Saint-Louis-de-Gonzague est une ancienne paroisse du Québec, fondée vers 1864 et dont un secteur nommé Biron fut fermé en 1974. Son territoire est situé dans la MRC d'Avignon en Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine. Une partie se retrouve aujourd'hui à Carleton-sur-Mercarletonsurmer.com, alors qu'une autre partie (Plan Vautrin) est à Nouvelle.

Situation

Saint-Louis-de-Gonzague est un hameau agricole et forestier situé à 8 kilomètres au nord de Saint-Omerwikimapia.org, fondé en 1864 dont un secteur nommé Biron fut fermé par le Gouvernement du Québec en 1974. Quelques personnes y habitent encore. En 2002 s'y est tenue la Fête de l'union paysanne gaspésienneRadio Canada, Fête de l'union paysanne à Saint-Louis de Gonzague. Du 10 au , Saint-Louis-de-Gonzague a fêté son de fondation..

Histoire

La Mission Saint-Louis-de-GonzagueMission Saint-Louis fut donnée en l'honneur du Fondateur Louis Litalien.toponymie.gouv.qc.ca : Mission-Saint-Louis fut fondée vers 1864, au moment où le premier pionnier s'y est installé avec sa famille pour y vivre. Selon la tradition orale, c'est en 1864 que Louis Litalien, venu de Saint-Octave-de-Métis, s'installa avec sa famille sur un lot du rang I dans le Canton de Nouvelle. En outre, le procès-verbal du de la municipalité de Carleton fait mention d'un nouveau chemin appelé la « Route de Sandy Bay » (Baie-des-Sables)Nous ne connaissons pas la raison du nom de la route. Elle s'appelle aujourd'hui « route Saint-Louis ». - - toponymie.gouv.qc.ca : Route Saint-Louis. Au registre de la paroisse de Carleton, nous retrouvons inscrit le mariage de l'aînée des filles de Louis Litalien, Marie-Anastasie, qui épousa le Bernard Savoie. À la lumière de ce qui précède, nous pouvons conclure que l'année 1864 est probablement exacte.

Considéré comme « squatter », c'est-à-dire installé et fixé sur un territoire sans droit ni titre, Louis Litalien s'établit dans la forêt sur la montagne afin de défricher la terre. Attiré par les surfaces fertiles comportant de nombreux plateaux, il décida de s'installer avec sa famille sur ce territoire afin d'y faire de l'agricultureLe Vieux-Saint-Louis comprend le rang 1, 2 et 3.toponymie.gouv.qc.ca : Le Vieux-Saint-Louis.

À partir de 1870, d'autres familles ont suivi, les LeBlanc, Mercier, Thériault, Arsenault, Nadeau, Godbout, Landry, etc. Ce territoire comprend la partie nord-ouest du Canton de Nouvelle et une partie du Canton de Carleton dans le secteur de la Baie des Chaleurs. L'administration de ce territoire fut sous la responsabilité de la paroisse de Saint-Joseph-de-Carleton jusqu'en 1899, soit au moment de la fondation de la paroisse de Saint-Omer.

Afin d'officialiser leur situation, les citoyens de Saint-Louis-de-Gonzague demandèrent, de manière officielle, au Diocèse de Saint-Germain de Rimouski, de faire partie intégrante de la cure et de la paroisse de Saint-Omer en ce qui a trait aux affaires canoniques. Ainsi, le décret canonique du établissait les nouvelles limites du territoire de la paroisse de Saint-OmerDécret canonique de 1920, Diocèse de Rimouski, Rimouski, 1920.. Ces limites comprennent les rangs 1 à 5 soit tout le territoire de Mission St-Louis et aussi le rang 5 désigné sous le nom de Biron.

La paroisse de Saint-Omer continua son expansion en 1922 en annexant le territoire de Mission Saint-Louis-de-Gonzague pour fins civiles. Afin de recevoir plus de services de la part de la municipalité, les citoyens de ce territoire demandaient de reconnaître civilement le décret canonique de 1920. Le décret de 1922 ordonna que le territoire de Mission Saint-Louis-de-Gonzague compris dans le Canton de Nouvelle dans la paroisse Saint-Jean-l'Évangéliste et dans le Canton de Carleton dans la paroisse de Saint-Joseph de Carleton, soit annexé, pour les fins civiles, à la paroisse de Saint-OmerDécret civil de 1922, Département du Procureur général, Québec, 1922, . (Gazette Officielle de Québec, vol. 54, no. 46, Québec, ).. La population de Mission Saint-Louis-de-Gonzague comptait 150 habitants en 1922.

