Le référendum de 2017 sur l'indépendance de la Catalogne, connu également sous le numéronyme de 1-OLe numéronyme 1-O renvoie à la date du octobre., est un référendum d'autodétermination de la Catalogne à l'initiative du gouvernement régional de Catalogne et approuvé par le Parlement de Catalogne... mais suspendu par le Tribunal constitutionnel espagnol, qui a finalement lieu le dans la communauté autonome de Catalogne. Le le Tribunal constitutionnel espagnol le déclare illégal et annule sa loi..

La question posée aux électeurs et électrices est : .

Approuvée le par le Parlement de Catalogne, une loi sur le référendum d'autodétermination (Llei del referèndum d'autodeterminació de Catalunya) en précise les modalités mais le scrutin est jugé illégal par le Tribunal constitutionnel dès le lendemain .. Le président de la généralité de Catalogne, Carles Puigdemont, affirme cependant son intention de le maintenir. Le Tribunal constitutionnel ayant rendu un jugement définitif d'inconstitutionnalité du référendum le , au vu de la Constitution espagnole de 1978, le parquet du tribunal supérieur de justice de Catalogne ordonne à la Garde civile, aux Mossos d'Esquadra (la police catalane), au Corps national de police d'Espagne (CNP) et aux différentes polices municipales de saisir le matériel électoral afin d'empêcher la tenue du scrutin.. Le , dans le cadre de l'Opération Anubis, quatorze membres du gouvernement catalan sont arrêtés. Près de descendent dans les rues de Barcelone, entonnant l'hymne national catalan, Els Segadors, et la chanson antifranquiste L'Estaca., tout en dénonçant ..

Les opérations de vote ont lieu malgré cela, dans un contexte tendu qui donne lieu à des violences, faisant de nombreux blessés, notamment lors des évacuations de force de plusieurs bureaux de vote par la police.. Avec un taux de participation de 42,4 %, le l'emporte à 90 %.

Le , le président de la Généralité Carles Puigdemont annonce l'indépendance et indique celle-ci . Le parlement de la Généralité de Catalogne proclame l'indépendance sous forme de république le , mais le gouvernement espagnol répond instantanément avec l'article 155 de la constitution, mettant la Catalogne sous tutelle, destituant le parlement et son président et lançant des élections régionales pour le 21 décembre 2017. Les dirigeants responsables du référendum et de la proclamation d'indépendance sont accusés par la justice espagnole de , tandis que le président destitué Carles Puigdemont se réfugie en Belgique ; la justice espagnole émet un ordre européen de détention, puis le retire, évoquant la crainte que la justice belge réfute les motifs d'inculpation. Finalement, le , les partis indépendantistes obtiennent 47,5 % des voix aux élections régionales, ce qui leur permet d'avoir une nouvelle majorité absolue au Parlement de Catalogne avec 70 sièges sur 135.

Enjeux Après les événements de et , (voir historique)., le gouvernement catalan a convoqué un référendum le .

Le Tribunal constitutionnel espagnol a suspendu l’organisation de ce scrutin, le jugeant illégal, en attendant de se décider sur le fond. D'après le gouvernement central d'Espagne, le référendum ne respecte pas huit des articles de sa Constitution, y compris l'article 2 qui pose l’. D'après Gabriel Colomé, professeur en sciences politiques à l’université autonome de Barcelone, l'article 2 rend impossible toute sécession ; pour lui, .

Carles Puigdemont considère que le référendum est basé sur le , principe inscrit dans la Charte des Nations Unies, dont l'Espagne est signataire depuis 1955. Le procureur général d'Espagne menace d'ordonner son incarcération..

Arguant du non-respect de la loi par Barcelone, les forces de l’ordre ont saisi les 19 et , environ de bulletins de vote, ainsi que les convocations qui devaient être adressées à environ . La police a arrêté quatorze responsables du gouvernement régional accusés d'être impliqués dans le référendum ; la Cour constitutionnelle espagnole a infligé des amendes de à par jour à vingt-quatre organisateurs du référendum. Les comptes du gouvernement catalan ont également été mis sous tutelle.

