrage expérimental français Catégorie:Court métrage français sorti dans les années 1920 Catégorie:Film dadaïste Catégorie:Film sur la danse Catégorie:Œuvre de Fernand Léger Catégorie:Court métrage français en noir et blanc Catégorie:Court métrage en français