Le Demi-sang d'Auvergne est une race de chevaux de selle surtout destinée à la remonte des cavaleries de l'armée au début du . Elle disparaît au début du .
Histoire Lætitia Bataille, spécialiste de l'élevage équin en France, estime que le demi-sang d'Auvergne provient de l'ancien cheval navarrin et de croisements avec des Pur-sang..
Selon l'association de la race Auvergne, ce cheval serait le lointain descendant de chevaux d'origines orientales abandonnés par les Sarrasins dans les plaines du Vouillé vers l'an 732. Leurs chevaux seraient restés sur place dans les départements de Corrèze, de Creuse et de Haute-Vienne, puis les barons du pays s'en seraient emparés. Ces chevaux auraient constitué la souche d’une population qui essaime au cours des siècles suivants dans tout le Limousin puis l’Auvergne, donnant également le cheval limousin, très proche du Demi-sang d'Auvergne.
De l'antiquité au vignette|gauche|Le demi-sang d'Auvergne pourrait être le descendant de chevaux abandonnés par les Sarrasins. Le cheval d'Auvergne semble apprécié au Moyen Âge. En 1577, le duc de Bouillon mentionne dans un texte en français classique qu'il chevauchait un animal d'Auvergne en partant de Turenne : ... L'existence du cheval d'Auvergne est évoquée dans des documents du qui décrivent un petit cheval de montagne rustique de forme orientale, assez proche du sang. Le est sous Henri IV une monture très prisée de ses cavaliers. Selon la tradition, le fameux cheval blanc du roi provient lui-même de la ferme du Barra, près d'Aurillac.
C'est Louis XIV qui, avec la création des Haras nationaux français au cours du , tente d' ces chevaux dans le but de remonter sa cavalerie. Il fait pour cela appel à des étalons étrangers, de sang turc et barbe, et à des étalons frisons et hollandais. Ces croisements donnent peu de résultats, en raison surtout d'une mauvaise gestion des haras.
Lors d'un recensement de la population équine auvergnate par l'administration des haras en 1764, 604 juments sont estimées comme susceptibles de donner naissance à de bons poulains dans la région. L'historien du cheval Jacques Mulliez estime que ce faible nombre reflète la mauvaise qualité de la population chevaline auvergnate.. À la fin du , ces animaux sont décrits comme pourvus , ou encore comme .
En 1788, poulains d'Auvergne naissent dans la région. Leur vente rapporte quelque livres. Avec la suppression des haras nationaux en 1790, les chevaux du pays retrouvent rapidement leurs anciennes caractéristiques du fait de la disparition des étalons étrangers qui y sont stationnés. Pendant la révolution française, le général Houchard remonte un régiment de cavalerie légère près d'Aurillac. Durant le Premier Empire, les chasseurs sont remontés avec des chevaux d'Auvergne. L'Auvergne produit alors beaucoup de chevaux élevés à l'économie, vendus vers quatre ans pour la selle. Les guerres font toutefois qu'à la re-création des haras nationaux, les meilleurs chevaux ont disparu.
Naissance du demi-sang d'Auvergne L'élevage des chevaux auvergnats destinés à la remonte des armées et à la cavalerie légère est géré par les haras nationaux et des éleveurs associés. La taille du cheval d'Auvergne étant trop réduite pour la cavalerie légère, il est croisé avec des Pur-sang et des Anglo-normands pour donner le , un cheval , destiné à la guerre, largement utilisé pendant les guerres d’empires... Il n'a que peu de rapports avec l'ancien type de la race. Les éleveurs ont été très réticents à croiser avec l Pur-sang, préférant l'Arabe. Si Eugène Gayot défend l'utilité de ces croisements, ils ont souvent eu de mauvais résultats en donnant des chevaux aux membres grêles, aux reins longs, aux côtes plates, et surtout beaucoup moins rustiques que l'Auvergnat originel. Selon André Sanson, ils ont fortement nui aux qualités ancestrales de l'Auvergnat. De plus, les conditions d'élevage mauvaises font qu'un tiers du cheptel est atteint de fluxion périodique.
En 1855, le cheval auvergnat léger utilisé pour la remonte des armées est estimé perdu par les croisements. Ce demi-sang disparaît définitivement avec la fin du recours à la cavalerie dans les armées françaises.
Description vignette|Gravure de chevaux auvergnats extraite d'un rapport à Monsieur le préfet du Puy de Dôme sur le service de la monte en 1873.
