La littérature néerlandaise du est la littérature de langue néerlandaise produite au . Cette limite initiale, dans le temps, sera toutefois dépassée dans l'intérêt de la cohérence de l'article, dans l'introduction du sujet et lorsque seront traités des auteurs ayant leurs racines esthétiques au et une partie de leur production littéraire au .
Le romantisme Le tout début
Le romantisme aux Pays-Bas commence vers 1766 par la publication des essais de Rijklof Michaël van Goens (1748-1810), qui suggère que l'art doit être déterminé par l'originalité et la spontanéité. Le préromantisme, une réaction contre la rigueur du classicisme, commence vers 1750, mais n'occupe le devant de la scène qu'à partir de 1775. Il est caractérisé par deux tendances opposées : le sentimentalisme et le pragmatisme. Parmi les romantiques sentimentaux qui marquent l'époque, on compte Rhijnvis Feith (1753-1824) et Elisabeth Maria Post (1755-1812) ; une prise de position beaucoup plus critique caractérise les travaux de Jacobus Bellamy (1757-1786), Hieronymus van Alphen (1746-1803), Johannes Kinker (1764-1845), Rijklof Michaël van Goens et François Hemsterhuis (1721-1790) ; des « romantiques » éclairés sont, entre autres, Elisabeth Wolff-Bekker (1738-1804) et Aagje Deken (1741-1804). Willem Bilderdijk (1756-1831) exerce surtout après 1805 une grande influence sur l'évolution du romantisme. Vers 1795, la critique du sentimentalisme, devenu un culte excessif de la sensibilité, devient plus forte et, au tournant du siècle, une certaine rigidité s'instaure, dont la poésie domestique de Hendrik Tollens (1780-1856), le drame bourgeois d'Abraham Louis Barbaz (1770-1833) et une forme de littérature de résistance chez Cornelis Loots (1764-1834), Adriaan Loosjes (1761-1818) et Jan Frederik Helmers (1767-1813) sont les symptômes, vol. 11, ..
À partir de 1815 En Flandre : du romantisme au réalisme pondéré vignette|gauche|300px|Statue de De Rudder et piédestal de Hankar, dévoilés sur la place Saint-Bavon en 1899 et dédiés à la mémoire de Jan Frans Willems. vignette|Prudens van Duyse (1804-1859), peint par Canneel. En Flandre est né, entre 1815 et 1830, un amour typiquement romantique de la patrie, dont fait preuve Jan Frans Willems (1793-1846) dans (Aux Belges, de 1818). La prise de conscience littéraire en Flandre se prolonge après la révolution belge, mais les écrivains continuent à mettre leurs dons entièrement au service de la cause nationale, raison pour laquelle ils ne produisent à peine des œuvres de valeur littéraire, peut-être à l'exception de Prudens van Duyse (1804-1859) et de Karel Lodewijk Ledeganck (1805-1847).
Après 1830, deux centres connaissent une vie littéraire florissante : Gand et Anvers. À Gand, on trouve Jan Frans Willems comme chef de file d'un groupe de philologues et les poètes Ledeganck et Van DuyseDEBAENE, Luc, J.-B. JANSSENS et Frans VERBIEST, .. Gand est alors un centre animé de formation populaire et d'enseignement de la langue néerlandaiseDEBAENE, Luc, J.-B. JANSSENS et Frans VERBIEST, .. Le groupe d'Anvers connaît une plus grande diversité et la capacité créative de ses membres est plus richement développée. Les principaux auteurs sont Jan Theodoor van Rijswijck (1811-1849), Jan Jacob Alfried de Laet (1815-1891) et Hendrik Conscience (1812-1883), dont l'œuvre la plus connue est (Le Lion des Flandres, de 1838). Au cercle De Olijftak et à l'auberge à l'enseigne du Petit Cheval blanc (Het Zwart Peerdeken) se rencontrent des flamingants, des peintres et des poètes moins érudits qu'à Gand, mais plus ardent dans leur militantisme. Après le premier essor de la littérature flamande en Belgique, d'autres personnalités cherchent de nouveaux débouchés : Domien Sleeckx (1818-1901) et Jan van Beers (1821-1888) perçoivent leur environnement d'une façon plus réaliste ; Johan Michiel Dautzenberg (1808-1869) et Jan van Droogenbroeck (1835-1902) veulent renouveler la poésie en pratiquant des formes de poésie aussi nouvelles qu'étranges et artificielles ; Anton Bergmann (1835-1874) et Virginie Loveling (1836-1923) pratiquent déjà une prose plus moderne.
