Noël Vesper, né Nougat le à Mérindol et mort le à Buoux est un pasteur protestant. Écrivain français d'extrême droite, royaliste, il est fusillé à la Libération avec son épouse Laure Nougat, née Serre.

Biographie

Enfance Noël Nougat est né à Mérindol le , d’où son prénom. Il est issu d’une modeste famille vaudoise, ses parents, Théophile Nougat, coiffeur, et Augustine Serre son épouse, contribuèrent grandement à sa foi protestante. Noël est l’ainé de cinq enfants, tous nés dans le village de Mérindol.

En 1897, grâce à l’aide du pasteur Urbain de Robert-Labarthe, il entre au lycée et à l'école préparatoire de théologie de Tournon-sur-Rhône en Ardèche. Il suit les cours de cette école jusqu'en 1902. le poète Louis Pize fait partie de ses relations et amis. Cette amitié s'éteindra à la mort de Noël Vesper. Joseph Parnin, alors proviseur du lycée, fut pour lui un maître incomparable et resta son ami jusqu’à sa mort en 1935. Il poursuit ses études de théologie à la Faculté de théologie protestante de Montauban de 1902 à 1906. Il soutient en 1905 une thèse de baccalauréat en théologie sur les Exercices spirituels d'Ignace de LoyolaCette thèse est l'unique ouvrage qu'il a publié sous son vrai nom..

Ministère pastoral

En 1906, il est nommé pasteur de la paroisse de l'église réformée de Lourmarin et y reste jusqu'à sa mort en 1944. Il se marie en 1906 à Narbonne (Aude) avec Prisca, Anne, Charlotte De Robert-Labarthe née le . De cette union naît une fille, Lucienne Nougat qui voit le jour en 1907 à Frontignan (Hérault).

Durant la Première Guerre mondiale, il est mobilisé et réformé, mais il se porte volontaire dans l’Armée d’Orient de à . Il est brancardier dans un régiment d'infanterie et est envoyé en Grèce. C’est en 1917 qu’il rencontre pour la première fois Robert Laurent-Vibert et Georges Rémond, jeune professeur poète. C'est lors de son séjour dans l’armée d’Orient qu’il contracte le paludisme, maladie qui l'a contraint à moduler son énergie tout au long de sa vie.

La restauration du Château de Lourmarin Après guerre, il se retrouva veuf en 1920, sa femme décédant de la grippe espagnole. La même année, lorsque Robert Laurent-Vibert découvre le château de Lourmarin et décide de lui redonner vie, il s'associe aussitôt avec Noël Vesper dans son œuvre de restauration matérielle et spirituelle. Cette entreprise attira de nombreux auteurs comme Henri Bosco que Noël Vesper rencontre en 1922, et qui développèrent une profonde et durable amitié. Les correspondancesHenri Bosco, Lettres à Noël Vesper : 1923-1941, éd. Terrasses de Lourmarin, 1986 entre les deux hommes de 1923 à 1941 seront un échange vivace des liens qui les unissaient, un même partage, une complicité, des opinions proches, la même vision d’un monde en perpétuel mutation, le même sentiment sur une guerre qui se profilait à l’horizon des années 1939Contrairement à la légende locale, Henri Bosco n'a jamais participé à la restauration du château de Lourmarin, c'est son ami Noël Vesper qui lui trouva le bastidon à proximité du château..

En 1924, Noël Vesper épouse en deuxièmes noces à Marseille, Laure Joséphine Serre née le à La Roque-d’Anthéron (Bouches-du-Rhône), veuve de Paul Charles PerrottetRobert Laurent-Vibert était l'un de ses témoins de mariage, dont elle avait eu un fils qui décéda au combat en 1944. De leur union naît un fils en 1925 à Lourmarin, François Nougat décédé en 1998 à Toulon.

À la mort de son ami Robert Laurent-Vibert en 1925, à la suite d'un accident de voiture en revenant de Lyon, il prit la direction de la Fondation de Lourmarin Laurent-Vibert dont il était jusque-là secrétaire-trésorier. Noël Vesper était très proche des idées de Robert Laurent-Vibert, par l’orientation de sa pensée politique et il appartenait à ces protestants influencés par les idées d’Action française qui demeurèrent fidèles jusqu’au bout à Charles Maurras et sa doctrine.

