La rue de la Gaîté est une voie située dans le quartier du Montparnasse du de Paris.
Situation et accès thumb|left|La rue vue depuis l'avenue du Maine.
Le quartier garde encore aujourd'hui la trace de ces lieux de plaisir et de « gaîté » avec de nombreux théâtres, des restaurants, des sexshops, le music-hall Bobino au 20, le théâtre Montparnasse ouvert en 1818 par les frères Seveste et la Comédie-Italienne. Animée de jour et de nuit, toute l'année, la rue de la Gaîté continue de porter dignement son nom et reste dévolue aux plaisirs parisiens.
La rue de la Gaîté est accessible par les lignes de métro 13 à la station Gaîté et 6 à la station Edgar Quinet.
Origine du nom Elle tire son nom du fait que cette rue était voisine de l'ancienne barrière d'octroi, autrefois bordée de divers bals, guinguettes, théâtres… et où la gaieté, la joie régnaient.
Historique thumb|left|Plan de la barrière du Montparnasse et de ses environs, Atlas de Jacoubet, 1836. thumb|left|La barrière du Montparnasse. L'actuelle rue de la Gaîté est une ancienne voie du Petit-Montrouge sur le territoire de la commune de Montrouge, connue à l'état de chemin de terre de « banlieue » dès 1730. Elle a perdu une section qui la prolongeait au-delà de l'actuelle avenue du Maine dans l'ancienne commune de Vaugirard. Les deux sections sont annexées lors de la dernière extension de Paris, effectuée en 1860Loi du 16 juin 1859, dite loi Riché, effective en 1860. et sont désormais situées dans le Félix Lazare, Nomenclature des rues, boulevards, quais... de la ville de Paris indiquant la coïncidence des nouveaux arrondissements avec les anciens, Paris, Bureau du journal La Revue municipale, 1860.. La rue est classée dans la voirie parisienne depuis 1863Décret du . La partie qui en subsiste appartient au quartier du Montparnasse.
Sur le cadastre de la commune de Montrouge dressé en 1804, l'actuelle rue de la Gaîté est une partie du chemin vicinal qui mène de Clamart à la barrière du Montparnasse. À cette époque, ce chemin se situait à l'extérieur de l'ancienne barrière fiscale du mur des Fermiers généraux, dont subsistent des vestiges à proximité, place Denfert-Rochereau. Les débits de boisson se tenaient à l'extérieur de cette barrière pour échapper aux taxes, sur le vin notamment, qui étaient perçues par l'octroi de Paris. Elle abritait les guinguettes de MontparnasseGuide de Paris mystérieux, Éditions Tchou Princesse, septembre 1979. : des bals et des restaurants dont, sous l'Empire, un plus fameux que les autres, le restaurant Richefeu, au numéro 1, sur trois étages, où les prix descendaient à mesure que l'on montaitGuide du promeneur , éd. Parigramme, 1997, 39.. Les clients du premier étage bénéficient de serviettes, ceux du deuxième mangent moins bien et s’essuient avec leurs doigts et ceux du troisième n’ont pas de viande mais seulement des pommes frites et du fromage page 33..
En 1860, Émile de La Bédollière, après une description du cimetière du Montparnasse voisin déclare à propos de la rue de la Gaîté :
Une autre partie de la rue de la Gaîté était située au sud de l'avenue du Maine, dans le prolongement d'une rue nommée rue du Théâtre. Ces deux rues sont fusionnées en 1865 sous le nom de rue Vandamme.
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire Théâtres Les théâtres de la rue de la Gaîté sont les suivants : théâtre de la Gaîté-Montparnasse ; théâtre Montparnasse ; théâtre du Petit Montparnasse ; Bobino ; la Comédie italienne ; théâtre Rive Gauche.
D'autres théâtres sont à l'abord immédiat de la rue de la Gaîté : le Guichet Montparnasse (rue du Maine) ; le Petit Journal Montparnasse (rue du Commandant-René-Mouchotte) ; le théâtre d'Edgar (boulevard Edgar-Quinet).
