Les Élections municipales françaises de 2014 se déroulent les 23 et 30 mars à Grenoble. Éric Piolle est élu maire le 4 avril 2014 par le nouveau conseil municipal avec 50 voix contre 7 à Matthieu Chamussy et 2 à Mireille d'Ornano.

Mode de scrutin Le mode de scrutin à Grenoble est celui des villes de plus de : la liste arrivée en tête obtient la moitié des 59 sièges du conseil municipal. Le reste est réparti à la proportionnelle entre toutes les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés. Un deuxième tour est organisé si aucune liste n'atteint la majorité absolue et au moins 25 % des inscrits au premier tour. Seules les listes ayant obtenu aux moins 10 % des suffrages exprimés peuvent s'y présenter. Les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés peuvent fusionner avec une liste présente au second tour. 31 des 59 conseillers municipaux élus siègent au sein du conseil de Grenoble Alpes Métropole.

Résultats précédents +Élections municipales de 2008Tête de listePartisPremier tourSecond tourSièges#%#%#% Michel DestotPS - MoDem - PCF - MRC - PRG 19 01142,7320 95948,014474,58 Jean-Philippe MotteDVG2 9426,61 Fabien de Sans NicolasUMP et alliés12 44227,9712 87729,50915,25 Maryvonne BoileauLes Verts - Les Alternatifs6 92515,579 81922,49610,17 Mazdak KafaiLCR2 0714,66 Catherine BrunLO6351,43 Jean-Pierre DoujonPT4601,03Inscrits 84 345 100,0084 345 100,0059100,00Abstention38 53945,6939 64247,00Votants45 80654,3144 703 53,00Blancs et nuls1 3201,57 1 0481,24Exprimés44 48652,74 43 65551,76

Les élections de 2008 sont marquées par la volonté d'inflexion vers le centre du maire sortant qui constitue une liste dans laquelle le MoDem est, après le PS, le parti le plus représenté. Trois élus ayant siégé dans l'opposition de droite entre 2001 et 2008 figurent également sur la liste de Michel Destot, dont Bernard Betto, ancien adjoint de son prédécesseur, Alain Carignon. Ce choix conduit à la fin de l'alliance entre le PS et l'ADES (association locale regroupant des sympathisants de gauche écologistes, antilibéraux, altermondialistes, etc. ), qui présente une liste autonome soutenue par les Verts et les Alternatifs. À droite, l'hypothèse d'une candidature d'Alain Carignon est écartée à la suite de sa lourde défaite aux législatives de 2007 face à Geneviève Fioraso et c'est Fabien de Sans Nicolas qui est désigné candidat.

À l'issue du premier tour, la liste conduite par Michel Destot arrive en tête et fusionne avec la liste Divers gauche GO Citoyenneté menée par Jean-Philippe Motte. Les listes de la droite et de l'ADES sont également qualifiées pour le second tour. À ce dernier, la liste d'union de la gauche arrive en tête avec une majorité relative ce qui permet à Michel Destot, maire depuis 1995, d'être réélu pour un troisième mandat. La liste de l'ADES obtient un bon résultat mais se retrouve dans l'opposition tandis que la liste de droite est à un niveau historiquement bas.

Contexte Droite À droite, Matthieu Chamussy, devenu chef de file de l'opposition municipale à la suite du retrait progressif de Fabien de Sans Nicolas, qui ne siège plus au conseil municipal, ne cache pas ses ambitions mais l'absence d'un leadership fort et les divisions internes à l'UMP conduisent la fédération UMP de l'Isère à prévoir d'organiser des primaires ouvertesGrenews : Grenoble 2014 : L'UMP n'a "plus le droit à l'erreur". Dans ce cadre des débats ont lieu au printemps 2013. Ils réunissent plusieurs candidats potentiels dont Denis Bonzy, ancien maire de Saint-Paul-de-Varces, ancien conseiller général et régional apparenté RPRL'Humanité : Le Pen a trouvé des passerelles à droite, candidat UMP malheureux aux cantonales de 2008Ministère de l'intérieur : résultats des élections cantonales 2008 dans le canton de Vif, Alain Carignon, Matthieu Chamussy et Benjamin Piton, responsable adjoint des Jeunes Actifs en Isère.

