Les bandes suisses sont des mercenaires suisses qui, en France, furent les premières unités militaires permanentes étrangères recrutées et soldées, formées par un régime de capitulations entre les rois de France et la Confédération suisse des XIII cantons et qui servirent de modèle aux bandes françaises et picardes.

Ces formations mercenariales ne doivent pas être confondues avec les compagnies franches engagées à l'insu des cantons suisses par le gouvernement royal français.

Historique Alors dauphin, Louis XI avait été impressionné par la soldatesque suisse. Il avait vu le à la bataille de Saint-Jacques sur la Birse Louis Suzanne, Histoire de l'ancienne infanterie, volume 1, pages 62-63..

En février 1477, une première levée de au service de la France, participent sous les ordres de Georges de Craon, en juillet, au siège de Dole avant de passer en Picardie puis d'être licenciée. Vers la fin de 1479, Louis XI licencie ce qui restait des francs-archers et conçoit un projet où les Suisses doivent jouer le rôle de compères, nom donné par le Roi de France à ses amis des ligues suisses dont les bandes suisses s'étaient illustrées aux batailles de Grandson, de Morat et de Nancy. En 1480, des trêves venaient d'être signées avec Édouard IV, roi d'Angleterre, François II, duc de Bretagne et Maximilien, qui avait épousé Marie de Bourgogne, héritière de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne. Le moment étant favorable, Louis XI réunit, au printemps de 1480, en Picardie aventuriers et pionniers qui avaient servi dans les dernières guerres, et les dirigent avec de ses ordonnances au camp du Pont-de-l'Arche où le roi traite avec les cantons pour une levée de des bandes suisses, commandés par Guillaume de Diesbach afin de servir de modèles aux bandes françaises destinées à remplacer la milice des francs-archers et à être entretenues d'une manière permanente.

Cette capitulation n'était pas la première. La première capitulation entre la France et la Suisse date de 1453 et fut signée à Montils-lès-Tours.

Pour cette levée, le canton de Zurich fournit ainsi que celui de Berne, Lucerne 800 hommes et les cantons d'Uri, de Schwytz, de Unterwald, de Zoug et de Glaris ensemble , les villes de Fribourg et de Soleure et enfin de Bienne 150 hommes. Ces fantassins, sous le commandement de Guillaume de Diesbach, partirent de Berne en août 1480 en direction du camp du Pont-de-l'Arche afin de servir d'instructeurs aux FrançaisHistoire militaire des Suisses au service de la France par Beat-Fidel Zurlauben.. Les Suisses formèrent les hommes de pied français qui apprirent les mouvements, les formations usité dans la seule infanterie qu'il y avait en Europe, à cette époque. Ils apprirent à combiner leur tactique avec celle de la cavalerie et de l'artillerie et à observer la discipline avec autant de rigueur que s'ils étaient en campagne. Au bout d'un an, les Suisses, royalement payés, furent congédiés et retournèrent dans leur pays. Les Français restèrent encore deux ans au Pont-de-l'Arche.

