Marthe Guillain, née à Charleroi le et morte à Watermael-Boitsfort (Bruxelles) en 1974, est une artiste peintre aquarelliste belge qui réalise également des collages.

Autodidacte, son style, évoluant du fauvisme à l'abstraction, a été influencé par ses séjours à Paris, en Union soviétique, à Istanbul et au Congo belge.

Biographie Après des premières études à l’Université du Travail de Charleroi auprès du peintre Léon Van den HoutenMalgré ces cours, elle est considérée comme autodidacte., Marthe Guillain suit des cours de régendat littéraire pour devenir institutrice. En 1914, elle se rend en Russie où elle donne des cours particuliers de français pour les enfants d'un ami. Dès le début de la Révolution d'Octobre, elle revient brièvement en Belgique avant de s'installer à Paris afin d'y suivre des cours de perfectionnement de dessin dans l’atelier de Fernand Cormon.

En 1917, Marthe Guillain s’engage comme infirmière et est envoyée sur le front de l’Yser où elle rencontre le peintre fauve brabançon Médard Maertens qui deviendra son époux. Le couple demeure à Paris et fréquente des artistes comme Fernand Léger, Chaïm Soutine, Suzanne Valadon, Maurice de Vlaminck ou encore Paul Signac. De cette union naissent trois enfants. La famille continue de vivre à Paris.

En 1924, elle organise sa première exposition personnelle à Paris. Dans les années qui suivent, elle est invitée à exposer à Bordeaux et à Boston, où elle obtient le diplôme d'honneur.

Tous les courants avant-gardistes l’intéressent. La virulence progressive de ses coloris et le schématisme audacieux de ses œuvres ne sont pas sans rappeler le travail de Van Gogh. Peintre intimiste de figures et d’intérieurs et paysagiste, sa manière de peindre s’apparente en ce temps à celles des peintres fauves français.

En 1928, elle part avec son mari à Istanbul. Elle y enseignera le dessin.

En 1935, elle divorce et revient en Belgique. Elle s'installe à Watermael-Boitsfort.

La galerie Georges Giroux à Bruxelles expose ses œuvres du au Arts et lettres de Wallonie, 1946 ainsi que du au Catalogue de l’exposition de femmes peintres et sculpteurs, 1947.

Après s’être rendue à Istanbul pour y enseigner le dessin, elle effectue en 1951 un séjour au Congo belge. Grâce à une bourse, elle y retourne en 1953 pour une durée de dix-huit mois où elle vivra au sein d'une tribu de Pygmées pendant quelques mois.

Au Congo, elle peint sur des draps et sur du papier. Ses œuvres sont teintées d’accents fauves et de lyrisme abstraitMariage chez les Pygmées - Danses (1953) - Musées royaux des beaux-arts de Belgique, Bruxelles, en abrégé MRBA, numéro d'inventaire 8214/1-3 . Son travail en Afrique donne lieu à une exposition au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles en 1955 "Une femme chez les pygmées".

Découvrant Kandinsky, ses toiles deviennent tout à fait abstraites. Elle utilise du sable qu’elle incorpore à ses œuvresPaul Piron, Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des , volume I, A → K, .

Sa peinture n'a cessé d'évoluer durant toute sa carrière. Elle est passée d'un fauvisme caractérisée par une grande intensité de couleurs à une peinture à l'univers plus intimiste avec des coloris moins intenses. Son trait évoluera ensuite de l'expressionnisme à l'abstraction pure pour terminer par de la figuration lorsqu'elle rentre de son voyage en Afrique.

À Watermael-Boitsfort, une grande exposition rétrospective de ses œuvres est organisée en 1970.

Marthe Guillain est décédée à Watermael-Boitsfort en 1974 à l'âge de 84 ans.

Principales expositions individuelles Charleroi, 1944 Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, 1949 Watermael-Boitsfort, Rétrospective, 1973

Principales expositions collectives Musée d'Ixelles : L’Impressionnisme et le Fauvisme en BelgiqueAux côtés de Rik Wouters, Jos Albert, Charles Dehoy, Philibert Cockx, Jean Brusselmans, Ramah, Ferdinand Schirren, Jean Vanden Eeckhoudt, James Ensor, Henri Evenepoel, Médard Maertens, du au .

Œuvres Dans les collections du Musée des beaux-arts de CharleroiPaul Piron Aux Musées royaux des beaux-arts de Belgique à BruxellesCatalogue inventaire de la peinture moderne des Musées royaux des beaux-arts de Belgique, Bruxelles - inv. N° 6725, 7955 et 8214/1-3, pages 261 et 262

Notes et références

Bibliographie Paul Piron, Dictionnaire des artistes plasticiens de Belgique des XIX et XX siècles, Lasne : Art in Belgium, 2006, Volume I, A → K, Jean-Pierre De Rycke, Le Congo et l'Art belge 1880-1960, Tournai : La Renaissance du livre, 2003 Lynne Thornton, Les Africanistes peintres voyageurs, ACR éditions, 1990, Yvette Maertens, Une femme chez les Pygmées : Marthe Guillain 1890-1974, texte inédit, 1990 Serge Goyens de Heusch, L'impressionnisme et le fauvisme en Belgique, Anvers-Paris, 1988, et 429 « Marthe Guillain », in: L'Orientalisme et l'Africanisme dans l'Art belge : & , catalogue de l'exposition, Galerie CGER, - , Bruxelles : CGER, 1984, Le Dictionnaire des peintres belges du à nos jours depuis les premiers maîtres des anciens Pays-Bas méridionaux et de la principauté de Liège jusqu'aux artistes contemporains, en 2 volumes, Bruxelles : La Renaissance du Livre, département de De Boeck-Wesmael, 1995 Marthe Guillain sur BALaT « Marthe Guillain », in: Neuf Femmes, neuf artistes. Femmes artistes vers 1900, Bruxelles : Kredietbank, 1988,

Liens internes Africanisme (courant artistique)

Liens externes

Œuvres de Marthe Guillain Base de données de l'Institut royal du Patrimoine artistique Marthe Guillain sur le site femmespeintres.netheberg.fr

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