Leonardo Cremonini, né le à Bologne et mort le à Paris Relevé des fichiers de l'Insee, est un peintre italien.
Biographie
Jeunesse Leonardo Cremonini naît à Bologne en 1925. Son père, cheminot, commence à peindre dès son adolescence et transmet sa passion à son fils.
En 1936, lorsque son père est muté à Paola en Calabre, Leonardo Cremonini a l'occasion déterminante de connaître l'Italie du sud, encore profondément rurale, et la lumière méditerranéenne à qui il restera lié pour toujours et qu'il étudie inlassablement dans ses peintures. Grâce à une bourse d'études du collège Venturoli obtenue en 1941, il fréquente pendant quatre années l'Académie des beaux-arts de Bologne, où ses maîtres sont Alfredo Protti, Guglielmo Pizzirani, Farpi Vignoli et Luciano Minguzzi. Avec Guglielmo Pizzirani, il se lie d'une profonde amitié, partagée avec son ami peintre Dino Boschi.
En 1945, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, toujours avec la même bourse d'études, Cremonini décide d'aller à Milan pour fréquenter l'Académie de Brera et connaître l'environnement culturel de la métropole du Nord de l'Italie. Pendant ces années, il effectue de longs séjours de travail sur l'île Comacina sur le lac de Côme. Au cours de l'année 1945, il a noué des amitiés et des complicités de toute une vieParmi les personnalités avec lesquelles il s'était lié on peut citer : Italo Calvino, Marc Le Bot, Giuliano Briganti, Max Clarac Serou, Gaëtan Picon, Cecilia Ayala, Fortunato Bellonzi, Giorgio Soavi, Germain Viatte, Main Bosquet, Luigi Carluccio, Michel Troche, Ipousteguy, Gilbert Lascault, Pierre Skira, François Werlin, Enrico Crispolti, Carlo Ludovico Ragghianti, Zao Wou-Ki, Pier Carlo Santini, Enrico Vallecchi, Maria Luigia Guaita, Gianni Guaita, Ignazio Buttitta, Lorenzo Tornabuoni, Titina Maselli, Pierre Gaudibert, Louis Althusser, Franco Solmi, Renato Zangheri, Henry Le Chénier, Velickovic, Petlin, Rosofsky, Leon Golub, Gilles Aillaud, Fabio Rieti, Pietro Cascella, Monroy, , Alain Jouffroy, France Huser, Dino Buzzati, Pier Luigi Pizzi, Alberto Sughi, Renzo Vespignani, Mario de Micheli, Bernd Krimmel, Jean-François Lyotard, Emile Langui, Jean Clair, Peter Kral, Vittorio Sgarbi, Luchino Visconti, Bernardo Bertolucci, Elio Petri, Valerio Zurlini, Roberto Dionigi, Elvira Cassa Salvi, Vieira da Silva, Ginevra Bompiani, Régis Debray, Georges Balandier, Renzo Federici, Pierre Carron, Marina Lambraki Plaka, Roberto Barzantini, Jean-Philippe Domecq ou Flaminio Gualdoni. Les amis qui l'ont soutenu comme intervenant culturel ont été chronologiquement : Catherine Viviano, Erica Brausen, Gasparo del Corso, Mario Tazzoli, Gino Ghiringhelli, Max Clarac Serou, Jan Krugier, Sandro Manzo, Aldo Roncaglia, Ennio Casciaro, Tiziano Forni, Pierre Belfond, Claude Bernard, Gheerbrant, Franco Trippa, Rosabianca Skira, Giulio Urbinati, Marie Claire Ades, Francoise Künzi, Alberto Montrasio, Alberto Buffetti et Flavio Arensi..
En 1950, il vit et travaille à Venise où il fréquente Virgilio Guidi, Peggy Guggenheim (qui lui propose un petit studio dans la cité des Doges) et Giuseppe Marchiori. Sa peinture traverse alors une nouvelle phase stylistique qui s'écarte des solutions académiques. La première rupture avec une figuration traditionnelle intervient en 1948 avec les vues sur le lac et les paysages de Malles Venosta, pays de l'ami Plattner.
