Les Prophetiae Merlini forment une œuvre en latin de Geoffroy de Monmouth qui a circulé, peut-être sous la forme d'un libellus ou d'un texte court Richard Barber (18 mars 1999). Arthurian Literature. Boydell & Brewer Ltd. p. 155. . Retrieved 9 May 2012., de 1130 à 1135. Il est également nommé Libellus Merlini.

L'ouvrage contient plusieurs prophéties attribuées à Merlin, le magicien légendaire, dont le mythe est souvent considéré comme une création de Geoffroy lui-même. Ce dernier affirme cependant s'être inspiré de traditions brittoniques anciennes, dont certaines étaient orales, et sont aujourd'hui perdues. Les Prophetiae ont précédé un ouvrage plus vaste du même auteur, l'Historia Regum Britanniæ publiée vers 1136, et y ont été en grande partie intégrées, au sein du livre VII.

Les Prophetiae constituent l'œuvre qui a introduit le personnage de Merlin (Merlinus) tel qu'il apparaît par la suite dans la légende arthurienne. Elles mêlent des éléments païens et chrétiens. Dans cet ouvrage, Geoffrey s'est inspiré de la tradition bardique composée d'écrits prophétiques attribués au sage Myrddin, alors que sa connaissance de l'histoire de ce dernier, à ce stade de sa carrière, semble avoir été limitée.

Dans la préface, Vortigern demande à Merlin (Ambrosius) d'interpréter le sens d'une vision. Celle-ci met en scène deux dragons qui s'affrontent : l'un rouge et l'autre blanc. Merlin répond que le dragon rouge représente le peuple breton et le dragon blanc, les Saxons. Ce sont les Saxons qui l'emporteront. Une longue séquence prophétique constitue le cœur de l'ouvrage, traitant principalement des guerres.

C'est dans l'ouvrage De excidio et conquestu Britanniae de Gildas et dans les travaux de Nennius que Geoffroy a puisé la figure d'Ambrosius Aurelianus, qui apparaît dans la préface des prophéties sous une variante de son nom ; il s'opère alors une confusion délibérée entre Ambrosius et Merlin.

C'est apparemment Geoffrey qui a introduit la graphie « Merlin », dérivée du gallois « Myrddin ». La spécialiste Rachel Bromwich, spécialisée en littérature galloise médiévale, a fait remarquer que le passage du dd médian à la lettre l est curieux.

Il s'agit de la première œuvre consacrée au prophète Myrddin dans une langue autre que le gallois, et ces prophéties furent largement lues et prises au sérieux, tout comme le furent, des siècles plus tard, les prophéties de Nostradamus. D'après John Jay Parry et Robert Caldwell, cet écrit fut pris au sérieux y compris par des érudits, d'après eux, jusqu'en 1445.

Notes et références

Catégorie:Littérature médiévale galloise Catégorie:Œuvre du cycle arthurien Catégorie:Merlin Catégorie:Prophétie