Vers 1840 arrive une nouvelle génération romantique, fortement influencée par le romantisme français (Jan Jacob Alfried de Laet, Jan Theodoor van Rijswijck). À cette époque, des écrivains comme Hendrik Conscience, Eugeen Zetternam (1826-1855) et Pieter Frans van Kerckhoven (1818-1857) occupent le devant de la scène. La prose atteint des sommets dans les œuvres d'Anton Bergmann, tandis que le réalisme est prédominant dans la poésie lyrique de Jan van Beers, des sœurs Virginie (1836-1923) et Rosalie Loveling (1834-1875), de Frans de Cort (1834-1878) et de Johan Michiel Dautzenberg.
Aux Pays-Bas La période 1825-1830 commence par le traité de David Jacob van Lennep (1774-1853) sur l'importance du pays natal pour le développement du sentiment et de l'imagination (1826). Un art romantique objectif avec de fortes tendances progressistes et rationalistes émerge, entre autres chez Jacob Geel (1789-1862), et suscite l'intérêt pour le passé national ; Aarnout Drost (1810-1834), Jan Frederik Oltmans (1806-1854), Hendrik Jan Schimmel (1823-1906), Jacob van Lennep (1802-1868) et Anna Louisa Geertruida Bosboom-Toussaint (1812-1886) écrivent des romans historiques.
Aux Pays-Bas, le mouvement de Réveil et l'émancipation des catholiques, représentés par Isaäc da Costa (1798-1860), Hermanus Schaepman (1844-1903) et Josephus Albertus Alberdingk Thijm (1820-1889), stimulent la pensée critique d'un Conrad Busken Huet (1826-1886) : le romantisme révolutionnaire trouve un représentant en la personne de Multatuli (1820-1887), l'humour conquiert sa place avec Piet Paaltjens (1835-1894), Hildebrand (1814-1903) (dont l'œuvre la plus connue est la , de 1839) et Carel Vosmaer (1826-1888).
Réalisme L'imagination et la réalité chez les Néerlandais réservés (1830-1860) Le mouvement du romantisme n'atteint son apogée aux Pays-Bas qu'après 1830. Pourtant, de nombreux écrivains y participent non pas parce que le romantisme est un phénomène de mode, mais plutôt parce qu'ils ont des dispositions réellement romantiques. Presque simultanément, les œuvres plus réalistes, fruit de l'observation humoristique, connaissent un grand succès. Cela est également un phénomène européen, mais l'humour et le réalisme conviennent mieux au caractère de la société civile néerlandaise.
Les courants, les genres et les champs d'intérêt que l'on peut identifier dans les œuvres des meilleurs écrivains de cette époque sontDEBAENE, Luc, J.-B. JANSSENS et Frans VERBIEST, . :
1. le byronisme, qui consiste à s'abandonner à une humeur mélancolique (mélancolie, Weltschmerz), genre où Lord Byron exerce une grande influence ;
2. le récit historique, qui est, dans le meilleur sens du mot, l'empathie avec une époque considérée comme idéale. Mais on choisit facilement n'importe quel thème juste pour explorer les possibilités d'un décor coloré ;
3. l'élément national, qui implique que l'on veut que la littérature contribue à élever la nation. En outre, on se réfère à l'exemple à suivre du Siècle d'Or (au centre de cette évolution se trouve la principale revue du mouvement, , c'est-à-dire Le Guide) ;
4. la religion, qui prend la défense des valeurs spirituelles contre l'esprit libéral du temps. Les réformés trouvent une occasion dans le Réveil, un mouvement protestant suisse, arrivé aux Pays-Bas, qui cherche à approfondir la religion et qui comprend une nature mystique. En outre, il y a l'émancipation catholique, dont on trouve l'écho dans la littérature ;
5. l'observation et la représentation de la réalité, quand l'attention est portée à l'homme commun dans son existence quotidienne ;
6. l'humour, qui peut être un élément romantique, à savoir l'évasion par le rire de la réalité, dont il atténue du moins la dureté, de sorte que la réalité perd de sa nettetéDEBAENE, Luc, J.-B. JANSSENS et Frans VERBIEST, ..
