vignette|209x209px|John Perry Barlow en 2012.

La Déclaration d'indépendance du cyberespace est un texte célèbre rédigé le à Davos en Suisse par John Perry Barlow, écrivain, militant et cofondateur de l'. Il soutient l'idée qu'aucun gouvernement (ou qu'aucune autre forme de pouvoir) ne peut s'imposer et s'approprier Internet, alors en pleine extension. Il a été écrit en partie en réponse à l'adoption de la Loi sur les télécommunications de 1996 aux États-Unis – alors sous Bill Clinton. Le Communications Decency Act (CDA), intégré au Telecommunication Act, visait à censurer certains contenus offensants et pornographiquesDe nombreux articles et liens sur cette loi sont disponibles sur le site web de l’Electronic Frontier Foundation : www.eff.org. ; et rendait illégal et passible d’une amende de le fait, par exemple, de dire « merde » en ligneOu n’importe lequel des sept autres gros mots qu’il est interdit de prononcer dans les médias : Shit, piss, fuck, cunt, cocksucker, motherfucker et tits. Un jugement de la Cour suprême datant de 1978 interdisait d’utiliser ces mots à la radio ou à la télévision. Le CDA visait à étendre cette interdiction à l’Internet., de parler explicitement de l’avortement ou d’évoquer les diverses fonctions corporelles autrement qu’en termes strictement cliniques, tendant ainsi à limiter certaines libertés sur Internet.

En raison de son objet, cette déclaration est devenue célèbre dès les premières semaines de sa publication ; elle est encore aujourd'hui populaire sur Internet. Concernant la partie du sur l’expression sur Internet (CDA), les hauts cris de Barlow et des autres défenseurs des libertés publiques ont porté leurs fruits : en , après plusieurs mois de bataille juridique, la Cour suprême l'a jugée incompatible avec le premier amendement de la Constitution américaine.

Contenu

La Déclaration énonce, dans seize paragraphes courts, le refus de l'appropriation du cyberespace par un gouvernement extérieur, en particulier celui des États-Unis. Il affirme que les États-Unis n'ont pas eu le pour appliquer leurs lois sur Internet, et qu'il est à l'extérieur des frontières de n'importe quel pays. Il précise qu'Internet se régule lui-même, avec ses propres codes et langages sociaux, basé sur la Règle d'or : « Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse ».

Très imprégné par les valeurs de la culture américaine, il le fait dans un langage évocateur de la Déclaration d'indépendance des États-Unis, ce qui est flagrant dans ses derniers paragraphes ; sa perception du cybermonde est, au sens propre, celle d’un Nouveau Monde. Bien que le document mentionne la Loi sur les télécommunications, il accuse également la Chine, l'Allemagne, la France, la Russie, Singapour, et l'Italie qui tentaient à son époque de contrôler les communications sur l’Internet, d’une manière ou d’une autre et avec plus moins de fermeté...

Le texte original en anglais est disponible sur le site internet de l'. La traduction française de la déclaration de John P. Barlow vient du chapitre Déclaration d'indépendance du cyberespace () de l'ouvrage Libres enfants du savoir numérique: Une anthologie du Libre (2000) de Florent Latrive et Olivier Blondeau. Il contient une introduction de l'écrivain, puis la déclaration :

Contexte et accueil Au moment où le document a été rédigé, Barlow avait déjà beaucoup écrit sur Internet et ses phénomènes sociaux et juridiqueshttp://www.informatik.uni-trier.de/~ley/pers/hd/b/Barlow:John_Perry.html Travaux relatifs.. L'un de ses travaux les plus connus reste « The Economy of Ideas », alors publié en dans le magazine Wired, il y avait fait allusion à Thomas Jefferson et certaines de ces idées qu'il écrivit dans cette déclaration.

En raison de son objet, le travail de Barlow est rapidement devenu célèbre et largement diffusé sur Internet. Dans les trois mois, environ avaient des copies de la Déclarationhttp://www.businessweek.com/1996/19/b347472.htm Yang, Catherine (1996-05-06). À neuf mois, ce nombre a été estimé à Frezza, Bill (1996-11-01). "Can Public Network Computing Save Democracy". Network Computing: 35.. Pour aborder la vision de Barlow d'un Internet autonome, un magistrat virtuel a été mis en place par l'Institut de droit du cyberespace, désormais hébergé par le « Chicago-Kent College of Law ». Les magistrats seraient nommés par l'Institut et ainsi que par d'autres groupes juridiques afin de résoudre les différends en ligne.

Notes et références Notes

Références

Liens externes Déclaration d'indépendance du cyberespace : original, en anglais Déclaration d'indépendance du cyberespace : traduction française

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