Cofondateur des « Terrasses de Lourmarin » avec Robert Laurent-Vibert, il poursuit son œuvre, en accueillant des écrivains, penseurs, essayistes, philosophes, comme Louis Lafon, Pierre Hassan, Jules Bois, Louis Pize, Mathieu Varille et Jean Grenier avec lequel il se lie d'amitié et ils publient en commun un livre en 1930, Cum Apparueritit, Noël Vesper y incorporant des illustrations.

Tout en poursuivant son activité de pasteur sur les communes de Lourmarin, La Roque-d’Anthéron, Peypin-d’Aigues, Lauris et Pertuis, il publie à partir de 1930 un bulletin destiné à informer et à relier des paroissiens géographiquement très dispersés. Après quelques mois d'interruption en 1938-1939, les nouvelles locales paraissent désormais dans le cadre de « l'Union fraternelle de la presse protestante » sous le titre Les Vaudois du Luberon, le journal mensuel de l’église réformée évangélique de Lourmarin. Durant cette période prolifique en écriture et en relationnel, il se lie avec Roland Jeanneret, pasteur dans la région de Romans, son épouse étant une parente éloignée de Laure Nougat. Les deux hommes entretinrent une correspondance soutenue jusqu'à la fin de sa vie, des relations très fortes s'étant établies entre les deux famillesLe pasteur Jeanneret sera un lecteur attentif des écrits de Vesper dans le bulletin « Sully » et de ses ouvrages, il n’hésitera pas à exprimer parfois publiquement son désaccord sur certains articles parus dans les années 1943/1944..

Sa vie littéraire et sa vie picturale

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À l'obtention de son ministère pastoral en 1906 à Lourmarin, Noël Vesper se lance dans l'écriture qui sera prolifique tout au long de sa vie.

Son premier ouvrage de poèmes Les Louanges sera récompensé par le prix Sully Prud'homme en 1910. Ce recueil est inédit et détenu par la société des poètes français.

Il s’attèle à l'écriture de son ouvrage majeur, l'anticipation à la morale du risque qui publiera en 1914, veille de la grande guerre. Cet ouvrage sera sa référence littéraire et lui ouvrira après la guerre de nombreuses portes pour la rédaction dans diverses revuesLa vie littéraire, la cigale Uzégeoise, Les tablettes d'Avignon. Cette reconnaissance littéraire l'incitera à étendre ses écrits et à participer à de nombreuses conférences pour défendre sa conception de l'église, de la démocratie. Il s'associera aux mouvements de l'époque, sans toutefois en prendre faits et causes dans leur totalité. Il sera très proche d'Action Française qui défendait la Nation Française, idée que Noël Vesper soutenait, c'était sa pensée viscérale.

En 1915, lors de son incorporation volontaire dans l'armée d'Orient à Salonique, il commencera sa vie picturale, en croquant de nombreuses esquisses au pastel. Il s'adonnera à l'aquarelle et la gouacheArchives familiales . Il sera fécond en poésie, qui seront publiés dans les facettes de Léon Véraneannée 1927, les cahiers trimestriels de Léon Vérane.

A son retour de la guerre en 1919, malgré le paludisme qu'il a contracté, il prendra de nouvelles fonctions et obligations; la restauration du château de Lourmarin avec Laurent-Vibert et la création des terrasses de Lourmarin. Durant ses crises de paludisme qui l'obligent à restreindre ses activités littéraires, il peindra des paysages, des portraits et des natures mortes.

Son œuvre picturale comporte deux périodes; celle avant 1920 où les tableaux et esquisses sont signés N.NNoël Nougat. La période après 1920 l'ensemble des peintures seront signées N. Vesper son patronyme littéraire.

La majeure partie de ses tableaux seront exposés lors des journées artistiques et littéraires au sein de la fondation de Lourmarin. Il fera également quelques expositions dans d'autres régions de France, elles seront peu nombreuses et épisodiques. Néanmoins, au travers de la lecture des archives familiales, on s'aperçoit que ses tableaux étaient connus au-delà de nos frontièresArchives correspondances de la famille

Beaucoup de ses œuvres seront offertes ou données à son cercle familial et amical. Lors du pillage de la maison de Noël Vesper en , des tableaux seront récupérés par un antiquaire de Lourmarin, qui revendra sans délicatesse ces tableaux au fil des années.Il se libérera de ce fardeau en 1985, en en faisant don à la Fondation de Lourmarin. Il sera inventorié mais jamais montré au grand public .

