Cet article dresse la chronologie du Louvre-Lens.
Années 2000
2000
Katia Lamy, spécialiste de la reconversion de sites industriels en musées, rédige un rapport interne sur l'optimisation des conditions d'accueil des publics au Louvre.
2001
Henri Loyrette, arrivé à la tête du musée du Louvre, lance une réflexion qui aboutit à un projet de décentralisation du Louvre. Il prend connaissance du rapport interne rédigé par Katia Lamy. Il lui demande de développer ses investigations.
2002
Daniel Percheron rencontre Catherine Tasca, ministre de la Culture, pour évoquer le sujet d'un Louvre à Lens, mais il en ressort un non de principe. Elle lui fait comprendre que c'est « sans intérêt ». À l'époque, seules trois villes sont envisagées : Nantes, Montpellier et Lyon.
2003
Avril : le projet d'une nouvelle antenne du Louvre est remis au ministère de la Culture. 3 juillet : les grands principes du projet d'antenne du Louvre sont validés.
Automne : Henri Loyrette se rend à Lille et sa métropole dans le cadre des préparatifs du projet de Lille 2004 (capitale européenne de la culture). Il y rencontre Daniel Percheron qui lui demande si délocaliser le Louvre dans la ville de Lens était envisageable. À la question de savoir si « une candidature lensoise paraîtrait ridicule à ses yeux », Henri Loyrette répond « Non, au contraire ». Une réunion est organisée au ministère de la Culture entre Jean-Jacques Aillagon, Henri Loyrette et Daniel Percheron. Le ministère fait bien comprendre à ce dernier qu'il faudra que la région y mette les moyens financiers. À celle de Lens, les villes de Valenciennes, Arras, Boulogne-sur-Mer et Calais viennent se joindre au rang des candidates à l'accueil du nouveau musée. Octobre 2003 : les villes de Nantes, Montpellier et Lyon sont abandonnées, les pistes n'auraient même pas existé. Aux villes candidates du Nord-Pas-de-Calais vient s'ajouter Amiens par l'entremise de Gilles de Robien, ministre du gouvernement Raffarin. Un délai de quarante-cinq jours est imposé aux candidats pour rédiger un projet. Pendant ce délai de quarante-cinq jours, le maire de Lens, Guy Delcourt missionne une équipe pour préparer le projet. Initialement composée par la directrice générale des services et par la responsable des grands projets urbains, elle est bientôt agrandie par des techniciens de la Mission Bassin Minier et de Communaupole de Lens-Liévin. Une société de communication est missionnée pour réaliser un support écrit. 20 novembre : le dossier de Lens est terminé. Sa confection a nécessité de travail ; autres ont été nécessaires aux services pour répondre aux diverses demandes. Un livre d'or récolte huit mille signatures. 25 novembre : les lensois font officiellement acte de candidature pour accueillir l'antenne du Louvre.
2004
L'équipe lensoise s'élargit encore avec la venue de l'architecte Olivier Brasse et du cabinet ISIS de Villeneuve-d'Ascq, spécialisé dans l'accessibilité des sites. Quarante-cinq personnes, dont vingt-cinq employés municipaux, travaillent à plein temps sur la candidature. 20 juillet : Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture et de la Communication dans le troisième gouvernement Raffarin, se rend à Lens pour visiter le site de la fosse 9 des mines de Lens. Son passage marque l'aboutissement de de travail, ainsi que de nécessaires à la préparation du site. C'est à cette époque que vient l'idée de comparer les terrils 74 et 74A de la fosse 11 - 19 avec les pyramides de Gizeh. thumb|La cité Jeanne d'Arc, où vivent les mamies du Louvre. Les conditions météorologiques excellentes aidant, Renaud Donnedieu de Vabres est très satisfait du site, mais également du dossier réalisé par la commune de Lens. Le ministre, descendant du carreau de fosse pour arriver dans la cité Jeanne d'Arc, rencontre trois veuves de mineurs : Helena Prebillac, Sophie Jolebiowski et Marie Lebriez (décédée avant l'ouverture du musée). L'une d'entre elles dit « Ce serait bien de voir le Louvre arriver sur une ancienne fosse ! Mon mari est mort de la silicose après avoir tant donné pour les mines [...] Même avec une canne on irait le visiter, le musée ! ». Elles deviennent des symboles et sont régulièrement nommées « les mamies du Louvre ». Henri Loyrette, bien que rien ne soit encore décidé, est convaincu de l'intérêt de placer le musée à Lens, et pèse de tout son poids sans les débats. 29 novembre : Jean-Pierre Raffarin, premier ministre, annonce officiellement que Lens est choisie pour accueillir l'antenne du Louvre. L'appel d'offres pour la construction du musée est lancé.
