Gracieuse Céline Laguarde de Camoux, connue sous le nom abrégé Céline Laguarde, est une photographe amatrice française, née à Biarritz le et morte à Lausanne le .
Elle appartient au mouvement artistique des pictorialistes.
Biographie Née à Biarritz dans la capitale du Pays basque français le ., Gracieuse Céline Laguarde de Camoux vit à Paris dans les années 1880-1890, avant de s'établir à Aix-en-Provence, où elle fréquente la bonne société et tient salon, participant à des rencontres musicales et littéraires . Plusieurs des convives présents servent de modèles photographiques peu de temps après.
Ses premiers tirages datent de l'extrême fin du . Une première de ses œuvres, intitulée Une précieuse, est publiée dans la revue Art et Photographie dès 1900Revue et illustration en ligne sur le site Gallica de la BnF.. L'année suivante, dans la même revue, c'est un autre tirage intitulé L'Automne qui est reproduit. Elle se passionne pour la photographie dans la mouvance des pictorialistes, et devient vite une élève de Robert Demachy, avec qui elle partage une très bonne maîtrise de la technique de la gomme bichromatée.
Photographiant son entourage immédiat, famille, amis et proches, elle ne tarde pas à photographier des personnalités locales du milieu intellectuel de Provence, qu'elle fréquente alors. Elle devient d'abord membre du photo-club de Marseille., avant de devenir membre correspondant de celui de Paris en 1902..
Dans la prestigieuse édition de L'Épreuve photographique, avec impression en taille douce, éditée en deux série en 1904 et 1905 par Plon, sous la direction de Roger Aubry, les œuvres de Céline Laguarde Stella, Étude en brun, Pierrette côtoient les travaux des plus grands noms du pictorialisme : Constant Puyo, Robert Demachy, Maurice Bucquet… Seule femme à figurer à l'index de cette publication, .
Publiée à plusieurs reprises dans des revues photographiques spécialisées, française et étrangèreLes tirages Profil et Jeune fille à l'œillet sont publiés dans Charles Holme (s./dir.), Art in photography with selected examples of european and american works, in The Studio, Londres, Paris et New York, 1905 — Numéro en ligne, Bibliothèque numérique de l'université de Heidelberg.Les tirages Portrait et Au jardin ensoleillé sont publiés dans Photographische Mittelungen, Berlin, 1906., ainsi que dans des ouvrages de photographie, elle participe à plusieurs expositions organisées par différents photo-clubs, dont ceux de Marseille (1903 et 1904) et Paris. Le Photo-club de Nice organise du 6 au , dans le casino municipal, une exposition qui lui est entièrement consacrée, où elle présente près de 70 œuvres.
Son œuvre de pictorialiste s'articule autour de deux périodes : de la fin jusqu'en 1909 et de 1909 à 1914. Michel Poivert indique que l'entrée qui lui est consacrée dans Dictionnaire mondial de la photographie, Larousse (Paris), 2001, 766 p. En ligne sur le site Gallica de la BnF.. Elle immortalise les portraits d'hommes célèbres : Maurice Ravel, Darius Milhaud, Francis Jammes, Maurice Barrès, Frédéric Mistral ou encore Jules Chéret.
Par arrêté du ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts du , elle reçoit les insignes d'officier d'AcadémieJournal officiel de la République française, année, , datée du En ligne sur le site Gallica de la BnF. comme artiste peintre à Paris. La revue de la Société de photographie de Marseille lui adresse ses félicitationsMarseille Revue Photographique, datée du En ligne sur le site Gallica de la BnF..
Elle épouse le , à Aix-en-Provence, le docteur suisse Édouard Frédéric Bugnion (1845-1939). Il semble que son activité photographique diminue après la Première Guerre mondiale, même si elle accompagne les travaux scientifiques de son mari entomologiste, avec des microphotographies réalisées dans leur villa La Luciole, à côté d'Aix. Après la mort de son mari à Aix-en-Provence, elle partage son existence entre la France et la Suisse.
Gracieuse Céline Laguarde de Camoux meurt en 1961. Bienfaitrice de l'abbaye de Saint-Maurice, en Suisse, dont elle a financé la fabrication du nouvel orgue, elle y est ensevelie, après un service funèbre à la basiliquePaul Fleury, Les Échos de Saint-Maurice, 1962, tome 60, ..
Distinctions
Expositions
Dans le cadre de l'exposition Qui a peur des femmes photographes ?, organisée par le musée d'Orsay, du au , plusieurs de ses œuvres ont été exposées et reproduites dans le catalogue de l'exposition. Notamment, les portraits de Jean-Henri Fabre, Maurice Barrès, ainsi que les œuvres Sorcière, La Robe de gaze et deux autres portraits d'hommes. En 2017, le musée d'Orsay a fait l'acquisition d'un fonds important d'œuvres en provenance directe de l'artiste. À la suite de cela le musée d'Orsay lui consacre une exposition personnelle, Céline Laguarde (1873-1961). Photographe, du au .
Notes et références
Bibliographie Robert Demachy et Constant Puyo, dans Les Procédés d'art en photographie, Photo-club de Paris, 1906, où les auteurs publient un tirage de Fantaisie Louis XV de Céline Laguarde. Alfred Maskell et Robert Demachy, Le Procédé à la gomme bichromatée, ou Photo-aquateinte, traduit de l'anglais par G. Devanlay, Gauthier-Villars et fils, Paris, publication en 1898 ; réédition en 1987. . . .
Liens externes
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