Autres lieux Avec la rue Saint-Denis et le boulevard de Clichy, c'est dans cette rue que se concentrent les sex shops de la capitale depuis 1969.. : restaurant Richefeu, fondé en 1802. : salle Ganglof en 1890 (café concert) puis brasserie du Bock Colossal. : établissement hôtelier , précédemment hôtel Royal-Bretagne où Simone de Beauvoir a habité en 1936 et 1937, quand elle était enseignante au lycée Molière sur l'autre rive parisienne de la Seine« Simone de BEAUVOIR à Paris, Marseille, Rouen et ailleurs », terresdecrivains.com, 26 novembre 2004.. : bal des Quatre Saisons (1849). : bal des Gigoteurs. : emplacement de l'ancien « bal des Gigolettes » (1800), puis des « EscargotsPaulette Bourquin-Cussenot, Montparnasse : Histoire d'un quartier de Paris, Chantenay, 1967, . », devenu « théâtre des Folies-Bobino » (1873-1901), puis « Bobino Music-hall » (1901-1984). Celui-ci est démoli en 1985 et remplacé par un hôtel de tourisme et une salle polyvalente (au sous-sol) dénommée « studio Bobino » (1991-2009) et dédié aux spectacles et enregistrements d'émissions télévisées. Depuis 2010, le lieu rebaptisé « Bobino » programme des one-man shows, des concerts et spectacles musicaux.
faisant angle avec la rue Vandamme : emplacement, à partir de 1833, du très réputé café, restaurant, bal, salle de réunion et banquets des Mille-Colonnes, qui comptera un cinéma de 1907 à fin 1930. Les Mille-Colonnes ayant disparu, un complexe de plusieurs salles de cinéma, ouvert en 1976 sur son emplacement, reprendra à ses débuts le nom des « Mille-Colonnes », puis deviendra le cinéma Cinevog-Montparnasse. Il disparaît en 1991.Le 20 bis a aussi accueilli le studio Europa Sonor, où Claude François enregistra plusieurs titres, dont Comme d'habitude.Notice Studios Europa Sonor, catalogue.bnf.fr, consulté le 17 février 2022..Une plaque rend hommage au peintre Beauford Delaney, qui vécut à cette adresse dans les années 1950-1970.
: café de la Belle Polonaise vers 1811. : emplacement de l'ancien café-bal-théâtre Apollon (ou café d'Apollon) et siège du groupe anarchiste du arrondissementLa Révolte, organe socialiste, Jean Grave, 1889. Jean-Louis Robert les qualifie d'. Il en dénombre une quarantaine au café Apollon en 1892Jean-Louis Robert, Plaisance près Montparnasse. Quartier parisien, 1840-1985 ; Publications de la Sorbonne, 2012.. : bal du Jardin de Paris Fondé en 1840 puis pris le nom de Prado d'Été. : immeuble daté et signé de 1902 (architecte Louis Desfontaines Pss : https://www.pss-archi.eu/architecte/6899/).
: restaurant du Veau-qui-Tête. : emplacement de l'ancien Casino Montparnasse (1911-195?) dit aussi « théâtre du Casino Montparnasse », ancienne salle de spectacles initialement exploitée, sous la direction de G. Comte, comme salle de concerts et de cinémaCasino Montparnasse.Paris, dans la base de données data.bnf.fr.. C'est au Casino Montparnasse que fut créée notamment l'opérette La Belle de Cadix en 1945, et où se révéla Bourvil. : pâtisserie du Lapin Blanc, fondée en 1807. : le peintre espagnol Tito Livio de Madrazo (1899-1979) y vécut.
Dans la culture populaire Rue de la Gaîté est aussi le nom du premier livre de l’auteur et comédien Axel Auriant, dont l’intrigue suit l’histoire de Baptiste, jeune comédien qui devient ouvreur au théâtre Montparnasse..
Bibliographie Gérard Bauër, Rue de la Gaîté, in Le Figaro littéraire du samedi , .
Notes et références
Articles connexes Liste des voies du arrondissement de Paris
Gaite|Edgar Quinet