Entre Paris et l'Italie En 1951, il se rend à Paris avec une bourse d'études de l'État français grâce au soutien d'importantes personnalités de la culture italienne, entre autres, Elio Vittorini et Mario Sironi. Ce dernier, dans une lettre recommandée adressée au jury, écrit :
Il stabilisera sa résidence principale en France, alternant avec de longs séjours de travail à Forio d'Ischia, dès la fin de l'année 1955. En 1956, il effectue un séjour de travail à Douarnenez en Bretagne, où il fait la connaissance de son futur ami Georges Perros. En 1958 et 1959, il séjourne deux années entières à Panarea, une des Îles Éoliennes, au large de la Sicile, où il fera acheter une maison à son ami Roberto Matta.
En 1963, de son union avec Giovanna Madonia, linguiste, naît son fils Pietro Cremonini, aujourd'hui architecte à Paris. À partir de 1974, il partage sa vie avec son épouse Roberta Crocioni, également artiste-peintre.
De 1952 à 1960, Cremonini expose quasi exclusivement à New York, sans y résider, où sa galeriste est Catherine Viviano. Pendant ces années, les artistes et les écrivains qui sont devenus ses amis sont : Gino Severini, Luigi Corbellini, Jacques Brosse, Philippe Lejeune, Pierre Emmanuel, Leonor Fini, Kot Jelenski, Francis Bacon, William Rubin, Balthus, Sebastian Matta, Paul Delvaux, Giancarlo Menotti, Ivos Margoni, Stanislao Lepri, Alberto Moravia, Dacia Maraini, Jean Dewasne, Michel Butor, Pavel Tchelitchev, Fabrizio Clerici, Stephen Spender, Henri Cartier-Bresson.
À partir de 1960, ses œuvres sont plus visibles en Europe, où plusieurs expositions se succèdent. Il continue à vivre à Paris et alterne des séjours de travail à Bertinoro, sur l'île de Procida près de Naples, à Bagheria en Sicile, à Sanlucar de Barrameda en Andalousie, à Trouville en Normandie ou sur les cols florentins. Il expose surtout à Paris, en particulier dans la galerie du Dragon. Au fil des années, les expositions rétrospectives les plus importantes de son travail ont eu lieu dans les musées de Bâle, Bruxelles, Metz, Paris, Prague, Bologne, Darmstadt, Strasbourg, Tokyo, Sienne, Spolète, Grenoble, Aoste, Monte-Carlo, Toulon, Milan et Athènes.
En 1964, l'artiste expose dans une salle personnelle à la Biennale de Venise. En 1965, il reçoit le prix de la Biennale de Saint Marin. Il participe également cette année à la neuvième Quadriennale nationale d'art de Rome, à laquelle il participera à nouveau en 1972, 1986 et 1999. En 1978, il participe à nouveau à la Biennale de Venise, où il montre quatre œuvres. En 1979, il reçoit le prix du président de la République Italienne à l'Académie nationale de San Luca. Cette même année a lieu sa première exposition à la galerie Claude Bernard de Paris, avec qui il collabore jusqu'en 2006 et qui l'exposera plusieurs fois à la FIAC.
Des années 1980 à la mort De 1983 à 1992, Leonardo Cremonini est chef d'atelier de peinture à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. En 1985, il est choisi pour réaliser le drappellone, l'étendard remis au vainqueur du Palio de Sienne du mois d'août. Dans les années 1980, sa peinture évolue et, bien que conservant les mêmes sujets, son style s'essentialise et ses compositions se simplifient. Cremonini obtient plusieurs distinctions : il est fait commandeur des Arts et des Lettres en France, et membre de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, de l'Académie nationale de San Luca à Rome, de l'Académie des beaux-arts à l'Institut de France, de l'Académie des arts du dessin à Florence. En 2005 et 2006, il est président de l'Académie de San Luca.
En 2008, il présente à SALe à Legnano la production inédite de ses années académiques à Milan dans les années 1940, à l'occasion d'une grande exposition dont les commissaires sont Flavio Arensi et Alberto Buffetti.
En 2009, l'Association Alberto Buffetti produit l'ouvrage Cremonini. Dessins et aquarelles 1946-1996 édité par Allemandi et C. editore, qui pour la première fois rassemble la vaste production graphique du maître de Bologne.
En 2010, à Athènes, ils réalisent une exposition à l'Institut italien de la Culture et une monographie du peintre au Centre culturel athénien et à l'Institut de culture italien à Athènes, dont le commissaire est Adriano Baccilieri.
Leonardo Cremonini est mort le à Paris, où il résidait depuis de longues années avec son épouse, Roberta Crocioni.