Le PSOE soutient le parti du gouvernement (PP) dans l'interdiction du référendum : de la police nationale et de la garde civile ont été envoyés sur les lieux.

Pour le délégué du gouvernement, Enric Millo, un événement doit se dérouler le , mais cet événement ne peut pas être considéré comme un referendum. Le gouvernement catalan a appelé une médiation de l'Union européenne.

D'après le spécialiste des questions ibériques à l’Institut de relations internationales et stratégiques, Jean-Jacques Kourliandsky, le doit l’emporter mécaniquement car ceux qui reconnaissent l’autorité de Madrid ne participeront pas à une consultation qu'ils estiment illégale.

D'après Gabriel Colomé, le but du gouvernement catalan est de provoquer la répression par le gouvernement espagnol pour induire la résistance des séparatistes. Il indique : . Certains groupes d'entrepreneurs considèrent que le référendum a créé un climat d’incertitude alors que personne ne considère que le référendum mènera à l'indépendance, selon l'opinion de Jordi Alberich, directeur du Cercle de l’économie, le think tank des patrons catalans, qui ajoute ..

Le philosophe, écrivain et enseignant Bernard Quiriny relève le malaise des États-nations, voyant une involution dans le dépeçage de ces États et .. Pour l'économiste Laurent Davezies, le mouvement séparatiste catalan illustrerait .. Selon l'historien et spécialiste de l'Espagne Benoît Pellistrandi, le projet porté par les partis indépendantistes catalans se fonderait sur l'exclusion., et constituerait ., les autorités catalanes étant ..

Ce soi-disant , qui présente le catalanisme indépendantiste comme exclusif et le compare avec d'autres mouvements indépendantistes de européennes, comme ceux flamands ou en Italie du Nord, est contesté par l'historien Stéphane Michonneau, spécialiste de l'histoire politique catalane et du catalanisme, qui y voit plutôt , l'objectif principal des indépendantistes restant politique, à savoir la reconnaissance de la Catalogne comme dans un que serait l'Espagne. Dans ce cadre, pour lui, , mais ne serait pas remise en question. Par ailleurs, il met en cause le gouvernement espagnol qu'il présente comme défenseur d'un qui ne répondrait pas aux aspirations nouvelles d'une partie de la société catalane mais aussi du reste de l'Espagne...

Pour Le Monde diplomatique, la crise en Catalogne pourrait être sciemment exacerbée par le gouvernement de Mariano Rajoy, très en difficulté depuis les élections générales de 2015 et 2016. Le projet séparatiste catalan, très impopulaire auprès d'une large majorité d'Espagnols, permettrait de ressouder l'électorat conservateur autour du gouvernement et de reléguer au second plan les révélations liées à l'affaire Gürtel ( d'euros détournés au profit du Parti populaire)..

De même, les partis indépendantistes sont englués dans des affaires de détournements de fonds (affaire du port de Barcelone. ou affaire du palais de la musique de Barcelone..).

Historique Constitution du Pacte national pour le référendum Le , le Pacte national pour le référendum est créé par les partis et organisations indépendantistes, avec l'objectif de réaliser le référendum sur l'indépendance. La commission exécutive du Pacte comprend Joan Ignasi Elena i Garcia, coordinateur (ancien maire de Vilanova i la Geltrú et député au Parlement de Catalogne de 2012 à 2014), (sénatrice de Barcelone de 2008 à 2011), Jaume Bosch i Mestres (député de Barcelone au Parlement de Catalogne de 2003 à 2015), Francesc de Dalmases, Carme-Laura Gil (ancienne députée au Congrès des députés puis au Parlement de Catalogne), Itziar González (architecte et ancienne conseillère municipale de Barcelone), Francesc Pané (poète et député au Parlement de Catalogne de 2006 à 2010) et Carme Porta (députée au Parlement de Catalogne de 1999 à 2006).

