Les guerres romano-volsques de la première moitié du sont une série de conflits opposant la République romaine aux Volsques, un ancien peuple italique.
La migration des Volsques et des Èques au cours du vers le sud du Latium provoque des conflits avec les habitants de cette région, les Latins et Rome, la cité-État dominante de la région. À la fin du , les Volsques sont de plus sur la défensive. Ils sont soumis par Rome tout au long du et définitivement incorporés dans la République romaine à la fin des guerres samnites.
Les historiens antiques et notamment Tite-Live leur consacrent une grande partie de leurs récits des évènements militaires romains pour les et siècles, mais l'exactitude de tous les faits rapportés par les annalistes antiques est remise en question par les historiens modernes.
La migration des peuples sabelliens au
À partir de la fin du et pendant le , les Volsques et les Èques, deux peuples liés, envahissent le Latium lors de la migration plus générale des peuples sabelliens qui quittent les Apennins pour s'installer dans les plaines d'Italie.
Plusieurs communautés latines périphériques semblent submergées et, en partie en réponse à cette agression des peuples sabelliens, les Latins se lient par le fœdus Cassianum, vers 493 selon la tradition antique. Il s'agit d'une alliance militaire conclue entre la Ligue Latine et Rome. Quelques années plus tard, en 486 selon la tradition antique, les Herniques, pris en étau entre les Volsques et les Èques, ratifient un traité similaire avec Rome et les Latins.
Les sources antiques montrent Rome et les Latins lutter contre les Volsques ou les Èques presque chaque année pendant toute la première moitié du Ce conflit presque permanent est plutôt dominé par des raids, des pillages et des escarmouches plutôt que par les batailles décrites par les auteurs antiques.
Au cours de la deuxième moitié du , les Romains et les Latins semblent avoir endigué le flot volsque et èque. Les sources notent la fondation de plusieurs colonies romano-latines à cette époque et les mentions de guerres contre les Èques et les Volsques deviennent moins fréquentes.
Les guerres romano-volsques de 389 à 367
Contexte
En 390 selon la chronologie traditionnelle romaine, un raid gaulois, mené par le chef sénon Brennus, vainc l'armée romaine à la bataille de l'Allia puis met à sac Rome.
La République romaine détient un territoire autour de Rome ainsi que les terres de Véies. Des tribus romaines y sont créées en 389 selon Tite-Live. La Ligue latine s'étend au sud de Rome et les Herniques sont installés dans la vallée du Tolerum. Des colonies romano-latines ont été déduites à Velitrae et à Circeii, où la population comprend aussi de nombreux natifs volsques.
Le territoire des Volsques, dont la capitale est Antium au bord de la mer Tyrrhénienne, s'étend des marais pontins au sud des villes latines jusqu'à la haute et moyenne vallée du Liris à l'est.
Les sources antiques rapportent que l'année qui suit le sac de Rome, les Étrusques, mais aussi les Volsques et les Èques, lèvent des armées pour porter le coup fatal à Rome, tandis que les Latins et les Herniques font défection et abandonnent leur alliance avec Rome, 2.Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, XIV, 177, 1.<ref group=a>Plutarque, Vies parallèles, Camille, 33, 1.</ref>.
La bataille au lieu-dit « près de Maecium » en 389
Le récit des auteurs antiques
Tite-Live, Plutarque et Diodore de Sicile fournissent des récits à peu près semblables pour la campagne romaine de 389 contre les Volsques, les écrits de Plutarque étant les plus détaillés.
Selon ce dernier et Diodore de Sicile, les tribuns militaires à pouvoir consulaire partent en campagne et construisent un camp près du mont Marcius, mais ce camp est attaqué et assiégé par les VolsquesDiodore de Sicile, Bibliothèque historique, XIV, 117, 1-2.Plutarque, Vies parallèles, Camille, 33, 1.. Pour faire face aux nombreux ennemis de Rome, les consuls nomment Marcus Furius Camillus dictateur, 8.Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, XIV, 117, 3..
Selon Plutarque, Camille lève une nouvelle armée, qui comprend notamment des hommes étant normalement considérés comme trop âgés pour le service militaire. Il échappe avec son armée à la vigilance des Volsques, contourne le mont Marcius et prend à revers l'armée volsque tout en faisant connaître sa présence par des feux aux Romains assiégés. Ces derniers préparent une sortie et les Volsques, plutôt que d'être attaqués sur deux côtés, se retranchent dans leur propre camp et se barricadent. Sachant qu'un fort vent souffle vers le bas de la montagne au lever du soleil, Camille ordonne à une partie de ses forces d'attaquer à l'opposé pour faire diversion. Il met le feu au camp volsque qui, aidé par le vent, se propage. La plupart des Volsques périt, soit dans l'incendie, soit dans une contre-attaque désespéréePlutarque, Vies parallèles, Camille, 34, 1-5..
Selon Diodore de Sicile, Camille marche de nuit avec son armée et prend les Volsques à revers à l'aube lorsqu'ils attaquent le camp des tribuns consulaires. Pris en étau, les Volsques sont vaincus.
Selon Tite-Live, qui ne mentionne par les difficultés initiales des tribuns consulaires, la nouvelle de la nomination de Camille comme dictateur pour lutter contre les Volsques leur suffit pour qu'ils se barricadent dans leur camp au lieu-dit « près de Maecium », à proximité de Lanuvium. Camille fait mettre le feu aux barricades, jetant l'armée des Volsques dans une telle confusion que lorsque les Romains prennent d'assaut le camp, ils n'ont aucune difficulté à les mettre en déroute, 8-12..