Après sa mort, les musées de Hydra en Grèce et la Fondation William Louis-Dreyfus à Fairfield aux États-Unis lui consacrent deux expositions monographiques reparcourant sa longue carrière. À partir de 2017, la Galerie T&L (Paris) commence à représenter son travail. En 2021, le Museo d'arte moderna e contemporanea di Trento e Rovereto en Italie confronte son œuvre à celle de son ami Karl Plattner lors d'une exposition. En 2024, l'école des Beaux-Arts de Paris publie le catalogue raisonné de ses gravures, à l'occasion d'une exposition à l'Institut de France tandis que le Centre Pompidou acquiert l'un de ses principaux tableaux des années 1960, le diptyque Les écrans du soleil (1967-1968)Leone Casati Modignani, "Il centre Pompidou acquisisce un capolavoro di Leonardo Cremonini, Artslife. En mai 2026, ouvre au musée Lambinet et à l'Espace Richaud à Versailles une rétrospective de toute sa carrière rassemblant plus de 130 œuvres, constituant la plus grande exposition consacrée à l'artiste en France depuis plus de quarante ansPrésentation de l'exposition Leonardo Cremonini. Le Regard en miroir, Ville de Versailles, 27 mai - 4 octobre 2026.
Œuvre Dans les années 1940, il peint des scènes de la vie quotidienne dans un style figuratif académique. Sa manière évolue vers des recherches résolument modernes et une figuration plus stylisée dans les années 1950, avec des formes géométrisées et des sujets à la force expressive éloquente, tels que des concrétions rocheuses, des plantes en croissance, des carcasses d'animaux.
À partir des années 1960, il peint principalement des scènes balnéaires et des atmosphères d'intérieur qui évoquent souvent les vacances, la mer, le farniente mais aussi la vie de couple, le désir et la fin de l'amour. Techniquement, ses peintures ont des couleurs vives, des formes stylisées et élégantes mais non dénuées de matière : Cremonini travaille notamment à partir de coulures de peintures verticales, qui s'intègrent dans les aplats géométriques qui cadrent ses scènes.
Sa peinture, en particulier à partir des années 1960, est souvent empreinte d'une atmosphère métaphysique et mélancolique et a été interprétée en clé psychanalytique et philosophique par de nombreux penseurs, notamment Umberto Eco, Louis Althusser, Alberto Moravia, Italo Calvino, Dino Buzzati, Michel Butor, Régis Debray et, après sa mort, Bernard-Henri Lévy (2017) et Dominique Fernandez (2026).
Collections publiques Les œuvres de Leonardo Cremonini se trouvent dans plusieurs musées à travers le monde dont : Alger, musée national des beaux-arts Bologne, Musée d'art moderne Caen, musée des beaux-arts Détroit, Institute of Arts Florence, galerie des Offices Grenoble, musée de Grenoble Jérusalem, musée d'Israël Lille, musée d’art moderne Marseille, musée Cantini Marseille, Fonds régional d'art contemporain Sud Martigues, musée Ziem Milan, Galerie d'art moderne New York, Brooklyn Museum New York, Fondation William Louis-Dreyfus New York, Museum of Modern Art New York, Rockefeller Center Ottawa, Musée des beaux-arts du Canada Paris, Fonds national d'art contemporain Paris, musée d'art moderne de la Ville de Paris Paris, musée national d'art moderne Paris, musée de l'histoire de l'immigration Paris, École nationale supérieure des beaux-arts Pittsburgh, The Carnegie Museum Princeton, musée d'art de l'université de Princeton Strasbourg, musée d’art moderne et contemporain Washington, Hirshhorn Museum
Élèves
Gaïde Jegou, à l'École des beaux-arts de Paris. Didier Paquignon, à l'École des beaux-arts de Paris. Emmelen Landon Suzanne Hay Olivier de Mazières
Décorations Il est fait commandeur lors de la promotion du Archives des nominations et promotions dans l'ordre des Arts et des Lettres..
Notes et références
Bibliographie Pierre Gaudibert, Cremonini : douze ans de peinture, 1970-1982 [exposition, musée de Grenoble, -], Grenoble, musée de Grenoble, 1983. Italo Calvino, Umberto Eco, Cremonini: opere dal 1960 al 1984, Casalecchio di Reno, Grafis, 1984. Collectif, Leonardo Cremonini [peintures 1953-1967], Genève-Paris, Skira, 1987. Michel Butor, Cremonini, 1958-1961 : minéral, végétal, animal [exposition, Paris, galerie Dionne, -], Paris, Seuil, 1996.