La culture de Hallstatt, la culture hallstattienne, le premier âge du fer ou encore l'Hallstattien est une culture archéologique du centre-ouest de l'Europe qui s'est développée entre environ 1200 et 450 . Elle précède la période de La Tène ou second âge du fer. Elle prend son origine au nord des Alpes en Tchéquie, Bavière, et le nord de l'Autriche actuelles. Cette culture est généralement considérée par les historiens comme le berceau des peuples celtes.

La culture de Hallstatt tire son nom d'un site archéologique qui se trouve à Hallstatt, dans la région du Salzkammergut, en Autriche. Le terme Hallstatt donne l'adjectif hallstattien(ne) et est abrégé en Ha (ou Hall) dans le jargon des spécialistes..

Le nom de cette culture a été proposé par l'archéologue Hans Hildebrand en 1874.

Historique Découverte et fouilles du site de Hallstatt vignette|gauche|upright=0.8|L'archéologue Johann Georg Ramsauer. vignette|upright=1.1|Pièces de mobilier funéraire retrouvées sur le site de Hallstatt lors de la campagne de fouilles de 1846-1863.

Les fouilles entreprises sur le débutent vers le milieu du . Les premières investigations archéologiques sont conduites entre 1846 et 1863 par Johann Georg Ramsauer, alors directeur de la mine nationale de Hallstatt.... et par l'archéologue Eduard von Sacken, de l'Académie autrichienne des sciences.. Près d'un millier de sépultures (980 au total) datées des sont mises au jour durant cette campagne. Les travaux d'exploration des structures funéraires permettent alors de collecter environ ..

Ultérieurement, une seconde campagne de fouilles sur le site de Hallstatt permet de mettre au jour d'autres tombes, portant ainsi le nombre des sépultures mises au jour à .. Cette deuxième série de fouilles est entreprise dans la seconde moitié des années 1870 (en 1876 et 1877) par Ferdinand von Hochstetter.., sous l'égide du Musée d'histoire naturelle de Vienne, une troisième étant entreprise en 1887, sous la direction du préhistorien Josef Szombathy.

L'ensemble des travaux archéologiques menés sur le site permettent de révéler un cimetière protohistorique du ainsi que de nombreux objets de l'âge du bronze et de l'âge du fer en parfait état de conservation grâce à la salinité du sol...

Introduction du « groupe de Hallstatt » Dans la seconde moitié du , en 1874, lors de la session du Congrès d'archéologie et d'anthropologie préhistorique, à Stockholm, l'archéologue suédois Hans Hildebrand élabore une chronologie de la Protohistoire et subdivise l'âge du fer en deux périodes : il désigne la première sous les termes de , en référence au site archéologique éponyme, période qu'il fait correspondre au âge du fer, tandis qu'il nomme la seconde La Tène (le second âge du fer) termes renvoyant au site archéologique suisse....

Chronologies et périodisations En 1881, au congrès de Ratisbonne, l'archéologue et préhistorien allemand Otto Tischler propose une pour la partie sud de l'Allemagne. Tischler, en se basant sur le matériel mis en évidence dans la nécropole de Hallstatt suggère une division du Hallstattien en deux phases : le Hallstatt ancien et le Hallstatt récent, l'ensemble s'étendant entre et .. Tischler propose également de distinguer deux groupes culturels : le Hallstattien de l'ouest et le Hallstattien de l'est...

Postérieurement à la classification de Tischler, puis des travaux d'Oscar Montelius, de Salomon Reinach et d'Alexandre Bertrand, au début du , le savant allemand Paul Reinecke propose une nouvelle subdivision du Hallstatt en et propose de marquer la transition avec La Tène vers 500 au lieu de 400 .. Reinecke, qui a proposé la séquence chronologique Hallstatt A, Hallstatt B, Hallstatt C et Hallstatt D, l'a appliquée à l'Europe centrale. L'archéologue allemand considérait alors la culture des champs d'urnes comme un , mais également comme ..

