Michel Fugain, né le à Grenoble (Isère), est un chanteur et compositeur français.

Fils du médecin et résistant Pierre Fugain, il grandit dans la campagne iséroise avant de faire ses études au lycée Champollion de Grenoble. Passionné par le cinéma de la Nouvelle Vague, il abandonne ses études de médecine pour devenir cinéaste à Paris. À partir de 1963, il devient assistant réalisateur de Jean-Michel Barjol, Guy Blanc, Yves Robert ou encore Jean Delannoy, puis suit des cours d’art dramatique auprès d’Yves Furet. Il rencontre à cette occasion Michel Sardou, pour qui il compose ses premières chansons.

En 1965, Michel Fugain signe un contrat d’édition chez Barclay et écrit des mélodies pour Hugues Aufray, Marie Laforêt, et Dalida. Il rencontre son premier succès en 1967 avec Je n’aurai pas le temps sur des paroles de Pierre Delanoë pour la maison de disques Festival. En même temps il réalise, avec Pierre Sisser, une comédie musicale pour la télévision intitulée Un enfant dans la ville en 1971.

Michel Fugain crée en 1971 le Big Bazar, une troupe de chanteurs et danseurs habillés de vêtements amples et colorés, et animés de l'esprit hippie et communautaire post-soixante-huitard. Pendant cinq ans, il enchaîne les succès avec Une belle histoire, Attention mesdames et messieurs, Fais comme l’oiseau, Chante… Comme si tu devais mourir demain, La Fête, Bravo Monsieur le monde, Les Acadiens, Le Printemps, et fait plusieurs fois salle comble à l’Olympia.

En 1974 aboutit son projet de comédie musicale au cinéma avec Un jour, la fête. Après l’aventure du Big Bazar, Fugain continue de se produire, notamment en 1977 à l’occasion d’un grand spectacle donné au Havre pour lequel est créée la chanson militante Le Chiffon rouge. Il poursuit sa carrière en saltimbanque, puis pédagogue en fondant un atelier pour artistes aux studios de la Victorine en 1979.

Les décennies suivantes sont plus difficiles sur les plans professionnel et personnel. Déçu par son émission télévisée Les Fugues à Fugain sur TF1, il sort néanmoins des albums solo et des comme en 1986, Chaque jour de plus en 1989 et Forteresse en 1992 qui lui procurent une audience médiatique et scénique. Il entame ensuite de nombreuses collaborations musicales, notamment avec la chanteuse belge Maurane.

La mort de sa fille Laurette en 2002 met un coup d'arrêt à sa carrière.

Le producteur Jean-Claude Camus le convainc de se lancer dans de nouveaux projets musicaux, comme le spectacle Attention mesdames et messieurs… mis en scène par Roger Louret aux Folies Bergère en 2005 et 2006. Il rend hommage à ses confrères artistes en mettant en musique leurs textes dans l’album Bravo et merci ! en 2007. Il annonce arrêter les enregistrements en studio, mais revient à la scène avec son Projet Pluribus en 2013 et sa Causerie musicale en 2017.

Chanteur populaire de variétés, flirtant parfois avec le jazz et la bossa nova, il exprime des convictions humanistes et libertaires en ses chansons.

Michel Fugain a vendu de disques en cinquante ans de carrière.

Il est promu commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres en 2009.

Biographie Jeunesse et études (1942-1962) Michel Fugain est né le à Grenoble, dans l’Isère. Son père, Pierre, originaire de La Rochette en Savoie, est résistant et militant communiste pendant la Seconde Guerre mondiale. Ses activités l’amènent à être emprisonné au fort Barraux, près de Pontcharra (Isère). Comme il est étudiant en médecine, ses geôliers décident de le nommer responsable de l’infirmerie. Lors d’une visite de sa femme, Marie-Louise, aux origines italiennes, ils conçoivent leur fils en prison. Sa naissance permet à Pierre Fugain d’obtenir une permission. Il profite de cette liberté conditionnelle pour s’évader.. Leur fille Claude naît plus tard en 1945.. La famille Fugain s'installe ensuite en 1947 à Voreppe, village de campagne où le père travaille comme médecin et poursuit son militantisme. , déclare Michel Fugain. Les enfants sont aussi au contact d’un milieu artistique et culturel, leur père côtoyant Pablo Picasso et son fils Paulo à Vallauris pendant leurs vacances d’été sur la Côte d'Azur.

Le jeune Michel fait sa maternelle et son école primaire jusqu’au CM1 à Voreppe. Il passe le reste de sa scolarité au lycée Champollion de Grenoble, où il obtient son baccalauréat en 1962 après avoir redoublé sa dernière année. Michel Fugain préfère fréquenter des filles, regarder James Dean au cinéma, danser le dans des clubs de jazz et écouter de la musique, notamment la bande originale du film Ascenseur pour l’échafaud de Louis Malle composée par Miles Davis. , se souvient-il. Néanmoins, lui et sa sœur préparent leur entrée en faculté de médecine, dans la droite ligne de leur père. Claude deviendra phoniatre et ORL à partir de 1971.. Michel arrête ses études pour se lancer dans une carrière de cinéaste.

Du cinéma à la musique (1962-1966) thumb|left|Michel Fugain en 1966. Photo d'identité (Sacem).

