vignette|Tombe de Hiziya à Sidi Khaled.

Hiziya ou Hizia ou Hyzyya (en ) est l'héroïne d'une élégie du poète algérien Mohamed Ben Guittoun écrite au et immortalisée au lorsqu'elle fut interprétée par des chanteurs du bédoui tels qu'Abdelhamid Ababsa et Khelifi Ahmed.

Historique Selon la tradition orale, Hiziya, de la famille des Bouakkaz, de la puissante tribu des Dhouaouda, descendants des tribus de Beni Hilal qui avaient peuplé le Maghreb au , était une jeune femme d'une beauté remarquable et à l'âme limpide qui vivait à Sidi Khaled dans les Zibans occidentaux.

La famille, comme la majorité des habitants de la région, pratiquait la transhumance vers les Hauts Plateaux durant la saison chaude et retournait à l'oasis durant la saison froide. Le parcours de transhumance s'étendait depuis Bazer Sakhra, dans la plaine de Sétif au nord jusqu'à Ouled Djellal au sud.

Hiziya, fille de Ahmed Ben el Bey, était amoureuse de son cousin Saïd, orphelin recueilli dès sa plus jeune enfance par son oncle, puissant notable de la tribu et père de la jeune fille. Elle aurait vécu une histoire d'amour mouvementée couronnée par un mariage qui dura à peine un mois.

Ben Guittoun dans son poème fixe la date de sa mort à 1295 de l'Hégire, soit de l'ère chrétienne ; elle avait . Hiziya serait donc née en ..

La cause de son décès fut et reste une énigme. Le poème ne nous révèle rien sinon que la mort fut subite ; un mal soudain entre deux haltes, à Oued Tell, une localité à au sud de Sidi Khaled, au retour de la tribu de son séjour saisonnier dans le nord.

Saïd eut recours, trois jours après le décès, aux services du poète Ben Guittoun pour écrire un poème à la mémoire de sa bien-aimée. Plus tard, le cousin s'exilera loin de sa tribu et vivra solitaire dans l'immensité du désert des Zibans jusqu'à sa mort. Quant au corps de sa bien-aimée, il repose au cimetière des Douaouda à Sidi Khaled.

Commentaires

vignette|Le cimetière de Sidi Khaled.

Il y a beaucoup de ressemblance avec la structure poétique de l'imaginaire arabe de la période préislamique. Dans cette merthia, sorte d'oraison funèbre, le poète pleure la belle, élégie d'une litanie sentimentale, et nous mène dans la profondeur des sentiments d'affection et d'affliction et tout le récit se résume à la volonté de Dieu et à la fatalité du destin.

Dans ce poème, les divisions thématiques sont proches la qasida classique, les éléments du sujet sont les suivants : appel à la compassion du lecteur, souvenir du temps passé, description de la belle, évocation des objets ayant appartenu à la belle, la tribu en marche, le campement, le départ nouveau, le paysage, la mort de la belle, l'enterrement, la nostalgie.

Interprètes

Ont aussi interprété le poème : Abdelhamid AbabsaAbdelhafid Hamdi-Cherif, « Le « aiyai », un chant de l'ouvert : Plaidoyer pour le bédouin », dans . ; Khelifi Ahmed ; Rabah Driassa ; Reda Doumaz en et . ; El Bar Amar..

Traduction Constantin Louis Sonneck, interprète de l'armée d'Afrique en poste en Algérie, donne une traduction française du poème en dans Six chansons arabes en dialecte maghrébin, puis une autre en dans Chants arabes du Maghreb. Cette traduction est revue en par le professeur Hadjiat puis reprise par Souhel Dib en dans son Anthologie de la poésie populaire algérienne d'expression arabe.

Le début du poème traduit par Souhel Dib :

Télévision En , l'histoire a été adaptée en long-métrage sous le titre Hiziya par le réalisateur Mohamed Hazourli..

Romans La romancière algérienne Maïssa Bey a publié en le roman Hizya, qui dénonce les inégalités et les difficultés dont les femmes algériennes sont victimes au travers d'un personnage du nom d'Hizya, qui rêve d'une belle histoire d'amour comme le fameux couple.

L'auteur algérien Lazhari Labter a publié en le roman Hiziya Princesse d'amour des Ziban qui reprend la vie du couple mythique. En il a publié un ouvrage collectif intitulé Hiziya mon amour.

Références

Bibliographie Djamila Saadi-Mokrane, « Langages sahariens : Musique, corps et poésie dans Hiziya », dans .

Traductions : . . . . .

Articles connexes Aiyai Mohamed Ben Guittoun

Catégorie:Poésie algérienne