Des travaux plus récents, en particulier ceux des archéologues et de Jean-Jacques Hatt, dans les années 1950 et 1960, ont amené à ne conserver que les phases C et D, lesquelles correspondent respectivement au Hallstatt ancien et au Hallstatt final... Vers la fin des années 1980, l'archéologue propose une nouvelle périodisation du Hallstattien. Toutefois cette nouvelle partition, bien que claire et efficace, n'est pas retenue par la communauté scientifique.

Subdivisions La période de Hallstatt a été subdivisée en quatre phases. :

date av. J.-C. Ha A 1200-1000 Ha B 1000-800 Ha C 800-650 Ha D 650-475

Hallstatt A Cette phase, également appelée « Hall A », s'étend d'environ à . Elle correspond à l'âge du bronze final .

Hallstatt B vignette|Dessin des tombes de la nécropole de Hallstatt par Johann Georg Ramsauer.

Cette seconde phase s'étend de -1000 à environ -800, période de l'âge du bronze final.

En 1954, Jean-Jacques Hatt désigne cette phase comme étant du . L'archéologue la subdivise en deux séquences : le Protohallstattien I, qui s'étend entre et environ 900 , et le Protohallstattien II, qui se développe entre 900 et ..

Cette phase est caractérisée par des épées de bronze et de grandes épées de fer. Les cavaliers à longue épée apparaissent sporadiquement dans les tombes, accompagnés de mobilier funéraire se composant notamment d'un service à boisson, de produits exotiques importés voire d'un char d'apparat dans les tombes à char, symboles de la nouvelle classe dirigeante.

Hallstatt C vignette|gauche|Hache, bronze, datée du Pièce exhumée de la sépulture 504 de la nécropole de Hallstatt. vignette|gauche|Corne à boire de la Culture de Hallstatt. Cette phase comprend les , correspondant à la première période de l'âge du fer. La période du Hallsatt C s'étend entre 800 et 600 La transition entre le Hallstatt B3 (dernière subdivision du Hallstatt B) et le Hallstatt C n'est pas clairement délimitée. Le début de la phase C peut être daté, selon les régions, en 750 , en 850 (autour du lac de Neuchâtel, aux environs des années 810 autour du lac du Bourget..

Glaives courts, objets de parure, chars, poterie faite au tour et ornée de motifs géométriques ou très stylisés avec des contrastes de couleurs. Pratique de l’incinération mais également inhumation des morts.

Succédant aux modèles en bronze, les épées de fer sont l’apanage des guerriers du Plusieurs d’entre elles, retrouvées dans le cimetière de Hallstatt, confirment leur caractère de privilège, avec des pommeaux revêtus de feuilles d’or, ou sculptés dans de l’ivoire et incrustés d’ambre, ornement que l’on retrouve dans les épées de Chaffois (Doubs) et de Marainville-sur-Madon (Vosges).

Vers la fin du et au début du , des vaisselles en bronze accompagnent fréquemment les épées (sépultures de Magny-Lambert et de Poiseul). À la fin du , c’est plutôt le char que l’on trouve associé à la vaisselle de bronze (La Côte-Saint-André, Isère). À Hallstatt, les tombes de guerriers représentent le quart du cimetière, et dix-neuf d’entre elles, des , livrent de grandes épées et des haches de parade. Plus nombreuses, les tombes du contenaient des poignards à antennes. Les tombes féminines offrent de nombreuses parures, des fibules volumineuses, typiques du goût exubérant de l’époque. Les sépultures riches possèdent très souvent d’impressionnants services en bronze constitués de seaux, situles (seaux aux bords refermés), bassins et tasses.

Le sel, lié au mode de vie sédentaire et au commerce sur de grandes distances, est une richesse nouvelle. Il permet la conservation des aliments et sa consommation fortifie les animaux. La crête nord des Alpes en est riche. Le préfixe Hall-, d’origine celtique, désigne dans la région les sites d’exploitation très ancienne du sel (Hallstatt, Hall, Reichenhall, Schwäbisch Hall, etc.). Après avoir traité par dessiccation les eaux salées, les Hallstattiens ont développé, entre le et le , le premier et le plus grand centre d’extraction minière du sel gemme. Le sel a permis la conservation de vestiges organiques tels que des éléments de vêtements et des sacs à dos en cuir utilisés pour remonter les blocs de sel.