Il est à noter que la seule exposition post-mortem de Noël Vesper a eu lieu en , sous l'égide de son fils avec la complicité de madame Lisle, conservatrice du châteaule Provençal du 25 janvier 1962.

En parallèle de son ministère, il continua à publier de nombreux ouvrages ( voir la liste en fin d'article).

Les parutions essentielles sont ;

. L’inquiétude démocratique (1922), une analyse de la situation politique de l'époque, au travers de sa pensée royaliste.

. L'intempérance théologique (1922)

. Les poètes (1925) recueil de poèmes publiés conjointement avec son ami Henri Bosco.

. Les Protestants, devant la patrie (1925) Essai sur l'emploi du sentiment religieux comme base d'autorité politique (du III' au ). Préface de Paul Decoster.

. Protestantisme ou Démocratie (1929) Résume et sorte de vulgarisation des idées déjà exprimées dans les Protestants, La Patrie, L'Église. Opposition Protestantisme et Démocratie, mais pas avec représentation populaire. Textes de références et citations de théologiens protestants du XVIIe siècle.

. Pour Virgile (1930) De Virgile, de son héritage Provençal et Méditerranéen et de ses résonances Chrétiennes au travers d'analogies avec Saint Paul. Éloge de la pensée Méditerranéenne faite de réalisme et nourrie des modes de pensée Grec, Latin et Chrétien dont l'Occident est le juste héritier.

. L'Invention de l'Europe (1932) Une vision religieuse et politique de l'Europe.

Il participe activement à diverses revues, comme la Vie Nouvelle, il s'occupe de rubrique Littéraire en analysant les livres qu'il reçoit. Dans les tablettes d'Avignon et de Provence, revue touristique, il publie les manifestations qui se déroulent toute l'année sur Lourmarin. Dans la revue du Félibrige il publie des poèmes en langue d'Oc, langue qu'il maîtrise parfaitement. Dans la revue la Cigale Uzégeoise, il fait publier des poèmes, des articles théologiques qui attirent les lecteurs à grande majorité protestants. En 1935, il crée un bulletin local, Le Vaudois du Luberon, qui permet à ses fidèles de renouer leurs attaches familiales avec les Vaudois du Piemont. Ce bulletin d'information paraîtra jusqu'en 1944, à la libération le presbytère sera dévalisé, saccagé, la plupart de ces bulletins seront détruits.

La multitude de ses dons lui permet de remplir allègrement sa vie. Son talent est reconnu dans de nombreux pays, la Suisse, l'Italie, l'Allemagne, la Belgique, la Hollande.

L'Association Sully

Noël Vesper fut un des animateursMusée virtuel du protestantisme français, Les protestants et le régime de Vichy de L'Association SullyLaurent Avezou, Sully à travers l'histoire: les avatars d'un mythe politique, vol.58 de Mémoires et documents de l'École des chartes, , éd.Librairie Droz, 2001, ( groupe du Bas-Languedoc) qui regroupa du milieu des années 1920 à la fin des années 1930 les protestants d'Extrême droiteÉglise réformée de France, La tentation de l'extrême droite, , éd. Olivetan, 2000, proches de l’Action française qui demeurèrent fidèles jusqu’au bout à Charles Maurras Steven. C. Hause, Protetantismin The Columbia History of Twentieth-century French Thought European perspectives, , éd. Columbia University Press, 2007, et sa doctrine. Le mensuel SullyMichel Leymarie, Jacques Prévotat, L'Action française, , éd. Presses Univ. Septentrion, 2008 , qui paraîtra de 1942 à 1944, adoptera un ton très collaborationniste sous l'occupation, dû en grande partie aux chroniqueurs d'Action Française qui ont rejoint le nouveau bulletin Sully à partir de . Noël Vesper étant le rédacteur en chef, dont le local était rue des minimes à Aix-En-Provence, mais le siège et l'administration du journal était sur Montpellier.