Léa France Gourdji, dite Françoise Giroud, née le à Lausanne. en Suisse et morte le à Neuilly-sur-Seine, est une journaliste, écrivaine et femme politique française.

Son pseudonymeChristine Ockrent, Françoise Giroud, une ambition française, Fayard, 2003, . de Françoise « Giroud », quasi anagramme de Gourdji que lui avait inventé Maurice Diamant-Berger pour travailler à la radio vers 1938Françoise Giroud, Leçons particulières, Fayard, 1990, ., devient officiellement son nom par un décret paru au Journal officiel le sur le site du ministère de la Culture..

Vice-présidente du Parti radical et de l'UDF, elle est deux fois secrétaire d’État et est une personnalité majeure de la presse française.

Biographie Françoise Giroud, qui s'appelle dans l'enfance Léa France Gourdji, est issue d'une famille juive séfarade.. D'abord prénommée usuellement France, elle est la fille de Salih GourdjiFrançoise Giroud raconte dans Leçons particulières (Fayard, 2003) comment son père, réfugié politique à Paris pour avoir refusé de mettre son agence au service des Allemands, y fonde alors un journal politique, La Turquie nouvelle en 1908., directeur de l'Agence télégraphique ottomane de Constantinople puis du journal La Turquie nouvelle à Paris, et d'Elda Faraggi (1882-1959), tous deux « israélites de l'Empire ottoman »Doan Bui et Isabelle Monnin, Ils sont devenus français, J.-C. Lattès, 2010, et suiv.. Elle naît à Lausanne, au avenue de Rumine, mais ne l'a jamais su, ses papiers de naturalisation mentionnant Genève comme ville de naissance. En 2016, à l'occasion du centième anniversaire de sa naissance, une plaque commémorative est apposée sur la façade de son immeuble.. Son père, né à ConstantinopleSe présentant à des élections à Bagdad en 1912, il prétendra y être né., épouse, après des études de droit à Paris, Elda Faraggi, de Thessalonique (Grèce), fille d'un médecin-major, colonel de l'armée turque. Mais Salih Gourdji meurt précocement de la syphilis le à Ville-ÉvrardLaure Adler, Françoise, . (aujourd'hui Neuilly-sur-Marne), laissant sa femme et ses deux filles dans de graves difficultés financières.

Élève au lycée Molière (Paris), Léa France Gourdji quitte l'école à l'âge de quatorze ans pour travailler et aider financièrement sa mère, : « Alors, à la veille de mes quinze ans, un jour un plus sombre que les autres, j'ai compris que tout cela était du domaine du rêve, que ma mère s'enfonçait chaque jour davantage et que je n'avais qu'une chose à faire : travailler. Gagner ma vie. Apporter de l'argent à la maison au lieu d'en coûter ».. Après une formation de deux mois à l'école Remington, elle obtient un diplôme de dactylographeSi je mens, Stock, 1972. ; munie de ce diplôme elle trouve un emploi dans une librairie du boulevard Raspail à Paris, où elle est chargée de la rédaction du courrier et de la vente quand son employeur est absent.Si je mens, Stock, 1972.. En 1932 Marc Allégret (1900-1973), qui l'avait connue enfant, entre dans la librairie où elle travaille et l'incite à venir travailler avec lui dans le cinémaSi je mens, Stock, 1972 : ..

Cinéma et débuts de journaliste Grâce à Marc Allégret qui vit dans un appartement contigu à celui d'André Gide, elle devient un temps l'assistante occasionnelle du grand écrivain : « C'était le 13 mai 1932, Marc m'attendait chez lui, où il travaillait avec un scénariste. Il habitait l'appartement contigu à celui d'André Gide, rue Vaneau ». et commence une carrière dans le cinéma à Paris (en 1932, scripte du film Fanny de Marc Allégret).. Dès 1935, sous le nom de France Gourdji, elle apparaît au générique du film Baccara d'Yves Mirande. Elle devient la première femme scripte du cinéma français auprès de Marc Allégret, dont elle tombe amoureuseOn ne peut pas être heureux tout le temps, Françoise Giroud, Fayard, 2001 : « L'amour est violent à cet âge. En vérité, je n'ai jamais aimé autant personne que Marc Allégret, et cela pendant des années. Lui m'aimait beaucoup, tout le monde saisira la nuance ». alors que celui-ci entretient une relation avec l'actrice Simone SimonAndré Gide & Marc Allégret - Le roman secret, Pierre Billard, Plon 2006, page 277], interview de Laure Adler dans Paris Match, 9 janvier 2011., auprès de Jean Renoir dont elle est l'assistante metteur en scène à partir de 1937 (le nom de Gourdji apparaît au générique de La Grande Illusion en tant que script girl.), puis de Jacques Becker dont elle est co-scénariste puis scénariste sous le nom de Françoise Giroud. Ses différents métiers lui font découvrir son talent pour l’écriture.