2005
7 mars : avant la date butoir, ce sont qui ont été enregistrées à la suite de l'appel d'offres lancé par le conseil régional. Les programmistes estiment que l'appel d'offres les concernant n'est pas assez lisible en dehors de la région, et qu'ils n'ont pas pu y répondre dans les délais prévus. Une procédure est lancée auprès du tribunal administratif, mais Régis Caillau, coordinateur du projet Louvre-Lens au conseil régional, propose de faciliter les candidatures tardives. Les membres du projet scientifique et culturel affinent la réflexion autour du budget, et en déduisent que d'euros devraient être nécessaires. 12 mai : Renaud Donnedieu de Vabres revient à Lens pour officialiser le choix des candidats finalistes et pour cosigner une convention-cadre, le protocole d'accord, au stade Félix-Bollaert. Les autres signataires sont le conseil régional, le conseil général, la commune, l'État et la communauté d'agglomération. Un cahier des charges très précis est établi. Les six demi-finalistes sont désignés : Jérôme de Alzua, architecte lillois, associé au cabinet Flint ; Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal, architectes parisiens ; Rudy Ricciotti, dont le cabinet d'architecture est situé à Bandol ; Zaha Hadid (Irak-Londres), lauréate du prix Pritzker en 2004 ; Kazuyo Sejima et Ryūe Nishizawa, architectes japonais de SANAA ; Steven Holl, architecte américain, associé au cabinet cambrésien de Coldefy. 27 juillet : les dossiers sont apportés à la direction du service culturel au conseil régional par les différentes équipes. Michel Forgue, ingénieur-économiste pour SANAA arrive le premier à , tandis que Jérôme de Alzua arrive sixième et dernier à , soit trente-cinq minutes avant la fin du délai imparti. 10 août : les maquettes sont à leur tour apportés à la direction du service culturel au conseil régional par les différentes équipes. 13 septembre : un jury constitué de dix-huit membres se réunit à Lille dans le but de donner son avis sur les différents projets et doit dresser un classement. Sans que cela ne soit prévu, les avis sont partagés entre deux groupes différents : les politiques et les architectes, dont Jean Nouvel. Les dossiers des candidats sont anonymes : les jurés votent donc pour un projet, pas pour des personnes. Trois candidatures sont sélectionnées, les autres sont écartées. On a ainsi pour le projet de Rudy Ricciotti, pour le projet de Kazuyo Sejima et Ryūe Nishizawa et pour le projet de Zaha Hadid. Les architectes sont favorables au projet de Rudy Ricciotti, Henri Loyrette a choisi celui de SANAA tandis que les politiques préfèrent celui de Zaha Hadid qui est en lien fort avec la ville. 26 septembre : le projet de l'agence d'architecture SANAA est retenu, par vingt-deux voix pour et vingt-deux contre, mais Daniel Percheron dispose d'une voix prépondérante. Le vote ne porte d'ailleurs que sur l'acceptation ou le refus du projet de SANAA. Zaha Hadid a dû s'effacer car elle avait fait « très mauvaise impression », quant au projet de Rudy Ricciotti, il se trouve en majorité sous terre. Outre des difficultés quant à la préservation des œuvres à cause de la nappe phréatique peu profonde, le projet est décrit par Guy Delcourt comme « une véritable offense au bassin minier », en ce sens qu'il propose de repartir au fond. Quelques polémiques naissent, mais finissent par disparaître. Le montant global du projet de SANAA, à savoir les travaux et les honoraires, à l'exclusion du parc, coûte . Le même jour, Catherine Mosbach est également désignée comme paysagiste.
