Le Musée national du Cameroun est un musée public camerounais, situé dans la capitale Yaoundé. Ancien palais présidentiel, il est depuis 1988 le lieu d'exposition des productions culturelles des peuples des dix régions du Cameroun et est administré par le Ministère des Arts et de la Culture.
Ce musée a la particularité de s'inscrire dans un registre à la fois ethnographique et contemporain. Son architecture associe modernité et tradition, et est agrémentée d'espaces verts et de poteau d'embellissement lumineux.
Le musée offre des services multiples notamment des médiations, des conférences, des shooting photo, des expositions artistiques, des formations et des accompagnements d'artistes. Une gamme de productions artisanales est présentée aux visiteurs à la fin des médiations.
Le musée est rénové en 2015, avec sa réouverture officielle le 16 janvier.
Histoire
Débuts et projets L’ancien palais présidentiel devenu musée national du Cameroun a d’abord servi de résidence au major Hans Dominik (1870-1910), qui dirige le poste militaire de Yaoundé à l’époque du protectorat allemand. Après la Première Guerre mondiale et le retrait à l’Allemagne de toutes ses colonies, l'administration française a occupé ce bâtiment, il a servi de palais au gouverneur Marchand à partir de 1930. Celui-ci a construit cet espace avec plein de symboles. À la fin des années 1940, le bâtiment devient palais des gouverneurs français, il abrite Roland Pré, André Soucadaux, Pierre Charles Cournarie et d’autres gouverneurs jusqu’en 1950Site officiel du ministère des Arts et de la Culture du Cameroun. Le palais connait des extensions à partir de 1960 sous les auspices du tout premier président du Cameroun, El Hadj Ahmadou Ahidjo.
En 1988, le Cameroun franchit une étape décisive en matière de valorisation de son patrimoine culturel. C'est en effet à cette date que l'idée de créer un musée national prend forme. Le président Paul Biya décide alors de transformer l'ancien palais présidentiel en un musée national, espace destiné à la conservation et à la préservation des richesses culturelles du pays. Un groupe d'experts, composé d'archéologues, d'anthropologues et d'architectes se charge de mener à bien ce projet ambitieux. Leur objectif est de créer un musée polyvalent qui ne se contente pas seulement d'exposer des objets, mais qui saura également être un lieu de recherche, de documentation et d'échange. Ce musée, pensé comme un écomusée, vise à établir un lien fort entre l'homme, la culture et son environnement.
L'avènement de Paul Biya à la présidence du Cameroun en 1982 marque un tournant dans la vie politique du pays. le nouveau chef d'État va initier un vaste projet de rénovation nationale. Dans ce contexte, la décision de transformer l'ancien palais présidentiel en musée s'inscrit comme une étape majeure.
En 1993, ledit musée devient un service de la Direction du patrimoine culturel, selon le décret du portant organisation du ministère de la Culture. Ce ministère voit le jour le .
Le ministère de l’Information et de la Culture de l’époque est chargé de matérialiser ce projet, une mission d’étude est mise sur pied, dirigée par le couple Germain et Galitzine Loumpet, enseignants de l’université de Yaoundé. L’architecte Barry Lane, expert mis à la disposition de cette mission par l’Unesco, y est associé. Ce dernier est chargé de « l’aménagement de l’environnement du musée ainsi que de la traduction, en termes de travaux d’architecture, de la trame du musée ».
Sur la base de nombreuses études et multiples voyages effectués en Europe et en Afrique de l’Ouest entre 1990 et 1991, un rapport technique, fruit d’un travail intellectuel et administratif, présentant les contours du projet est remis au ministre de l’Information et de la Culture (MINFOC). L’année 1991 marque la phase de conception du projet et le ministre Augustin Kontchou Kouomegni crée le la commission de mise en place du musée national; ladite commission se constitue de 20 membres, parmi lesquels le ministre, qui la préside personnellement. Germain Loumpet et Alexandra Galitzine Loumpet, qui participent à l’équipe de conception, en font également partie, ainsi que le directeur de la culture et de la cinématographie. Ce dernier est responsable de la gestion des musées, des sites et monuments historiques.
À la fin de cette année 1997, de nombreux travaux se font au musée national en vue de son ouverture. Ces travaux portent sur la présentation muséographique des collections et sur la définition des rôles entre les diverses composantes du musée et leurs relations mutuelles. Un peu plus d’un an après, soit en 1999, le ministre de la Culture organise un séminaire de formation en vue de renforcer les capacités des participants dans la gestion des collections publiques et privées.
Ce projet de création du musée national du Cameroun dans l’enceinte de l’ancien palais présidentiel est aussi fastidieux que le précédent pour au moins deux raisons : de par son objectif principal qui est celui d’en faire un creuset de l’unité des cultures nationales, de renforcement de la cohésion sociale, un laboratoire de la construction de l’identité culturelle camerounaise. Il l’est aussi de par ses fonctions, car il était prévu que le musée national comprenne des espaces verts et ouverts, une bibliothèque et un pôle de recherche.
L’ouverture du musée national dans la foulée du 21 sommet France-Afrique organisé à Yaoundé du 17 au parait être la résurgence du projet du musée national du Cameroun (MUSCA) piloté par Germain et Alexandra Gilitzine Loumpet et qui a périclité à partir de l’année 1992. De nombreuses critiques médiatiques des acteurs vont se soulever contre le musée national, ce d’autant qu’à cette ouverture, de nombreux chantiers portant sur la réhabilitation sont encore en cours. Le musée national ouvre ses portes sans que la muséographie et l’organigramme ne soient achevés. Les conséquences se manifestent rapidement : le musée national sera incapable d’assumer convenablement les taches qui lui incombent, à savoir l’éducation, la conservation et la diffusion du patrimoine culturel. Il ferme ses portes en 2008.