Cette décision survient au moment de sa rencontre avec Jean-Michel Barjol, président du ciné-club de Grenoble. Ce dernier lui fait d’abord découvrir et aimer le cinéma de la Nouvelle Vague et les Cahiers du cinéma. Puis, au cours de l’été 1962, Michel Fugain participe en tant qu’acteur au premier court métrage réalisé en Provence par son ami Jean-Michel : Blues pour un cowboy qui a mal au ventre. L’année suivante, il devient assistant réalisateur pour son deuxième film Nadia tourné entre Antibes et Nice. En , il souhaite définitivement travailler dans le cinéma et part tenter sa chance à Paris. Il emménage chez un ami médecin de son père vivant près du quartier de Saint-Germain-des-Prés, dans le sixième arrondissement. Deux mois plus tard Michel est recruté par Guy Blanc pour être stagiaire sur un documentaire traitant de la Bataille du Chemin des Dames. Entre-temps il retourne dans sa ville natale et rejoint Jean-Michel Barjol pour le tournage du film Au temps des châtaignes, un documentaire sur les paysans de l’Ardèche.. Cependant, en , Michel Fugain apprend qu’il doit effectuer son service militaire en Allemagne : en effet, depuis qu’il a arrêté ses études de médecine, il ne bénéficie plus d’aucun sursis. Profondément antimilitariste, il réussit, grâce à des confrères de son père, à se faire passer pour malade et passe seulement douze jours à l’hôpital militaire de Grenoble. De retour à Paris, il remplace Xavier Gélin au poste de second assistant du réalisateur Yves Robert pour son film Les Copains en .. Même s’il a pris plaisir à côtoyer les comédiens Philippe Noiret, Pierre Mondy et Claude Rich sur le plateau de tournage, cette expérience comme technicien reste plutôt frustrante : Il travaille une dernière fois comme second assistant réalisateur dans le cadre d’un sketch réalisé par Jean Delannoy pour Le Lit à deux places.

À la fin de l’année 1964 sa petite amie de l’époque lui suggère alors de s’inscrire aux cours d’art dramatique dispensés par Yves Furet, rue Paul-Valéry, pour faire de nouvelles connaissances. Là-bas Michel Fugain se lie rapidement d’amitié avec trois aspirants comédiens : Patrice Laffont, Michel Sardou et Patrick Villechaize. En 1965 les deux Michel participent notamment comme figurants avec Patrick Dewaere au film historique Paris brûle-t-il ? de René Clément dans une scène reconstituant la fusillade de la cascade du bois de Boulogne.. Mais Michel Sardou explique à ses amis qu’il voudrait devenir chanteur et envisage même de passer une audition chez Barclay. Chacun se lance dans l’écriture, imaginant ainsi des textes intitulés Le Madras, Je n’ai jamais su dire, Les Arlequins et Il pleut sur ma vie, tandis que Michel Fugain est chargé de les mettre en musique : À la fin de l’année 1965 Michel Sardou enregistre ces quatre chansons pour son premier 45 tours et commence sa carrière de chanteur. De son côté, Michel Fugain signe un contrat d’édition chez Barclay et rencontre Pierre Delanoë par l’entremise de l’éditrice Rolande Bismuth. Le parolier écoute deux nouvelles mélodies de Fugain et écrit sur celles-ci les chansons Dam di dam et La Princesse et le troubadour pour l’album Horizon d’Hugues Aufray sorti en 1966. Toujours avec la complicité de Patrice Laffont et Patrick Villechaize, chez qui il habite temporairement, Michel Fugain continue de composer des mélodies pour les disques Barclay. Il signe notamment celles de Jolie ou pas jolie pour Hervé Vilard, Si j’écrivais le livre pour Frank Alamo et Entrez sans frapper pour Dalida. La musique devient finalement sa nouvelle occupation, jusqu’à ce qu’elle se concrétise définitivement.

Un premier album et une comédie musicale (1966-1971) Michel Fugain est dorénavant engagé chez Barclay comme compositeur avec une équipe constituée de Georges Blaness, Michel Jourdan et Jean Schmitt. Ensemble, ils proposent une chanson intitulée Je ne peux rien promettre pour le prochain album de Marie Laforêt. Le directeur artistique de cette dernière, Roger Marouani, repère Michel Fugain et lui demande s’il souhaiterait enregistrer son propre disque. Ce dernier accepte et sort son premier 45 tours en pour la maison de disques Festival. Parmi les quatre morceaux, arrangés par Jean Bouchéty, seul Un pas devant l’autre passe à la radio au cours de l’été. Mais Roger Marouani incite Fugain à enregistrer un deuxième 45 tours en octobre à Londres avec le guitariste Big Jim Sullivan. En , la chanson Prends ta guitare, chante avec moi remporte un succès dans le classement musical d’Europe . Michel Fugain rassemble alors plusieurs musiciens, choisit Jacques Marouani comme imprésario et effectue ses premiers galas. Il est à l’affiche de l’Olympia en première partie d’Eddy Mitchell et Nino Ferrer le puis, le lendemain, il fait sa première télévision sur l’ORTF pour l’émission Têtes de bois et tendres années. Au mois de mai, il retourne à Londres pour enregistrer un nouveau 45 tours dont le titre-phare, intitulé Je n'aurai pas le temps, a été écrit par Pierre Delanoë. Sortie en , la chanson remporte la médaille d’or du Palmarès des chansons de Guy Lux en octobre.. Je n’aurai pas le temps clotûre le premier album de Michel Fugain et est même reprise en anglais sous le titre par John Rowles. Par ailleurs, à l’occasion des Jeux olympiques d’hiver organisés à Grenoble en , il compose l’hymne officiel Sous un seul flambeau interprété par Christine Bare. Michel Fugain commence à avoir conscience de sa notoriété naissante et décide de garder son autonomie. Il fonde les éditions Le Minautore avec Rolande Bismuth et signe en dans une nouvelle maison de disques : . Il entame ensuite une tournée avec Joe Dassin et Georgette Lemaire pendant l’été 1968 et enchaîne avec des galas en vedette anglaise de Salvatore Adamo en . L’année suivante, Michel Fugain sort son deuxième album avec les Soleil et On laisse tous un jour, écrit par Hugues Aufray et Vline Buggy.