Alors que le premier tour de la primaire est prévu le 6 octobre 2013, le président de l'UMP 38, Jean-Claude Peyrin, décide, fin août, à la surprise générale, de suspendre le processus et transmet le dossier aux instances nationales20 minutes : L'UMP de l'Isère suspend ses primaires ouvertesLibération : Municipales: la figure de Carignon divise la droiteLe Dauphiné : Primaires à Grenoble: l'UMP sera fixée le 8 octobre. Denis Bonzy prend alors la décision de mener une liste indépendante de l'UMPLe Dauphiné : Municipales: Denis Bonzy se déclare candidat à Grenoble, décision qu'avait déjà prise l'ancien président de la CCI, Gilles Dumolard, qui avait pris sa carte à l'UMP en 2008Le Dauphiné : Gilles Dumolard : « Nos concurrents ne respectent pas les électeurs ».

Le 7 octobre le Dauphiné libéré publie un sondage Ifop commandé par Richard Cazenave et Matthieu Chamussy, qui montre un net rejet d'Alain Carignon par les électeursLe Dauphiné Libéré : Exclusif / Grenoble : Chamussy et Cazenave dévoilent les résultats de leur sondage. Les proches d'Alain Carignon dénoncent un sondage orientéLe Dauphiné Libéré : Grenoble : sondage Chamussy/Cazenave, le jour d’après…. Le 8 octobre, la commission nationale d'investiture de l'UMP désigne Matthieu Chamussy pour conduire la liste et lui impose trois colistiers : Alain Carignon en , Benjamin Piton en et Richard Cazenave en France 3 Alpes : Municipales à Grenoble: Matthieu Chamussy choisi comme tête de liste de l'UMP. Le 12 octobre, Matthieu Chamussy annonce qu'il accepte l'investiture mais qu'il compte placer Alain Carignon et Richard Cazenave à des places éligibles uniquement en cas de victoireLe Dauphiné Libéré : Grenoble : Chamussy propose une autre liste que celle de Copé! Et Peyrin lui répond. Dans la journée Richard Cazenave accepte tandis qu'Alain Carignon refuse et réclame que l'investiture soit retirée à Matthieu ChamussyFrance bleu : "Je veux faire MA liste" dit l'UMP Matthieu Chamussy pour les municipales à Grenoble. Dans la soirée Jean-Claude Peyrin déclare que la « décision irresponsable » de Matthieu Chamussy va lui faire perdre l'investiturePlace Gre'net : "Je ne suis pas un candidat sous tutelle"France3Alpes : Grenoble : Matthieu Chamussy, tête de liste UMP, éloigne Carignon et Cazenave avant les municipales, ce qui est confirmé par Jean-François Copé le 15 octobre« L'UMP n'a plus de tête de liste à Grenoble », in Le Figaro, mercredi 16 octobre 2013, page 4. et contesté par Matthieu Chamussy, lequel annonce qu'il sera candidat quoi qu'il arrive, et par des proches de François FillonLe Dauphiné Libéré : Grenoble : la version de l’entourage de François FillonFrance 3 Alpes : Municipales à Grenoble: "J'ai toujours l'investiture de l'UMP", Matthieu Chamussy. Chamussy reçoit en novembre le soutien de la fédération iséroise de l'UDILe Dauphiné Libéré : Municipales à Grenoble: l'UDI Isère va travailler avec Matthieu Chamussy. Le 27 novembre, la CNI confirme l'investiture de Matthieu Chamussy en échange de sa promesse de proposer la à Alain CarignonGrenews : Municipales à Grenoble: Chamussy serait finalement tête de liste UMP.

Au cours de l'automne, plusieurs membres de la liste de Gilles Dumolard quittent celle-ci en raison de sa ligne jugée trop droitière. Les colistiers restant accusent Denis Bonzy, qui a annoncé que sa propre liste est complètePlace Gre'net : Le vote est un acte de consommation, d'être à l'origine de ces départs, ce qu'il démentGrenews : Grenoble: est-ce que la "guerre" est déclarée entre les deux listes indépendantes?. Le 5 décembre, Gilles Dumolard officialise sa décision de ne pas conduire de liste et affirme négocier son ralliement avec Denis BonzyLe Dauphiné Libéré : Municipales à Grenoble: Dumolard ne rejoindra pas Chamussy, mais peut-être Bonzy. Il annonce finalement le 7 février qu'il ne sera présent sur aucune listeLe Dauphiné : Grenoble: Gilles Dumolard arrête sa campagne pour les municipales, ledauphine.com.