À partir de 1932, c'est l'arrivée de nouveaux citoyens sur le rang BironBiron fut donné en l'honneur du curé de St-Omer le révérend Jérémie Fulgence Biron qui desservit Mission Saint-Louis de 1899 à 1907.toponymie.gouv.qc.ca : BironRang Biron - cinquième rang de Nouvelle au centre, (les Dubé, Cyr, Boudreau, Nadeau, Litalien, Loisel, LeBlanc, Bergeron, Fournier, Quinn, Caissy, Lafrance, Lapointe, Kenny, Althot), sur le rang du Plan VautrinLe nom Plan Vautrin fut donné en l'honneur de Irénée Vautrin, ministre de la colonisation en 1935.toponymie.gouv.qc.ca : Plan-VautrinLe Plan Vautrin : à l'ouest du rang Biron (Allard, Leblanc, Boudreau, Caissy, White, Berthelot, Pichette, Bujold, Débigaré, Landry et Williamson) et sur le rang CarletonRoute du Canton Carleton : à l'est du rang Biron (Berthelot, Roy, Cyr, Francoeur, Landry, Arsenaullt, Bujold, Savoie).

En 1938 la Mission Saint-Louis fusionne avec le secteur de Biron pour former une paroisse canonique qu'on appela Saint-Louis-de-Gonzague. Ainsi, le , la Paroisse canonique de St-Louis-de-Gonzague fut constituée.

En 1974, à la suite d'une entente avec les citoyens du secteur de Biron, tous les résidents ont dû quitter ce territoire. Yolande Lepage Litalien explique ainsi le contexte de l'époque : « Depuis quelques années, le gouvernement parle de la fermeture des paroisses dites marginales. Brébeuf a vu partir tous ses habitants en 1971. À St-Louis, la fermeture des écoles provoque le départ de plusieurs familles. En 73, le gouvernement intervient et propose l'évacuation collective en faisant miroiter des dédommagements de l'ordre de neuf à dix mille dollars. C'est l'exode massif. Quelques-uns résistent car le rapport de fin d'année 1973 nous révèle que 42 familles et 260 habitants demeurent encore dans la paroisse. Mais le sort en est jeté, une partie du village de St-Louis, soit le secteur de Biron, comprenant le rang Biron et le rang du Plan Vautrin, doit être anéanti. Les décrets sont promulgués: celui de gouvernement pour la paroisse de colonisation, du Secrétaire de la province pour la dissolution de la Fabrique et celui de l'Evêque de Gaspé pour la suppression de la paroisse canonique. Les propriétaires ont le droit de transporter leurs maisons dans les villages où ils vont s'installer. Sinon, il faut les brûler, car tout doit disparaîtreYolande Lepage Litalien... et al., St-Louis-de-Gonzague, 1864-1974 : historique et souvenirs, St-Omer et Y. Lepage Litalien, 1985, . » La paroisse canonique de St-Louis-de-Gonzague fut fermée le Dans la Gazette officielle du Québec du 7 septembre 1974, on peut y lire : « Paroisse St-Louis-de-Gonzague - Avis est par les présentes donné que la suppression de la paroisse dont le nom suit, située dans le diocèse de Gaspé, a été faite par un décret de Monseigneur Bertrand Blanchet, Evêque Catholique Romain de Gaspé, en date du vingt-deux août mil neuf cent soixante-quatorze (22 août 1974) - St-Louis-de-Gonzague, Le Chancelier du diocèse de Gaspé, Paul Joncas, V.G. »Gazette offielle du Québec, 7 septembre 1974, , no 36 - banq.qc.ca.

À la suite de la fermeture du secteur de Biron, la résilience s'installe dans le vieux St-Louis. Ainsi, Mission St-Louis poursuivra sa route et les citoyens mèneront toutes les batailles afin que St-Louis-de-Gonzague demeure toujours vivant.

Le 10, 11 et , St-Louis-de-Gonzague a fêté son de fondation. À cette occasion près de 400 personnes étaient réunies pour cette fête.

Église vignette|upright|Cloche de l'église avant son installation en 1940. De 1864 à 1899, Mission Saint-Louis-de-Gonzague était sous la responsabilité de la paroisse de Carleton. La première chapelle fut construite le .