Pendant l'exode en 1940 elle part en voiture rejoindre sa famille à Clermont-Ferrand où réside sa sœur, Djénane (1910-1969).. Djénane, dite « Douce », est l’épouse de Jean Chappat, mort à son retour des camps de concentration de Ravensbrück et de Flossenbürg.

En 1940 elle écrit des contes puis des articles pour Paris-Soir, dont la rédaction s'est installée à Lyon, où elle se trouve également, ainsi que pour le magazine 7 Jours .. Elle écrit aussi des chansons, comme Le Charme slave, pour Andrex. Le elle obtient une autorisation de travailler du Comité d'organisation de l'industrie cinématographique, ce qui lui permet de traverser la ligne de démarcation et de travailler tant en Zone libre qu'en Zone occupée : « J'ai fait des films dans les deux zones. En zone libre Promesse à l'inconnue, qui n'était pas mauvais. Et puis je suis rentrée tout à fait à Paris »..

Elle est baptisée avec sa mère le , à l'église de Montcombroux-Vieux-Bourg (Allier), par le curé Bardet, qui antidate leurs certificats à 1917Alix de Saint-André, Garde tes larmes pour plus tard, Gallimard 2013, ..

Françoise Giroud est, selon ses propres diresInterview dans L'Express, le ., un modeste agent de liaison dans la Résistance pendant la guerre. Elle est arrêtée par la Gestapo sur dénonciation, le 9 mars 1944, et incarcérée à Fresnes de mars à . Sa mère fait appel à Joseph Joanovici, un collaborateur proche de Henri Lafont., qui la fait libérerD'après le colonel Rémy, Mémoires d’un agent secret de la France Libre, Paris, Éd. France-Empire, 1998. quelques jours avant sa déportation prévue au mois de juillet. Journalisme vignette|redresse|gauche|Françoise Giroud en 1951 (Studio Harcourt). En 1943 elle écrit dans Le Pont, périodique allemand édité en français créé par la Propagandastaffel en 1940.

En 1946 elle est engagée par Hélène Lazareff pour travailler dans son nouveau magazine Elle, qui se veut moderne et féministe ; elle en deviendra la directrice de la rédaction et quittera l'hebdomadaire en 1952 .. Elle écrit également des portraits dans France Dimanche, l'Intransigeant et France-Soir.

En 1953 elle fonde L'Express avec son amant Jean-Jacques Servan-Schreiber, sur des positions opposées à la guerre d'Indochine puis d'Algérie, ce qui lui vaut le plasticage de son appartement en 1962.. Elle reste à la tête de l'hebdomadaire jusqu'en 1974 comme directrice de la rédaction, puis de la publication, et enfin présidente du groupe Express-Union entre 1970 et 1974. Elle intervient à la télévision dans l'émission Italiques, en sur le féminisme à propos de Kate Millett, Germaine Greer et Norman Mailer, en sur l'œuvre de Bertrand de Jouvenel défendue par Raymond Aron, et en pour présenter son livre Si je mens. Françoise Giroud publie en parallèle plusieurs essais, dont La Nouvelle Vague, portrait de la jeunesse, en 1958, créant une expression qui qualifie par la suite les cinéastes issus des Cahiers du cinéma (voir Nouvelle Vague).