Annonce de la date et de la question du référendum Le , le gouvernement catalan, conjointement avec les députés indépendantistes du Parlement de Catalogne, annonce la date du référendum, le , ainsi que la question posée, formulée :

Les électeurs sont les citoyens espagnols en âge de voter, inscrits sur les listes électorales du territoire de la communauté autonome de Catalogne.

Réactions internationales à la mise en place du référendum Le , Antonio Tajani, le président du Parlement européen, a déclaré dans une lettre adressée au député européen Beatriz Becerra (UPyD) que l'ordre constitutionnel de chaque État membre devait être respecté tout le temps. Il a aussi déclaré que si un territoire doit faire sécession d'un État membre, il deviendrait un État tiers vis-à-vis de l'Union européenne et vis-à-vis des traités de l'Union européenne qui ne s'y appliqueraient plus.. Le , le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a dit que l'UE respecterait et suivrait la réglementation et la décision de la cour constitutionnelle espagnole et du parlement.. Ensuite Juncker a déclaré que la Catalogne ne peut pas devenir un État membre de l'Union européenne au jour du vote.. La veille du référendum des manifestations de soutien ont eu lieu dans plusieurs pays européens où les volontés indépendantistes sont présentes, y compris la France, l'Italie.. Le Conseil de l'Europe, consulté par Carles Puigdemont, a dit que tout référendum ne peut se conduire qu'en pleine application de la Constitution.

De l'approbation du référendum par le Parlement à son inconstitutionnalité thumb|Manifestation du 16 septembre 2017 à Barcelone pour l'indépendance de la Catalogne. Le mercredi , après une session parlementaire houleuse, la majorité, composée des groupes Ensemble pour le oui et Candidature d'unité populaire (CUP), fait approuver la loi sur la tenue du référendum portant sur l’indépendance de la Catalogne prévu le .

Le lendemain, jeudi , la loi sur la tenue du référendum est annulée par le Tribunal constitutionnel. qui met également en garde les maires des 968 communes de Catalogne pour les dissuader d'organiser le scrutin, illégal, El País, 8 septembre 2017.. Le Parlement adopte le même jour et avec la même majorité ( sur 135) le projet de loi de transition (Llei de transitorietat jurídica i fundacional de la República) qui prévoit l'organisation de la Catalogne si le au référendum du l'emporte, ne serait-ce que par une voix et sans minimum de participation nécessaire..

Le mercredi suivant, , le parquet de Catalogne ordonne à la police de saisir le matériel électoral dans le but d'empêcher le référendum illégal. Les maires des municipalités catalanes sont menacés d'être arrêtés s'ils se montrent disposés à organiser le référendum..

Une semaine plus tard, le mercredi , dans le cadre de l'Opération Anubis, la garde civile procède à l'arrestation de quatorze hauts responsables du mouvement indépendantiste et à la saisie de plusieurs millions de bulletins de vote, déclenchant des manifestations de milliers de Catalans.

Le , le président de la Généralité, Carles Puigdemont, fait publier la liste des bureaux de vote sur un site internet dédié., en dépit des risques judiciaires encourus.

En prévision du , Madrid envoie plusieurs milliers de gardes civils et de policiers nationaux à Barcelone et réquisitionne des bateaux de croisière pour les loger..

À partir du vendredi , afin d'éviter la fermeture des écoles, les indépendantistes occupent les locaux jusqu'au matin du référendum, y organisant de nombreuses fêtes..

Jour du vote vignette|Urne dans le quartier El Guinardó, à Barcelone. Le , jour du référendum, le tribunal supérieur de justice de Catalogne (Tribunal Superior de Justícia de Catalunya) ordonne aux corps de police la fermeture des bureaux de vote..