De 1899 à 1920, Mission St-Louis-de-Gonzague dépendait de la paroisse Saint-Omer.

De 1920 à 1938, Mission St-Louis-de-Gonzague fusionne avec la paroisse de St-Omer.

En 1938-1939, la fusion de Mission Saint-Louis-de-Gonzague avec le rang Biron, s'est fait pour former la paroisse de St-Louis-de-Gonzague, le .

En 1940, l'église de Saint-Louis-de-Gonzague fut construite sur le rang Biron.

En 1974, avec la fermeture de Saint-Louis-de-Gonzague, Saint-Omer reprenait les activités religieuses. Aujourd'hui, ce territoire est revenu à Carleton-sur-mer avec la fusion de St-Omer et de Carleton-sur-mer le .

Économie

Ainsi, le développement économique et social de Saint-Louis-de-Gonzague a débuté en 1867 par la construction de la Route de Sandy-Bay reliant la route principale à Saint-Louis-de-GonzagueProcès-verbal de la Route de Sandy-Bay, Ville de Carleton, 1869, .. Le curé Blouin y bâtit une chapelle en 1887 sous le vocable Saint-Louis-de-Gonzague. La chapelle fut ouverte au culte le Rapport annuel du curé Blouin, Diocèse de Rimouski, Rimouski, 1890, .

Le développement économique de St-Louis-de-Gonzague est décrit comme un système agro-forestier, c'est-à-dire des activités forestières et une agriculture de subsistance.

Le premier bureau de poste fut ouvert le à Mission Saint-Louis jusqu'en 1967. Un deuxième bureau de poste fut ouvert en 1936 à Biron jusqu'en 1974.

En 1941, la caisse populaire de Saint-Louis-de-Gonzague fut fondée. Toutefois, la caisse populaire dut fermer en 1950.

À l'automne 1941, la Salle paroissiale est construite.

Le Cercle des fermières St-Louis-de-Gonzague fut établi le .

En 1943, le Département de la santé et du bien-être national nomme officiellement une garde-malade pour la paroisse.

En 1944, une coopérative d'alimentation sous le vocable la Société coopérative L'Avenir de Saint-Louis de-Gonzague est constituée.

En 1946, le dispensaire fut construit.

En 1958, l'électricité arrive à St-Louis-de-Gonzague.

En 1964, l'Association coopérative forestière de Saint-Louis fut fondée.

Éducation

C'est l'éducation qui fut l'institution la mieux organisée à Saint-Louis-de-Gonzague. En 1883, une première institutrice est venue pour un an. Toutefois c'est à compter de 1889, que le curé de Carleton, François Adelme Blouin, embaucha une personne qui s'occupa d'assurer la formation et l'éducation des enfants du village, puisqu'à l'époque il n'y avait pas d'école proprement dite. Toutefois, en 1892 les résidents de l'endroit construisirent une petite maison-école et ils engagèrent une institutrice à raison de par annéeRapport annuel du curé Blouin, Diocèse de Rimouski, Rimouski, 1892, .

En 1894, la Commission scolaire de Mission Saint-Louis-de-Gonzague fut fondée. La première année le curé Blouin avança les fonds. Le Gouvernement subventionnait l'école pour un montant de . De ce fait, entre et par année étaient exigés des citoyens afin de subvenir aux besoins de cette écoleDocuments de la Session no. 3, Statistique générale du coût de l'enseignement, Québec, 1896, .

En 1940, la commission scolaire de Biron est constituée.

En 1960, les deux commissions scolaires de Biron et de Mission St-Louis sont fusionnées pour former la Commission scolaire de St-Louis-de-Gonzague.

En 1961, le couvent Saint-Florian est construit à Biron. Ainsi, le c'est l'ouverture des classes pour 108 élèves.

Culture vignette|120px|Prudent Landry. Honoré Godbout, Chanteur countryhonoregodbout.net Jean-Marie-Prudent Landry, (1887-1973) « Le Roi de la mâchoire »Prudent Landry, Le Roi de la mâchoire, Raymond Desbiens, Les Éditions JCL, Chicoutimi, Québec, 2008 Un corps de majorettes, "Les Fleurs de St-Louis" fut formé en 1966 par l'abbé Florian Dorval et la troupe est restée active jusqu'en 1973.