Majorité sortante Au sein de la majorité municipale sortante, Michel Destot, après plusieurs mois de suspenseGrenews : Grenoble: Michel Destot passe le relais à Jérôme SafarFrance 3 Alpes : Après 18 ans à la tête de la mairie de Grenoble, Michel Destot raccroche et intronise Jérôme Safar, annonce en septembre 2013 qu'il ne brigue pas un quatrième mandat de maire et qu'il soutient son premier adjoint, Jérôme Safar20 minutes : Destot passe le témoin à Safar.

Philippe de Longevialle, adjoint à l'urbanisme, affirme pendant l'été 2013 qu'il conduira une liste de rassemblement centriste au nom du MoDem, alors qu'il est en délicatesse avec ce parti depuis les régionales de 2010Grenews : Municipales à Grenoble: Philippe de Longevialle veut "rationaliser"Le Dauphiné : Le Modem suspend Philippe de Longevialle. Il annonce par la suite qu'il conduira une liste « centriste » à l'écart des partis mais indique avoir le soutien du MoDem sur ses bulletins de vote et professions de foi.

GO Citoyenneté annonce le 21 novembre son choix de figurer dans la liste de Jérôme Safar dès le premier tourLa Dauphiné Libéré : Municipales à Grenoble : le PG s'allie avec les écologistes et GO citoyennete avec le ps. Le MRC et le PRG confirment également soutenir le candidat socialiste.

Après avoir appelé dans un premier temps à constituer une liste Front de gaucheLe Dauphiné : Vers une liste Front de gauche à Grenoble pour les municipales de 2014, la section locale du PCF se prononce le 10 décembre en faveur d'une alliance avec le PSGrenews : Municipales: à Grenoble, les communistes choisissent le PS.

EELV, PG et alliés A Grenoble, les Verts, puis Europe Écologie Les Verts, ont une tradition d'alliance avec divers groupements locaux écologistes et de la gauche radicale. Après avoir soutenu le PS en 1995 pour gagner la ville, face au maire RPR sortant Alain Carignon, impliqué dans l'affaire Dauphiné News et qui sera ultérieurement condamné à une peine de prison ferme, l'association locale ADES, regroupant écologistes et anticapitalistes, a présenté une liste autonome en 2008. Celle-ci avait obtenu 15 puis 22 % des suffrages exprimés après s'être maintenue au second tour face aux listes PS et UMP. Forts de leurs résultats aux européennes, aux régionales et aux cantonales, les écologistes sont confiants dans leur capacité à rassembler largement à gauche pour représenter une alternative au PS20 minutes : Municipales Ils veulent rassembler largement pour gagner en 2014.

Le Parti de gauche intègre le processus de constitution d'une alliance plus large le 21 novembre. Le 7 décembre, le conseiller régional EELV Éric Piolle prend la tête de la liste « Grenoble, une ville pour tous » dans le cadre de « Grenoble, une ville pour tous. Le rassemblement citoyen de la gauche et des écologistes » réunissant EELV, l'ADES, trois composantes du Front de gauche : le PG, la Gauche anticapitaliste et Les Alternatifs, ainsi que des citoyens engagés au sein du collectif Réseau citoyenLe Dauphiné Libéré : Grenoble: Piolle élu tête de liste pour le rassemblement "Une ville pour tous".

Front national Mireille d'Ornano, candidate du FN, déclare en septembre 2013 que sa liste est complètePlace Gre'net : A Grenoble tout sauf la gauche.

Têtes de liste

Campagne À partir du mois de novembre, les listes conduites par Matthieu Chamussy, Eric Piolle et Jérôme Safar commencent à distribuer des tracts sur les marchés et dans les boites aux lettres. Fin novembre, la gauche réagit vivement à la décision de l'UMP d'imposer la présence d'Alain Carignon sur la liste conduite par Matthieu Chamussy, rappelant les lourdes condamnations pénales de l'ancien maireLe Monde : Le retour par la petite porte d’Alain Carignon à Grenoble.