Hallstatt D vignette|upright=1.4|Poignards à antennes datés du Hallstatt D au Musée archéologique de Hallstatt.

Cette phase s'étend sur les , Elle est comprise entre environ 600 et .

Vers -600, une grande mine de sel s’ouvre à Hallein, non loin de Hallstatt, sur la rive ouest de la Salzach, qui offre des débouchés plus faciles. Le site de Hallstatt décline, les tombes s’y font moins nombreuses et moins riches à partir du .

Les sociétés du Hallstatt-D se distinguent par leur opulence, un pouvoir princier reposant sur le clan et le dynamisme de leur culture. Les personnages les plus importants sont les princes, qui se font enterrer, parés de colliers d’or, dans des tombes à char enfouies sous un volumineux tertre funéraire ou tumulus.

vignette|gauche|upright=1.2|Torque retrouvé dans la tombe de Vix. Pièce datée de 480

Des citadelles sont établies sur des hauteurs dominant de vastes étendues. Parmi les plus importantes, une douzaine sont vraisemblablement les résidences de princes ou de chefs territoriaux, qui jouent un rôle économique et politique, et constituent une puissante fédération de communautés organisées sur le même modèle, en Allemagne du Sud, en Suisse et dans l’Est de la France : Hohenasperg au nord de Stuttgart, la Heuneburg près de Sigmaringen, Uetliberg près de Zurich, Châtillon-sur-Glâne près de Fribourg, Britzgyberg près de Illfurth dans le Haut-Rhin, Saxon-Sion en Meurthe-et-Moselle, le mont Lassois à Vix en Côte-d'Or, Gray dans la Haute-Saône, le camp du Château à Salins-les-Bains dans le Jura, etc.

La citadelle de la Heuneburg a été la plus largement fouillée : son rempart, long de et reconstruit plusieurs fois au , était édifié sur quatre mètres de haut (en briques crues sur une base de pierre) et muni de tours en saillies, technique inhabituelle au nord des Alpes, mais connue dans le monde méditerranéen (Gela, en Sicile). À l’intérieur, des maisons se répartissent le long de ruelles ; à l’extérieur, une agglomération entoure cette sorte d’acropole. De nombreux tessons de céramique à figures noires et rouges voisinent avec des amphores grecques ou des productions étrusques. L’artisanat local paraît brillant : tour à rotation rapide, réparation et reproduction de produits d’exportation, comme en témoigne le moule en argile d’une attache d’œnochoé (cruche à vin) de style étrusque mais de fabrication locale, ornée d’une tête de silène.

En plaine, d’autres sites ont livré des vestiges identiques à ceux fournis par les citadelles. Il s’agit vraisemblablement d’entrepôts (Bragny-sur-Saône en Saône-et-Loire) ou d’autres formes d’habitat princier, comme à Bourges et à Lavau, où des tombes renfermant de la vaisselle importée ont été découvertes.

La civilisation du premier âge du fer se caractérise par l’importance des importations de produits du bassin méditerranéen, un rituel complexe et solennel dans la pompe des funérailles et une forte personnalisation du pouvoir dynastique. Les palais des princes nous restent mal connus, car les citadelles fouillées n’en ont pas livré. Quelques indices attendent confirmation : au Wittnauerhorn, en Suisse, deux maisons centrales plus grandes que les autres pourraient être la résidence des maîtres ; à la base du tumulus de Giessübel-Talhau, près de la citadelle de la Heuneburg, le plan d’une vaste demeure aurait été reconnu.

Chronologie de l'Europe durant le Hallstattien Vers -1300 début de l'exploitation des mines de sel de Hallstatt.

Vers -1000 crise démographique et économique des communautés villageoises européennes héritées de l'âge du bronze : famines, surpopulation. domination de l'incinération dans les rites funéraires (champs d'urnes). essor de la production de parures en verre bleu.

De -900 à -800 multiplication du nombre de fortifications en Europe continentale.

De -800 à -700 introduction du fer en Europe centrale.