Les levées suisses En 1477, première levée de Suisses qui participent au siège de Dole, puis passent en Picardie avant d'être licenciés la même année. Le , fantassins et 400 cavaliers suisses sous le commandement de Guillaume de Diesbach rejoignent le camp de Pont-de-l'Arche. Ils sont congédiés en 1481. En 1484, Suisses sont appelés pour la guerre de Bretagne. Ils sont congédiés en 1490. En 1488, Suisses sont de nouveau appelés pour la guerre de Bretagne et participent à la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier. Ils sont congédiés en . En 1491, Suisses sont appelés puis licenciés en fin d'année. En 1492, Suisses sont levés secrètement pour les combats en Picardie, puis licenciés en fin d'année. En 1494, Suisses commandés par Engilbert de Clèves — qui complètent les hommes composés d'aventuriers français, bretons, provençaux, gascons et génois, la furia francese — sont appelés pour l'expédition de Naples durant la première guerre d'Italie. Une nouvelle levée aura lieu au début de 1495 pour renforcer les pertes des nombreux soldats qui avaient contracté un mal jusqu'alors inconnu : la syphilis. Ils seront les premiers à avoir la garde des d'artillerie avant de se distinguer à la bataille de Fornoue. En 1495, Suisses, principalement Valaisans et Grisons, sont recrutés pour renforcer les troupes françaises en Italie et participent au secours de Novare et de Naples. Ils sont congédiés à la fin de l'année 1495, sauf une compagnie conservée pour la garde du roi, et qui est à l'origine des Cent-Suisses. En 1496, Suisses, Valaisans et Grisons, sont levés et envoyés à Naples en Italie et licenciés fin octobre de la même année. En 1499, Suisses sont levés pour participer à la deuxième guerre d'Italie. En 1500, Suisses sont appelés en Italie. En 1501, Suisses sont appelés en Italie et congédiés la même année En 1502, Suisses combattent en Italie. En 1507, Suisses passent le col du Grand-Saint-Bernard pour participer au siège de Gênes. En 1509, Suisses passent en Italie par le col du Saint-Gothard pour participer aux à la guerre contre Venise et à la bataille d'Agnadel. En 1521, Suisses, commandés par Jean de Diesbach, servent dans l'armée d'Italie. Ils sont congédiés l'année suivante. Toujours en 1521, un autre groupe de Suisses, commandés par Sébastien de Diesbach et Louis d'Erlach, sont appelés en Picardie. Ils sont également congédiés l'année suivante. En , Suisses, commandés par , sont appelés en Italie et congédiés au début de 1522. En mars 1522, Suisses, commandés par et Arnold de Winkelried, participent à la sixième guerre d'Italie et à la bataille de la Bicoque. Ils sont licenciés la même année. En 1523, arrivent en Italie et sont licenciés la même année. En 1524, , sous le commandement de Jean de Diesbach, rejoignent l'armée d'Italie et sont licenciés l'année suivante après la mort de leur colonel tué à Pavie. Toujours en 1524, Grisons combattent en Italie et sont également licenciés en 1525. En 1527, Suisses servent la France sous le commandement de Claude de Savoie, comte de Tende. Formés en trois corps dont l'un avait pour colonel Jacques de Rovéréaz, ils demeurent au service de la France jusqu'en 1536. En 1536, , formant 11 bandes, sont versés dans l'armée de Picardie. En 1537, , menés par les colonels Jean Juncker, de SoleureJean Juncker, natif de Soleure, se retirera à Rapperschweil., et Henri KaldshmidtHenri Kaldshmidt ou Henri Kaltschmidle qui s'était signalé à la bataille de Marignan était passé au service de François en qualité de capitaine., sont appelés en renfortBeat Fidel Zurlauben, Histoire militaire des Suisses, au Service de la France, volume 4, page 191., et renvoyés en 1539. En 1538, Suisses sont levés pour servir la France. En 1542, Suisses sont levés et forment deux corps. Le premier, de , commandé par Philippe Ulrich, baron d'HohensaxPhilippe Ulrich, baron d'Hohensax également appelé Baron Ulric de Hohensax., combattra dans le Roussillon. Le second, de , rejoindra la Picardie. En 1543, Suisses sont amenés en Picardie par le colonel Jérôme de Lutternaw, de SoleureJérôme de Lutternaw, ou Jérôme de Luternaw, originaire de Soleure, que l'on retrouve lors de l'expédition du Boulonnois jusqu'à la paix d'Outreau en 1550., et congédiés en 1545. Toujours en 1543, Grisons amenés par le colonel Antoine de Salis combattent en Picardie. Ils seront également renvoyés en 1545. En 1543, Suisses, sous le commandement supérieur du colonel Saint-Julien, secondé par le baron de Hohensax et le colonel Furly, combattent à Cérisoles, et sont congédiés la même année. Toujours en 1543, gruériens appelés en Italie sous le commandement du comte de Gruyères. Toujours en 1543, Grisons, également appelés en Italie, participent à la bataille de Cérisoles et sont congédiés la même année. En 1544, Suisses, sous le commandement du colonel Furly, combattent en Italie et sont congédiés à la fin de la campagne. En 1545, il y a deux levées de mercenaires : une de , et l'autre de . En 1553, sont levés, et licenciés la même année.

À partir de 1549, les troupes suisses commencent à modifier leur organisation et à prendre la forme et le nom de régiments. On retrouvera désormais les Suisses engagés sous le nom des régiments de leurs colonels.

Articles connexes Mercenaires suisses Les Six Grands Vieux Régiment d'infanterie français Histoire militaire de la France Régiments français d'Ancien Régime Régiment des Gardes suisses Compagnies franches

Bibliographie Louis Susane, Histoire de l'ancienne infanterie volumes 1 et 8. SHD – inventaire de la sous-série X g des archives de l'Armée de terre, Histoire institutionnelle des régiments suisses au service de la France.

Notes et références Les ouvrages cités en bibliographie

Catégorie:Unité militaire sous l'Ancien Régime Catégorie:Fondation en 1453 Catégorie:Unité militaire suisse Catégorie:Relations entre la France et la Suisse