Politique Bien qu'ayant appelé à voter pour François Mitterrand, elle est nommée par le président de la République, Valéry Giscard d'Estaing, secrétaire d'État chargée de la Condition féminine auprès du Premier ministre, Jacques Chirac, de à . S'appuyant sur des groupes de travail thématiques créés en 1974 (ruralité, discriminations juridiques, emploi, problèmes de couple, sport et place des femmes en politique), elle déclare : . Elle lance « cent une mesures » en faveur des femmes : mise en place de droits propres, lutte contre les discriminations, ouverture des métiers dits masculins ; 80 sont retenues par le gouvernement, afin de . Le secrétariat d'État est cependant doté de moyens limités et peine à faire aboutir ses projets, par manque de coordination avec les autres ministères. Par ailleurs, elle sait que ce travail ne portera ses fruits que sur le long terme et répond ainsi en 1975 quand on la questionne sur son bilan : , senat.fr, consulté le.. Une fois les dizaines de mesures programmées, Françoise Giroud considère sa mission terminée et écrit en ce sens au président de la République pour mettre un terme à ses fonctions..

D' à elle est secrétaire d'État à la Culture et n'a que le temps d'entériner des décisions prises avant elle : loi sur l'architecture du , création des DRAC.

Candidate aux élections municipales de 1977 dans le de Paris à la demande de Valéry Giscard d'Estaing et de Michel d'Ornano, elle est au cœur d'un scandale dans le contexte de l'affrontement entre les partisans de Giscard d'Estaing et ceux de Jacques Chirac. Le sénateur Maurice Bayrou, compagnon de la Libération, porte plainte contre elle pour port illégal de la médaille de la RésistanceJacqueline Remy, « Le roman d'une Parisienne », L'Express, .. Plusieurs anciens résistants portent également plainte contre elle pour , soulignant qu'elle a fait figurer le titre de médaillée de la Résistance sur un certain nombre de documents de propagande électorale, et en particulier sur sa profession de foi. La majorité de ces résistants sont des femmes, comme Marie-Madeleine Fourcade, présidente du Comité d'action de la Résistance.. C'est la sœur de Françoise Giroud, Djénane Gourdji, qui a reçu la médaille pour avoir créé et animé un des premiers mouvements de résistance à Clermont-Ferrand en 1941 puis avoir été internée au camp de Ravensbrück. Un décret du l'atteste. Françoise Giroud affirme d'abord avoir reçu cette médaille en en même temps que sa sœurLe Monde, 11 mars 1977 (communiqué de Françoise Giroud : ., puis, pour sa défense, affirme que sur la foi de certaines assurances qui lui avaient été données elle s'était toujours considérée comme effectivement titulaire de cette décoration. Elle est critiquée par le Rassemblement pour la RépubliqueLe Monde, 11 mars 1977.. Ce scandale entraîne son retrait des élections parisiennes et sa non-reconduite au sein du nouveau gouvernement Barre. Le procureur décide de classer l'affaire en , le chancelier de l'ordre de la Libération, président de la commission nationale de la médaille de la Résistance, ayant décidé de ne pas porter plainte, arguant de la bonne foi de Françoise Giroud, même s'il n'existe aucune trace d'un dossier relatif à cette médaille... Marie-Madeleine Fourcade prend acte de la décision du procureur et du , feignant de négliger .. Selon Christine Ockrent et Laure Adler, une lettre reçue par leur mère prouverait que cette médaille aurait été attribuée aux deux sœurs, Françoise ayant rejoint le mouvement de sa sœur en 1944, mais que celle-ci ne serait pas allée la chercherChristine Ockrent, Françoise Giroud, une ambition française, Fayard, 2003, page ?.Laure Adler, Françoise, Grasset, 2011. Laure Adler, interviewée par Laurent Ruquier, lors de l'émission On n'est pas couché du .

Françoise Giroud quitte la politique en 1979 et, inspirée par les ors de la République, écrit La Comédie du pouvoir puis Le Bon Plaisir en 1983, adapté au cinéma. Ce dernier livre, publié aux éditions Mazarine, raconte l'histoire d'un président de la République qui cache l'existence d'un enfant adultérin .. Cependant elle a constamment déclaré qu'elle ignorait tout de l'existence de l'enfant caché de François MitterrandAlix de Saint-André, Garde tes larmes pour plus tard, Gallimard 2013, ..