Rénovation En 2009, la ministre des Arts et de la Culture, Ama Tutu Muna, engage des travaux de rénovation pour une durée de 7 ans. Le décret n°2014/0881/P.M. du permet au musée national du Cameroun d’avoir un organigramme. Ces travaux de rénovation dureront jusqu’en 2015, avec sa réouverture officielle le .. Une soirée de gala accompagne cette réouverture avec la participation de plusieurs artistes camerounais : X-Maleya, Stanley Enow, Kareyce Fotso, Sanzy Viany, Dynastie le Tigre, une danse classique du couple Maxim Beloserkovsky et Irina Dvorovenko, et bien d’autres..
Le 26 juillet 2019, le gouvernement camerounais et l'Agence française de développement (AFD) signent une convention de 655 millions de francs CFA pour la modernisation du musée. Missions
Le musée national du Cameroun, un établissement muséal de référence en Afrique centrale, présente une nouvelle identité institutionnelle après sa réouverture officielle en 2015.
Dans le cadre de sa mission de conservation, d'exposition, de préservation et de promotion du patrimoine culturel national, le musée national s'est assigné plusieurs objectifs stratégiques. Premièrement, il ambitionne de collecter, de conserver et de présenter des œuvres d'art qui revêtent une importance historique, scientifique, technique et artistique. Cette démarche s'inscrit dans le cadre de la muséologie contemporaine, qui met l'accent sur la préservation et la valorisation du patrimoine culturel.
Deuxièmement, le musée cherche à favoriser la connaissance de ses collections par le suivi scientifique, tout en développant la fréquentation du musée. Cette approche muséologique vise à rendre le musée plus attractif et plus accessible à un large public, tout en promouvant la recherche et l'innovation dans le domaine de la muséologie.
Enfin, le musée national du Cameroun entend contribuer à la formation et à la recherche dans les domaines de l'histoire de l'art, de l'archéologie et de la muséographie. Cette orientation stratégique s'inscrit dans le cadre de la muséologie universitaire, qui vise à promouvoir la recherche et la formation dans le domaine de la muséologie. Ce musée a également pour but de concourir à l’éducation, la formation et la recherche dans le domaine de l’histoire de l’art et de l’archéologie
Acquisitions, mises en place et lancement Lancé officiellement en 1988, ce projet ambitionne de créer un espace destiné à la conservation, à la valorisation et à la diffusion du patrimoine culturel camerounais. Une commission pluridisciplinaire, réunissant archéologues, préhistoriens. anthropologues, historiens, architectes, collectionneurs, quelques représentants d'autres ministères (Tourisme, Urbanisme et Habitat), un représentant de la présidence de la République, un représentant des services du Premier ministre, un représentant du Comité national du suivi des résolutions des états généraux de la culture, un représentant du programme des Nations unies (PNUD) se constitue pour mener à bien cette entreprise. Promouvoir l'identité nationale, et, partant, la conscience nationale, est un objectif permanent et certainement essentiel à la définition de la philosophie générale du musée. Sous l'impulsion de Germain Loumpet, cette équipe œuvre à la définition des grandes orientations du futur musée, notamment en ce qui concerne les collections, les expositions et les programmes éducatifs.
Administration
Promoteur, tutelle et direction/gestion du musée Le musée national du Cameroun est sous tutelle du ministère des arts et de la culture. Il est sous la direction d'un conseil d'administration, présidé par le ministre chargé des arts et de la culture. Depuis le , Bidoung Mkpatt est le président du conseil d'administration de ce musée. Le décret du du premier ministre Philémon Yang place Asombang Raymond Neba'ane à la tête de ce musée. Un décret du signé du premier ministre Joseph Dion Ngute porte Hugues Heumen Tchana directeur de ce musée; Il succède à Asombang Raymond admis à la retraite. Heumen Tchana est par ailleurs Chevalier de l'Ordre du Mérite Camerounais pour les Arts et la Culture par décret présidentiel de .
Financements Le financement d'un établissement muséal est crucial pour l'atteinte de ses objectifs. Ce financement doit être diversifiée, comprenant notamment le budget, les partenariats et les subventions.
Au cours des deux dernières années le budget du musée national du Cameroun a connu une augmentation significative, dépassant les 320 millions de FCFA. En effet, en 2023, le budget voté était de 323 millions de FCFA, et en 2024, il a atteint 350 millions, soit une hausse de plus de 24%. En ce qui concerne les autres sources de financement, le musée a bénéficié d'une subvention de 1,3 milliard de FCFA dans le cadre du Projet d'Appui au Développement du Musée National (PADMUN), financé par le Contrat de Désendettement et Développement (C2D), un outil de l'Agence Française de Développement (AFD). Ce projet a été lancé en .
La première phase du projet, dotée d'un budget de 655 millions de FCFA, a permis des avancées notables en matière de conservation et de valorisation du patrimoine culturel. Plus de 930 objets d'art ont été inventoriés, 46 mobiliers muséographiques lourds ont été installés, et 65 professionnels ont été formés aux métiers des musées. Les réalisations incluent également la réhabilitation de la boiserie, la mise en sécurité des réserves et l'étanchéité des infrastructures. La deuxième phase du projet, dotée d'un financement supplémentaire de 655,9 millions de FCFA a été lancée pour prolonger et amplifier les avancées. Elle prévoit notamment l'aménagement d'une salle pilote pour la restauration des biens culturels et la finalisation des travaux sur les boiseries et les mobiliers de réserve. Tourisme et fréquentation