Un numéro du journal des haras, daté du milieu du , rapporte que . L'une d'elles, le demi-sang d'Auvergne, est un cheval de course issu de l'ancienne race croisée avec les étalons arabes et anglais. La seconde espèce, alors en voie de disparition, est l'ancien cheval auvergnat. Il tient beaucoup de l'Arabe, porte souvent une robe gris truité et possède beaucoup d'ardeur et de fond. La troisième espèce est celle des , croisés avec des chevaux de gros trait et des étalons Anglo-normands.
L'ancien cheval auvergnat est, selon le naturaliste Louis-Furcy Grognier « une émanation affaiblie de la race limousine, résultat immédiat du sang oriental ». André Sanson et Jean-Henri Magne le décrivent aussi comme proche du cheval limousin, avec : l'auvergnat est moins régulier que le limousin. L'impression générale est celle d'un cheval , .
La taille est réduite, de à selon Eugène Gayot, moins d' selon Alexandre-Bernard Vallon, de à selon le dictionnaire de Cardini. Elle a augmenté, de à vers la fin du , selon Audigier qui lui consacre un article dans la Revue d'Auvergne. La tête est fine, courte et expressive, dotée de salières creuses, d'un œil vif, d'oreilles très droites et très mobiles, et de narines larges. Elle parait plus forte que chez le cheval limousin parce qu'il est plus petit. L'encolure est rouée ou renversée, assez courte. La crinière est abondante et fine. Eugène Gayot affirme que, lorsque le vent soulève la crinière et le toupet de ces chevaux, cela leur confère un air échevelé très étrange. Le garrot est haut et beau, tranchant, souvent séparé de l'encolure par le coup de hache. Le poitrail et le corps sont étroits mais la poitrine est profonde, condition de vitesse. Le dos et le rein sont bien conformés, mais ce dernier peut être long. Les flancs sont retroussés ou cordés>. Les hanches sont saillantes et la croupe tranchante, courte, anguleuse et basse, légèrement avalée ou en pupitre. La jambe est musclée et fine, le genou large et bien articulé, les canons lisses aux tendons bien détachés, presque aussi gros que l'os. Les membres sont impeccables, secs et nerveux, exempts de tares, mais ils présentent parfois des défauts d'aplombs. Le jarret est crochu et clos, assez gros, le paturon est court. Le pied est petit et bien conformé, terminé par un sabot noir à la corne très dure.
L'ancien auvergnat est vif, nerveux, solide, rustique et remarquablement endurant, capable de parcourir 60 kilomètres en une journée. L'élevage en montagne lui donne de nombreuses qualités de sûreté de pied et les hippologues ne tarissent pas d'éloges : [...] . Ses allures et son caractère sont toutefois moins bons que chez le cheval limousin. Ces chevaux sont . La robe est le plus souvent gris fer.
Les lieux de pâture du cheval auvergnat sont généralement pauvres, ce qui le rend facile à nourrir et capable de supporter les longues abstinences. Il est des plus résistants à la maladie. L'entier atteint son plein développement à l'âge de cinq ans en moyenne, mais il est fréquemment monté dès l'âge de deux ou trois ans..
Utilisations Il est employé pour la selle, la guerre et la chasse. Il est exclusivement destiné à être monté et « éminemment propre au service de la selle », car sa physionomie est peu adapté à l'attelage. C'est également un animal rapide qui a : les courses organisées à Aurillac au début du ont poussé certains propriétaires à une sélection plus rigoureuse, bien que le cheval d'Auvergne reste souvent dans l'ombre de son voisin, le cheval limousin. Le demi-sang d'Auvergne est l'une des trois races légères de cavalerie employées du début du , avec le cheval navarrin et le cheval limousin. Il est réputé être . Les meilleurs animaux de service se trouvent au Mont-Dore, . Le dépôt de remonte d'Aurillac effectue alors ses achats de chevaux auvergnats dans les départements du Cantal, du Puy-de-Dôme, de la Corrèze et de l'Aveyron, sur différentes foires.
Ce demi-sang qui a remonté les troupes de la cavalerie française a aussi été exporté.
Dans la culture Un cheval d'Auvergne est mentionné dans le célèbre roman Les Trois Mousquetaires d'Alexandre Dumas. Il y sert de monture à Mousqueton, qui accompagne Porthos. Cantal, cheval gris truité qui fut monté par Bonaparte à la bataille d'Austerlitz, est présumé auvergnat. Son portrait à l'huile se trouve au musée municipal d'Aurillac.
Notes et références
Références universitaires
Références historiques anciennes
Références associatives et web
Annexes Articles connexes Cheval limousin Cheval d'Auvergne Liste des races chevalines de France Cheval en France
Liens externes
Bibliographie
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