Radio Belgique (en néerlandais , en anglais ), est une radio clandestine belge qui émet depuis Londres durant la Seconde Guerre mondiale. Radio Belgique est placée sous l'égide du Gouvernement belge en exil et est rattachée aux services européens de la BBC. C'est également le nom d'une radio privée qui existe avant , année de la création de l'INR, devenue RTB puis RTBF.
Historique Le , la Belgique, neutre jusque-là, est envahie par les troupes allemandes. À l'issue de la campagne des 18 jours, l'armée belge dépose les armes. Le pays est occupé. Le gouvernement belge s'exile en France puis à Londres. Les médias nationaux dont l'INR sont muselés par l'occupant. De nombreux employés suivent le gouvernement belge en exilCéline Rase, Les Ondes en Uniforme: La propagande radiophonique allemande en Belgique occupée, Université de Namur, La radiodiffusion en Belgique avant 1955, La Pensée et les Hommes.
Radio Belgique
Radio Belgique, radio privée (la publicité est lue par Leopold Braconi, le premier speaker belge) fondée en 1923 a cessé d'émettre en au moment où l'INR a été créé. Une chaîne portant le même nom commença à émettre le Paul Aron, José Gotovitch, Dictionnaire de la Seconde Guerre mondiale en Belgique, éditions André Versaille, Bruxelles, 2008, . Le service francophone fut placé sous la direction de Victor de Laveleye (ancien ministre libéral) tandis que la section néerlandophone fut dirigée par Jan Moedwil (de son vrai nom Fernand Geersens). Une agence de presse, INTERBEL, fut également créée, elle reprit les fonctions de l'Agence Belga créée avant la guerre.
Le , l'ex-ministre Victor de Laveleye devenu animateur radio, lance la Campagne des V sur les ondes (elle sera reprise par Winston Churchill), invitant les Belges à l'utiliser en Belgique occupéeGuillaume Jacquemyns; Struye, Paul, La Belgique sous l'occupation allemande: 1940–1944, Éd. Complexe, Bruxelles, 2002. . Sur radio Belgique, il déclarait : .
C'est à lui également que l'on doit l'un des slogans les plus célèbres de Radio Belgique datant de Verdun: en néerlandais: "Maar toch zullen wij ze krijgen, de Moffen". En 1942, le Général de Gaulle fera un discours sur les ondes de Radio Belgique, saluant l'amitié franco-belgeCatherine Lanneau, L’inconnue française. La France et les Belges francophones 1944-1945, P.I.E.-Peter, Bruxelles.
Bien qu'interdite par l'occupant, Radio Belgique était clandestinement écoutée par de nombreux Belges qui délaissaient les Radios "approuvées" par l'occupant comme Radio Bruxelles qui délivraient des messages propagandistes. Le journaliste et résistant Paul Lévy travaillera également pour cette radio.
Les émissions de Radio Belgique occuperont à mesure que leur succès ira grandissant une place toujours plus importante au sein des émissions de la BBC. Radio Belgique émettait ainsi au début de 21 heures à 21h15, en alternance, un soir en français, un soir en néerlandais. Au printemps 1941, elle émettait le matin et à 17h30 de sorte à offrir aux auditeurs au moins une émission par jour dans leur langue. En , la BBC émet une émission quotidienne de Radio Belgique en français à 19h15 et une seconde en néerlandais à 20h30Voici la BBC.
La riposte allemande Percevant les effets potentiels que Radio Belgique pouvait avoir sur le contrôle de l'information en territoire conquis, les Allemands créèrent rapidement des stations radios collaborationnistes, elles aussi destinées à un auditorat belge. Ils émettaient depuis l'ex-INR dont ils avaient pris le contrôle (Radio Bruxelles, Zender Brussel). Les Allemands tentèrent également de brouiller les émissions de Radio Belgique et rendirent son écoute illégale dès
Radiodiffusion Nationale Belge À la fin de la guerre, le gouvernement belge créa une nouvelle station radiophonique Radiodiffusion Nationale Belge (RNB) qui émettait depuis Londres et ensuite depuis Léopoldville.
Articles connexes Radio Bruxelles
Références
Bibliographie
L.R. Boogaerts, Ici, Radio Belgique, Television production, Paramount G.B., Great Britain, 1940
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