2006
Il est estimé que l'enveloppe de d'euros allouée au musée et au parc ne suffira pas. Jean Nouvel avait d'ailleurs déjà insisté sur la possibilité d'une augmentation des coûts en raison « d'une technicité trop grande et encore mal maîtrisée ». Pour réduire ces coûts, des « détails » sont changés : la hauteur sous plafond passe notamment de à six mètres... En revanche, l'étude géothermique montre que la nappe phréatique permettra de mettre en place un système géothermique. Les honoraires sont baissés, mais rien n'y fait, de manière officieuse, le coût de est déjà avancé par des proches du dossier. Une délégation composée d'élus régionaux et locaux, ainsi que de responsables du Louvre, se rend au musée Guggenheim de Bilbao.
2007
Début d'année : l'ouverture au public du Louvre-Lens est toujours prévue pour l'année 2009. 7 février : Daniel Percheron convoque un représentant de l'agence SANAA, et exige des propositions définitives en ce qui concerne la toiture et l'éclairage des salles. Il laisse jusqu'au 16 février, et menace de résilier les contrats si rien ne progresse. Durant cette période, diverses hypothèses sont en présence, dont celle de prendre le projet de Rudy Ricciotti, ou celle, plus sérieuse, de lancer un nouvel appel d'offres. 16 février : de nouvelles propositions sont faites, mais le coût estimé passe de 117 à d'euros. 21 mai : l'avant-projet sommaire est validé, mais huit à dix mois ont été perdus. 12 novembre : la commission permanente du conseil régional adopte l'avant-projet définitif avec vingt-sept voix pour, sept contre, et six abstentions. 23 novembre : la maquette du musée est officiellement présentée dans l'hémicycle du conseil régional.
2008
30 juin 2008 : les appels d'offres sont lancés, mais personne, ou presque, ne fait de propositions intéressantes sur la base de d'euros. Les appels d'offres sont revus dans le détail. Un cout global allant de 150 à d'euros est officiellement évoqué. Automne : les nouveaux appels d'offres sont lancés. Avec la crise des subprimes, les entreprises du BTP réduisent leurs devis. Initialement estimé à d'euros, le choix s'est porté sur l'offre à d'euros. Eiffage remporte le gros œuvre tandis que Permasttelisa obtient la charpente métallique et les façades. Quant au lot du parc, il est mis en attente, et sert de variable d'ajustement. Les fonds européens (FEDER) attribués pour les dépenses d'investissement passent de vingt à trente millions d'euros. Dans le cadre du contrat de plan, l'État s'engage pour six millions d'euros.
2009
5 octobre : le second appel d'offres, divisé en seize lots, est fructueux. L'enveloppe est proche des d'euros prévus. 4 décembre : la première pierre est posée. Une centaine de personnalités est présente, parmi lesquelles le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, Henri Loyrette, Daniel Percheron, Kazuyo Sejima, Ryūe Nishizawa, Catherine Mosbach, l'ensemble des élus concernés, dont Guy Delcourt. La maison du projet ouvre ses portes. 12 décembre : les travaux commencent effectivement. Ce sont de terres qui doivent être déplacés et replacés sur le site, dans le parc.
Années 2010
2010
Juin : Michel Desvigne, associé au cabinet d'architectes Portzamparc, est désigné mandataire pour l'aménagement des alentours du Louvre-Lens. Octobre : Euralens créé un périmètre de développement prioritaire de autour du musée. Décembre : l'Établissement Public de Coopération Culturelle est créé. Cette structure autonome est l'entité juridique du musée.
2011 thumb|La rue face au Louvre-Lens en travaux à l'été 2012.
juin : Xavier Dectot est officiellement nommé directeur du musée, à l'âge de 38 ans. Novembre : le schéma directeur est validé.