Sous l'influence des tendances réalistes naît, après 1850, et par opposition au romantisme subjectif, un art de plus en plus objectif, alors que le penchant pour l'impersonnel aboutit à un art social et à l'art pour l'art des quatre-vingtistes (les ).
La lutte pour l'émancipation des catholiques aux Pays-Bas a été poursuivie dans un lyrisme moderne, qui atteint, en Flandre, un niveau sans précédent dans les œuvres de Guido Gezelle (1830-1899).
Des écrivains associés à cette période sont Aarnout Drost (1810-1834), Everhardus Johannes Potgieter (1808-1875), Reinier Cornelis Bakhuizen van den Brink (1810-1865), Jan Pieter Heije (1809-1876), Anna Louisa Geertruida Bosboom-Toussaint (1812-1886), Isaäc da Costa (1798-1860), Josephus Albertus Alberdingk Thijm (1820-1889), Nicolaas Beets (Hildebrand, 1814-1903), Gerrit van de Linde (dont le pseudonyme est , ou Le Maître d'école, 1808-1858), Piet Paaltjens (pseudonyme de François Haverschmidt, 1835-1894), Jan Jacob Lodewijk ten Kate (1819-1889) et Petrus Augustus de Génestet (1829-1861)DEBAENE, Luc, J.-B. JANSSENS et Frans VERBIEST, ..
La sombre réalité en Flandre Parfois, chez certains poètes, on trouve une strophe qui reflète la misère socio-économique et l'appauvrissement spirituel du peuple flamand au . Julius de Geyter (1830-1905) s'adresse aux métayers flamands, que les propriétaires terriens maintiennent dans un état de pauvreté et qui se trouvent sous une certaine contrainte morale lors des électionsDEBAENE, Luc, J.-B. JANSSENS et Frans VERBIEST, .. Mais en dehors de ces rares lignes, De Geyter ne produit que des phrases creuses du style des rhétoriciens et de pompeuses cantates qui n'ont aucun autre rapport avec l'histoire que la volonté d'inciter le peuple à atteindre une nouvelle grandeur par une exaltation superficielle du passé national. Outre d'écrire l'ouvrage plutôt emphatique (Manifestation des ouvriers d'usine de Gand), Julius Vuylsteke (1836-1903) décrit les conditions de travail dans la filature de coton dans (Échos d'usine). Theodoor van Rijswijck (1811-1849) ne connaît que peu les conditions de vie misérables en Flandre et ne les traite que sporadiquementDEBAENE, Luc, J.-B. JANSSENS et Frans VERBIEST, .. Hendrik Conscience et Johanna Courtmans-Berchmans (1811-1890) écrivent sur les métayers et les ouvriers, mais couvrent la détresse de ceux-ci d'un rose doux ; une seule fois, Conscience arrache la voile, mais, toutefois, pas en sa qualité d'artiste créateur, mais dans un discours où il plaide pour la charitéDEBAENE, Luc, J.-B. JANSSENS et Frans VERBIEST, ..
Non-conformistes
Pays-Bas : Multatuli, Busken Huet, Vosmaer et Pierson
Dans les années 1860-1880, la plupart des auteurs ayant occupé le devant de la scène pendant la période précédente continuent à travailler ; certains d'entre eux, comme Everhardus Johannes Potgieter (1808-1875), écrivent même les plus mûres de leurs œuvres, mais la plupart ne dépassent pas la médiocrité. Néanmoins, des personnalités exceptionnelles prennent la parole : l'anarchiste Multatuli, le doué Conrad Busken Huet qui insuffle une nouvelle vie au (Le Guide) jusqu'en 1865, le sophistiqué Carel Vosmaer et l'astucieux Allard PiersonDEBAENE, Luc, J.-B. JANSSENS et Frans VERBIEST, ..