Camille ravage ensuite le territoire des Volsques jusqu'à ce qu'ils se rendent, 13.Plutarque, Vies parallèles, Camille, 35, 1..
Les sources antiques racontent ensuite comment Camille remporte de grandes victoires, d'abord contre les Èques puis contre les Étrusques à Sutrium. Tite-Live fournit également une description de la quantité du butin amassé. Après avoir remporté trois guerres simultanées, Camille revient à Rome en triomphe. Les nombreux prisonniers capturés dans la guerre contre les Étrusques sont publiquement vendus, puis une partie de l'or est cédée à des matrones romaines en compensation de leurs contributions pour réunir la rançon gauloise lors du sac de Rome. Il reste assez d'or pour remplir trois coupes où est inscrit le nom de Camille et qui sont placées dans le temple de Jupiter Optimus Maximus aux pieds de la statue de Junon, 1-3..
L'avis des historiens modernes
Les nombreuses similitudes entre les récits de la campagne de 389 et celle à venir de 386, dans laquelle on retrouve Camille commandant, la défaite des Volsques et la venue en aide à Sutrium, poussent de nombreux auteurs modernes à considérer celles-ci comme doublons l'une de l'autreL'auteur postérieur, confronté à des témoignages contradictoires, peut conclure à tort que ses sources décrivent différents évènements plutôt que différents récits d'un même évènement..
C'est le point de vue adopté par Karl Julius Beloch, auteur du et début connu pour son étude critique des sources gréco-romaines. Il juge que le sac de Rome a un effet désastreux à long terme sur la fortune de Rome et, par conséquent, que les victoires éclatantes de Camille contre les Étrusques et les Volsques si tôt après le sac de Rome peuvent être considérées comme des inventions visant à minimiser l'ampleur de la défaite romaine de 390. Différents auteurs postérieurs ont ensuite traité ces victoires inventées de manière différente avec des détails secondaires qui ne sont pas les mêmes, jusqu'à ce que dans les écrits de Tite-Live, ces deux campagnes apparaissent comme distinctes.
Au contraire, plus récemment, Tim J. Cornell estime que le sac gaulois est un revers pour Rome mais que la République récupère rapidement et voit dans les victoires romaines la poursuite d'une politique expansionniste agressive. Les récits des victoires sont exagérés et édulcorés, certains évènements dupliqués, mais ils décrivent essentiellement des évènements bel et bien historiques qui s'inscrivent dans le développement de Rome. Bien que le rôle de Camille soit exagéré, la fréquence à laquelle on le retrouve aux plus hautes fonctions témoigne de son importance politique et militaire à Rome à cette époque.
Stephen P. Oakley considère qu'une victoire romaine contre les Volsques en 389 est historique. Les trois sources survivantes mentionnant cette bataille semblent s'être appuyées sur une tradition commune, les auteurs rapportant les mêmes faits à quelques détails près. Cette hypothèse est renforcée par le fait que les récits de Tite-Live et de Plutarque sont très similaires pour les combats à Sutrium plus tard dans la même année. Toutefois, les documents historiques originaux ne doivent probablement rapporter qu'une victoire romaine contre les Volsques au lieu-dit « près de Maecium », et tous les autres détails sont des inventions postérieures. À l'exception du remboursement de l'or aux matrones, la description du triomphe de Camille cette année-là est peut-être basée sur des informations authentiques, ce qui confirmerait l'historicité de la bataille. En tout cas, une victoire contre les Volsques en 389 ouvre la région des marais pontins pour d'autres incursions romaines.
Gary Forsythe adopte un point de vue plus sceptique. Il estime que seule la dédicace à Junon des trois coupes d'or par Camille est historique. Pour le reste, les auteurs antiques ont inventé une série de victoires éclatantes contre les ennemis traditionnels de Rome à l'époque de Camille, les Étrusques, les Volsques et les Èques, et datent cette série de l'année suivant le sac lorsque Rome est censée être faible et assaillie par des ennemis de toutes parts.
Visées romaines sur les marais Pontins en 388-385
Jusqu'au développement de Latina dans les temps modernes, le sud-est du Latium est recouvert par les marais Pontins. Entre ces marais et les monts Lepini, il y a une zone de terres sèches, l’ager Pomptinus. La région pontine est le théâtre de la plupart des combats opposant les Romains et les Volsques pendant les décennies 380 et 370.
Le récit des auteurs antiques
Tite-Live est notre seule source pour ces années-là. Selon lui, en 388, les tribuns de la plèbe proposent de partager le territoire pontin, mais le projet rencontre peu de soutien de la part de la plèbe, 1-5..
En 387, Lucius Sicinius, tribun lui aussi, soulève à nouveau la question du territoire pontin. Cependant, lorsque les nouvelles annonçant que l'Étrurie est en armes parviennent à Rome, le sujet est oublié. Les Antiates envahissent la région pontine l'année suivante et il est signalé à Rome que des cités latines ont envoyé des soldats pour les aider. Les Romains élisent Camille parmi les six tribuns consulaires en prévision d'une guerre contre les Étrusques. Il prend en main les affaires de l'État comme s'il était dictateur, choisit l'un des autres tribuns, Publius Valerius Potitus Publicola, comme collègue dans la guerre contre les Volsques et donnent comme tâche aux quatre autres tribuns de défendre et de gouverner la ville, 1-18..